‹ La modalité du jugementChapitre 18 sur 92 · II, An., I, 6,74 b · texte numérisé non relu

II, An., I, 6,74 b

:i. IthéL, I, 2, 1357 a. 29.

i. II. An,, 1, 33,88 b. 30.

5. II, An., I, H, 79 a. 21; ibid., I, 30, 87 b. 20; ibid., II, 12. 90 a. 9.

Iî1U\m:iiviC0. — La Modalité du jugement. 4

jugements scientifiques serait plus que la contingence, et moins que la nécessité.

Ce n'est pas tout; le rapport de la théorie de la modalité à la théorie de la science soulève dans l'aristotélisme un problème qu'Aristote n'a pas résolu. La démonstration scientifique suppose le syllogisme, et le syllogisme implique l'homogénéité quant au temps des propositions qui le composent '. Pour que la conclusion soit valable, il faut que les trois jugements soient relatifs à la même division du temps. Ainsi il y aurait trois ordres de sciences de l'univers, science du passé, science du présent, science du futur, et qui seraient, la première, nécessaire, la seconde, réelle, et la troisième, possible. Or cela serait admissible si le passé, le présent et l'avenir étaient trois ordres de choses, distincts et à jamais impénétrables les uns pour les autres. Mais le présent devient passé, l'avenir devient présent; la science cesse alors d'être homogène, elle est entraînée dans le devenir, qui est la négation de la science. Les conditions de la réalité semblent ainsi faire échec aux exigences de la science; pour qu'il y ait science de l'univers, il faut que l'univers forme un tout homogène, que les conclusions aient la même valeur de réalité que les principes, et la conservent indépendamment du temps auquel elles s'appliquent; et, d'autre part, l'univers, envisagé dans les diverses phases de son développement, présente une irréductible hétérogénéité. C'est cette opposition entre la science et la réalité que met en lumière l'argument de Diodore Cronos : Tout ce qui est passé est objet de vérité nécessaire; car le passé est, comme l'éternel, entièrement réalisé; la puissance ne peut être relative au passé 2. Or, la causalité supposant l'homogénéité, il ne peut y avoir un lien de causalité entre le possible et l'impossible. Donc le présent et l'avenir, qui résultent du passé, sont aussi nécessaires que lui; ce qui n'existe pas, ou n'existera pas, est radicalement impossible 3. En d'autres termes, s'il y a une science unique de l'univers, et si l'univers est un, la nécessité du passé s'étend au présent et à l'avenir; ce qui n'est pas réel est impossible, et il n'y a qu'une modalité du jugement, la nécessilé. Les deux prémisses de cet argument sont empruntées à Aristote, ainsi que l'a fait voir Zeller 4 ; et elles sont si bien d'accord avec les con-

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