‹ La modernité des ProphètesChapitre 14 sur 24 · Expression encore empruntée {Micfiée, iv · texte numérisé non relu

Expression encore empruntée {Micfiée, iv

candélabre d'or, surmonté d'un vase d'où Thuile se verse dans sept lampes. De part et d'autre s'élèvent deux oliviers, à côté desquels deux tuyaux d'or versent encore l'huile. Les versels qui suivent montrent que le candélabre représente Zorobabel, c'est-à-dire Hérode, dont il est dit qu'il règne, « non par les armes ni par la force, mais par mon inspiration, dit Jéhova Sabaoth », et encore, « qu'il posera au Temple nouveau la pierre angulaire, qu'il Ta commencé et qu'il l'achèvera » . — Mais qu'estce que les deux oliviers? h^ prophète fait la question et la réponse : « Ce sont les deux fils de l'huile, qui se présentent devant le Seigneur maîlre de la terre (iv, 13), » Les fils de l'huile, ce sont les fils de TOint, c'està-dire du roi, et ces paroles ont encore leur explication dans Josèphe. Immédiatement après la reconstruction et l'inauguration du Temple, Hérode alla à Rome, et il en ra-

mena, avec la permission d'Auguste, les deux fils qu'il avait eus de Mariamne; ils y faisaient leur éducation, et ils y étaient aussi des espèces d'olages. Et Josèphe nous dit (16, 1,2): ('Quand ils arrivèrent d'Italie, la foule s'empressa autour de ces jeunes gens, et tous les regards se portèrent sur eux, parés qu'ils étaient de la grandeur de leur fortune, et de leur beauté, qui répondait à la noblesse de leur sang royal. » Et ce fut sans doute au Temple, relevé par leur père avec tant d'éclat, qu'ils se donnèrent d'abord en spectacle.

Plus loin, Jéhova présente encore une fois Hérode au grand prêtre, c'est-à-dire au peuple : « Voici l'homme : Pousse est son nom; il poussera de lui-même, et il bâtira le Temple de Jéhova.... Il sera plein de gloire, et il régnera sur son trône; et le prêtre sera aussi sur son siège, et il y aura esprit de paix entre les deux (vi, 12, 13). »

On ne peut méconnaître Hérode dans ce roi qui pousse de lui-même, et non pas d'une autre tige, et qui partage en quelque sorte avec un grand prêtre sa dignité.

L'auteur du psaume 110, qui est sans doute aussi du temps d'Hérode, et qui lui fait dire par Jéhova : « Sied s à ma droite, » n'a pas besoin d'autre prêtre que le roi luimême, et ne craint pas de lui dire : « Tu es prêtre à jamais (foi et les tiens) suivant rinslitulion de Melchisédech. » C'est-à-dire comme ce vieux roi de Salera (la même que Jérusalem), que la Genèse nomme dans Thistoire d'Abraham (xiv, 18), et qui y figure à la fois comme roi et comme prêtre. Ainsi s'explique ce verset, autrement inexplicable, car ce n'est pas l'expliquer que le rapporter au personnage imaginaire du Messie.

Comme Aggée^ Zacharie dit encore que c'est à partir du Temple rebâti que renaît la prospérité de Jérusalem (viii, 10), queJudael

Israël seront désormais aux yeux des Nations le peuple béni, comme elles étaient en d'autres temps le peuple maudit (viii^ 13); que de tous côtés on affluera vers Jérusalem ; que d'une ville à l'autre les gens se diront : « Allons, cherchons Jéhova Sabaoth ; moi aussi, j'y irai; elles hommes des Nations de toutes les langues saisiront le pan de la robe du Juif, disant : Nous allons avec vous, car nous savons qu'un dieu est avec vous (viii, 20-23). » Aucun passage n'accuse mieux la modernité de celte prophétie. Et le mot même de Juif ou Judéen [lehoudi) est un mot nouveau, qui ne se trouve jusque-là dans dMCMïï prophète *, et qui n'a pu s'introduire que quand Israël ne s'est plus distingué de Juda, et que toutes les tribus ensemble ont formé ce que les Nations ont appelé la Judée, car ce dernier mot est également nouveau.

\. Excepté dans les vingt derniers chapitres de Jérémie. J'aurai à m'expliquer plus tard sur cette exception.

Il y a dans Zacharie une menace adressée à Tyr (ix, 2-4), mais ce passage n'est pas plus satisfaisant que ceux qu'on a lus dans d'autres prophéties. Pour voir Tyr brisée dans sa puissance au milieu de la mer, pour la voir en feu, ii faudrait remonter jusqu'à l'époque d'Alexandre. Mais d'après ce qui suit jusqu'au verset 7, il semble que, dans Zacharie comme dans le Premier haie, le souvenir de celte catastrophe n'est rappelé que pour montrer ces peuples des bords de la mer, autrefois frappés par Jéhova (ix, 4), revenus maintenant à lui, et se confondant avec les Juifspourradorer(ix,7). (Voir/^aè*^, xxiii, 18.)

« L'orgueil d'Assur est aballu, dit Zacharie^ et le sceptre de TÉgypte lui est retiré (x, H). » Il parle encore là comme Aggée.

Le royaume d'Egypte avait fini quelques années avant qu'Hérode commençât la reconstruction du Temple.

Puis vient le tableau des malheurs et de

LA MODERNITÉ DES PROPHÈTES. iTi

la ruine des Asmonées : « Les cèdres du Liban sont abattus (xi, 1). » — « En un mois, dit Jéhova, j'ai retranché trois pasteurs (xi, 8). » En un mois, c'est-à-dire en un court espace : il s'agit du second Hyrcan, d'Aristobule et d'Antigone. Le pasleur supé^ rieur, Jéhova, ne se charge plus de conduire le troupeau et brise sa houlette. Il demande cependant (ou le prophète demande en son nom) qu'on lui paie le prix de la peine qu'il s'était donnée jusque-là, et on lui paie en effet trente sicles d'argent (xi, 12), qui sont versés au trésor du Temple. Je ne cite ce passage singulier et obscur que parce que c'est de là que vient, dans les Évangiles, l'histoire des trente deniers de Juda.

Quant au mauvais pasteur du verset 16.^ c'est sans doute An tigone, celui qui régnait au moment où Hérode, aidé des Romains, lui a arraché la royauté avec la vie.

Au chapitre suivant (xii, 2), une ivresse

s'empare des peuples et leur fait assiéger

Jérusalem, et Juda même F assiège avec eux.

Juda, c'est Hérode lui-même, en compagnie de Sossius, et c'est en eflFet la première fois, et la seule fois dans l'histoire, qu'on voit des Juifs assiéger Jérusalem. Le prophète revient plus loin sur un fait aussi étrange (xu, 7 et XIV, 14). llest impossible d'expliquer ce passage d'une manière satisfaisante, si on ne se place pas au temps d'Hérode.

Mais, pour l'avenir, Jérusalem n'a plus maintenant rien à craindre : le plus faible y est désormais un David, et la maison de David (c'est-à-dire la royauté) y est un dieu : « c'est l'ange de Jéhova qui marche devant son peuple (xii, 8). »

c< Et Jéhova répand sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit d'affection et à' imploration y et ils se tournent vers moi, vers celui qu'ils ont déchiré, et ils pleurent comme sur un pre-

mier-né, comme sur un fils unique (xii, 10). » Ce déchiré métaphorique pouvant être pris aussi au sens propre *, on trouve ce verset, dans le quatrième Évangile (xix, 37), appliqué au Christ mis en croix.

Cependant, Juda règne d'une mer à l'autre (ix, 10) et fait régner la paix autour de lui. Plus d'armes, plus de chars de guerre. Son roi fait son entrée sur l'âne, sur le poulain, fils de l'ânesse (ix, 9) ^ ; c'est la monture de la paix. Cette image, quand on ne s'est plus soucié d'Hérode, a été transportée au Messie, dont l'idée date de cette même époque, et de là, chez les évangélistes, l'entrée de Jésus sur une ânesse dans Jérusalem. Déjà plus haut, l'écrivain avait figuré la paix d'une autre manière (vni, 4) : « On verra les vieux et les vieilles assis dans les rues de Jérusalem, le bâton à la main à cause du

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