‹ La modalité du jugementChapitre 12 sur 92 · lbid., 201 c · texte numérisé non relu

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science véritable est celle qui n'a pas d'hypothèses '; ce sera celle qui aura pour objet non l'unité des parties, mais l'unité sans parties; car l'unité est la raison d'être de toute intelligibilité : lente idée est unité, l'unité est l'idée par excellence. Dès lors, le jugement fondamental, celui qui est la science absolue, c'est celui qui a pour objet l'un, qui lui applique la catégorie de l'être.

C'est ce jugement fondamental qui est soumis à l'épreuve de la dialectique dans le Parménide : l'unité peut-elle être, sans contradiction, l'objet du jugement? Cette proposition, que l'un convient à l'être, peut avoir deux sens : car cela veut dire que ce qui est, c'est l'unité de l'un par rapport à soi, ou que ce qui est, c'est l'un absolument parlant. De là deux jugements, le premier qui est le type des jugements de relation : « l'un est un »; le second qui est le type des jugements d'existence : « l'un est ». Or ces deux jugements apparaissent également impossibles. Poser que l'un est un, c'est distinguer l'unité prédicat de l'unité sujet, et, par cette distinction même, l'unité est niée : si l'un est un, l'un n'est pas 2. Poser l'unité, non plus comme unité, mais comme être, c'est ajouter l'être à l'un, affirmer de l'un autre chose que lui; et, de cette affirmation première qui enferme une contradiction, découle toute affirmation possible et toute contradiction 3. Et cette double conclusion se trouve confirmée de la façon la plus nette par les déductions portant sur les formes négatives du jugement fondamental. La négation de l'unité de l'un a exactement les mêmes conséquences que l'affirmation de l'être de l'un : la négation de l'être de l'un équivaut à l'affirmation de l'unité de l'un *. 11 est. donc vrai que dans la philosophie de Platon il ne peut y avoir de jugement absolu, correspondant a la science absolue. 11 y a, au sein du jugement, contradiction, ou du moins disproportion, entre l'unité qui est la raison de toute affirmation et l'être qui en est le verbe. Le jugement d'existence ne convient pas à l'un; le Bien, suivant une formule célèbre de la République, est au delà de l'existence3. D'autre part, le jugement de relation est indifférent à son contenu; il s'applique aussi bien au non-être qu'à l'être. Le non-être ne peut en aucune façon participer à l'existence, est-il dit dans le Sophiste 6; mais, du moins, il est vrai du non-être qu'il est le non-

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