‹ La Moabite: drameChapitre 68 sur 97 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

RELIAS.

Donnerai-je l'assaut sans un espoir suprême?

La liberté vaincra, mais ce que je pressens

C'est après le combat, des combats renaissants ;

C'est l'immonde licence et le désordre infâme ;

C'est un peuple sans Dieu qui se croira sans Ame ;

Les pouvoirs en conflit, la Justice aux abois

Et le long temps qu'il faut pour réparer les lois.

Et croyez-moi vous tous qui m'écoutez encore

Ne recommencez pas l'erreur que je déplore

Que le grand prêtre soit le grand juge, c*est trop.

Mais c'est assez qu'il rende une part du dépôt.

Il a des droits au rang sacré qu'on lui décerne,

Ce qu'il faut c'est qu'il prie et non plus qu'il gouverne.

Qu'il soit le guide et non le geôlier des esprits,

Puis, la réforme faite et son pouvoir repris.

N'en exigez pas plus et, de quoi qu'on vous somme.

Laissez un prêtre à Dieu pour qu'un Dieu reste à l'homme.

PHARBG.

Tu reviens au passé?

HÉLIAS.

J'assure le présent.

Ce peuple périrait dont Dieu serait absent.

Comment croire en un Dieu présent au sanctuaire?

HÉLIAS.

Et n'est- il pas partout où l'homme est en' prière?

Qu'importe, sous quel nom nous cherchons son appui !

C'est lui qui nous entend dès qu'on croit que c'est lui :

N'éteignons pas ce feu sacré des consciences.

La liberté n'a rien de contraire aux croyances,

Et par l'espoir futur qu'elle porte avec soi

C'est'une Égalité suprême que la Foi :

Libre en Dieu ! Sûr d'un Dieu ! Voilà mon cri de guerre.

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