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Aperçu pathologique sur moelle épinière

Chemin faisant, nous avons indiqué, à propos de la substance grise ou des cordons delà moelle, les lésions anatomo-patliologiques dont ces parties peuvent être frappées et les cases du cadre nosologique dans lesquelles elles devaient entrer. Ici, nous nous bornerons à quelques indications générales concernant les compressions et les inflammations aiguës ou chroniques de la moelle .

On a pu voir la rupture de la moelle par suite d'élongation dans certains mouvements de flexion brusques et exagérés du rachis. Grâce à la grande largeur du canal vertébral, il n'est pas i-are de voir des subluxations, des fractures, ne déterminer aucun phénomène de compression de la moelle.

Dans les déviations de la colonne vertébrale par malformation du mal de Pott (cyphose, lordose, etc.), la moelle épinière s'adapte à la déviation rachidienne, de telle sorte qu'il ne résulte de la déformation du rachis aucun trouble fonctionnel. Il n'en est pas de môme de la compression brusque par une fracture, une luxation, un alTaissemenl subit d'une vertèbre frappée de carie, de tuberculose ou de cancer, ou l'ouverture dans le canal rachidien d'abcès ou d'anôvrysmes de l'aorte. Dans ces cas, si la compression siège au-dessus de la troisième vertèbre cervicale, la mort est presque instantanée. Au-dessous,,, si la compression n'est pas immédiatement mortelle, elle n'en donne pas moins lieu à de la paralysie de toutes les parties du corps innervées par les nerfs qui naissent au-dessous de la lésion, avec ses complications consécutives. On a cependant vu quehiucs cas de réduction de luxation de la colonne cervicale être suivis de guérison.

La compression lente de la moelle peut être déterminée par les gibbositôs du mal de Pott, le cancer, les gommes des vertèbres, les abcès, tumeurs anévrysmatiques ou autres

qui, développés eu dehors du canal rachidicn, fînissenl par y pénétrer par les trous de conjugaison ou l'usure des vertèbres. Celte compression peut donner lieu à de la myélite, à de la sclérose, à du ramollissement do la moelle, soit seulement dans une partie soit dans toute l'épaisseur de l'organe. De là, des phénomènes variables. La compression ne porte-t-elle que sur une moitié latérale de la moelle, il survient de l'hémiparaplégie directe avec anestbcsie croisée (Biiown-Séquard). Lorsque la moelle est comprimée dans tout un segment, il y a paralysie bilatérale des membres avec flaccidité et plus lard contracture; en môme temps les réflexes sont exagérés, et d'ordinaire il s'y ajoute des troubles de la sensibilité (parésie seusilive). Les symptômes varient du reste avec le siège de la compression. C'est ainsi qu'une compression de la moelle cervicale peut donner lieu, selon son siège, à des vomissements, du i-alentissement du cœur et des mouvements respiratoires (irritation du pneumogastrique), de la dyspnée ou du hoquet (nerf phrénique), des troubles de la circulation faciale et des troubles pupillaires (sympathique cervical).

Une compression unilatérale existe-t-elle dans la région cervicale, le membre supérieur est paralysé, mais l'inférieur peut rester libre. On pourra expliquer cette différence si on se rappelle que les fibres destinées aux nerfs moteurs des membres inférieurs peuvent seulement traverser la commissure au-dessous de la lésion.

Quand la compression est la conséquence d'une tumeur des méninges ou du rachis, il arrive fréquemment que les racines des nerfs sont comprimées, d'où résultent des pseudo-névralgies et quelquefois des éruptions de zona ou des éruptions pemphigoïdes dans les points correspondants de la peau.

Dans tous les cas de destruction transversale de la moelle, il survient consécutivement des dégénérations ascendantes pour les cordons postérieures, descendantes pour le cordon antéro-latéral . Ces lésions sont susceptibles de guérison par régénération des fibres nerveuses. La dégénération est du même côté que la lésion, dans le cas de destruction unilatérale, exceptionnellement elle est bilatérale (Charcot, W. Mùlleu).

La moelle, ne recevant que des vaisseaux de petit calibre, n'est pas, comme le cerveau, exposée aux ramollissements par embolie et thrombose. On en a cependant observé quelques cas (Handford, Leyden, etc.), et L.ouville y a décrit des hémorrhagies assez étendues. L'anémie médullaire, à la suite d'hémorrhagie grave, à la façon de la ligature expérimentale de l'aorte au niveau des artères rénales (Stenon). peut amener de la paraplégie (Abeille, Landry).

Les inflammations de la moelle, les myélites, sont de divers ordres. Elles sont »nmttives (myélites traumatiques, m. a frigore), ou consécutives (myélites infectieuses • variole, diphtérie, fièvre puerpérale, syphilis, myélites toxiques). Aiguës ou chroniques elles peuvent être ditfuses ou systématiques. La myélite aiguë est presque toujours dilluse. La moelle est très vascularisée et ramollie (ramollissement rouge), les tubes nerveux sont granuleux; les cellules des cornes sont considérablement augmentées de volume avec des vacuoles en voie de dôgénéralion granulo-graisseusc. Les vaisseaux sont dilatés' gorges de sang, et les gaines périvasculaires bondées de globules blancs. La myélite aigue sysiénaiiryue caractérise anatomiquement la para/ysie spinale de i enfance el la paralyste sptnale de l'adulte. Dans ce cas. la lésion initiale parait être lo ali e aux ornes antérieures (Prévost et Vulp.an), dont les cellules finissent par s'atrophtr et

TrZll T . (TuHNER, E.SENLOHR), les colonnes

de Clarke (Roger, Damaschino, Scuoltze), etc. .

Les myélites chroniques sont spécialement des myélites scléreuses Le tissu conionctif pen-vasculaire et la névroglie prolifèrent et étouffent les éléments ner ^u^ Les fiîr pe dent leur gaine de myéline, les cellules des cornes dégénèreni s'alronli eut e missent par isparaître. 11 en est ainsi dans la leucomyélite cLm^ïc qu^^

penepenay maire, dans toutes les variétés de myélites diffuses.

CENTRES NERVEUX

La syringomyélie ou maladie de Moroan, qui paraît surtout se caractériser cliniquement par l'analgésie avec lliermoanestliésie sans modifieallon de la sensibilité tactile, ralrophie uiusculaire et des troubles Iropliiques divers, est caractérisée anatoiiii(|uenicnt par de petites cavernes creusées dans la moelle et communiquant avec le canal épendymaire (myélite cavitaire). Elle coïncide souvent avec la scoliose (BRunr-, Thèse de Paris, 1890), quelquefois avec la dilatation des ventricules cérébraux (Charlewooi) Tuiinkr, 1888). Westphal, Roth, DÉJEniNE, Simon, etc., pensent que la syringomyélie est intimement liée à une gliomatose médullaire aboutissant à une myélite cavitaire.

La myélite syphililique alTectant, tantôt la forme d'une sclérose, tantôt celle d'un ramollissement ou d'une gomme, serait consécutive à des lésions vasculaires dérivant de l'endartérite (Gajuiewicz, Syphilis du système nerveux, Paris, 1892; — J. Sottas, Soc. de Biologie, 15 avril 1893).

Les myélites chroniques systématiques sont : 1° la poliomyélite chronique antérieure qui frappe les cellules des cornes motrices (Luys, Lockhart-Clarke, etc.), et conduit consécutivement à l'atrophie des racines antérieures (J. Cruveilhier,), et cliniquement à l'atrophie musculaire progressive ; — 2° la paralysie bulbaire progressive dans laquelle ce sont les noyaux du bulbe qui sont frappés (ceux de l'hypoglosse, du facial et du spinal surtout).

Les lésions de l'atrophie musculaire progressive viennent souvent d'ailleurs compliquer celles de la paralysie bulbaire et réciproquement. Dans celte dernière il y a ordinairement en même temps atrophie des faisceaux pyramidaux (Déjérine), comme cela a lieu dans la sclérose latérale amyotrophique.

Parmi les myélites chroniques systématiques, citons encore celle qui frappe les faisceaux de Burdach et caractérise anatomiquement l'ataxie locomotrice progressive ou maladie de Dnchenne, dans laquelle Bourdon et Luys ont montré pour la première fois le rapport entre la sclérose des cordons postérieurs qui caractérise cette maladie et l'atrophie des racines postérieures. Dans ces circonstances les cordons postérieurs sont devenus rosés et translucides. La lésion peut se propager aux cordons latéraux, aux cornes antérieures, et même jusqu'aux noyaux du bulbe, d'où il se produit dès lors des paralysies diverses.

La sclérose latérale amyotrophique, ou maladie de Charcot, frappe initialement les faisceaux pyramidaux, mais les cornes antérieures et consécutivement les racines antérieures ne tardent pas à s'atrophier (à rapprocher de l'atrophie musculaire progressive).

La sclérose en plaques, — qui, cliniquement, se caractérise surtout par une démarche spasmodique (paraplégie avec contractures), du tremblement et du défaut d'équilibre (moelle et cervelet) pendant la marche volontaire, puis par des troubles oculaires, une parole lente, scandée (spasmodique), un rire impulsif, divers troubles bulbaires (troubles de déglutition, glycosurie, etc.), et de l'afifaiblissement mental, — se présentant tantôt sous la forme spinale pure, tantôt sous la forme cérébro-spinale, est caractérisée par des plaques grisâtres, « chair de saumon », disséminées ci et là dans l'épaisseur de la moelle, avec absence de dégénéralion secondaire.

Les scléroses combinées peuvent atteindre à divers degrés tous les éléments de la moelle. De là découle une symptomatologie des plus complexes.

Art. II. — BULBE RACHIDIEN

Le bulbe rachidien, moelle allongée, n'est que la continuation de la moelle épinière, qu'il couronne à la partie supérieure sous la forme d'un chapiteau (pa, fig. 32). Étendu de la moelle à la protubérance annulaire, le bulbe est un renflement en forme de cône tronqué, un peu aplati d'avant en arrière, long d'environ 30 millimètres, large de 18 à 28 et d'une épaisseur de 12 à 14 millimètres.

Il commence vers la partie moyenne de l'apophyse odonloïde, et, s'inclinant en avant, il repose en grande partie sur la gouttière basilaire de l'occipital par l'intermédiaire de l'espace sous-arachnoïdien inférieur, formant avec la moelle un angle obtus, ouvert en avant, d'environ 40°. En arrière et sur les côtés, il est embrassé par le cervelet. En bas, le bulbe est limité par un plan qui couperait la moelle au-dessous de l'entrecroisement des pyramides. Ce point, au niveau duquel le sommet du bulbe paraît se continuer sans ligne de démarcation avec la moelle épinière, et légèrement rétréci et porte le nom de collet du bulbe. Il répond en arrière à l'intervalle occipito-atloïdien, de telle sorte qu'un instrument piquant au défaut du rachis, viendrait l'atteindre à ce niveau qui correspond au nœud vital. L'Antiquité connaissait ce point faible que les accoucheuses qui pratiquaient l'infanticide n'ignoraient pas non plus. En haut, la base du bulbe a pour limites : en avant, le bord inférieur de la protubérance annulaire ; — en arrière, une ligne transversale, qui réunirait les angles latéraux du quatrième ventricule et diviserait en deux triangles le plancher du quatrième ventricule. Le poids du bulbe est de 6 à 7 gr., le 1/226° du poids de l'encéphale.

§ I. — Conformation extérieure du bulbe.

On considère ordinairement au bulbe quatre faces : une antérieure, une postérieure et deux latérales.

Nous préférons en étudier la conliguration extérieure sous deiux. vues principales, l'une antérieure, l'autre postérieure, et en contournant l'organe do la ligne médiane vers la périphérie.

Examiné par sa face antéro-inférieure, le bulbe présente sur la ligne médiane un sillon longitudinal, sillon médian antérieur du bulbe (lig. o2et .')3) faisant suite à celui de la moelle, mais moins profond que lui dans le tiers inférieur du

Debierre. — ".

CENTRES NERVEUX

bulbe OÙ il est en partie comblé par un entrecroisement de libres blanches qui passent d'un côté à l'autre. - Cet entrecroisement, sur lequel nous reviendrons, porte le nom de décassation des pyramides (1!5, lig. 53). Si on écarte le sillon, on voit dans le fond comme la continuation de la commissure blanche antérieure de la moelle ; cette lame unit les deux pyramides du bulbe et porte le nom de raplié de Stilling.

Ce sillon se termine en haut par une petite fossette située juste sous le bord inférieur de la protubérance annulaire, trou borgne de Vicq-d'Azyr. - Il n'est pas très rareentin, de trouver le sillon médian, à la partie supérieure, recouvert par des libres blanches transversales ; on les désigne sous le nom de ponticule ou d'avant-pont (collier des pyramides).

A car< àl

Fig. 32,

Face inférieure du bulbe rachidien et de l'isthme de l'encéphale.

nerf olfactif; II. n. optique; If. ^-delette opti.ue avec i et .les^c^^^^ et externe; h. glande pituitaire ; te. tuber cmereurn et 'f^^f^'^^^J^f^^^^^n ^ iv.„. pathéa. tubercule mamillaire ; P. pédoncule cérébral •• ««'^'«^^^^^ „. 'facial (a)

tique; V. n. trijumeau avec nerf masticateur ; VI. ocub^^^^^^^^^

et auditif (b) : VIII. n. vague et n. glosso-pharyngien (Vm a) - VIII b n pmau ^ .

glosse; PV. protubérance annulaire ; '«^^

0. olive : d. sillon antérieur de la moelle ; ca. cordon antei leur,

De chaque côté du sillon médian, on voit deux cordons blancs^^^^^^^^^^ renllés à leur partie supérieure sous la ^^^^^^^^"Zm^^^^ le nom de pyramides antérieures (pa, l.g. b2^ « s'entrecroisent cordons antérieurs de la moelle, '"^is en réalité leu s faisceau^ s à la partie inférieure du bulbe pour donner naissance à la f^^^^^ '^ continuent au delà avec les cordons latéraux de la moelle. - En haut.

BULBE RACHIDIEN

gagent sous les libres les plus superficielles du ponl de Varole. Entre les pyramides et le bord inférieur de ce pont, on trouve l'origine apparente du nerf moteur oculaire externe.

Fig. 53. - Face antérieure du bulbe rachidien pour montrer les olives et les fibres arciformes

des olives.

1. tuber cinereum; 2, infundibulum (plancher du 3e ventricule) ; 3. tubercules maraillaires ■ 4, pédoncule cérébral ; 5, protubérance annulaire; 6. chiasma des nerfs optiques- 7 nerf oculo-moteur commun ; 8, nerf pathétique ; 9. nerf trijumeau ; 10. nerf oculo-moteur ext'erne • 1 . nerf facial; 12, nerf acoustique ; 13, nerf intermédiaire de Wrisberg ; 14 nerf slossopharyngien ; 115. nerf pneumogastrique ; 16, nerf spinal ; 17, nerf grand hypoglosse

En dehors des pyramides on rencontre deux autres saillies ovalaires à grand axe vertical, longues de 12 à 15 millimètres : ce sont les oli.es (0 fi/ 52)

epimere. - Ces saill.es sont séparées des pyramides en avant par un sillon qui

ou ateral antérieur du bulbe dans lequel on voit l'origine apparente du n rf grand hypoglosse (IX, fig. 52 et 17, fig. 53) ; - elles sont séparées en

frlpT . 1 """^^'^'■'''1 postérieur et d'où émergent

es nerfs glosso-pharyngien pneumogastrique et spinal (VllI, lig. 52 et 14 lïe

lulf ^ ' ~ '''' '^'^«««'«"«•^«"t peu, elles sont limitées par des libres

smoThtéraT'?.' ^"-'^ - sautoh"

sillon lateral,^6re. ara/ormes de l'olive ou stratnm zonale Kvnohl. (1); - en

^{L^^^o^'^xk^'^^r^^^ S.^TOH,x:. n^ienx décrites par

celles qui forment le /-azsceara^S^^^^ ^''^ P'"^ constantes sont

la partie supérieure du bulbe, sous le ,L M^^^^^^^^^^ ^^«^^'iles à

ment les deux extrémités dès corps oil^^a res s' n^^^^ «''"'ecollier que leur forment les fibres a xiformerinn s Lrm^^^^^^^ P*"'. a"."^ '"''^'^ ''t'^iparlie par ces fibres qui passent au-dessus d é"" ''^ en grande

haut, elles sont séparées de la protubérance annulaire par une dépression, fossette siis-olivaire . — Immédiatement derrière l'olive, entre ce corps et le sillon latéral du bulbe, on trouve un faisceau blanc vertical, épais d'environ 2 millimètres ; c'est le faisceau intermédiaire, sous-olivaire ou latéral du bulbe (3, iig. GO) qui fait suite à une partie du cordon latéral de la moelle et échappe à la décussation des pyramides.— A sa partie supérieure, ce faisceau est séparé de la protubérance par une dépression, fossette latérale du bulbe, qui se confond en avant avec la fossette sus-olivaire. A son niveau émergent du bulbe les nerfs facial, acoustique et intermédiaire de Wrisberg, (VII fig. 32 et H, 12 et 13, flg. 53).

Fig. Bi. — Facê postérieure du bulbe racliidien et de l'isthme de l'encéphale.

z, glande pinéale; th, couche optique; k, corps genouiUé interne; k', corps genouillé externe; pm, pédoncules cérébelleux moyens ; pi. pédoncules cérébelleux inférieurs ; s. cordon latéral ; fg. funicules grêles ; fc, cordon postérieur ; et, plancher du quatrième ventricule ; ps, pédoncules cérébelleux supérieurs; t, tubercules quatrijumeaux {testes}; n, tubercules quatrijumeaux (.nates); g, barbes du calamus ; vm, valvule de Vieussens.

A 5 ou 6 millimètres au-dessous des olives et un peu en arrière, sur le faisceau latéral du bulbe, on voit une tache grisâtre plus ou moins apparente selon les sujets et que l'on a conservée à tort comme propre fi l'espèce humaine, tubercule cendré de Rolando, qui n'est autre chose que la tète de la corne postérieure de la substance grise de la moelle voilée par quelques libres blanches qui la recouvrent.

En arrière du sillon latéral postérieur du bulbe, on aperçoit un gros cordon de substance blanche, le corps restiforme, cordon cunéiforme, processus cerebelli ad testes, qui semble se continuer en bas avec les cordons postérieurs de la moelle, alors qu'en haut il se continue avec les pédoncules inférieurs du cer-

V6lct«

Ce sont là les seules parties du bulbe que l'on puisse voir par des vues antérieures et latérales de l'organe. Pour en achever l'élude, il faut le retourner et l'examiner par sa face postéro-supérieure.

BULBE RACIIIDIEN

Étudié dans une mie postérieure (ûg. 54), le bulbe laisse voir aussitôt que son tiers inférieur est bien différent de ces deux tiers supérieurs.

f ig. 85. - Schèrae de la face postérieure du bulbe et do la protubérance, a. rênes de la glande pinéale; b, glande pinéale ; c. commissure; F. nèche passée dans laqueduc de Sylvius;V. valvule de Vieussens; Q. tubercules quatri umeaux P péS^ eu es cérébelleux supérieurs; P', pédoncules cérébelleux moyens; B. ^ér^cule cer'ébeSx' jnfer^urs (corps restiformes) ; Pi. pyramides postérieures ;' Ve verîou 1 , , ^1 " œn.a. 3 noyau de l'oculo-moteur commun ; 4. noyau du pathétique; 5 oc .s ceruleus

acTaO. 7 nZ""'^ """l^"",^ ^""^^^ 'roculo' moteur ex n et au

in So'm T ^'■"P'"" ^" ^'""f f^-^'^'- 0. racine postérieure de l'acousliaue

e^- pïïlJstVîran;""" ''---'ique, ; 11 'aile blanche int r^rSau

rietl^rHeTa moolio'"- 'l.''^'^'-^^,^ ^ '««^^^^ caracléri.slique de la face postérieure de la moelle, ccsl-a-d.re qu',1 présente un sillon médian, sillon médiœn.

CENTRES NERVEUX

postérieur dubidbe{i\g.l3^iel2, nff.Gl),(iui faitsuile au sillon postérieur de la moelle, et de chaque côté deux gros cordons hlancs faisant suite aux cordons postérieurs du niônie organe. Dans le lond du sillon, on aperçoit la commissure grise.

Dans les deux tiers supérieurs du bulbe, cette forme est bien changée. Bientôt, en effet, les cordons postérieurs, qui prennent dès lors le nom de corps restiformes ou pédoncules cérébelleux inférieurs (p i, fig. Î34), au lieu de rester juxtaposés, s'écartent l'un de l'autre de façon à laisser entre eux une surface en forme de V à ouverture supérieure, et laisse à nu la substance grise centrale. L'espace triangulaire compris entre les branches d'écartement ou corps restiformes, calamus scriptorius d'Hérophile, fait partie du plancher

du quatrième ventricule, dont la partie angulaire supérieure est formée par la face postérieure de la protubérance annulaire. — Cet espace présente un sillon médian lon- 1 gitudinal qui se continue en haut avec celui de la face postérieure de la protubérance et s'arrête en bas au niveau où les corps restiformes s'écartent l'un de l'autre. Ce sillon, c'est la tige du calamus scriptorius. De chaque côté de la tige, on voit des stries blanches transversales et convergentes en dehors, barbes du calamus scriptorius ou stries acoustiques qui ne sont autre chose que les racines postérieures des nerfs acoustiques (g, fig. 54).

Le sommet déprimé du calamus, bec du calamus, forme une fossette, ventricule d'Arentius, par laquelle le canal central de la moelle s'ouvre et s'épanouit dans le quatrième ventricule.

Les corps restiformes qui forment les limites du plancher du quatrième ventricule de chaque côté du calamus semblent provenir des cordons postérieurs de la moelle. Ils se portent en haut et en dehors vers le cervelet et paraissent se diviser en deux faisceaux, dont l'un monte directement vers le cerveau en suivant le plancher du quatrième ventricule et dont l'autre vient du cervelet et contribue à former le pédoncule cérébelleux inférieur. ■,, ■

Les cordons de Goll suivent les cordons postérieurs dans leur déviation en dehors ; - au moment où ils s'écartent l'un de l'autre au niveau du bec de calamus, ils se renflent en une saillie ovoïde, renflement mamelome ou pyramide postérieure du bulbe, clam (fg, fig- 54), et vont se perdie insensiblement dans le corps restiforme correspondant.

Au niveau du bec du calamus, les pyramides postérieures sont urnes par un tractus transversal, mrou, obex qui recouvre 1 entrée du canal épendymaire dans le quatrième ventricule (Ve, fig. 5j).

pig 56. — Coupe transversale du bulbe passant par les olives pour montrer sa conformation extérieure.

1. corps réstiforme; 2, pyramide postérieure (clava) ; 3, toit du 4» ventricule (voile médullaire intérieur) ; 4, cavité du 4' ventricule ; 5, 1, sillon collatéral postérieur (sillon latéral, sillon rétro-olivaire) ; 6. faisceau latéral ; 8, sillon collatéral antérieur ou ante-olivaire ; 9. pyramide ; 10, sillon médian antérieur; 11, olive; 12, cordons postérieurs; 13, raphé ; 14, réseau blanc central, substance réticulaire de Deiters ; 15, cloison (noyau de RoUer) ; 16, réseau gris latéral.

BULBE RACHIDIEN

Nous étudierons plus tard le quatrième ventricule ; bornons-nous, pour l'instant, à signaler quelques formations spéciales qu'on voit dans le triangle inférieur ou portion bulbaire du plancher de cette excavation. — On y distingue, au-dessous des barbes du calanius et en allant de la tige du calamus vers le corps rcstiforme. trois zones longitudinales successives

Fig. 87. — Décussation des pyramides du bulbe rachidien. 1, chiasma des nerfs optiques; 2. tuber cinereum. infundibulum ; 3. tubercules mamillaires; 4. espace perforé interpédonculaire; 5, pédoncules cérébraux; C, faisceau externe du cordon antérieur de la moelle se portant dans la pyramide du môme côté ; 1, faisceau intorne sentrecroisant avec celui du côté opposé ; 8, entre croisement des pyramides; 9. 9, pyramides • 10, prolongement des pyramides se rendant aux pédoncules cérébraux correspondants - 11' n. olives; 12, faisceau innominé du bulbe formant la partie moyenne du pédoncule cérébral correspondant; 13.13. 13. ficres de la protubérance annulaire coupée; 14. origine du nerf de la cinquième paire. uu ucn

qui sont :-«,, un triangle de coloration blanche à base supérieure aile blanche interne (11, fig. Ko), qui recouvre le noyau d'origine de l'hypoglosse- - 0, une surface triangulaire à base inférieure, aile grise (12, lig <à) ouï correspond aux noyaux des 9«, lOVet 11" paires de nerfs cràni;nsT- c, un îrrf!%K ''"'' s»Péneurc comme le premier, aile blanche externe

UtJ, ng. 55), qui recouvre le noyau du nerf acoustique.

CENTRES NERVEUX

§ II. — Conformalion intérieure ou structure du bulbe.

Le bulbe, comme la moelle épinière, est formé par des cellules nerveuses, des libres nerveuses et une gangue de névroglie. Comme il est la continuation de la moelle, nous devons y retrouver les cordons blancs et l'axe gris central que nous avons observés dans la moelle. — Et, en eflet, nous allons revoir dans le bulbe les divers éléments constitutifs que nous avons appris à connaître en étudiant la moelle, mais avec cette diflérence que

Fig. 88. — Décussation des pyramides et leur trajet de la moelle à l'encéphale.

h, hypophyse; th. couche optique: t, tuber cinereum avec l'infundibiilum. la tige et la glande pituita'ire; f, pédoncule cérébral; c, c. tubercules mamillaires; p, p. substance perforée postérieure ; k, corps genouiUés ; br. pont de Varole ; nd, noyau denté de l'olive : s et hb. cordon latéral ; p. pyramide antérieure ; pt, pédoncule cérébral; o, olive; sp, substance perforée latérale ; I à XI, nerfs crâniens.

l'agencement de ces divers éléments est bien cbangé. — Les cellules forment des noyaux de nerfs analogues à ceux de la moelle, mais mieux isolés; — elles émettent aussi dos librilles qui les unissent aux cellules du noyau dont elles font partie, aux cellules des noyaux voisins, à celles des noyaux homologues de la moitié opposée du bulbe, aux cellules de l'encéphale et aux nerfs dont elles sont les foyers d'origine. - Mais dans le bulbe, le

BULBE RACHIDIEN

groupement de ces noyaux est tout autre que celui que nous avons rencontré dans la moelle. C'est bien toujours la môme substance grise centrale, mais modifiée dans sa forme et sa disposition, coupée çà et là par des faisceaux blancs et comme fragmentée.

Pour se rendre compte de cette nouvelle disposition, il faut se rappeler qu'au niveau du bulbe la substance grise centrale de la moelle a été mise à jour en arrière, par suite de l'écartement des corps restiformes, le passage en avant des cordons postérieurs et la formation du sinus rhomboldal et qu'elle s'est étalée de façon à former le plancher du quatrième ventricule. — Les cornes postérieures se sont écartées, ont subi une rotation

Fig. S9. - Décussation des pyramides et leur passage à^t^avers le pont de Varole et le

pédoncule cérébral.

1. bulbe rachidlen ; 2. entre-croisement des pyramides ; 3, pyramide se prolongeant dans l'épaisseur delà protubérance: 4, olive: 5. corps restiforme: G, pédoncules inférieurs: 7. pédoncules cérébelleux moyens : 8, pédoncules cérébraux ; 9. espace perforé interpédonculaire : 10, tubercules mamillaires.

sur elles-mêmes, et, déjetées en dehors, sont venues se placer à la partie externe du plancher du quatrième ventricule ; - les cornes antérieures, de leur côte, ont vu leur base venir se placer sur le plancher du quatrième ventricule, de chaque côté du raphé (lig. 62 à 67).

De plus les faisceaux pyramidaux croisés se portent en avant, en dedans et en haut, en coupant la base des cornes antérieures (10 fig. 62) pour aller s entrecroiser sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé, en donnant

unis f cen^ 7 ^^^«^^^"'^ '«^«''«"^ P^'^ioM^

ainsi dirP li '^""'''''^'^''^^ à leur tour en décapitant pour

ainsi dire les cornes postérieures (11 lig. 63). Ce sont toutes ces nouvelles

dispositions qui compliquent singulièrement la texture du bulbe, texture que l'on commence à peine à bien connaître aujourd'hui.

Au niveau de l'entrecroisement des pyramides, la substance grise s'étend de chaque côté entre les cornes antérieures et postérieures déjetées en dehors et forme une sorte de réseau qui envahit la pârtie interne des cordons latéraux. Ce système est connu sous le nom de formation réticulée de Deiters. — Il est le résultat de l'entrecroisement des faisceaux pyramidaux croisés qui, dans leur marche en avant et en haut, traverse la base des cornes antérieures sous la forme d'une multitude de petits faisceaux, arqués et entrecroisés d'un côté à l'autre, et aussi de l'entrecroisement des fibres arciformes.

Dans la constitution du bulbe, nous trouvons les éléments de la moelle prolongés, substance blanche et substance grise, et des parties surajoutées.

a. — Substance blanche du bulbe.

La substance blanche du bulbe rachidien est formée par le prolongement des cordons de la moelle épinière et par une masse blanche surajoutée, l'olive.

Cordons antérieurs. - Le faisceau pyramidal direct, dont les fibres se sont entrecroisées le long de la moelle à travers la commissure blanche, ne s'entrecroise plus au niveau du bulbe. Il passe directement dans cet organe où il se place dans la pyramide antérieure du côté correspondant.

Le faisceau principal du cordon antérieur monte verticalement sans subir d'entrecroisement dans la moelle. Au niveau du bulbe les deux faisceaux principaux, celui de droite et celui de gauche, qui avaient jusqu'alors marché parallèlement, s'écartent l'un et l'autre de la ligne médiane et se portent en même temps en dehors, en arrière et en haut, mais sans s entrecroiser; puis ils s'infléchissent en dedans tout en continuant leur trajet ascendant et s'accolent à nouveau l'un à l'autre. En efiectuant ce trajet, es deux faisceaux principaux des cordons antérieurs forment dans leur ensemble une sorte de boutonnière elliptique, inclinée obliquement de bas en haut et d'avant en arrière dans l'épaisseur du bulbe : à travers cette boutonnière passent les faisceaux pyramidal croisé et latéral profond qui, ix ce niveau, se portent l'un et l'autre vers la ligne médiane où i s s entrecroisent avec leurs similaires du côté opposé pour donner lieu a la decussation des pyramides que découvrit Mistichelli en 1709 (2, lig. o^).

Superficiels et antérieurs dans la moelle, une fois qu'ils ont ainsi change de position, les deux faisceaux principaux des cordons antérieurs sont devenus profonds et postérieurs dans le bulbe où ils sont venus se plac^ dans la partie la plus profonde des pyramides, en arrière du faisceau lali.al ascendant ou sensitif.

ConooNS LATÉRAUX. - Le faisceau pyramidal croisé au niveau du collet du

BULBE RACHIDIEN

bulbe s'infléchit vers la ligne médiane où il rencontre son homologue du côté opposé avec lequel il s'entrecroise en natte, et une fois arrivé dans la moitié opposée du bulbe, vient constituer la partie superficielle de la pyramide antérieure où il rencontre le faisceau pyramidal direct et se confond avec lui.

A ce niveau donc, dans la même pyramide du bulbe, nous trouvons à la fois le faisceau pyramidal direct du même côté de la moelle et le faisceau pyramidal croisé du côté opposé. Ces deux faisceaux constituent désormais un seul et même groupe de fibres nerveuses dont l'ensemble forme le faisceau pyramidal ou cérébral moteur qui descend du cerveau dans la moelle où il transmet le courant de la motricité Volontaire aux cellules deS cornes antérieures de la moelle, qui, elles, portent ensuite aux muscles par l'intermédiaire des nerfs moteurs l'ordre d'exécution.

De fait cet ordre venu du cerveau est toujours croisé, puisque si l'hémisphère du côté gauche du cerveau, par exemple, porte l'ordre de la motricité à la moitié droite de la moelle épinière par le faisceau pyramidal croisé et à la moitié gauche par le faisceau pyramidal direct, comme ce dernier s'entrecroise le long de la moelle avec son congénère du côté opposé, il en résulte en lin de compte, que l'entrecroisement est total pour le faisceau pyramidal ou cérébral moteur dans son ensemble, et que toutes les incitations volontaires parties de l'un quelconque des héiîiisphères cérébraux, aboutissent aux muscles du côté opposé du corps. Les lésions qui intéresseront le faisceau pyramidal au-dessus du bulbe auront donc pour conséquence immédiate de déterminer une paralysie motrice du côté opposé à la lésion, autrement dit une hémiplégie croisée.

Si les choses en clinique ne sont pas toujours si simples et si régulières que celles que nous venons d'exposer, c'est que la décussation des pyramides n'est pas toujours pareille à elle-même. — Les variétés dans la décussation des pyramides sont en eflet assez nombreuses. Voici à ce sujet ce que l'on peut dire de plus général, a) Chaque pyramide fournit un faisceau direct et un faisceau croisé (75 fois 0/0). Le plus souvent le faisceau croisé représente les 9/10" de la pyramide, mais il faut savoir (Flecusig, PiERRET). — fait important pour l'interprétation des paralysies directes, — que dans un certain nombre de cas, c'est l'inverse qui a lieu, le pyramidal direct étant plus volummeux que le pyramidal croisé. 6) Il y a décussation totale, les faisceaux directs font défaut. Cette disposition se rencontrerait environ une fois sur di.x. c) Enfin, il n'y a que trois faisceaux, une pyramide motrice se dédoublant en faisceau direct et croisé tandis que l'autre reste simple. '

Le faùceau latéral ascendant ou faisceau sensitif en arrivant au collet du bulbe s'infléchit sur la ligne médiane, se rapproche de son congénère du côte opposé et s'entrecroise avec lui, comme l'avaient fait les deux aisceaux pyramidaux croisés et cela en arrière de ces derniers. Après 1 entrecroisement dans le raphé du bulbe, les faisceaux latéraux profonds se redressent et viennent se placer dans les pyramides du bulbe à la face profonde du faisceau pyramidal qu'ils suivent ensuite pour monter avec celn TnJ-r, ^^""y^^'^' du cerveau. Dans la pyramide du bulbe, le faisceau sensitif est donc situé entre le faisceau pyramidal ou moionr cérébral

CENTRES NERVEUX

qui est en avant et le faisceau principal du cordon antérieur ou laisceau commissural moteur qui est en arrière.

Le faisceau de Gowers monte dans le bulbe sans subir d'entrecroisement. Dans le champ latéral du bulbe, il rencontre un noyau, noyau latéral du bulbe, qui est une dépendance des cornes postérieures de la moelle, et après s'être interrompu en partie ou en totalité dans les cellules de ce

Fig. 60. —

Entrecroisement des faisceaux de la moelle dans le bulbe.

1. cordon antérieur gauche; 1', cordon antérieur droit; 1 + 1. dans le pédoncule après avoir traversé la protubérance (ils forment boutonnière dans le bulbe) ; 2, cordon latéral gauche ; 2\ cordon latéral droit (ils passent à travers la boutonnière des cordons antérieurs, s'entrecroisent dun côté à raulre, décussatlon des pyramides, traversent la protubérance et vont former l'étage inférieur du pédoncule. 2 -f- 2') ; 3. 3 . faisceau non entre-croisé du cordon latéral (cordon intermédiaire ou latéral du bulbe) : 4, 4. cordons postérieurs ou sensitifs (ils passent dans la boutonnière des cordons antérieurs, s'entre-croisent au-dessus des cordons latéraux, traversent la protubérance et vont former l'étage moyen des pédoncules) ; 5. locus niger; 6, olive; "ï, fibres areiforraes.

noyau sensitif, le faisceau de Gowers monte dans la protubérance annulaire en formant la plus grande partie, toute la partie e.vlerne, du ruban

de Reil. , , .,

Le faisceau cérébelleux direct, dans son trajet ascendant, ne subit aucun entrecroisement. Arrivé au bulbe, il passe dans le corps resliforme correspondant et va se terminer dans le vermis supérieur du cervelet (1<lechsig).

BULBE RACHIDIEN

Une certaine partie de ses fibres ne suit cependant pas cette voie directe pour aboutir au cervelet. Celles-ci montent dans la protubérance en accompagnant les fibres du faisceau de Gowers et suivent le ruban de Reil dont elles constituent la portion la plus interne. Arrivées au-dessous des tubercules quadrijumeaux, elles abandonnent le reste du ruban de Reil, contournent le pédoncule cérébelleux supérieur en se portant vers la ligne médiane et se jettent dans la valvule de Vieussens où elles s'entrecroisent avec les fibres similaires du côté opposé et aboutissent enfin au verrais du cervelet (Monakow).

Fig. 61. — Coupe transversale du bulbe au niveau du collet (avant la décussation des pyramides).

1. sillon niédian antérieur; 8. sillon médian postérieur; 3. racines antérieures ; 4. racines postérieures; 5, cordon postérieur: 6, cordon latéral; 7. cordon antérieur; 8, corne antérieure ■

LbstTrr r"^"'' "'^'""^ postérieure: 12. canal central. (La

substance gnse des cornes antérieures est en rouge, celle des cornes antérieures en jaune

Cordons postérieurs. - Le faisceau de GoU monte jusqu'au bulbe où il se jette, sans s'entrecroiser, dans le noyau post-pyramidal ou noyau de Ool . Par ce noyau il se prolonge ensuite dans le cervelet, en suivant d'une part le trajet du corps restifonne, et d'autre part, après s'être mis en rapport par un groupe de fibres avec les noyaux protubérantiels (Pierret) JUT'"-! v f''^"''' comprend, nous l'avons vu. des fibres commissurales long.tudmales, des fibres radiculaires des racines postérieures et des fibres sensit.ves issues des colonnes de Clarke. Les libres radiculaires sZT"' ' vont se jeter, sans subir d'entrecroisement, dans le noyau V men le " ^e l urdacb; les fibres sensitives abandonnent succes-

^^S^ LT":r P'''" '^^^ral ascendant

quelles constituent, ainsi que nous l'avons dit, et au niveau dn

.^%ontuurf \ ''''' '""'''^^^ '^'^ 0 pou

constituer ensuite le plan moyen ou sensitif des pyramides du bulbe.

CENTRES NERVEUX

Substance grise du bulbe.

Au niveau du collet du bulbe, la substance grise de la moelle épinière qui se continue dans le bulbe rachidien subit de profondes modifications par suite de l'écartement des cordons postérieurs et de l'entrecroisement des faisceaux moteurs et sensitils, et consécutivement l'élargissement du sillon postérieur, l'ouverture du canal central de la moelle au niveau du bec de calamus et Tétalement de la substance grise centrale sur le plancher du quatrième ventricule.

1, sillon médian postérieur ; 2, noyau du cordon de Goll ou du cordon grêle ; 3, noyau du cordon de Burdach ou du corps restiforme ; 4, corne postérieure ; 5, substance grise de la base des cornes postérieures ; C, base des cornes antérieures ; 7, têtes des cornes antérieures ; 8 pyramides ; 9, nerf grand hypoglosse ; 10. entrecroisement des pyramides ; U. tubercule cendré de Rolando ; 12. racines postérieures ; 13, racines antérieures. (La substance grise des cornes antérieures est en rouge, celle des cornes postérieures en jaune.)

En s'écartant l'un de l'autre, les cordons postérieurs laissent à nu en arrière la substance grise centrale, et repoussent en dehors d'autre part les cornes postérieures de la substance grise qui viennent dès lors s'étaler en quelque sorte sur le plancher du quatrième ventricule. — La base de ces cornes se dispose en une colonne grise sensitive étendue en long, de chaque côté de la tige du calamus, en dehors de la base des cornes antérieures qui, elle, forme une colonne grise également longitudinale sur le plancher du quatrième ventricule, mais juste à droite et à gauche de la tige du calamus (4, flg. 66).

Par suite de la décussation des faisceaux pyramidaux croisés, décussalion des pyramides, les cornes antérieures sont coupées en deux : une

BULBE RACHIDIEN

partie postérieure, ou base de la corne, reste en rapport avec la commissure grise, par conséquent vient se placer de chaque côté du raphc médian du bulbe où elle forme une colonne motrice que nous retrouverons en étudiant le plancher du quatrième ventricule (6, tig. 62); — la partie antérieure ou tète de la corne est légèrement rejetée en dehors où elle forme une nouvelle colonne grise motrice que divise en tronçons le passage des fibres arciformes (7, fig. 62).

Fig. 63. — Coupe transversale da bulbe à sa partie inférieure (un peu au-dessus de celle de la figure précédente, au niveau de la décussation des cordons postérieurs).

1, sillon médian antérieur; 2, sillon médian postérieur; 3, base des cornes postérieures; 4. tête des cornes postérieures ; 5. tubercule cendré de Rolande ; 6, noyau du cordon dé QoU ; 7. noyau du cordon de Burdach; 8. base des cornes antérieures; 9. têtes des cornes *antérieures; 10, pyramides; 11, cordons postérieurs qui s'entre-croisent sur la ligne médiane au-dessus de rentre-croisement des pyramides ; XII, nerf grand hypoglosse. (La substance grise des cornes antérieures est en rouge, celle des cornes postérieures en jaune).

L'entrecroisement du faisceau latéral profond et du paquet de fibres du faisceau de Burdach qui vient se joindre à lui, qui se fait juste au-dessus de celui des faisceaux pyramidaux croisés, ne peut se faire de son côté en laissant intactes les cornes postérieures. En effet, en se portant en avant et en haut à la suite des faisceaux moteurs ou pyramidaux, les faisceaux sensitifs, latéral profond et de Burdach d'un côté de la moelle qui vont passer de l'autre, et réciproquement, coupent également en deux la corne postérieure, dont la base reste étalée sur le plancher du quatrième ventricule U, iig. 65), tandis que la tête se trouve refoulée en dehors où elle apparaît sous la forme d'une colonne grise qui chemine en arrière et un peu en dehors de la colonne formée par la tête des cornes antérieures (Il fig QO) Cette colonne fait saillie à la partie inférieure du bulbe sous la forme du^ tubercule cendré de Bolando, et monte vers la protubérance où elle

Il résulte de cet ensemble de phénomènes que la tète de la corne anté-

CENTRES NERVEUX

rieure est séparée de sa base par les cordons latéraux, et que la tète et à base des cornes postérieures sont séparées l'une de l'autre par le passage des cordons postérieurs (liR. 62, 63 et 64). Ces parties gnses qu. représentent les cornes de la u.oclle dans le bulbe constituent des ^^oy.ux g^nglionna res d'où proviennent les nerfs crâniens comme les nerfs rach.d.ens

GoU : 1. noyau de Burdach : 8, corne P°«'é"«"Tf; 12 trajet du cordon postérieur,

pyramidal cîoisé; H. trajet du -«^^ PJfre îatceaT ênsVt f én ble^ \L faisceau pyramidal (moteur) est en rouge, le faisceau

.4 1., mnpllp éninière ou des ganglions

BULBE RACIIIDIliN

t-on en avant la coupe bien circonscrite des pyramides antérieures ou pyramides motrices (13, fig. 65), puis en arrière de ces dernières, des cordons blancs qui font suite aux faisceaux latéraux profonds et de Burdacb de la moelle du côté opposé ou pyramides sensitives (14, flg. 65), et enlin, plus en arrière encore, des faisceaux blancs non entrecroisés qui glissent sous le plancher du quatrième ventricule, et qui ne sont autre chose que la prolongation des faisceaux principaux des cordons antérieurs de la moelle.

L'examen de tranches transversales minces du bulbe permet de voir très exactement tous ces détails, que les schémas ci-contre, exécutés d'après les belles préparations du professeur Mathias Duval, reproduisent assez fidèlement (fig. 65 et 66).

Voici ce que nous apprennent les coupes transversales superposées du bulbe : — Au niveau du collet du bulbe, c'est encore une coupe de moelle que l'on a sous les yeux. On remarque seulement : 1° un épaississeiuent des commissures qui finissent à ce niveau sous leur forme propre pour faire place à un raphé médian; 2° l'accroissement de la formation réticulée qui entourait la corne latérale dès la région dorsale supérieure et renfermait la colonne intermédiaire ou tractus intermédio-latéral ; 3° la projection en arrière et sur le c6té de la corne postérieure dont la tête vient affleurer la surface de la moelle sous le nom de tubercule cendré de Rolando. Au dessus du collet du bulbe, le fait capital est l'entrecroisement des pyramides.

Les faisceaux pyramidaux s'entrecroisent sur la ligne médiane en traversant le col des cornes antérieures (10, fig. 62). C'est ce que l'on a appelé la décapitation des cornes qui, dès lors, forment deux colonnes, l'une qui représente la base et reste en rapport avec le canal central (6 fig. 62), l'autre qui représente la tête et conserve sa situation anlérolatérale (13, fig. 62) mais à tout jamais maintenant séparée de sa base. Entre les deux on voit le faisceau pyramidal croisé.

On y doit signaler de plus deux excroissances de la base de la corne postérieure : la plus externe s'enfonce dans le cordon postérieur, c'est le noyau restiforme (3, fig. 62), ou du cordon de Burdach, la plus interne c'est le noyau post-pijramidal ou noyau du cordon de Goll (2, fig. 62).

Une coupe passant juste au-dessous des olives, nous montre un nouvel entrecroisement, celui des faisceaux sensitifs. Ceux-là, qui proviennent à la fois du faisceau de Burdach et du faisceau latéral profond, s'entrecroisent à leur tour sur la ligne médiane en coupant en deux tronçons les cornes postérieures, absolument comme l'avaient fait les faisceaux pyramidaux pour les cornes antérieures, et au-delà se continuent avec les rubans de Reil, d'où l'entrecroisement des faisceaux sensitifs porte encore le nom d'entrecroisement des rubans de Reil. Une fois entrecroisés, ces faisceaux viennent se placer dans la pyramide antérieure en arrière des faisceaux pyramidaux où ils forment la portion sensitive des pyramides. Dès lors les cornes postérieures forment dans le bulbe et la protubérance annulaire deux colonnes longitudinales séparées, d'où naissent des nerfs sensitifs, comme des colonnes qui représentent les cornes antérieures naissent des nerfs moteurs.

Debierre. — 8.

CENTRES NERVEUX

Sur une coupe passant par les olives, la décussalion des pyramides

'''Lefîlfsceaux de la moelle sont disposés dans l'ordre suivant d'avanl en anùrè dans l'épaisseur des pyramides:!» faisceaux pyramidaux ou moteurs [ 2' faisceaux de Burdach et latéral profond ou faisceaux de Reil, 3» faisceaux antérieurs principaux du cordon antérieur.

Sur cette coupe on reconnaît facilement les deux colonnes motrices et les d euf c lonner;ensitives qui résultent du tronçonnement cornes de H substance grise Sur la tète de la corne postérieure, on vo. pourlan X choseT nouveau, une sorte de calotte de fibres qui la cojn^^^^^

moteur) et la portion sensitive du pneumogastrique (20, Dg. 65) qui éman

canal central. Ce dernier s'est ouvert en un ^^^^^ l^^^és efla ba e des cornes les autres parties nerveuses se sont rejelees sur les côtes, e la^b^^^^^^^^^

postérieures sur la ligne médiane, la base ^^^^^^^^ ^^^^ du quatriè^ ven-

sont venus constituer deux colonnes g-^^^^^^^.f^.Pf^^^g^ ^g. 'S) constituent

, /i lo cK^ Tn t^tp des cornes anterieuri/b yo, ug. tncule (l'18,fig. 63) - La tete^^^^^^^ ^^^^^^ ^^^^^

le noyau accessoire ^^^//^^P^f gg) est toujours coiffée par la racine

la tête des cornes postérieures (18, Iig. b5) est .

la bandelette solitaire de Stilhng (21, ûg- formation réticulaire, les

Mais à ce niveau nous rencontrons encore a formation ^^^^^

fibres arciformes et diflérenls noyaux sur l^^^^^/^J.^t;^^

Au milieu, nous voyons le rap/ie medtan du bult^e, qui est un j et d'entrecroisement pour les fibres de - soites^^ f s'ubstance grise de une sorte de réseau déterminé par P;^^^:^^;^;;^^ ^ ^es iaisceaux moteurs nombreuses fibres blanches, P^^^^'^^^ c tsf à ce champ réticulé qu'on ou sensitifs croisés et des ^^^.l'I^l'''^^^^^

donne le nom de formation ''''f''J .^^^^^^ ou centrale {U, Ûg-^O),

deux zones, une interne, formation J'^^^^ dehors par les racines

limitée dans le bulbe, en dedans P^^;^ ^^P^^^^'i/^ance, par les racines de de l'hypoglosse (plus haut, au ^^^^f ^^^^.P^f'^Ution réticulaire grise l'oculo-moteur externe), et une ^^'2 \es racines de l'hypoglosse, et ou latérale (16, fig.56), limitée en giosso-pharyngien. en dehors par celles du spinal, d" P^^"^ ^ le noyau de Holler, très Dans la formation réticulaii-e centrale J^^^J respiratoire de

développé à la partie supérieure des olives,

f^islavsky. , g faisceau principal anlé-

Au noyau de Roller v.ennen aboutir l^s >wes ,^ rieur et celles du faisceau de Gowers. - Plus haut,

BULBE RACHIOIEN

bérance annulaire, nous verrons que dans le prolongeincnl de la substance réticulaire centrale on trouve d'autres noyaux, le noyau réticulé du pont et le noyau central supérieur.

Dans la formation réticulée latérale, mélange des fibres grises et de cellules nerveuses, que certains auteurs regardent comme la suite de la corne latérale de la moelle et du traclus intermédio-latéral, on a fait s'éteindre le faisceau latéral profond, mais nous savons que les fibres de

Fig. GS. - Coupe transversale du bulbe à sa partie moyenne (région des olives). 1. base des cornes postérieures (plancher du 4o ventricule) : 2, faisceaulongitudinal postérieur: tZZr7 , • pneumogastrique: 5. racine ascendante du pneumo:

gastrique; 6. noyau du tnjumoau (racine descendante); 7, tubercule de Rolando • 8 noyau moteur ou accessoire du pneumogastrique (noyau antéro-latéral représentant la tê de la

es novauTl'L!lf T"'"' 1' P^-«>+'« masticateur +

Zn T ' • '^"don latéral ascendant • 10 corn^

paro-ollvau-e externe; ll.fibresarciforn.es: 12. olive; 13. pyramide : 14. ruban de ReT

LtTT'"". '"'""'^^ ^""^"^"'^^ b'anche ou centraleïmre-croi

m nt des bbres des rubans de Reil. couche intérolivaire ou des rubans de Re^ H ubs anct ret.cula,re gr.se ou latérale . 18. tcte de la corne postérieure ; 19. base de fa l^ne antérieure

l': s; ïï^ir Siii^l- - '"oSïïr;

ce dernier ne font que traverser le réseau réticulaire pour aller participer région est traversée par les libres arciformes, dont les internes no ! ZZ^XTTt r ""''^'^ cuLifottes e't ZI

TeVLSL"^ rr-^ in/^rieu^rZpîrLmLr''"

i-éturedTrdirsrr^LoL'"' ^""^ —^^^

CENTRES NERVEUX

c. — Parties surajoulées du bulbe.

Les parties blanches qu'on rencontre dans le bulbe et que 1 on ne vo, pas dans la moelle, sont les noyaux blancs des olives, et des fibres b anch s transversai;s qui avoisinent le raphé médian où elles s -trea.isent sous des angles variés. Parmi ces fibres, les unes réunissent ^ des neris bulbaires d'un côté avec les noyaux homologues du côte opposé d^autres émanent des corps olivaires, des corps restiformes ou des cordons pyramidaux postérieurs.

coupe transversale du bulbe à sa partie supérieure (partie supérieure des olives)

Fis 6G. i^uupc n ano ¥ — — - .

1. pi'ancber du 4e ventricule ; base de la corne antér^ure ^^ll^TX' ^'^^^^^^^^^^^

\ genou du facial ien^inenUaUres ^ ^ ; 1. téte de la

étalée des cornes postérieures) ; 5, corps ' ' „__^ante du trijumeau): 8. noyau

corne postérieure (noyau sensitif du tr.umeau, ^'^^^^^^^/f^Jjji^^téHeur du facial) ; 10. antérieur de Tacoustique ; 9 tête de 1^/° "«^^^^^ ^^1^ u. faisceau longitudinal posfibres arciformes ; 11. olive ; ^^Vyr^^^. -'^^ J^-^^^J ^es nerfs crâniens.

=ï::;n^û^Œ« ;ensitives en jaune).

Les corps resUfo^nes ont été longtemps ^^f^^'Z^^'^^T^ des cordons postérieurs de la moeUe «J-^f .itryelet, mais au

que ces cordons ne se rendent point de la moelle a Contraire, qu'ils descendent du -ve e dans le bu be J^^^^ .^^^^.^^r,. restiformes doivent être confondus avec ^^Pé^f^°'"'f organe. lîn attei- Ce sont là deux noms dilïérents qu. désignent un mune oi.

BULBE BACHIDIEN

gnant le bulbe, leurs fibres s'infléchissent en avant et se dissocient en une sorte d'éventail de libres auquel on a donné le nom de système des fibres arciformes.

Les fibres arciformes sont de deux ordres, les unes sont superficielles, les autres profondes.

Les fibres arciformes profondes ou internes se portent vers le raphé, plongent dans l'épaisseur du bulbe et s'entrecroisent sur la ligne médiane où elles contribuent à constituer le raphé du bulbe. Dans leur marche, elles découpent comme dans une dentelle les diverses formations qu'elles rencontrent, corps olivaires et juxtaolivaires, colonnes grises provenant des cornes antérieures et postérieures de la moelle, racine ascendante du trijumeau, de façon à contribuer à la formation d'un vaste réseau connu sous le nom de formation réticulée du bulbe. Sur les fibres de ce réseau on rencontre de petits noyaux ganglionnaires.

Les fibres arciformes superficielles ou externes se détachent de la partie superficielle et externe des corps restiformes; de là elles se portent en avant en contournant la face latérale du bulbe, où elles passent d'abord entre les filets radiculaires des nerfs mixtes, puis croisent le faisceau latéral, l'olive et la pyramide antérieure pour atteindre le sillon médian antérieur. Là, ell3s s'enfoncent dans ce sillon et disparaissent dans la profondeur du bulbe en s'entrecroisant, comme les fibres arciformes profondes, sur la ligne médiane avec les fibres homologues du côté opposé. Ces fibres forment un ruban plus ou moins volumineux et constituent le statum zonale d'Arnold; dans certains cas, ce dernier est constitué par quelques fibres éparses et arquées qui embrassent l'extrémité inférieure de l'olive ; d'autres fois il constitue une nappe serrée qui recouvre presque toute l'olive. Il n'est pas rare d'en voir un certain nombre s'arrêter au sillon pré-olivaire par où elles pénètrent dans le bulbe; d'autres fois les fibres supérieures se groupent en un faisceau particulier qui passe au-devant de la base des pyramides et constitue Vavant-pont, ainsi appelé parce que ce ponticule précède un autre pont autrement considérable, le pont de Varole.

Sur le trajet de ces fibres arciformes corticales sont aussi disséminés de petits amas de substance grise que l'on a appelés noyaux arciformes Quelques-uns constants par leur siège à la partie antérieure et interne de la pyramide antérieure et plus volumineux que les autres portent le nom de noyaux prépyramidaux (fig. 63).

Où aboutissent les fibres arciformes? Deiters, Clarke, Meynert croient que ces fibres, après avoir contracté des relations encore mal connues avec l'olive du côté correspondant pour les fibres arciformes profondes du côté opposé pour les fibres arciformes superficielles, iraient de là dans les noyaux de GoU et de Burdach. Sappey, au contraire, pense qu'elles réunissent les corps restiformes des deux côtés, et que par l'intermédiaire de ces corps elles monteraient dans le cervelet. Dans cette opinion, les fibres arciformes seraient des fibres en anses réunissant l'un à l'autre les deux pédon-

ïwrn 'r/^'"'^"'-^' "^'^'^ ''''' ^«"t le dire, une pure hypothèse.

I-D NOER, de son côte, estime que les libres arciformes profondes, après s'être entrecroisées entre les pyramides et les olives, se continuent avec le ruban

CENTRES NERVEUX

Outre ces fibres cérébelleuses, le corps resliforme contient : 1» des flbres venant du faisceau cérébelleux direct; 2° du noyau du faisceau de Burdach; 3° du noyau du faisceau de GoU des deux côtés; V de l'olive inférieure du côté opposé (Beghterew),

Fig 67 - Coupe transversale de la partie supérieure du bulbe (Meynert).

antérieur du vague ' f ""/^YjJ^'abr^^ /e l'hypogloss ; R. raphé du bulbe : MFJ, subs- ;r ïeÏesTlMÎnlS^ G. sulLLes et restes du cordon postérieur.

Les 'oarties avises qu'on trouve dans le bulbe, et qui ne sont pas Les î'/^^f^^* ; ^ . ^ le noyau de la pyramide postérieure,

représentées dans la moelle sont . a, ic a r cordon

noyau des cordons grêles ou post-pyram^daux . b le^^^^^^^^ culnlorme ou noyau des corps restiformes ^«-^ .^"^"^f^tc^^^^^^^

grises, au moment où les cordons l-^^-^--./'^^^^^ -^f/rTab r de -tière noyaux pyramidaux, constitués par un petit amas var ame u gîise à la partie antéro-interne des pyramides antérieures d, les .toyato. olivaires et juxta-olivaires.

BULBE RACHIDIEN

Du noyau de Goll parlent des fibres qui montent dans le cervelet par l'intermédiaire des pédoncules cérébelleux inférieurs et d'autres fibres qui vont au ruban de Reil et aux fibres arciforraes. Du noyau de Burdach se dégagent des trousseaux de fibres qui vont s'unir à celles du faisceau latéral profond pour constituer avec elles le ruban de Reil, et d'autres qui se rendent à l'olive.

L'olive est formée par une portion blancbe corticale qui appartient au cordon latéral; — par une lame grise intermédiaire plissée sur elle-même, corps denté ou rhomboidal de l'olive, de façon à représenter une bourse oblongue ouverte à son extrémité interne, hilé de l'olive (0, lig. 67); par un noyau blanc central dont les fibres appartiennent en grande partie au système des fibres arciformes. — Le corps dentelé de l'olive est constitué par une grande quantité de petites cellules multipolaires. Les fibrilles qui en émanent vont se rendre à l'olive du côté opposé en traversant le raphé, ou bien remontent vers la protubérance en formant un faisceau que Lenhosseck appelle pédoncide de l'olive. Ce faiscea.u, que Bechtehew de son côté nomme faisceau central de la calotte, monte vers la protubérance en longeant le pédoncule cérébelleux supérieur correspondant, passe au côté interne des noyaux rouges et va aboutir sur la paroi du troisième ventricule. Certaines fibres de l'olive iraient même se rendre, selon Schrceder van der Kolk, au noyau de l'hypoglosse et à celui du facial, mais ce sont là des relations qui ont besoin d'être mieux établies. Enfin, de la surface de l'olive émanent des . fibres rayonnantes dont l'ensemble constitue ce que l'on a appelé la toison de l'olive. — Les noyaux- para ou juxta-olivaires, noijaux olivaires accessoires, au nombre de deux, sont placés l'un en dedans, l'autre en dehors de l'olive. Le notiau juxta-olivaire interne, grand noyau pyramidal de Stilling (i5 fig. 65), est représenté par une lame grise coudée, dont l'ouverture regarde le corps olivaire ; — le noyau juxta-olivaire externe (10 fig. 65) est formé d'une baguette grise, fusiforme (sur une coupe), placé de champ en dehors de l'olive.

Vaisseaux du bulbe. — Duret a divisé les artérioles qui se rendent au bulbe, en : 1° artères radiculaires, destinées aux racines : ces artérioles qui viennent des vertébrales et des cérébelleuses inférieures se bifurquent, l'un des rameaux accompagne les racines des nerfs dans son trajet intra-bulbaire et jusqu'à son noyau d'origine; l'autre accompagne les racines vers la périphérie; - 2» en artères médianes, dont les unes, médianes antérieures, naissent des vertébrales et de la spinale antérieure, pénètrent dans le sillon médian antérieur, traversent l'épaisseur du bulbe, se divisent en arborisations sous le plancher du quatrième ventricule et se rendent principalement aux noyaux des nerfs (artères des noyaux de Duret); les autres, médianes postérieures, viennent des spinales correspondantes et se rendent principalement dans la substance grise du plancher du quatrième ventricule ; - 3» en artères périphériques enfin, qui vont aux pyramides à 1 olive et aux corps restiformes.

Les vmies du bulbe peuvent être divisées comme les artères en médianes et radiculaires. Elles se rendent dans un plexus qui entoure le bulbe et la protubérance, et de ce piexus partent des rameaux qui se jettent dans les sinus voisins.

mèlZZZT- "^'^"'T'- ~ pyramides antérieures sont motrices, de

LeuTdestr ,cMl"''r"^ I^yramidaux de la moelle dont elles ne sont qu'une continuation, l^cui destruction donne lieu à de la paralysie du mouvement.

,|20 CENTRES NERVEUX

La lésion des cordons poslcrieurs dans le bulbe (pyramides sensiUvcs de Sappey el MvtLs-Duval) détermine une hémlaneslhésie croisée et l'impulsion rotative en manège (Lauoude), dernier efiet qui ne leur appartient probablement pas en propre, mais doit Mre rannorté aux pédoncules cérébelleux supérieurs qui leur sont connexes.

irSceau intermédiaire du bulbe ou sous-olivaire, est une partie du cordon pyramidal croisé qui échappe à la décussation. Il est moteur.

La lésions des pyramides postérieures donne lieu à la désharmon.e des mouvements. rnncoordinTtion motrice, de même que celle qu'on voit après la section des cordons postérieurs de la moelle (Laborde). ■,.u^„,i^„

La lésion de l'olive détermine des mouvements de rotation et de déséquilibra ion (MAGENo r mais ces phénomènes n'appartiennent pas en propre aux corps olivaires (LABonn")î'Q^ à éti'e l'organe coordinateur de la fonction du langage (ScnaoBOEa van nvt) KniTC^ c'est là de la fantaisie.

L^s corp re t^ormes sont doués d'excitabilité sensitive et excito-motrice ; Us appartiennent en popre au cervelet dont ils constituent les pédoncules inférieurs. Aussi ne dé^nére"^^^^^ la génération ascendante des cordons postérieurs de a moelle

Leur ésTon ^^^^^^^^^ provoque des phénomènes moteurs caractéristiques des lésions

célïbeneuses, c'est-à-dire des phénomènes d'entraînement, de rotation, et en général de

''tStrcr/X' dans le bulbe. Le croisement a lieu dans le bulbe lui-môme pour les fibres motrre du corps (pyramides), dans la protubérance pour les fibres motrices de la face. ïe qui permet d^expUquer les paralysies alternes. La liaison des noyaux des f f iL Lf rl-nn côté avec Ics noyaux similaires du côté opposé, rend compte nerfs bulbaires d un côté avec J mouvements de la face (clignement)

d'autre part, de la synergie ^^ ^^^^^^7^21 pourquoi une section sagittale du bulbe

=i;^ ~ rfr:^:: p;^ t==

X Z=T^JÎr^^:^f^^ car la se.

JU^tL^: bui^ tir^Tiz

demi-section transversale. La voie motrice ei la vuic

ni complètement «'^^ J-jl^f^^^^f j;^^^^^ isolée en noyaux dis-

Tprnt :i i:rrréef driS^^^^^ -t sur ce pomt plemement

^"Ssi r^TssrgSrSSes sous le nom de noyau du facial sont le vrai

ioyer des actions réflexes du ^^^^^^-^^ZZ^^^^^^^^ -'^^^ Les altérations pathologiques de ^ "'j j^J^^ avec inaction conjuguée

se traduisent par la paralysie du muscle ^^^^i'^^, «eulaire externe avec

du muscle droit interne de l'autre ^''^^^^^^ des yeux

déviation conjuguée de l'œil du côté opposé ^ ^ Paralys dcv.at on con ug^^^ j^^^

(Graux, Thèse de Paris, 1878). Ce ''^f'^^'''''^^^^^^

Uire d'un côté avec le -y-/^V^ ^amTl muscle droit în'terne est donc animé Pour les mouvements conjugues de ^^^/^^ '^^ '^^J^j . l'oculo-moteur externe du par l'oculo-motcur commun correspondant, mais aussi pai

côté opposé. „„on»o de l'exnression mimique et parlée (asso-

C'estle bulbe qui coordonne les mouvemen s de 1^^P[,^\ - qui com-

ciation fonctionnelle des nerfs hypoglosse ^^^^ du double guide

mande la vision l^^— ^ t rL^^^ de la V paire, il est le

des chevaux accouplés en attelage). Pai la lacine

BULBE RACHIDIEN

centre de la sensibilité de la lace. Mais par leur groupement et leurs connexions, les noyaux gris du bulbe président à autre cliose qu'à desimpies réflexes localisés dans tel ou tel nerf bulbaire ; ils président encore à l'association des divers actes de sensibilité et de mouvenieiits destinés à assurer l'accomplissement d'importantes fonctions, telles la masLication et la succion, la déglutition, Vocclusion des paupières, la phonation; tels encore les mouvements automatiques respiratoires (nœud vital de Flourens), phrénateurs dit, cœur par suite de l'excitation du pneumogastrique très probablement, car après la destruction des noyaux des nerfs mixtes le phénomène n'a plus lieu. On a de plus placé dans le bulbe un centre vaso-moteur général, et divers centres sécrétoires, salivaire, sudoral, glycosurique, polyurique, albuminurique. Le fait est que la piqûre du plancher du quatrième ventricule entre les tubercules de Wenzel (origine des nerfs acoustiques) donne lieu a un diabète temporaire, et que si l'on pique un peu plus bas on obtient de la polyurie simple et que si la piqûre, au contraire, porte plus haut, on détermine de l'albuminurie, plus haut encore (à la partie la plus large du plancher) de la salivation.

Le centre respiratoire bulbaire est placé près de ceux des nerfs moteurs de la langue (hypoglosse), des lèvres (noyau inférieur du facial) et des fibres cardiaques du spinal et du pneumogastrique. La.paralysie labio-glosso-laryngée frappe successivement ces centres jusqu'à ce qu'elle tue le malade dans des accès de suffocation et de syncope.

Les voies centripètes du réflexe respiratoire ce sont les nerfs pulmonaires (pneumogastrique) et cutanés sensitifs ; les voies centrifuges, ce sont les nerfs moteurs des muscles respiratoires, et en particulier le nerf phrénique.

La piqûre au niveau de la pointe du calamus (nœud vital de Flourens) arrête immédiatement la respiration (foyer du mécanisme respiratoire) et produit une mort instantanée chez les animaux à sang chaud, à moins qu'on entretienne la vie par la respiration artificielle. La section du bulbe au-dessous du nœud vital abolit les mouvements respiratoires du tronc et laisse subsister ceux de la face (mouvement des naseaux chez le cheval, etc.); la section au-dessus du nœud vital abolit les mouvements respiratoires de la face et laisse subsister ceux du tronc. Le centre inspirateur entre en jeu par l'excitation des nerfs sensitifs cutanés et pulmonaires, par l'accumulation de CO» dans le sang (dyspnée), par la diminution d'O; il est au contraire paralysé par une excitation très forte des nerfs sensitifs et en particulier des nerfs du cœur (excitation de l'endocarde, Fr. Franck) par l'excès d'O (apnée) ou de C02 (asphyxie) dans le sang. Son action est intermittente et soumise en partie à l'influence de la volonté.

S'il est vrai qu'il existe d'autres centres respiratoires automatiques échelonnés dans la moelle capables d'amener le retour des mouvements respiratoires spontanés, et rythmés, après section du bulbe et respiration artificielle pendant un certain temps (VVertheimer, Legendorff), le centre respiratoire de Flourens et Legalt.ois n'est plus qu'un simple centre d'arrêt ou d'inhibition, ou un centre respiratoire principal. Mais Laborde (Soc. de biologie, 1889) a contesté ces résultats (1).

(1) Pour Flourens, Volkmann, Knoll, LAnonoE, Fredericq, etc.. la fonction resplratou-e est gouvernée par un centre unique qui siège dans le bulbe ; pour Brown-Séquard LANGENDOREi-, Wertheimer, Mosso, Grossmann, ctc, cllc a plusieurs centres échelonnés dans le bullje et la moelle épiniôre.

De ses recherches A. Bienfait fReck. sur la Physiol. des centres respiratoires, Arch de Biologie de Van Behreden, 1892), conclut que : 1» les contres respiratoires médullaires sont impuissants à produire et à gouverner la fonction respiratoire, alors qu'ils sont séparés des centres respiratoires principaux ; 2° le centre respiratoire bulbaire exerce une action e.xcitante et non pas inhibitrice sur les centres respiratoires médullaires ; 3° le centre respiratoire bulbaire, isolé par deux sections transversales des centres respiratoires accessoires (centre facial, centre phrénique, centre des muscles inspirateurs), peut fonctionner seul et présider aux mouvements respiratoires de la glotte.

rr^iAni»n.= "°''"'"^'''*^"^"° ^'''■'^'^ P'miologie, n" i, p. 131, 1893) la respiration dépend e^'!£r/a moeTiréSS'' " l™" vent échelonnés dans toute la base^e l'encépK

CENTRES NERVEUX

C'est de la moelle allongée que part le nerf accélérateur du cœur, qui gagne l'organe par la sympathique en passant par les rameaux communicants des nerfs cervicaux inférieurs Pt des six premiers dorsaux (Stuicker). L'excitation do ce nerf ou de son centre bulbaire, accélère les battements du cœur, sans qu'il se produise de modifications dans la pression artérielle (Cl. Bernard, Von Bezold, Schmiedeberg, Cyon), à la condition de détruire préalablement l'action des vaso-constricteurs contenus également dans le sympathique cervical en coupant les splanchniques (Landois) . . v

Les nerfs vaso-constricteurs ont leur foyer général dans le bulbe (Ludwic et Thiry). L'excitation de ce foyer rétrécit toutes les artères, et par suite provoque l'élévation de la pression sanguine. La veinosité du sang (excès d'acide carbonique) l'excite et toutes les artères se contractent. C'est ce qui explique que les veines et le cœur se gorgent de sang pendant l'asphyxie, et qu'après la mort les artères soient vides. C'est ce qui explique aussi l'arrêt des hémorrhagies par émotion morale et syncope. „ ^ ,

Une partie des fibres vaso-constrictives de l'œii passent par le trijumeau, celles de la langue par le lingual et le grand hypoglosse, la plupart des fibres de \atete, y compris celles dJartères cérébrales, par le sympathique cervical, celles du membre supérieur par le premier ganglion thoracique, et c'est aussi par ce ganglion que passent la plupart des vas'constricteurs des poumons (Brown-Séquard, F.ck. etc). Les nerfs splanchniques qui innervent les viscères abdominaux, sont les plus importants des ^^^'^^^f Bezold Ludwig et Cyon). Ces fibres ont uue action considérable à la fois sur la SX'aiure et sur les battements du cœur, puisque leur excitation vive rétrécit e canaux artériels et produit l'ischémie, tandis que leur paralysie provoque la congestL îocale, l'élévation de la température, l'abaissement de la pression sanguine et consécutivement des battements cardiaques petits, lents et laborieux

Nous savons qu'au-dessous du centre vaso-constricteur bulbaire d'ordre supérieur, ilexi^e des autres subordonnés situés dans la moelle (Voy. Moelle epiniere, p. 91). tr ce cen re t cerveau exerce une certaine infiuence, puisque l'eflroi 1 angoisse, !tc produisent une pâleur subite de la face et un frissonnement de tout le corps. ''\':rcZionpatJogi,ue du centre vaso-moteur bulbaire — ^

spasme cutané (Nothnaoel), qui peut aller jusqu'à la ^^^f'^'^'^^'ll^'^^^ cranie sumpathico-tonique (Dhbois-Beymond) accompagnée de pâleur et de reiroi disTemenf de la moitié correspondante de la face et de salivation. La paralysie de cè certre peut au cltraire, produire les tacftes cWôraies de Tousseau^ .n^héra^cran^e 7yZTMc7lZlytiquedL^^^^ Peut-être la .uUa.i. de ^^^^^^^.^^-f^^^^ ^l ronséauence de la paralysie vaso-motrice des petites artères de 1 orbite, du corps thvroTde et de/fl^^^^^^ du nerf vague. angine de paiWine vasn-cons-

S'e (Landois), nombre de congestions viscérales soudaines, le frisson et la pâl ur S:ifdans la^>... s'expliquent par 1'— -:Z2:^ :~^s::

A côté du centre vaso-constricteur, il y a dans la moeuc dii^ub^ , diM:Z\e sang dyspnéique, la nicotine, citent vivement ce^c^^^^^^^^^^^^^ se traduisent par la dilatation des vaisseaux. Les « ^'^^ ^^^^^^^^^^^^^^^^ ,L l'interbucco-faciale proviennent en partie directement de la "^«^f jj^^^^^^^^^ ^^'^ médiaire du trijumeau (Jolyet et Laeont, V"--n) ^^'^^^^e anSeure de

glande sous-maxillaire, de la glande sublinguale et ceux de a partie la langue sont contenus dans la corde du tympan (Vulpian).

lJ émotions (influence cérébrale) agissent Pf f ,f;'^,J^.r;c ation df ce taleur. La rougeur de la honte est P-^^^^'^-^^ ^ ' ^ l'e ad on nanifeste

centre. Par les nerfs vaso-dilatateurs, le môme «"^''^..^^'^J^'^'^ "'J;^ général, il sur la température du corps. Au-dessous de ce «^"^'^^'J^re 'X m'-»-^ existe dans la moelle des centres subordonnés du môme ordre (Voy.

^"Ln; ramené allongée contient un centre convuls^J^néra^^^^^ par la veinosité du sang (convulsions asphyxiques) ou par anémie brusque

BULBE RACHIDIEN

La physiologie pathologique a démontré également à son tour que plusieurs affections bien déterminées dans le cadre nosologlque, ont leur origine dans la lésion des noyaux gris bulbaires. Telle est cette singulière afiection découverte par Duchenne (de Boulogne) que Trousseau a appelé paralysie glosso-labio-laryngée, — qui est caractérisée primitivement par l'atrophie du noyau de l'hypoglosse. Cette paralysie d'ordre bulbaire qui envahit successivement la langue, le voile du palais, les lèvres, le larynx, et se termine par des troubles respiratoires et cardiaques, peut être confondue avec une paralysie glosso labiée cérébrale qui se distingue de la première par des symptômes cérébraux, la conservation des réflexes, l'absence d'atrophie musculaire et la conservation de la contractilité électrique. Les noyaux bulbaires peuvent aussi être atteints consécutivement dans l'atrophie musculaire progressive, dans la sclérose latérale amyotrophique. En raison du siège des noyaux d'origine des nerfs qui président à la respiration après la ciixulation, on conçoit que les hémorrhagies du bulbe, pour peu qu'elles soient un peu considérables, déterminent fréquemment la mort subite. Les troubles de la parole, de la phonation, de la déglutition, de la respiration, etc., s'expliquent par la lésion de ces noyaux. Les lésions du bulbe déterminent aussi des troubles de sécrétion rénale : polyurie, albuminurie, glycosurie, mais les lésions cérébrales peuvent donner lieu à ces mêmes symptômes qui sont seulement un peu plus transitoires dans ce dernier cas.

L'importance capitale des fonctions auxquelles le bulbe préside (respiration, circulation, etc.) rend compte de la gravité immédiate de l'hémorrhagie bulbaire. Il y a apoplexie, la respiration et la circulation s'embarrassent et le malade meurt subitement par asphyxie ou syncope, d'autres fois, après avoir présenté le phénomène de Cheyne-Stokes, avoir poussé un cri et présenté quelques convulsions épileptiformes.

Des ostéophytes de l'apophyse odontoïde, des déplacements de cette apophyse dans les luxations de la colonne vertébrale peuvent donner lieu à de la compression du bulbe. SoLBRiG, et plus tard, Lasègue, ont considéré les déformations du trou occipital, et d'autres de la base du crâne, comme cause de l'épilepsie.

Art. III. — ISTHME DE l'encéphale

Listhme de l'encéphale est celte portion des centres nerveux supérieurs qui relie le cerveau au cervelet et au bulbe rachidien. Il comprend : a, la protubérance annulaire; - b, les pédoncules cérébraux; - c, les Pedoncules cérébelleux supérieurs, la valvule de Vieussens, et les rubans de Reil.

— d les tubercules quadrijumeaux.

Examiné par sa lace inlérieure ou antérieure, l'isthme de l'encéphale ne laisse voir que la protubérance annulaire et les pédoncules cérébraux,

- ob e vé en arrière, il présente les pédoncules cérébelleux supérieurs, la valvule de Vieussens les rubans de Reil et les tubercules quadr.umeaux.

§ I. — Protubérance annulaire.

La protubérance ammlaire, pont de Varole ou mésocéphale de Cha.ssxer, est une sorte de bourrelet blanc transversal en forme de demi-anneau interm^diaii? au bulbe et aux pédoncules cérébraux qui a limitent en bas

en haut et situé entre les hémisphères cérébelleux de chaque côte. - Le volum de protubérance annulaire est toujours - -ppoiyvec

dp Ifi à 17 gr. d'après Krause et Weisbach, envuou lea

ae iD d 1' to'- " i' ,io/,innn° nhp? les nouveau-nes. Bo\d lo

rÎ6^"l - Kiir^r t^rSui^^: "es Rondeurs et di^ar.t

:hL /es Sauropsides et les Poissons, dont le cervelet n'a pas de lobes latéraux. On lui considère six laces :

1» Une face antérieure (o, hg. ^\ 'l'X^eTln\y■.^ni et repose sur l'encéphale, Soemmerrino) qui ^^f^'^^J^^J, Z i Ion médian antérola gouttière basiiaire de l'occipital. - Elle pitsenie uu ^ .. .

posLieur, sillon ^asilaire, 6.ns ^-^^ ^^^^^^^Z^^en^ des chaque côté de ce sillon, deux saiii.es ^'^'^^J^^^^^^^^^^os qui la fibres annulaires de la protubérance par '«^^ P «'^^f ^^^J, injunioau.x. -

ISTHME DE l'encéphale

Quelques-unes des fibres les plus inférieures du pont de Varole se groupent en un petit ruban arqué, ruban de Foville, dont les extrémités se portent vers l'émergeance du nerf facial.

2° Une face postérieure (lig. 54) qui fait partie du plancher du quatrième ventricule et se continue avec la face correspondante du bulbe rachidien. — Elle a la forme d'un triangle, dont le sommet tourné en haut est placé au niveau de l'orilîce inférieur de l'aqueduc de Sylvius, et dont les côtés

Fig. 68. — Coupe transversale de la protubérance annulaire, à la hauteur des racines du nerf

pathétique (Stilling).

M, voile médullaire antérieur; T. racines du pathétique; S. aqueduc de Sylvius; 5, noyau du trijumeau; hl. v. v, si. prolongements des cordons antérieurs; hl, faisceau longitudinal postérieur; V. V, restes du cordon antérieur, si. fibres transversales du pont de Varole ■ s. substance réticulée et restes du cordon latéral ; g, substance gélatineuse et prolongement^ du cordon postérieur; ba. pédoncule cérébelleux supérieur; R. raphé de la protubérance ; b, b', b". fibres transversales superficielles moyennes et profondes; de p, à p'. faisceau.x pyramidaux; de V à hl, calotte pédonculaire.

sont formés par les pédoncules cérébelleux supérieurs. Sur la ligne médiane elle présente un sillon qui fait suite à celui du calamus et de chaque côté duquel on trouve deux saillies peu accusées, formées par les faisceaux ongitudinaux postérieurs du bulbe, que l'on peut considérer comme la prolongation dans le bulbe et la protubérance des faisceaux principaux anlé- ;;r'n '^"'""^ d«P'-«ssion légère, appelée fomi superior

U't, hg. 83), au-dessus de laquelle on voit une tache grisâtre le locus cœruleus (12, flg. 83). c'isdue, le locm

CENTRES NERVEUX

3* Une face supérieure qui se confond avec les pédoncules cérébraux, et dont la partie antérieure forme un bord, bord antérieur de la protubérance, séparé du bulbe par un sillon, sillon pédonculo-prolubcrantiel.

4' ' Une /ace inférieure, qui se continue avec la base du bulbe et dont la sépare en avant un sillon analogue au précédent, sillon bulbo-protubé-

T'd'Yi'i tôt*

En haut les fibres annulaires de la protubérance embrassent comme dans un demi-collier chaque pédoncule cérébral, et en lias elles se comportent d'une façon analogue par rapport aux pyramides antérieures du bulbe.

Fig. 69. - Coupe à deai-schoniatique de la protubérance pour montrer sa structure. 1 vahuledeVieussers; 2, cavité du Vventricule; 3. pédoncule cérébelleux supérieur; 4.4 pédoncule cérebeUeux moyen; 5. colonne sensitlve antérieure ou tête des cornes poster.eure înlyarsens ?f. racine ascendante du trijumeau); 0. cloison du champ ret.culau.e;J t e de la corne ar^térieure, colonne motrice antérieure (noyau propre ou infeneur fac'a > . 8 rLaTcentral; 9. riban de Reil (continuat.on du cordon P°.f f^^^ '™ ™idP- 10' faisceau aéniculé ; 11, novau réticulé ou pre-pyraimdal ; 12. stratum superlicie ou Tonai; 13 Btra^^^^^^^^^ 14 corps trapézoide ; 18. olive protubérantielle ; 16. septum

zonale . 13 stratum pro , base de la corne antérieure, colonne motrice

JLt^Sre™ au de V f et' Vlie pÏÏ^s' 19. téte des cornes postérieures, co.onne sensitWe po u e (noyau dorsal de Tacoustique) ; 20 faisceau longitudinal postérieur Ccordon an e la modle prolongé) ; IV. 4a paire ; V. 5e paire. (Les parties motrices sont en rouge, les parties sensitives en jaune).

50 Deux faces latérales (4, fig. 69), qui se confondent avec 1 ongme des

pédoncules cérébelleux moyens. - Ces I-<l«-"l-,^'-^«';'^^° ,,t"'e„ ba par

sphères du cervelet où ils vont se perdre; - ds sont 1" f «

le lobule du pneumogastrique et par l'émergence des nerfs acoustiques.

Constitution dk puotubékance annulaibe. - La Proi^^'^^;^^^'^^^ formée de libres nerveuses et de cellules nerveuses «P«'-«f . sorte de nœud dans lequel convergent les t^^^es venu du c^n^ ^ celles qui passent du bulbe dans les pédoncules cérébraux ou de ces der niers dans le bulbe (flg. 68 et 69).

ISTHME DE l'encéphale

Les fibres transversales qui forment l'écorce de la protubérance, le pont proprement dit, se rendent en grande partie dans les pédoncules cérébelleux moyens. — Ce sont donc des libres commissurales qui vont d'un hémisphère cérébelleux à l'autre. Quelques faisceaux émanés des pédoncules cérébelleux moyens s'entrecroisent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé, donnent lieu à un raphé médian, rai^hé médian de la frotubérance, et- se terminent dans les masses grises de l'organe; d'autres, après s'être entrecroisés, s'infléchissent en haut et montent dans les pédoncules cérébraux. — Ces hbres horizontales semi-annulaires et obliques recouvrent les libres longitudinales qui réunissent le bulbe aux pédoncules cérébraux, et s'entrecroisent avec elles en formant plusieurs plans successifs, — un superficiel, stratum zonale ou suijerficiale qui recouvre les deux faisceaux pyramidaux, un second plan, stratum profondum, qui sépare les pyramides des rubans de Reil, et à la partie supérieure de la protubérance enfin, un troisième plan, stratum complexum, qui dissocie les faisceaux cérébraux. C'est cette dissociation qui donne lieu à la formation réticulaire de la protubérance qui se continue du reste avec celle du bulbe. Entre les olives protubérantielles ou supérieures, il existe enfln un système de fibres qui enveloppent et recouvrent les noyaux olivaires et s'entrecroisent sur la ligne médiane en arrière des pyramides. C'est à ce système de fibres qui uniraient entre eux les noyaux des nerfs acoustiques et les olives aux noyaux du toit du cervelet et du moteur oculaire externe, qu'EniNGER a donné le nom de corps trapézoïde.

Les fibres longitudinales sont groupées en trois faisceaux.

1° Un faisceau antérieur qui contient les fibres moyennes du pied du pédoncule cérébral et se continue avec les fibres superficielles (motrices) des pyramides antérieures du bulbe, et plus loin avec celle du faisceau pyramidal de la moelle du côté opposé. A son côté postéro-interne chemine le faisceau cortico-protubérantiel que BnissAuu a appelé faisceau géniculé ; — 2* un faisceau moyen, ruban de Reil, qui contient les fibres de la calotte du pédoncule cérébral et se continue avec la partie postérieure sensitive des. pyramides antérieures, et plus bas encore avec le cordon postérieur de la moelle du côté opposé; 3" un faisceau faisceau longitudinal postérieur, qui longe le plancher du quatrième ventricule dont U est séparé par un plan de fibres transversales et se conmue avec le cordon antérieur de la moelle, et qui constitue par conséquent un faisceau commissural longitudinal jouant par rapport aux noyaux bulbo-

d la ' " '''' ''''''''' ^^"-«'■don antérieur

Irtie 2 . f "T"'^ ^'^^ antérieures. Une

cérélux iû^nr/r ^"'^'^^^^ pédoncules

cérébraux jusque dans la commissure blanche postérieure (Vov. Ckuveau) s entrecroisent avec leurs congénères du .côté opposé et uni sent emre eux

Fig. 70. — Trajet des fibres dans la protubérance annulaire.

1, pédoncule cérébral; 2, pédoncule cérébelleux moyen ; 3, noyau de la protubérance ; 4, pyramide antérieure; 5, entre-croisement des pyramides anté.

rieures ; 6, faisceau pyramidal croisé du cordon latéral (Qegenbaur).

CENTRES NERVEUX

les noyaux des noris moteurs de l'œil et les masses grises de l'aqueduc de Svlvius (Jakovknko). Cliaque laisceau vertical est séparé de son voisin par un plan de libres transversales, slralum zonale et stratum profundum.

La siibslance grise de la ■protubérance se trouve isolée en petits îlots, noxiaux de la protubérance, entre les diverses couches blanches que nous venons d'cnumérer. L'un de ces noyaux, - au niveau du tiers inférieur d'avec le tiers moyen de la protubérance - plus volumineux et situé près du raphe nortelenomde noyau réticulé du pont de Varole. A un niveau un peu plus élevé au tiers supérieur de la protubérance, on en voit un autre appelé noyau central du pont. A ces deux noyaux viennent se rendre des hbres des Lisceaux radiculaires du cordon antéro4atéral de la moell. On y trouve en outre la suite des cornes postérieures de la moelle (5,7,18,19, fig. b9), qui donnent naissance à la racine sensitive du trijumeau, et en dedans et un peu en m amas gris composé de grosses cellules multipolaires qui represln'ent la tête des cornes antérieures de la moelle: c'est le noyau d'ongme de la racine motrice du trijumeau. De chaque côté du raphe et pres d a surface du sinus rhomboïdal on trouve divers autres noyaux gris : le noyau du facial et de l'oculo-moteur externe, le noyau propre du facial en dedan duqueT on aperçoit un amas jaunâtre contourné en S italique constituan ^s^é^v ou protubérantielle (15, fig. 60) qui est un gang ion de l'appareil acoustique (voy. plancher du quatrième ventricule, p. 154).

La fisure 71 qui représente une coupe sagittale, idéale du bulbe et de la protubéi-aace iTL ràL seul coup-d'œil les diflérents noyaux gris bulbo-protuberantiels, qui '::Z ::Zto:s7l l substance g^se de la moelle prolongée et les origines des

nerfs crâniens.

1 PS vaisseaux de la protubérance ont à peu près la môme disposition que dans le Les ^«^*^*'*^.7/^,.i^,,,,,..„ belles et sus-protubérantielles naissent du tronc basi-

bulbe. - Les ^f'^'J^^'^T^^^^^ ^i'^""^^' vertébrales.

^^';lfc:: t^l7es^' n n^^^^^^ prot'ubérance jusqu'au plancher du quatrième

-sl: oris s^r— st:

T'^'T: dT prlbéranc: plexus, d'où partent des veines efférentes qui

tTÏjetei d^ns le: veL^ basilair.s. les veines cérébelleuses ou les sinus voisins.

aessous de son ^ cérébraux, le cervelet et les tuber-

Un animal a qui on a enlev y ^^.^^^ protubérance et le bulbe,

cules quadrijumeaux, "„j.„i^,, ^on a conservé le cervelet. La prolu-

peut encore se ten r en e u^^e^J „,.,e, ranimai qui

bérance contient donc le "«'^^'^ " . rencéphalc situées au-

a conservé sa P^tubérance après ablation de toute^ l^^^^ P

dessus continue à maniiesler par des cns P^^^' fJ^j'^^^^^ „e pos ède plus

^^"TntileTle^r^r^^^^^^^^^^ TsZvZTonlsllves

ISTHME DE l'eNCÉPHAL^

L'expression des émotions peut se faire sans la participation du cerveau, comme le prouvent la grenouille qui coasse lorsqu'on lui chatouille le dos, le lapin qui pousse des cris plaintifs lorsqu'on le pince ou le brûle, le rat qui tressaille quand on siffle à son oreille, alors que ces animaux sont privés de leurs hémisphères cérébraux. Le centre de ces expressions émotives est situé dans la protubérance annulaire et les tubercules jumeaux postérieurs.

Le centre de la sensibilité auditive excito-réflexe simple (sans participation de la mémoire et de l'intelligence) est situé dans la protubérance. On met le fait en évidence en enlevant le cerveau à un rat et en faisant ensuite, près de cet animal, un bruit qui a l'habitude de l'émouvoir : l'animal, impassible et immobile depuis l'opération, tressaillit à chaque fois qu'on renouvelle le bruit (Vulpian). La protubérance peut donc percevoir des impressions sensitives et y répondre {phénomènes sensilivo-moteu7's) sans participation de l'idéation, qui, elle, donne lieu à des phénomènes idéo-moteurs. Ce centre des mouvements réflexes involontaires, émotionnels, qui succèdent à une impression brusque de l'ouïe, se comprend par la liaison des noyaux de l'acoustique avec les noyaux moteurs des nerfs bulbo-protubérantiels voisins.

La protubérance, au même titre que le bulbe, est donc un organe de transmission motrice et sensitive, grâce au passage des pyramides motrices et sensitives qui vont constituer à leur émergence les pédoncules cérébraux. D'autre part l'entrecroisement des pyramides entraîne nécessairement des effets moteurs et sensitifs croisés, mais de plus, une lésion de la protubérance, en lésant les noyaux d'origine des nerfs facial, trijumeau, moteur oculaire externe, en même temps que les faisceaux pyramidaux, peut entraîner à sa suite une paralysie alterne (fig. 12).

L'hémiplégie alterne survient donc dans le cas de lésions protubérantielles avoisinant le bulbe, c'est-à-dire à un niveau où les fibres du facial et de l'hypoglosse sont déjà entrecroisées. Plus haut, les lésions de la protubérance déterminent de l'hémiplégie croisée, y compris la face. Une lésion siégeant sur la ligne médiane peut donner lieu à une paralysie des deux côtés du corps. Les fibres du faisceau cortico-bulbaire et celles du faisceau sensitif peuvent, d'autre part, être atteints isolément. Il en résulte des troubles de l'articulation des mots et différentes formes d'anesthésie.

Mathias Duval et Labordu ont prouvé qu'il existe au niveau du noyau d'origine de la 6' paire un centre d'association des mouvements des yeux pour la vision binoculaire, cela en raison des filets que l'oculo-moteur externe envoie au moteur oculaire commun et au pathétique du côté opposé. La destruction de ce centre détermine de la déviation conjuguée des yeux, et la destruction des noyaux des deux côtés amène du strabisme convergent. - Ces centres sont du reste sous la dépendance d'autres centres plus élevés (Voy. Tubercules quadrijumeaux).

La protubérance est aussi un centre fonctionnel. On en a fait (Longet) un centre de perception sensitive, mais l'expérience semble mettre seulement hors de contestation que le pont de Varole, en raison de ses noyaux nerveux dorigine nombreux et de ses connexions complexes, est un centre réflexe très compliqué, un « lieu d'enchaînement et d association comme le dit Lauorde, des mouvements d'attitude et de locomotion et comme le foyer réflexe (mais non pas conscient) des sensations émotives »

§ II. — Pédoncules cérébraux.

Les pédoncules du cerveau sont deux gros cordons blancs, un peu aplatis de haut en bas qui s'étendent en divergeant de la face supérieure de la protubérance annulaire jusque dans les couches optiques (P, fig. 52, et 4, lig. 53).

Debierre. — 9.

ClîNTRES NERVEUX

Le volume des pédoncules cérébraux est en raison directe du volume des hémisphères du cerveau et plus considérable ([ue les cordons de la moelle réunis parce qu'ils contiennent de plus des Ubres venant des noyaux -ris du bulbe, de la protubérance, des tubercules quadrijumeaux, du locus niqer et des amas gris échelonnés le long de l'aqueduc de Sylvius ; leur longueur est de 13 à 18 millimètres. Aussitôt leur émergence de la protubérance ils s'écartent l'un de l'autre en se portant vers les hémisphères

Pi, 11 Coupe sagittale schématique du bulbe et de la protubérance annulaire pour ^" ■ montrer les noyaux gris bulbo-protubérantiels.

noyau sensitif du même nerf; -6 noyau commun u 1 «^^'^^^J^^ "iu glosso-pharyngien.

noyau du facial ; " «-«^^^ ^/rî^ Jy ^ mo ;u^- L pnetogastrfcue. et 10'. noyau :::surdrmirn erï; -Tl! :;au Jtêur L spinal, et U; noyau sensitif du même nerf . - VI. nerf oculo-motcur externe ; - VII, nerf facial.

correspoudanl. du cerveau el laissent entre eux X'^,;™;/,"^^^^^^^

d'un grand nombre de trous vasculaires, lame P'^n'^^' \:"'y ^ e.rac! perforé postérieur. Limité par le; chiasnia ^ ^ ^.^

olpé L avant par 1^ tuborcul«.Ul^res^ ^ u^^^^^^

Les pédoncules cérébraux présentent . 1 une jato / .lelacoustisiUonnéo longitudinalement. Ces sillons sont la trace au dehors de la

ISTHME DE l'encéphale

tution fasciculée du pédoncule. Dans certains cas, les sillons sont comme héliçoïdaux, comme si le pédoncule de dehors au dedans avait été tordu sur lui-même. C'est lorsqu'une bande s'échappe de la partie e.\terne du pédoncule et vient se placer à sou côté interne en croisant comme une

Fig. m. - Schème destiné à faire comprendre l'hémiplégie alterne. M. coupe de la moelle épinière. Bu. bulbe rachidien ; P', pont de Varole; 1. pédoncule cérébral- 2. capsule interne ; 3. noyau lenticulaire, et 4. noyau caudé du corps strié ■ 5 corps calleux; III. 3- ventricule: A. noyau bulbaire de loculo-raoteur externe A' nerf oculomoteur externe se rendant à l'œil; F. noyau bulbaire du nerf facial, et F' nerf facial se rendant aux muscles delà face; a, faisceau pyramidal croisé ; b. faisceau pyramidal direct ■ c. racine cérébrale du nerf facial ; D. interruption des conducteurs dans la capsule interne' B interruption des conducteurs dans la protubérance, au-dessus de leur entrecroisement hémiplégie croisée): C. interruptions des conducteurs dans la protubérance, on dessoics de leur entrecroisement (hémiplégie alterne) ; 0. olive du bulbe : P. pyramide : E. entrecroisement des pyramides au niveau du collet du bulbe; D', ft^isceau pyramidal direct; C. pyramidal

echarpe (bandelette en êcharpe de Féré, tractus transmrsus pedunmli de Gudden) sa face inférieure qui présente une série de petits sillons parallèles à l'axe du pédoncule. - 2» Une face sup,h'ieure qui supporte les tubercules quadri-

Iwin^ ? '''' ~ ^" ^""^ f'''' '«<I"«"'^ 0" voit

lon^me des nerfs oculo-moteurs communs, et une ligne noire qui répond

^32 CENTRES NERVKUX

au locus nigcr de Vicq d'Azyr. - 4° Une face externe embrassée en grande partie par la circonvolution de l'hippocampe, et qui concourt k former la grande» tente de Bicliat. Cette tace est contournée . par les bandelôttcs optiques et par les rubans de Reil. A 1^ partie supérieure, les laces externe et antérieure sont contournées par la bandelette optique et plus profondément par l'anse pèdonculaire de Gratiolet (II, tig. '62,).

La bandelette en écharpe est plus fréquente à gauche, et Brissaud l'a vu aller se jeter directement dans la bandelette optique. Comme il existe des communications du môme genre au-dessus du pied du pédoncule, il s'agit là d'une ectopie en quelque sorte des Ûbres de la bandelette optique. Ce tractus le plus souvent paraît relier la région mterpédonculaire aux corps genouillôs (Brissaud).

Texture ou constitution des pédoncules. - Une coupe transversale des

pédoncules cérébraux permet de se rendre compte de l'architecture de ces gros cordons nerveux. — Sur une coupe de ce genre (tig. "73 et 74) on voit que les pédoncules sont séparés en deux étages blancs superposés par une bande noirâtre, locus niger de Sœmmerring (8, tig. 74), et de plus qu'ils sont plus volumineux que les cordons de la moelle réunis. - L'étage inférieur, pied du pédoncule (7, fig. 74), est en grande partie formé par un gros faisceau blanc aplati, ^'%!™7uS"^^=r""'^ qui n-est que ,a prCoogaUon des fii>res ™-

. , triées de la moelle qui ont traverse le bulbe 1. espace interpédonculaire; 2, p,ed protubérance, et qui s'enfoncent dans

du pédoncule ; 3, ioctts «iper de piuiuuciauv^ , ^ „„,;„„o

Sœmmerring; 4. calottes des le cerveau en passant SOUS la couche optique pédoncules (étage sensitif ou des correspondante, pour passer entre les noyaux rubans de Reil); 5, aqueduc de je^^cuiaire et caudé du corps strié où elles ^:TS^^- s'éUlent pou,, donner Heu ^ ^^^^ ^'^^^ jumeau. partie de la capsule interne, et vont de la se

perdre dans la couche corticale des hémisphères. Au voisinage du locus niger, les faisceaux du pédoncule sont séparés les uns des autres par une inûltration de substance grise ^^'l^ cette couche, très mince et irrégulière, qu'on a donné « nom ^^^^^ intcrmeMum où aboutissent une partie des fibres internes du 'f^^J^^L Le pied du pédoncule a été très bien étudié par B^^^^^^""" P^^^P'^^ dp trois faisceaux un interne, un externe et un intermédiaire ou mojen Le r^r: ~fa^.cea. de àeynert (c, fig. 74), ^^^^^TlCZ!^^ des pyramides que nous avons suivie à travers le l'^'^^l^'^lf'''^^^^^ et aLutit, nous le verrons, dans le cortex du lobe o c ip ta , ^^^^ ^^'^ nassé dans la partie la plus postérieure de la capsule interne. Le faisccm

ou /L?ea. coHilpro^ér^ i^'"- Ztl^-::^s ^ rieure du cerveau et s'arrête dans les régions bulbo-piotubeianticlles . on

peut le considérer comme une commissure entre le ---"^ « - Llbo-protubérantiels. On l'a appelé faisceau psych^q» ^^'^Zl^^l rescence. si elle s'accompagne de troubles intellectuels, n a aucun retentissement

ISTHME DE l'encéphale

sur la motricité ou la sensibilité. — Le faisceau moyen ou moteur volontaire (b, c, d, fig. 74) descend des régions motrices de l'écorce du cerveau dans les noyaux d'origine des neris bulbo-protubcrantiels et racbidiens. Il subit la dégénération descendante. Mais ce faisceau n'est pas simple. L'anatomle pathologique a permis de le subdiviser en trois portions de volume très inégal, un faisceau externe, de beaucoup le plus gros, le faisceau pyramidal (d, fig. 74), qui se continue avec le faisceau pyramidal de la moelle épinière et par lui se rend aux cellules motrices des cornes antérieures; un faisceau intermédiaire, le faisceau géniculé de Brissaud (c, fig. 74), qui s'arrête dans les noyaux bulbaires des nerfs masticateur, facial inférieur et hypoglosse; un faisceau interne, le faisceau de l'aphasie dé Raymond et Autaud (d, lig. 74), qui prend naissance dans le pied de la 3° circonvolution frontale gauche et vient se terminer dans les noyaux bulbaires des nerfs qui servent à l'articulation des sons (faisceau de la parole).

Le faisceau pyramidal tient sous sa dépendance tous les mouvements volontaires de la vie animale. Dans le faisceau géniculé on distingue encore un faisceau moteur laryngé, indépendant de celui de l'hypoglosse et de l'aphasie. Parti du pied de la 3° circonvolution frontale, il aboutit au noyau d'origine du nerf spinal, et conduit par ce nerf jusqu'au larynx l'ordre des mouvements volontaires aux cordes vocales (Horslky et Semon, Garel et Dor).

En résumé, le pied du pédoncule est composé : 1° de fibres du carrefour sensitif qui se placent à sa partie externe ; 2° des fibres directes du centre ovale (faisceau pyramidal, faisceau géniculé, faisceau frontal) qui siègent à sa partie moyenne ; 3" des fibres qui viennent du noyau lenticulaire du corps strié et viennent se placer à son côté interne; 4° des fibres du noyau caudé ; 5° des fibres qui viennent du tubercule mamillaire ; 6" des fibres qui émanent du locus niger.

A mesure qu'on s'élève dans la série, le volume de l'étage inférieur des pédoncules augmente de volume relativement au volume des deux autres étages. C'est qu'en effet le volume des pédoncules est en rapport avec le volume des hémisphères dont ils représentent les conducteurs pour les impressions conscientes et les mouvements volontaires. Comparé à la calotte, le pied du pédoncule est comme 1 : 1 chez l'homme, » 1:2 singe, chien, cheval, » 1:5 chat, » 1:6 cochon, chevreuil, » 1:8 cabiai.

La masse des hémisphères mesure 78 o/„ du cerveau tout entier chez l'iiommo : 70 chez le singe ; 67 chez le chien et le cheval ; 62 chez le chevreuil et le chat ; 45 chez le cabiai - La masse des hémisphères croit donc avec le volume du pied du pédoncule (MEVNEtiT)!

L'étage supérieur du pédoncule cérébral, toit ou calotte du pédoncule comprend trois ordres de fibres longitudinales ou commissurales. C'est en

rl!! " du faisceau longitudinal posté-

rieur du bulbe et du pont de Varole (voy. p. 104 et 126), et dont les fibres sont hw'/T? formation réticulaire. A cet ordre de libres se rattache la

bandelette longUudvnale (2, lig. 65 et 20, fig. 69) et le faùce^ central de latlotte

CENTRES NERVEUX

deBechterew (10, fig. 74). En dehors et au-dessous, un /aisceaM mfeme, qui n'est autre que le pédoncule cérébelleux supérieur, qui, après son entrecroisement avec son homologue du côté opposé, continue son trajet. A la hauteur des tubercules quadrijumeaux, ce tafsceau rencontre une colonne rougeiltre constituée par des cellules multipolaires, noyau rouge de la calotte, noyau rowje de Stilling (4, fig. 74), qu'il traverse, et vient se rendre à la partie inférieure de la couche optique où nous le retrouverons plus tard. Plus en dehors, entin, un faisceau externe, le ruban de Reil, que nous décrirons bientôt (voy. p. 139).

Fig. U. - Coupe à demi-schématique des pédoncules cérébraux passant par les tubercules

quadrijumeaux antérieurs.

1. noyau des tubercules quadrijumeaux : 2. noyau de la 3e et de la 4e paire (««^'''-'"f «^J^;;™ et pathétique): 3. faisceau longitudinal postérieur: 4, noyau rouge Pédoncule cerébe e^^^^^ supérieur) ; 5. raphé médian ; 6. espace interpédonculaire : 1, p.ed du pédoncule 8. locus nlr 9 ruban de Reil: 10. faisceau central de la calotte de Bechtkkkw : 11 champ réticuiaire- 12. noyau supérieur du trijumeau (racine descendante); 13, aqueduc de Sylvms ; m nerf ocui;.moteur commun: IV. nerf pathétique: a. faisceau frontal: b. faisceau de •apha e : c Îai^ceau de l'hypoglosse et du facial inférieur (b et c constituent le fa.sceau géLulé de Brissahd) : d, faisceau moteur cérébral ou pyramidal : e. faisceau sensitxf.

. Dans la calotte, entre le ruban de Reil et le noyau rouge on trouve encore un entrecroisement de fibres, la formation réticuiaire de Flechsig (11 fig 74), comparable à la formation réticuiaire du bulbe et de la protubérance, et les fibres arciformes de la calotte qui proviennent des tubercules quadrijumeaux antérieurs et s'entrecroisent en avant de la substance grise centrale^ La substance blanche réticuiaire, formée de libres longi tudina es et de cellules, comprend des fibres provenant des noyaux des ««^l'^^ J^^/j^^.^^^^^^^^^ bérantids; ces fibres se réunissent en un fa sceau compact «PP;l«/«';^ ^ de la commissure, qui passerait plus haut au-dessus de 1 aqueduc, ^^ ^^fl croiserait dans la commissure blanche postérieure pour aller se perdie dans la couche optique du côté opposé. chcfanrp

Entre les deux étages du pédoncule se trouve une f grise, locus niger, qui sépare le pied du toit du pédoncule (8 hg. /4) e s'étend en bas jusque dans la partie supérieure du pont de Varole. - Les

ISTHME DE l'encéphale

cellules de cette substance sont très pigmentées et émettent un faisceau de fibres qui montent dans la couronne rayonnante. Elles rappellent toutà-lait celles des régions motrices de l'écorce du cerveau (Mingazzini), d'où l'on pourrait considérer le locus niger comme une sorte de ganglion moteur dont les cellules sont chargées de pigment noirâtre.

La calotte des pédoncules cérébraux est recouverte d'une nouvelle couche qui comprend l'aqueduc de Sylvius surmonté des tubercules quadrijumeaux. Certains anatomistes décrivent cette couche sous le nom d'étage supérieur des pédoncules et réservent à la calotte le. nom d'étage moyen. A ce niveau la coupe transversale des pédoncules (fig. 73 et 74) présente la' substance giise de l'aqueduc dans laquelle on trouve de chaque côté un noyau gris qui n'est autre chose que le noyau d'origine de la troisième et de la quatrième paires de nerfs crâniens (3, fig. 74). Le moteur oculaire commun se porte en bas pour émerger sur le bord interne du pédoncule (III, fig. 74) ; le pathétique se dirige en haut, passe sous les tubercules quadrijumeaux pour aller sortir, après entrecroisement sur la ligne médiane avec celui du côté opposé (IV, fig. 74), sur les côtés du frein de la valvule de Vieussens. La même coupe permet de voir aussi la racine descendante du trijumeau (12, fig. 74).

Les pédoncules tirent leurs vaisseaux des artères voisines, tronc basilaire, artères cérébrales postérieures et cérébelleuses supérieures (Voy. Alezais et L. d'Astros, La circulation artérielle du pédoncule cérébral. Journ. de l'Anatomie p. 519, 1892).

Applications physiologiques et pathologiques. — Les pédoncules cérébraux sont des conducteurs à la fois de la motricité et de la sensibilité puisqu'ils renferment les cordons conducteurs de la sensibilité et de la motricité volontaire. Leur lésion donne lieu à la rotation irrésistible en manège du côté de la lésion, fonction d'équilibration et d'association des mouvements qu'ils empruntent probablement aux pédoncules cérébelleux supérieurs ; à l'hémiplégie et hémianesthésie croisée ou opposée de tout le corps et de la face, ou au contraire directe pour la face et opposée pour le reste du corps (syndrome Millard-Gubler) et homonyme pour le moteur oculaire commun (syndrome de Weber).

L'hémiplégie pédonculaire se distingue de Thémiplégie cérébrale par l'intégrité de la vue et de l'odorat (sens supérieurs).

Il y a certaines lésions du pédoncule cérébral (partie interne et inférieure) qui sont caractérisées cliniquement parle syndrome de Weber, c'est-à-dire la paralysie alterne de l'oculo-moteur commun d'un côté (côi.é de la lésion) et des membres, du facial et de rhvpoglosse de l'autre (côté opposé).

Que faut-il pour cela ? Une lésion de la zone moyenne (faisceau pyramidal) et de la zone mternc (faisceau de l'H. et du F. i) du pédoncule, et en môme temps une lésion de l'oculomoteur dans son trajet pédonculaire où il affecte des rapports de contiguïté intimes avec es zones ci-dessus. La paralysie de l'oculo-moteur peut n'être que partielle en raison do 1 isolement de ses racines, qui prennent origine dans des noyaux échelonnés sous l'aqueduc de Sylvius. '

L'étroit rapport de voisinage de l'abducons et du facial dans leur Irajcl prolubérantiel alterne) '''' Py>'amidal explique également le syndrome Millard-Gubler (paralysie

WmcKi.Eay (1886) a observé la dégénérescence du faisceau de Meynert dans un cas de lésion corticale localisée au pli courbe.

CENTRES NERVEUX

§ III. — Tubercules quadrijumeaux

Les tubercules quadrijumeaux (corpora bijemina de Sœmmerring) sont quatre petites éminences en lornie de mamelon situées entre les deux couches

Fig. IS. - Face supérieure de l'isthme de l'encéphale : tubercules quadrijumeaux. 1 cervelet - - 2 pédoncules cérébelleux supérieurs ; - 3. faisceau latéral de l'isthnie : - 4, partie sup r ;ure du pédoncule cérébral ; - «. partie supérieure du pédoncule '^^^'^^f^^^ZZ' -T tubercules cuadrijumeaux : - 1. frein de la valvule de Vioussens - 8. pa t. p stérieu;e de la valvule de Vieussens recouverte de lame les de subs ance ' " f •/^^^JJ^^^^Y- Vieussens ■ - 10. glande pinéale ; - H. freins de la glande pineale ; - 19 commissure pos r Heure -13. co^cL optique : - 14. traces de la commissure grise ; " rieure ; - 16, lame cornée ; - n. piliers antérieurs de la voûte ; - 18. corps strie . seplum lucidum.

optiques, derrière le ventricule moyen au-dessus f '»"-^^!^f^f„'J",^ et cérébelleux supérieurs sur lesquels ils reposent (6, Ug. 7..), au dessous

ISTHME DE l'encéphale

la glande pinéale et de la toile clioroïdienne qui les recouvrent et les séparent du bourrelet du corps calleux, en avant du vermis du cervelet. Sous ces éininences passe l'aqueduc de Sylvius qui fait communiquer le troisième avec le quatrième ventricule.

A peine quadrilobé chez les Monotrèines où ils sont encore presque bijumcaux seulement comme chez les Oiseaux (lobes optiques), les tubercules quadrijumeaux diminuent de volume en général relativement au cerveau et spécialement au volume des couches optiques à mesure qu'on s'élève dans la série, et leur grandeur est un signe d'abaissement (Gratiolet). Aussi sont-ils petits chez l'Homme et les Singes, plus gros chez les Ruminants et les Carnassiers, et plus volumineux encore chez les Rongeurs et les Marsupiaux. Leur volume, dans la série animale, est aussi en raison inverse de celui du cervelet. Appelés lobes optiques chez les Vertébrés autres que les Mammifères, ces tubercules commencent déjà à vouloir se quadrilober chez les Reptiles et les Oiseaux (VViedersheim, Bellonci), mais ils communiquent toujours chez ces derniers, comme chez les Poissons, avec l'aqueduc de Sylvius, ce qui n'a plus lieu déjà chez les Monotrèmes.

Ces tubercules, séparés par un sillon cruciforme, forment deux paires : l'une antérieure, ce sont les tubercules quadrijuvieaux antérieurs ou éminences nates (n, fig. 34); l'autre postérieure, ce sont les tubercules quadrijumeaux postérieurs ou éminences testes (t, fig. S4). Les tubercules antérieurs sont ovalaires, grisâtres et plus volumineu.x que les tubercules postérieurs qui sont plus arrondis et plus blancs. Formés par un noyau de substance grise (7, fig. 73) recouvert par une couche de substance blanche, stratum zonale, les tubercules quadrijumeaux affectent les connexions suivantes : les tubercules nates sont reliés par un tractus de fibres blanches au corps genouillé externe (11, fig. 93); — les tubercules testes fournissent un cordon arrondi qui se porte au corps genouillé interne (12, fig. 93). Ces fibres (bras antéro-externes), après avoir recouvert ou traversé les tubercules, semblent se réunir en arrière pour former un nouveau bras (bras postéro-externe) qui se continue avec les fibres du ruban de Reil ou faisceau latéral de l'isthme, qui descend vers le bulbe en passant sous les pédoncules cérébelleux supérieurs. Selon Meynert les bras antéro-externes des tubercules quadrijumeaux viendraient directement au centre ovale du lobe occipital par les radiations optiques de Gratiolet, conjointement avec les fibres du corps genouillé externe. Le tubercule antérieur enfin, est relié aux noyaux d'origine des nerfs moteurs de l'œil, et au tubercule du côté opposé.

Applications physiologiques et pathologiques. — Lexcitation des tubercules quadrijumeaux donne lieu à des effets moteurs, les uns généralisés, caractérisés par la rotation en manège, dus vraisemblablement à l'excilalion des fibres pédonculaires de passage qui sont sous-jacentes aux tubercules; les autres localisés dans les mouvements des globes oculaires et de la pupille, dus aussi vraisemblablement à l'irrUation des noyaux d'origine du moteur oculaire commun. Ces tubercules sont donc : l» des centres d'excito-motricité en particulier pour les mouvements oculo- pupillaires, effets qui sont en grande partie croisés ; 2» un centre réflexe pour les mouvements de l'iris. L'immobilité pupillairo réalisée par l'extirpation des tubercules quadrijumeaux peut s'observer en clinique, notamment dans la paial^ sie générale et l'ataxie locomotrice.

Dans ce cas, la pupille reste immobile sous l'innuence de la lumière, mais elle continue à se contracter dans l'accommodation (signe Argyl Robertson). Mais les tubercules qua-

CENTRES NERVEUX

drljumeaux, s'ils sont un contre réflexe de coordination pour les mouvements de l'œil et celui de la pupille, sont-ils comme l'ont soutenu certains physiologistes (Fi.ourens, Longet, VuLPiAN/etc.) un centre de perception visuelle?

Un animal privé de son cerveau, mais à qui on laisse les tubercules quadrijumeaux ou leurs homologues chez les Oiseaux, les Batraciens et les Poissons, c'est-à-dire les lol)es optiques, continue à suivre des yeux et de la tôte la flamme d'une bougie qu'on promène devant lui. Mais c'est là un phénomène d'ordre réflexe général; l'animal vcil, mais il ne regarde pas et n'a point la perception, la conscience de la lumière qu'il suit machinalement. Dans le cas de Pidoux rapporté en 1871 (destruction des tubercules des deux côtés), il y avait cécité complète et dilatation des pupilles.

NoTUNAGEL 3 couclu {Brain, 1889) que les lésions des tubercules quadrijumeaux déterminent à peu près constamment une démarche spéciale de l'ataxie ébrieuse et des paralysies incomplètes et inégales des muscles du globe de l'œil.

§ IV. — Pédoncules cérébelleux supérieurs.

Les pédoncules cérébelleux sont au nombre de trois paires. Ce sont : 1 les pédoncules cérébelleux inférieurs, en grande partie constitués par les corps restiformes (voy. p. 100); -2» les pédoncules cérébeiimx moî/em, formes p^^^ les fibres transversales du pont de Varole (voy. p. 102); - 3 les pédoncules cérébelleux supérieurs enfin, qui seuls restent a étudier.

Les pédoncules cérébelleux supérieurs, processus cerebeUi ad testes (Haller), processus cerebelli ad cerebrum, sont deux cordons blancs un peu aplatis Thaut en bas, étendus du bile du corps rbomboïdal du' cervelet jusque dans les coucbes optiques (2, fig. 75). - Us émergent des bemispberes du cervelet en passant au-dessus des pédoncules cérébelleux moyens et se portent d'arrière en avant et un peu de debors en dedans (en convergeant) vers les tubercules quadrijumeaux sous lesquels ils s'engagent. Arrives a L niveau, entre les tubercules quadrijumeaux .^'f^ côté à

pédoncules cérébraux qui sont au-dessous, Us « f ^^'^-«^'^'^^^^^'^/^^^^^ rautre(4 fig 74), traversent une colonne rougeàtre, le noyau rouge de Stilhng, ';u ÏÏtend dans'ia calotte des pédoncules (4, lig 74), Uibei-c^^^^^^^ jumeaux à la coucbe optique, puis contournent la «^-'^^^^^P .^'^^^g en baut et se portent dans lecorce du cerveau en suivant un tiajet dans

apnnlo™ Mimèmenl sur lis pédoncules ccra„-.ux el concur. . ans sa

émerge, en baut, le nerf patbetK|ue.

ISTHME DE l'encéphale

§ V. — "Valvule de Vieusscns.

On donne le nom de valvule de Vieussens (vélum medullare anlerius) à une membrane nerveuse triangulaire très mince, qui remplit l'intervalle existant entre les deux pédoncules cérébelleux supérieurs (8, fig. 75). On lui considère : 1° une face supérieure, qui présente des stries transversales (lingula), alternativement grises et blanches, et que recouvre le vermis superior du cervelet; — 2° une face inférieure un peu convexe et faisant partie de la voûte du quatrième ventricule; — 3° deux bords latéraux, qui se fixent sur les pédoncules cérébelleux supérieurs ; — 4° une extrémité antérieure ou sommet, qui est recouverte par les fibres les plus internes du ruban de Reil et se perd dans la substance blanche qui enveloppe les éminences testes; — o° une extrémité postérieure ou base, qui se continue avec l'extrémité antérieure des deux vermis du cervelet qu'elle sépare l'un de l'autre.

On donne le nom de frein de la valvule de Vieussens (7, fig. 75) à un petit faisceau blanc qui se dégage du sillon qui sépare les deux éminences testes, se bifurque et se perd sur la valvule. De chaque côté de ce frein émergent les nerfs pathétiques (T, fig. 68).

La valvule de Vieussens, formée de fibres et de cellules amassées en îlots et analogues à celles de la substance grise du cervelet, a été considérée par LuYS, à juste raison, croyons-nous, comme une lame avancée du cervelet. Une partie de ses fibres vont se continuer avec la partie interne du ruban de Reil.

§ VI. — Ruban de Reil ou faisceau latéral de l'isthme.

Le ruban de Reil, faisceau triangulaire latéral de l'isthme, leniniscus, laqueus, schleife (3, fig. 73) est une bandelette blanche de forme triangulaire, qui s'étend du sillon latéral de l'isthme d'où elle émerge aux éminences testes. — 11 se porte de bas en haut et d'arrière en avant, en contournant les pédoncules cérébelleux supérieurs, et s'engage sous les tubercules quadrijumeaux où il s'entre-croise avec celui du c6té opposé.

La couche du ruban de Reil est encore imparfaitement connue dans ses connexions. Voici ce qui paraît le plus certain.

Ce ruban n'est pas seulement formé de ce faisceau triangulaire que l'on voit à l'extérieur émerger du sillon latéral de l'isthme et monter vers les tubercules quadrijumeaux. 11 est constitué de plus par un faisceau profond, cache à la vue, qu'on découvre bien dans une coupe transversale de l'isthme passant juste en arrière des tubercules quadrijumeaux (9, lig. 74).

Les noyaux des cordons de Ikirdach, (jui reçoivent leurs fibres des cordons postérieurs de la moelle épinière, donnent naissance à deux ordres de fibres : les unes cérébelleuses qui montent dans le cervelet par la voie du corps restiforme, les autres cérébrales, qui montent en traversant le

CENTRES NERVEUX

bulbe, la protubérance et les pédoncules pour se porter vers les tubercules quadr'ijumeaux et le cerveau. Ces dernières libres constituent une nappe, visible seulement en partie à l'extérieur, qui n'est autre chose que le ruban de Reil. Ces fibres, après s'être entrecroisées sur la ligne médiane dans la substance réliculaire inter-olivaire du bulbe oii elles contribuent à former le corps trapézoïde ; après avoir reçu des libres provenant des olives, puis plus haut des fibres issues du noyau réticulaire du pont de Varole et des olives protubérantielles, et enfin d'autres fibres appartenant très probablement au faisceau de Gowers, se divisent en deux parties, dont l'une reste dans le corps de la protubérance et du pédoncule cérébral où on la voit au-dessous et en dehors du noyau rouge, audessus du locus niger (9, fig. 74), et dont l'autre se dévie latéralement et apparaît à l'extérieur sous le nom de ruban latéral de l'isthme (9 fig. 74).

La partie profonde aboutit aux cellules du stratum intermedium du pédoncule (Meynert), et probablement à la couche optique et aux tubercules mammaires (Gudden, Forel). La partie superficielle ou ruban latéral, après avoir contourné le pédoncule cérébelleux correspondant, se partage en deux portions : une interne, composée de quelques fibres, qui se rend dans la valvule de Vieussens (fig. 75), et une externe, presque tout le ruban, qui s'enfonce sous les tubercules quadrijumeaux. Là, ce ruban se partage en deux faisceaux : l'un antérieur, l'autre postérieur. Le faisceau antérieur se porte vers la ligne médiane, s'entrecroise avec le faisceau homologue du côté opposé et rencontre le tubercule quadrijumeau antérieur qu U traverse tout en l'enveloppant et se reconstitue au-delà pour constituer en mrtie le bras antérieur des tubercules quadrijumeaux (ruban de Forel) ; le Lsceau postérieur, lui aussi, s'entrecroise sur la ligne médiane avec son similaire du coté opposé, puis traverse et enveloppe le tubercule quadr jumeau postérieur, et au-delà constitue en partie le bras postérieur des ubercules quadrijumeaux (ruban de Meynert). Mais les fibres du ruban de Reil ne s'arrêtent pas là. Par les bras des tubercules ^"«'ir.umeaux ns parviennent aux corps genouillés de la couche OP^^^-' ^^J^ f/^^^f ° vers l'écorce du cerveau, les unes directement en P^^^^'?^*^ par a capsu e interne pour aboutir à la partie supérieure du lobe pariétal (Edinger), les autres indirectement après s'être mêlées à l'anse du -y-J— avoir traversé le globulus pallidus pour aboutir également au lobe pariétal

^""'se^n^MENOEL, les fibres du ruban de Reil pourraient dégénérer dans les deux Ins, c; qui ne doit point nous surprendre, qu'ils contiennent à la fois des fibres homologues aux faisceaux de Buidach et aux faisceaux de Gowers. , , r. -i

D après V. Marchi (Arch. Ual. de Biologie, VXII, p. 190) ruban de Re.l naîUait du cervelet. Ses libres se mettraient en rapport avec les noyaux du iTLVZles bigéminées, et probablement le corps st^né P- - -scea^ lui longe les faisceaux pyramidaux. Au ^^'"'^^^^^ de Reil s'unissaient à celles du faisceau '""S^^^ina posl n u^ etde^la ï^^ne^^ nient dans les cordons antéro-latéraux de la moelle. Les neifs cianiens, par l'inteîmédiaiie du faisceau longitudinal postérieur, seraient ainsi en relation avec le cervelet.

Art. IV. — Cervelet

Le cei-velet (flg. 76, fig. 77, fig. 78) est situé à la partie postérieure et inférieure du cerveau. — Il répond au cerveau par sa face supérieure, qui est séparée de cet organe par la tente du cervelet, et, en avant, à la face postérieure de la protubérance annulaire et du bulbe rachidien, dont il est séparé par le quatrième ventricule.

Fig. 1Q. — Face supérieure du cervelet. 1.1, vermls supérieur (lobule moyen); 2, extrémités postérieures des verrai» supérieur cllnférieur- 3. grand sillon périphérique ; 4. scissure principale du lobe latéral ; 5, grand sillon supérieur ■ b, 0. segment antérieur, quatrilatéral. composé de cinq segments secondaires ; 7 7 coupe des pédoncules cérébraux ; 8. commissure postérieure du cerveau ; 9. tubercules quadrijumeaux

Le cervelet remplit les fosses occipitales inférieures et, recouvert entièrement par les lobes occipitaux du cerveau chez l'Homme, il l'est incomplètement chez les Singes inférieurs, ce que l'on a pu observer également chez certains idiots. 11 est relié par des cordons blancs, pédmcules cêrébeta a 1 encéphale et à la moelle. Ces cordons sont au nombre de six IZlJr '^^"^«'^^'^^ ««"^ '«s pédoncules cêrébdlmx supérieurs, crurà Z f Ln '"'t ™"V' ~ P'^doncules cérébelleiuc inférieurs, crura cerebelli ad Toréer " Pédoncules cérébelleux moyem, crura cerebelli

142 CENTRES NERVEUX

Le poids moyen du cervelet csl d'environ 140 graintnes. D'un volume plus considérable chez l'Homme que chez les animaux (1), il est pro|)orlionnellement moins gros cliez le nouveau-né humain que chez l'adulte. — Chez le premier, il est au cerveau comme 1 : 20, tandis que chez le second, il est comme 1 : 8; mais dans la suite le cervelet croît plus rapidement que le cerveau. — Cuviun et Gall ont considéré le cervelet comme plus volumineux chez la lemme ; eu égard au cerveau (poids relatif) il paraît, en efict, en être ainsi. Ce qui a fait dire que si la femme a moins de cerveau que l'homme, elle a plus de cervelet que lui. Mais cette opinion a été récemment contestée par Tencuini. Quoi qu'il en soit, voici quelques pesées.

Adultes cf — 145 gr. (Sappey, Bi\oca).

9 — laOgr. (Boyd).

Ce qui tait que chez l'homme le poids du cervelet égale les 105 millièmes du poids de l'encéphale, tandis que chez la femme il égale les 109 millièmes du môme poids. Nouveau-né — 28 gr.

2 — 27 gr. (Danieldekoff).

L'encéphale = 1000, Boïd avait trouvé le rapport suivant selon le sexe du nouveauté • ^ 58 • $ = 62. - Le poids du cervelet, égalant le 10« du poids de l'encéphale chez l'adulte, 'n'égalerait que le 8' du même poids chez le nouveaur.nô (Danieldekoff).

a. Conformation extérieure.

La forme du cervelet a été comparée à celle d'un cœur de carte à jouer, dont l'échancrure serait tournée en arrière. - Il est formé d'un lobe médian, vermis, et de deux lobes latéraux, hémisiihères cérébelleux; - sa circonférence présente un sillon, grand sillon circonférentiel de Vicq-d Azyr, qui le divise en deux faces, l'une supérieure, l'autre inférieure, et toute sa surface, d'un gris rougeàtre, est parcourue par des sillons qui la divisent en segments, lames et lamelles.

Parmi ces sillons, les uns s'enfoncent jusqu'au noyau blanc central du cervelet : ce sont les sillons de premier ordre qui divisent 1 «rg^ne en douze ou quinze segments ou lobules, et dont les plus remarquables sont le sillon JcumlohaJ^e ou grand sillon horizontal, et le grand sMon supérieur de Vicq-d-Azyr, qui divise la face supérieure du icervelet.

Les autres' sillons ne vont pas jusqu'à la -•>-^f-V''l,"f Uvi; partagent les lobules en lames adossées comme les feuillets d In ie^^ ce sont les sillons de second ordre, au nombre de six a huit cents, selon le dénombrement de Malacarne et Chaussier. nr^mi^^res ne

Les lames sont divisées à leur tour en ^Jf'l'''^'^^ ' '''^^^^^^^ tiennent au cervelet que par leur bord adhèrent, et sont séparées

(1) Chez les Oiseaux, ^^fj^^^^^^l^l^^

^^St^î^or f f f^ù^s iéiSs^^^^uïi'Ss i!-^^

ïï=>=\'S£;.!r-f >a sé^ie animale d'une

façon correspondante, nous l'avons vu et cela se comprtnu

CERVELET

unes des autres par un feuillet de pie-nièrc qui s'enfonce entre elles; — les lamelles, au contraire, connue ensevelies dans les sillons, passent d'une lame à l'autre ou d'un lobule au lobule voisin.

Dans leur ensemble, tous les sillons et toutes les lames décrivent des arcades concentriques à ouverture antérieure, mais ces arcades ne sont pas toutes absolument orientées de même et ne présentent pas toutes le môme rayon de courbure, de sorte que certains groupes coupent les voisins sous des angles plus ou moins aigus.

Fig. 11. — Face inférieure du cervelet.

1. vernis inférieur; -2.2. scissure in terhéraispliérique ; -3. 3, lobes et lobules des hémisphères ; - 4. lobule amygdalien ; - 5, lobule du- pneumogastrique ; - C, protubérance annulaire; - 1. son sillon basilaire ; - 8. pédoncule cérébelleux moyen ; - 9. collet du bulbe coupé en travers ; - 10, extrémité antérieure de la grande scissure périphérique ; - 11. bord antérieur de la surface supérieure du cervelet ; - 12, racine motrice du trijumeau ; là. sa racine sensitive; 14, oculo-moteur externe; - 13. facial; - 16. nerf de Wrisberg • - 17, auditif: - 18. glosso-pharyngien ; - 10, pneumogastrique ; 20, spinal; - 21. hypoglosse.

Sur la face, supérieure du cervelet, ces arcades passent d'un lobe à 1 autre en traversant le vermis, mais, sur la face inférieure, leur continuité ne s'établit que par l'intermédiaire des bras latéraux du vermis inférieur.

Parfaitement symétrique d'ordinaire, le cervelet présente à étudier te jaces et une circonférence.

l- Face supérieube. - Celte face (lig. 76) séparée des lobes postérieurs tnZZlZr r""'' '"'-'^ ^'S- médiane, une sa

?e ni '^«"«^^'■«<;>^«'"<^»t' qui lui donne l'aspect d'un ver, d'où

le nom de vermis supenor sous lequel on la connaît (1 li^ 79) f

XurdeÏ't" r"'-'^ r ^^"^ -ioi-''-Le'éminenc analogue de la face inférieure du cervelet et recouvre la valvule de Vieus-

CENTRES NERVEUX

sens — Elle fait partie du lobe inédiam du cervelet, et divers de ses anneaux portent un nom spécial. Ce sont, d'avant en arrière : 1» la hnqida, petit lobule arrondi, qui se continue avec la valvule de Vieussens ; - 2' ]ilobule central;-^" le monliculus, segment le plus sadlant du vermis et le plus considérable, constituant en avant le mfmen, en arrière e cZechi^e ; - 4» le folium cacuminis ou bourgeon terminal, qui forme 1 extrémité la plus reculée du verinis.

Fi. 78 - Face inférieure du cervelet : Valvules de Tarin. (Le bulbe est fortement relevé).

, . ..e du lobu. ^;;f-=^rjïï;rSr:tLî:irr;4S^

cl 9. bulbe relevé ; ô'. barbes du calamus ; 10. pont de Varole.

np rhaaue côté du vermis superior, on voit la face supérieure des lobes .t^:u?«et.inclinéàd^^^^^

breuses rainures «"'^^^l^g"^^- J-^Tre ■ 1" les lobules de la lingula,

lobules principaux, ^^J^^^f ^/^^i/,:, ' s pédoncules cérébelleux supéqui se portent en dehois et re^o^^^^^^ ^J^^ 3. les loMles

rieurs correspondants - 2 les ai^es ^.^^^^^^ ^,^^^5^^

^rnTdtr 1:: :^^^^^^ rTfacf supérieure; . les lobules

fu font suite, à droite et à gaucbe, au folium cacummis.

. iniP rpnose sur les fosses occipitales inférieures par

2» Face inféiiieure. - Wle repose sui ics ^^.^^^^

ses parties latérales, et, par sa partie 7y<^2'émenl écbancrée d'avant eu recouvre (fig. 77). Sa partie médiane est proi

interhémisuhérique,

CERVELET

nettement l'un de l'autre les deux hémisphères ou lobes [latéraux du ceryelei. Dans le fond de ce sillon, on trouve une saillie antéro-postérieure analogue à celle que nous avons rencontrée sur la face supérieure, c'est le mrmis inferior (1, lig. 77) qui se continue en avant et en arrière avec le vermis superior, pour former avec lui le lobe médian du cervelet. — Ce vermis peut aussi être subdivisé en plusieurs lobules secondaires, qui sont d'avant en arrière: 1° le nodulus (3, fig. 78); — 2° Vusula ou luette (4, lig. 78). — 3° la pyramide de Malacarne ou lobule pyramidal (1, fig. 77); — 4° le tubercule posterior ou valvulaire (1, fig. 77).

Fig. "îS. — Isthme de l'encéphale et bulbe rachidien (face, inférieure). Arbre de vie du cervelet

1, chiasma des nerfs optiques; 2, tuber cinereum e 4, espace interpédonculaire; S, pédoncule cérébr 1, saillie latérale du même corps ; 8, origine du bérance; 10, ses fibres médianes; 11, ses fibres 12. pédoncules cérébelleux moyens (le gauche médian antérieur du bulbe ; 15, décussation 18, fibres arciformes.

t tige pituitaire; 3, tubercules mamillaires; ■al; 6, sillon basilaire de la protubérance: trijumeau; 9, fibres supérieures de la protuinférieures s'enfonçant sous les autres; 12. est coupé); i3. moelle épinière ; 14, sillon des pyramides; 16, pyramides; 17, olive;

La pyramide de Malacarne est constituée par une saillie cruciale qui résulte de la pénétration dans les deux hémisphères cérébelleux de quelques lamelles du vermis.

La luette de Malacarme, éminence mamillaire de Vicq-d'Azyr est un renflement mamelonné qui termine le vermis en avant et pend' dans le quatrième ventricule comme la luette dans la bouche.

Des bords latéraux de ce mamelon partent de longs replis nerveux connus sous le nom de valvules de Tarin.

Les valvules de Tarin (3, flg. 78, et 4, fig. 84) sont deux replis curvilignes qui unissent la luette du vermis aux lobules de l'amygdale et du pneumogastrTqu"!

Debierre. — 10.

CENTRICS NERVIÎUX

Elles présentent un bord postérieur convexe et adhérent, uni à la substance du cervelet, et un bord antérieur concave et libre dans la cavité du 4' ventricule ;— une extrémité interne adhérente à la luette; une extrémité externe qui contourne le corps restilorme correspondant et vient s'unir à la racine du lobule du pneumogastrique. Une face inférieure qui est recouverte par le lobule amygdalien, et une face supérieure qui lait partie de la voûte du 4° ventricule.

Fig. 80. — Structure du cervelet (figure schématique).

l.ventriculen.oyea du cerveau; 2. noyau rouge; ^; ^'^'^'-^^^ 'l^^^^^^^^^

protubérantiels; b. pédoncule «cérébelleux supérieur ; 6 ped ncu^e ceré^^

du corps denté); 17. corps denté; 18. embole.

Entre elle et la paroi supérieure du quatrième ventricule il existe un petit carrefour que REiL comparait à un nid d'hirondelle.

De chaque côté de la grande scissure "^«f ^ ' ^ ^^'^ Mes

rÎPurP convexe des hémisphères du cervelet qui présente les rdars"van.s: !• le Lie éu P-'— «fS:^^^^

sorte de toune implantée au-dessous des P'f^'^"';,^^^^^^^ el eU^;

au-dessus et en f^.^^ Tar u" -"ï ^ ™c„«ien.

à la luette par la valvule de Tarin - ,^

CERVELET

côté du bulbe ; 3° les lobules cunéiformes, digastriques ou lobuU biventres de Rail (2, fig. 78), placés en dehors et un peu en avant des amygdales et reliés à la pyramide du verrais ; — 4° le lobule grêle, qui limite en arrière et de chaque côté de l'échancrure médiane, la face inférieure des hémisphères cérébelleux ; — S° le lobule semi-lunaire inférieur, qui s'étend en arrière jusqu'au grand sillon circonférentiel de Vicq-d'Azyr.

Nous devons à la vérité de dire que tous ces lobules présentent de nombreuses variétés selon les sujets et que leurs limites ne sont pas toujours aussi précises que celles que nous venons de leur donner.

On trouve parfois chez l'Homme l'ébauche d'un flocculus accessoire, lobule auriculaire, que l'on peut regarder comme le représentant du même corps très développé chez les Marsupiaux, les Rongeurs et les Carnassiers.

3' Circonférence. — La Circonférence dii cervelet présente, en arrière, une échancrure où vient se loger la crête occipitale interne et la faux du cervelet, et au fond de laquelle on voit la continuation des deux éminences vermiformes; en avant elle présente également une échancrure qui forme une sorte de lit au bulbe et à la protubérance : dans le fond de cette échancrure, on aperçoit la luette. — Sur les parties latérales, la circonférence est formée par les bords externes des hémisphères cérébelleux, sauf en avant, où l'on rencontre l'implantation des pédoncules cérébelleux moyens. C'est la partie la plus mince du cervelet; elle est parcourue par le grand sillon horizontal, où aboutissent les principaux sillons des faces supérieure et inférieure de l'organe. Elle répond en arrière à la gouttière latérale (sinus latéral) et en avant à la gouttière pétreuse supérieure (sinus pétreux supérieur).

b. Constitution intérieure du cervelet

Le cervelet, comme le cerveau et la moelle, est composé de substance blanche et grise. - La substance grise, plus abondante, occupe la périphérie de 1 organe, où elle forme une couche mince de 2 à 3 millimètres d'épaisseur (13, fig. 80); - la substance blanche, qui représente à peu près le tiers de la masse totale du cervelet et dont la consistance est supérieure a celle de la substance grise, est placée au centre de l'organe et enveloppée de toutes parts par la matière grise (14, lig. 80)

.JT^'T substance blanche partent une infinité de prolon-

gements arborescents qui vont se terminer dans les cellules de la substance grise des lames et des lamelles : c'est à cette formation rameuse qu'on a donne le nom d'arbre de vie (12, lig. 79).

Chacune des divisions foliacées de cette formation blanche arboriforme

tuNeloppee pai la substance grise corticale du cervelet qui s'enfonce dans

es autrDauTr ^" "T", ^"^^^ ^"^ ^^^^''^"^ -e (7, fig 80) ' ''''' ^« '^-P' trapé.oide

CENTRES NERVEUX

Une coupe horizontale du cervelet laisse voir au centre de chaque moitié de l'organe un corps ovoïde, assez semblable à l'olive du bulbe par ses dimensions et sa structure : c'est le corps rhomboïdal ou olive cérébelleuse, corps dentelé, festonné ou ciliaire (14, fig. 81, et 17, fig. 80).

Fig. 81. — Isthme de l'encéphale, avec le cervelet et les corps opto-strlés (face supérieure). —

Corps dentés du cervelet.

1, tubercules quadrijumeaux ; — 2, valvule de Vieussens ;— 3, pédoncules cérébelleux supérieurs;—4, 12, pédoncules cérébelleux moyens; —5, pédoncules cérébraux ; —0, sillon latéral de l'isthme; — 7, H, ruban de Reil ; — 8, cordon s'étendant du testis corps genoiiillé interne ; — 9, frein de la valvule de Vieussens ; — 10, lame grise de la même valvule ; — 13, centre blanc du cervelet ; — 14, corps rhomboïdal du même organe ; — la, commissure postérieure du cerveau; — 10, pédoncules de la glande pinéale; — 17, glande pinéale renversée en avant; — 18 et 19, couche optique ; — 20, tœnia semi-ciroularis ; — 21, veine du corps strié ; 22, piliers antérieurs de la voûte entre lesquels on volt la commissure antérieure du cerveau; — 23, corps strié; — 24, septum lucidum avec le ventricule de la cloison.

Il est formé par une lame jaunâtre, plissée sur elle-même, en forme de bourse et ouverte en avant. — Dans l'intérieur de cette coque, on trouve le tissu propre du corps rhomboïdal, formé d'une matière qui paraît tenir le milieu entre la substance blanche et la substance grise et que pénètrent quelques vaisseaux. Sous le nom de noyaux dentelés accessoires, corps paraolivaires, Meyneht a décrit deux petits feuillets de substance grise situés en

CERVELET

avant et en dedans des corps rhoniboïdaux, distingués d'après leur forme en embole ou bouchon et globule (il et 18, lig. 80); — et sous celui de noyaux du toit (12, fig. 80), Stilling a signalé deux noyaux gris clair de 6 à 7 millimètres de long que l'on découvre à la partie inférieure du vermis, près de la ligne médiane et près du toit du 4° ventricule dans une coupe de cervelet faite parallèlement à la face postérieure du bulbe. C'est à ces noyaux qu'aboutissent une partie des fibres des pédoncules cérébelleux inférieurs.

Le volume du corps rhomboïdal est proportionnel au développement des lobes latéraux. Aussi peut-on dire que l'olive cérébelleuse se dégrade à mesure qu'on descend de l'Homme aux Mammifères plus inférieurs. Sa structure est celle d'une zone de cellules nerveuses riches en pigment, traversées par des fibres radiées et plongées dans de la névroglie abondante et très riche en vaisseaux. Les cellules sont des deux types, mais avec prédominance du type moteur (Saccozi).

De la substance blanche centrale partent, vers les angles latéraux du sinus rhomboïdal, trois prolongements de chaque côté : ce sont les pédoncules cérébelleux.

Les pédoncules cérébelleux supérieurs (3, fig. 81) se portent en avant, passent sous les tubercules quadrijuraeaux, où ils s'entrecroisent d'un côté à l'autre dans l'étage supérieur des pédoncules cérébraux et aboutissent aux couches optiques et de là à l'écorce du cerveau ; — les pédoncules cérébelleux moyens (12, fig. 79) se portent en avant et en dedans pour constituer les fibres annulaires superficielles de la protubérance :

ces fibres forment une véritable commissure entre les deux hémisphères du cervelet; — d'autres fibres s'entrecroisent dans le pont de Varole et se terminent dans ses îlots de substance grise, et une dernière catégorie monte dans le cerveau après s'être entrecroises dans le pont de Varole; - les pédoncules cén^belZ^^inféri!^ (corps rest.formes), se portent en bas et en dedans (pi, lig. o4 et 6 11^ 59) 0 arrivés au niveau du bulbe, les fibres qui les constil nt%e s^l^en troS

Fig. 82. — Structure de l'écorce du cervelet (grossissement 400 d.).

a, pie-mère du cervelet; b, couche externe gr.inulo-nbreuse ; c, couches des cellules bipolaires de Purkinje ; d. couche granuleuse interne ; e. fibres blanches.

CENTRES NERVEUX

groupes : le premier va constituer le système des libres arciformes du bulbe, le second va se jeter dans les noyaux postpyramidaux (noyaux des faisceaux de GoLL et de Burdach), et le troisième se prolonge directement dans la moelle sous le nom de faisceau cérébelleux direct.

Dans le cervelet, les fibres des pédoncules supérieurs se rendent, en rayonnant au corps denté (fibres intra-ciliaires) et à l'écorce du cervelet (fibres hémisphériques) : on comprend ainsi que dans certaines lésions cérébrales on ait pu observer de l'atrophie croisée du cervelet.

Les pédoncules cérébelleux moijens forment également un système rayonnant, qui se rend à l'écorce du cervelet : outre les fibres commissurales, ils contiennent des nbres qui proviennent des ganglions cérébraux paV les pédoncules du cerveau. — A leurs fibres viennent s'adjoindre des fibres de la toison.

Les fibres des pédoncules inférieurs se rendent les unes (faisceau interne) au noyau du toit du môme côté, les autres à l'écorce après avoir traversé ou non le corps denté et y avoir récolté des fibres. Outre ce système de fibres pédonculaires qui constituent les fibres arborescentes, il y a deux autres groupes de fibres : les unes qui unissent les lames elles lamelles de l'écorce entre elles, ce sont les fibres arciformes ou d'association. (16, fig. 80) ; les autres qui sortent en rayonnant du corps rhomboïdal, ce sont les fibres de la toison du corps ciliaire (16, fig. 80).

Enfin il faut encore ajouter qu'il y a un système de fibres commissurales qui vont d'un hémisphère à l'autre et de fibres d'union entre le noyau du toit et le noyau externe de l'acoustique (Huguenin).

La structure de la substance grise corticale du cervelet est remarquable. — A l'œil nu, on peut distinguer dans cette substance deux couches dont la coloration est bien différente ; l'une, profonde, est jaunâtre ou rouillée ; l'autre, périphérique, est franchement grise. — La couche rouillée est formée d'une agglomération de petites cellules nerveuses perdues au milieu d'un plexus nerveux très fin et très serré ; cette couche interne de l'écorce (d, fig. 82) renferme 3 espèces de cellules : grains ou petites cellules, grandes cellules, celulles névrogliques (Golgi, Ramon y Cajal, Kolliker, Van Geiiuchten). — Au-dessus, on rencontre une couche intermédiaire, constituée par des éléments cellulaires volumineux, piriformes et disposés en général sur une seule couche, cellules de Purkinje (c, fig. 82), dont les prolongements rameux se portent à la périphérie, le prolongement de Deiters restant tourné vers la substance blanche centrale et paraissant se continuer avec une fibre nerveuse. — La dernière couche ou couche grise périphérique (b, fig. 82), est formée par de la névroglie, par de petites cellules nerveuses, assez rares, et par les ramifications des cellules de Purkinje : elle est remarquable par la quantité de capillaires sanguins qu'elle renferme. — La membrane jaunâtre plissée du corps rhomboïdal est constituée par un réseau de cellules nerveuses, anastomosées, et reliées d'une part aux fibrilles qui descendent de la substance grise corticale, et d'autre part aux fibres blanches des pédoncules. A la périphérie, la névroglie (Golgi) forme une sorte de membrane mince qu'on appelle coque de Bergmann.

Vaisseaux du cervelet. — Les artères cérébelleuses, fournies par les vertébrales et le tronc basilaire, se ramifient dans l'épaisseur de la pie-mère qui recouvre le cervelet et pénètrent dans l'épaisseur de l'organe en suivant les cloisons que la pie-mère envoie entre ses lames. Les veines ne suivent pas toujours les artères et se rendent à la surface de l'organe dans deux ordres de veines : deux veines médianes ou vermiennes, l'une inférieure, l'autre supérieure ; qualres veines latérales ou hémisphériques, deux supérieures et deux inférieures. — Toutes ces veines communiquent entre elles par des rameaux transversaux et vont se jeter dans les sinus latéraux.

M. J. Weber a signalé en outre l'existence d'une veine azygos cérébelleuse posté-

CERVELET

rieure, qui va se jeter dans le pressoir d'IIérophile, et Mf.ckel une veine du lobule du pneumogastrique, qui se jette dans le sinus pétreux supérieur et reçoit parmi ses affluents une branche importante sortant du corps rhomboïdal.

Applications physiologiques et pathologiques. — La substance grise du cervelet est inexcitable; la substance blanche paraît douée de propriétés motrices.

La lésion partielle comme l'ablation, l'anatomie pathologique comme l'expérimentation, démontre que le cervelet est une sorte de petit cerveau, qui préside à la coordination des mouvements volontaires, autrement dit à l'association harmonique nécessaire pour adapter ces mouvements à un but déterminé. Ce n'est pas un cerveau intellectuel sensitif et moteur comme l'autre, c'est un cerveau régulateur et coordinateur des mouvements

associes.

Par l'intermédiaire de ses pédoncules ils portent aux appareils périphériques cette régulation. A la moelle épinière, et par conséquent à la périphérie du corps, le mouvement coordinateur est porté par les pédoncules cérébelleux inférieurs (corps restiformes) qui comprennent le faisceau cérébelleux de Flechsig, et des libres qui unissent le cervelet aux noyaux bulbaires des cordons de GoU et de Burdach. Par les pédoncules cérébelleux moyens, le cervelet est uni au noyau du cordon latéral, aux olives bulbaires et protubérantielles, à l'oreille vestibulaire par l'intermédiaire du nerf acoustique, dernière connexion qui peut nous donner une explication du vertige auditif. Par les pédoncules cérébelleux supérieurs enfin, le cervelet est en relation avec le cerveau : c'est là une voie centripète sans doute qui nous fournit la notion et le sentiment d'équilibre (notion de la position du corps dans l'espace).

Cette fonction de coordination et d'équilibration reconnue au cervelet par les physiologistes (Floorens, Longet, Vulpian, Lussana, Laborde, etc.,) et diverses observations pathologiques (1), celle de Vulpian entr'autres {Leçons stir la physiol. du système nerveux, p. 629), ne se fait ni par l'intermédiaire du sens du tact ni par celui du sens musculaire ; le cervelet n'est pas l'organe du sens du tact et du sens musculaire, comme le voulait Lussana, et son ablation n'enlève pas non plus la force musculaire comme le disait Luciani (Laborde).

Le cervelet règle les mouvements volontaires ainsi que le dit Wundt (Psychologie physiologique, I, p. 227), à l'aide des impressions de sensation (on sait que le vertige n'est que la suppression de la sensation d'équilibre de notre corps). Toutefois on ne saurait soutenir qu'il est le seul et unique régulateur des mouvements volontaires car on a observé des cas d'absence du cervelet, et cependant la marche et d'autres mouvements associés étaient encore possibles.

Pédoncules cérébelleux. -La lésion unilatérale des pédonc^des cérébelleux inférieurs produit 1 incurvation irrésistible en arc du corps du côté lésé et un roulement en cercle (RoLANDo, Magendie, etc), et des phénomènes sensitifs douloureux, mais ces derniers sont le résultat de l'excitation de la racine sensitive du trijumeau

amène une courbure en arc delà colonne vertébrale du côte lésé; leur excitation provoque de la douleur et une incurvation du corps

TorlZl °T '"''"^^^ "1"^ lorsqu'on blesse les pédoncules

cérébraux leur appartient très probablement aussi.

même T^" pédoncules cérébelleux moyens fait tourner l'animal sur lui-

TZl T gi'-^'»"- e sur l'axe du corps (Pourkour du Petit) ; la rotation

m et du'côtr " '\'' P-'^ P-tie postérieure du pédoncule (Mag "

ScIk Filot, r r""' P^""""^ antérieures qui sont atteintes (Longkt,

ScniFF). Elle est accompagnée de déviation des yeux, de nystagmus comme lorsque c'esi

Vamlc^'^îes "^nm^îl^Ln^ Labrosse qui manquait absolument de cervelet et de pont de

CENTRES NERVEUX

le vermis du cervelet lui-môme qui est lésé. Si la section est complète, la rotation a également lieu du côté opposé par suite delà prédominance des Qbres entrecroisées sur les fibres directes.

A l'étude des fonctions du mésocéphale se rattachent les questions si curieuses et si intéressantes de l'équilibration et de la coordination des mouvements.

Les mouvements forcés ou irrésistibles qui sont provoqués par les lésions des diverses parties du mésocéphale (pédoncules cérébraux, protubérance, tubercules quadrijumeaux, pédoncules cérébelleux moyens) et du cervelet, et qu'on a pu observer chez l'Homme dans les affections de ces régions de l'encéphale, sont des plus curieux.

La section d'un des pédoncules cérébraux, d'un des pédoncules cérébelleux moyens, donne lieu à une rotation de l'animal sur l'axe. La blessure d'un des pédoncules cérébraux, la section transversale de la protubérance, diverses lésions des tubercules quadrijumeaux et des couches optiques, déterminent des mouvements de manège. La lésion des tubercules quadrijumeaux antérieurs est celle qui transforme le plus habituellement ces derniers mouvements en mouvements d'aiguille de montre, le train postérieur de l'animal servant de pivot. Enfin, la blessure du cervelet et celle des corps striés, peut produire des mouvements sur l'axe transversal, des cabrioles, ou bien des poussées impétueuses et irrésistibles en ligne droite, soit en avant, soit à reculons. — Tous ces troubles ne sont ni l'effet d'une paralysie, ni le résultat d'une contracture ; ils paraissent être en rapport avec l'interruption des innervations centripètes qui contribuent au maintien de l'équilibre (sensibilité tactile et musculaire, ouïe, vue). L'animal n'ayant plus alors qu'une fausse perception de la position de son corps dans l'espace, victime des illusions que cette fausse perception entraîne, cherche à ressaisir sans cesse par des mouvements toujours les mêmes cet équilibre qu'il a perdu. Le vertige visuel qui accompagne la déviation des yeux paraît jouer un grand rôle dans la production de ces mouvements irrésistibles (Gratiolet). — Pour qu'un animal privé de son cerveau puisse se maintenir en équilibre et le reprendre lorsqu'on le culbute, que faut-il? Ce qu'il faut, c'est : 1° des impressions venues de la périphérie (tactiles, musculaires, visuelles, auditives), et transmises par des nerfs centripètes; 2° un centre récepteur de ces impressions qui les transforme en sensations ; 3° des impulsions motrices venues de ce centre et allant aux muscles par des nerfs centrifuges. La lésion de cet appareil dans l'une de ses parties, et à plus forte raison dans sa totalité, altérera plus ou moins complètement la faculté d'équilibre.

L'influence des impressions tactiles est bien connue. Une grenouille écorchée ou bien à qui on a sectionné toutes les racines postérieures des nerfs spinaux, ne sait plus ni sauter, ni nager, et ne peut plus se rétablir quand on la met sur le dos. L'ataxique, on le sait, a perdu la faculté d'équilibre parce qu'il est frappé d'aneslhésie.

L'action des impressions visuelles sur les fonctions d'équilibre n'est pas moins évidente. Elle peut, dans une certaine mesure, compenser la perle des impressions tactiles, comme chez les tabétiques ; aussi, l'ataxique vient-il à fermer les yeux, il perd l'équilibre et tomberait si on ne le soutenait pas. Le vertige visuel, d'origine périphérique ou central, détermine aussi, on le sait, une perte d'équilibre.

L'influence des impressions auditives sur l'équilibration est plus manifeste encore et beaucoup plus importante. La section des canaux semi-circulaires horizontaux produisent des mouvements latéraux de la tête avec tendance à tournoyer autour d'un axe vertical; après la section des canaux verticaux, la tête oscille rapidement d'avant en arrière, et l'animal tend à faire la culbute en avant, les pieds par-dessus la tùte si ies canaux verticaux supérieurs ont été seuls touchés, tandis qu'il tend à culbuter en arrière, la tôle par-dessus les pieds, si ce sont les canaux verticaux postérieurs qui ont été atteints. Après la destruction de tous les canaux, l'animal ne peut plus se maintenir en équilibre.

Tous ces phénomènes, vérifiés jusque chez l'Homme dans le cas de maladie ou vertige de Ménière, s'observent alors que le limaçon est détruit et le cerveau enlevé ; ni la perte de l'ouïe ni les impressions conscientes n'interviennent donc dans leur production. 11 ne paraît

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