VIII. — Le jugement de pure intériorité
La forme d'intériorité peut-elle par elle-même constituer un jugement? Sans doute un tel jugement ne pourrait être exprimé, puisqu'il n'aurait d'autre contenu que l'unité prise absolument et que toute expression suppose une analyse préalable et, par suite, quelque diversité. Mais il se peut que le jugement d'intériorité n'en existe pas moins; et en effet, puisque la forme d'intériorité est le principe du verbe, la raison de l'être, comment ne suffiraitelle pas pour l'affirmation du verbe et la position de l'être? Comment la conséquence serait-elle, si le principe n'est pas? Si l'être est, la raison d'être est. Telle est, dans sa simplicité, la proposition fondamentale de toute métaphysique idéaliste; il s'agit d'en dérouler toutes les conséquences afin d'en mesurer la valeur.
Or quels sont les caractères de l'être, tel qu'il se déduit de la pure unité et de l'intériorité pure? Unité et intériorité sont ici posées comme des absolus : qu'on essaie de définir l'unité comme relative à la multiplicité, ou l'intériorité comme relative à l'extériorité, alors il faut, pour concevoir cette définition, concevoir une certaine unité de la multiplicité et de l'unité, une certaine intériorité de l'extérieur par rapport à l'intérieur, c'est-à-dire rétablir au-dessus des concepts relatifs un nouveau concept d'unité et d'intériorité qui en fonde la relativité et qui soit lui-même un