Ibid., p
:>. Briefe des Philaleles an QEnesidemus, 6° lettre, p. 411.
1. Versuch ùber die Transcendentalphilosophie, dernière remarque, p. 436.
5, Doctrine de la science, tr. Grimblot, p. 10.
proposition suivante : tout acte de pensée qui peut prétendre à l'universelle intelligibilité, par exemple ce jugement de forme hypothétique : Si A est, A est, implique la réalité d'un être en qui cet acte se produit. La relation de A avec lui-même est fixée dans le moi, et par le moi. L'existence du moi est donc la condition de toute relation intelligible, la loi même du jugement. En y rattachant par une déduction systématique toute réalité, la critique fait participer toute réalité à la nécessité du principe inconditionnel qui pose l'existence du moi. Elle fait un pas de plus vers Spinoza : la sphère de la nécessité est identique à la sphère de l'existence, il n'y a plus qu'une modalité du jugement, et ce sera la nécessité elle-même. Telle semble être la thèse initiale de Fichte. Mais peut-on dire que cette thèse soit démontrée? il faudrait pour cela que la doctrine de la science découlât d'un principe unique. Or du principe absolument inconditionnel rien ne peut se déduire que lui-même; il faut donc faire intervenir une double condition : une condition de contenu et une condition de forme; il faut placer en face du moi le non-moi et il faut poser la réciprocité du moi et du non-moi. Dès lors, si la Doctrine de la science a pour fondement unique la nature du moi, c'est que cette nature est elle-même double : d'une part, le moi individuel, tel qu'il apparaît à chacun de nous, et qui doit être fixé comme une donnée de la conscience réelle; d'autre part le moi absolu, que notre conscience ne peut atteindre, unité supérieure à toute division et à toute opposition, qui se pose elle-même nécessairement1. C'est la non-coïncidence de ces deux moi — moi nécessité et moi réalité — qui justifie la déduction dialectique de la Doctrine de la science. Entre l'un et l'autre il y a opposition; le moi fini et relatif prend conscience de cette opposition quand il subit le choc d'un être qui lui parait extérieur et antérieur à lui. Mais il y a aussi unité profonde; le moi individuel devient alors capable d'un jugement nouveau par lequel il tente de s'adapter et de comprendre ce non-moi d'abord étranger et hostile. Grâce à l'unité du moi pur, qui est le jugement thétique par excellence 2, « on peut conclure de l'antitbèse à la synthèse3 ». Mais la méthode de Fichte est trop nette et trop rigoureuse pour que de la dualité et de l'antithèse puisse jamais sortir parla seule voie de la déduction théorique autre chose que l'antithèse et la dua-