ACTE CINQUIÈME
SGËNE III.
Les Mêmes, SAMMGAR.
RESPHA.
Ah ! c'est Dieu qai t'envoie.
saumgarI
Quel appel de détresse a crié dans ta joie?
De quelque mal nouveau mon peuple est assailli ?
RESPHA.
Sammgar je t'ai perdu, Sammgar je t'ai trahi. Ton fils sait tout, ton fils vient braver ta sentence ; Des forcenés se sont armés pour sa défense, Depuis longtemps l'émeute attendait son moment, ' Et mon fatal avis lui sert de ralliement.
Déjà depuis hier tout s'arme, tout tressaille ; Seul, Helias a, dit-on, déserté la bataille, Irrité d'un signal qu'il n'aurait pas donné ; Mais Phareg a repris son poste abandonné Et puis, hélas I... un autre est là pour les conduire. Enfin, soit pris de peur, soit saisi de délire, Sans* bien savoir pourquoi le peuple suit ces fous : Défends ton Dieu, Sammgar 1
SAMMGAR.
JJon Dieu, défendez-vcus !
Pour me jeter sans force au fort d'un tel orage, Où je n'ai plus pour moi, Seigneur, qu'un vain courage C'est que par un retour que nul ne peut prévoir. Le danger qui m'est fait il vous plaît d'y pourvoir.
(A Respha.)
Et toi qui m'as trahi, ne t'accuse pas, femme, Cette trahison-là je l'espérais dans l'âme, . Et quand je t'ai laissé pressentir mes arrêts, C'était pour y soustraire un iSls que j'adorais.
(Aux prêtres et aux lévites.)
^ Oui, farouche pour tous et lâche ave^ moi-même. Je voulais m'épargner cette angoisse suprême ; Je n'ai pas fait. Seigneur, mon devoir tout entier. Mon châtiment sera d'avoir à châtier.
(Eatre un lé ri te.) LE LÉVITE
Père, les révoltés envahissent la place;
Le temple qu'on leur ferme arrête leur audace,
Mais leur chef les excite à forcer le parvis.
RESPHA anxieuse.
C'est Phareg?
LE LÉVITE, les yeux baissés.
Ce n'est pas Phareg, non.