GREFFES DE PRINTEMPS
Qu’est-ce que greffer. — Conditions de succès. — Les cires à greffer. — Greffe en fente. — Greffe en fente double. — Greffe en demi-fente. — Greffe sur collet de racine. — Greffe en couronne. — Greffe sous écorce. — Le meilleur moment pour greffer.
Qu’est-ce que greffer. — Lorsqu’on a un Pommier sauvage qui donne de mauvaises pommes, dit Payer, et qu’on veut lui en faire produire de bonnes, des pommes de reinette par exemple, on le greffe, c’est-à-dire qu’après lui avoir coupé la tête et avoir fait une fente dans la plaie, on introduit dans cette fente une branche cueillie sur un Pommier de reinette et taillée à sa base de manière à pouvoir y être adaptée parfaitement.
Que se passe-t-il alors? La branche de Pommier de reinette, qui ne tenaità la tige sur laquelle on ne l’a cueillie que pour y prendre sa nourriture, étant transportée sur une autre tige qui lui fournit également tous les sucs dont eiie a besoin, vit et continue à se développer comme si rien ne s’était passé: elle a changé de nourrice , voilà tout.
Si l’opération est bien faite, elle formera un nouvel arbre de pommier reinette, tout aussi beau que celui sur lequel on l’a cueillie, et produira des pommes de même qualité’.
Conditions de succès. — L’opération sera bien faite si la nourrice et le nourrisson sympathisent.
Ainsi on ne pourrait point greffer un Pommier sur un Cerisier, mais on greffe avec succès le Poirier sur Cognassier et sur Épine blanche (Aubépine), le Pécher sur Prunier, et tous les arbres sur eux-mêmes.
Si vous greffez au printemps, ne cueillez jamais les greffons au moment d’opérer : ils seraient gorgés de sève, mous, et inaptes à résister à l’action desséchante des haies. Les meilleurs greffons sont ceux des rameaux cueillis l’hiver et conservés, piqués en terre dans une partie du jardin où le soleil ne donne pas.
Il faut aussi, en juxtaposant les plaies, que certaine région sous-corticale (la couche génératrice) du greffon ou nourrisson soit mise en contact avec la région semblable du sujet nourricier; car c’est par ces couches génératrices mutuelles, par elles seules, que se fait la soudure entre les deux individus.
On doit enfin, tout en apportant une certaine dextérité dans l’opération, abriter de part et d’autre les plaies du contact de l’air par l’application d’un enduit spécial dont voici deux compositions :
Cire à greffer s'employant à chaud.
Pour 100 parties en poids.
Résine.
Poix blanche. 2 8
Suif. 9
Ocre rouge. X 8
Quelques pépiniéristes .remplacent sans inconvénient l’ocre rouge par de la cendre de bois tamisée.
La résine et la poix sont fondues ensemble, puis, en agitant le mélange, on y verse le suif fondu à part. En dernier lieu, et petit à petit, on ajoute l’ocre rouge en agitant toujours.
Pour employer, faire chauffer au bain-marie.
Cire à greffer s’employant à froid.
Pour 100 parties en poids.
Colophane. gg 0
Saindoux.
Alcool à 390. !.!.! ïg’,2
Faire fondre ensemble la colophane et le saindouxretirer du feu et ajouter 1 alcool peu à peu en remuant lé mélange. Conserver en boîte de fer-blanc fermant bien ou en bouteille bouchée et à large goulot.
Les greffes en fente, la greffe en couronne, la greffe sous écorce sont les plus employées des greffes printanières, nous allons les etudier. r
Greffe en fente. — Le sujet est un arbre jeune encore, d une mauvaise variété, a laquelle on veut en substituer une meilleure; il est étête, c’est-à-dire sectionné sous la tête, au niveau d’une partie où l’écorce est lisse et sans ramification.
Sur un arbre âgé, comme la tige présenterait une plaie trop grande et des écorces dures, contentez-vous de raccourcir les branches principales dont chacune sera greffée, et laissez une ou deux brindilles pour « appeler »
la sève.
Le greffon A (fig. i 3 ) est un rameau de l’année précédente, portant deux bourgeons b; il est taillé en lame de couteau au-dessous du bourgeon de base et bilatéralement a lui.
(A suivre.)
Georges Bellair.