‹ La modalité du jugementChapitre 62 sur 92 · LE JUGEMENT DE PROBABILITÉ · texte numérisé non relu

LE JUGEMENT DE PROBABILITÉ

-.-avoir la nécessité de quelque constante, offrant prise à l'intelligence en ce sens qu'elle permet l'établissement d'une relation d'égalité? De quelque ordre qu'elle soit, en chimie ou en physique, toute découverte repose sur ce postulat que l'analyse d'un phénomène n'est intégrale qu'à la condition que de part et d'autre la somme des masses ou la somme des forces puisse être considérée •comme équivalente. La synthèse expérimentale est donc entre deux limites fixes un succédané de la déduction mathématique. « Notre puissance, a dit M. Berthelot, va plus loin que notre connaissance », c'est-à-dire que nous laissons aux choses le soin de faire automatiquement et obscurément cette synthèse que les mathématiques font par réflexion, et qu'elles rendent transparente à l'intelligence. La modalité des lois expérimentales est donc suspendue à la modalité des jugements de forme mathématique qui sont les principes de la science; si celle-ci est la possibilité, à plus forte raison celle-là n'est que la possibilité. Si les lois expérimentales donnent l'illusion de la réalité, c'est que les termes en sont des groupes de phénomènes relativement complexes et mal définis qui sont, par suite, opaques pour l'esprit et lui apparaissent comme des choses; mais, pour pouvoir entrer dans des lois, ces termes n'en doivent pas moins être des abstractions, et c'est leur simplieité et leur cohérence réciproque qui leur donneront toute leur valeur scientifique. Les lois expérimentales forment comme des petites sciences partielles qui deviennent de plus en plus intelligibles et, par suite, de plus en plus vraies, à mesure qu'elles s'agrègent à la science générale et unique de la nature '.

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