Noyaux gris ou c.anglions centraux du cerveau
Au niveau du hile de l'hémisphère, le pédoncule céréhral s'enfonce dans le corps de l'hémisphère contenant à la fois les libres qui vont de la moelle, de l'isthme et du cervelet au cerveau (fibres ascendantes), et toutes celles qui vont du cerveau à la moelle, à l'isthme et au cervelet (libres descendantes). De ces libres les unes, fibres directes, s'étendent directement du pédoncule à l'écorce des hémisphères ; les autres, fibres ganglionnaires, communiquent préalablement dans des noyaux de substance grise ou ganglions qui sont placés au voisinage du hile, sur le trajet même du pédoncule. Ces ganglions, ce sont les couches optiques et les corps striés. Nous y adjoindrons l'étude de Y Avant-mur et du Noyau amygdalien.
a. — COUCHES OPTIQUES
Les couches optiques fthakmi oplicij sont deux gros renflements ovoïdes, placées sur le trajet des pédoncules cérébraux qui constituent les parois latérales du ventricule moyen, et dont les faces supérieures font partie du plancher des ventricules latéraux (4, fig. 139, 31, lig. 140, 3, fig. 161).
De la grosseur d'un œuf de pigeon, ces ganglions sont dirigés obliquement en avant et en dedans, assez rapprochés par leur extrémité antérieure, plus écartés par leur extrémité postérieure. - Us répondent en avant et en dehors aux corps striés; en arrière et en dedans aux tubercules quadrijumeaux qui sont contenus dans leur écarteraent.
On leur décrit quatre faces et deux extrémités. La face supérieure, blanche et convexe, est séparée en deux parties par une crête irrégulière, quelquefois un sillon, le sillon choroïdien, qui répond aux plexus choroïdes. En dehors de ce sillon elle fait partie du plancher du ventricule latéral; en dedans elle est recouverte par la toile choroïdienne et les bords latéraux du trigone qui s'appuient sur elle.
Elle présente en avant un mamelon, tubercule antérieur de la couche optique, corpus album subrotundum, dans lequel vient se terminer les piliers antérieurs du trigone après leur réflexion autour des tubercules mamillaires. Semblablement elle est terminée en arrière par un autre tubercule, plus volumineux et plus saillant que le précédent, le tubercule postérieur de la couche optique ou pulmnar. Entre le pulvinar et l'origine du pédoncule antérieur de la glande pinéale, se trouve ùne petite surface de forme triangulaire et un peu déprimée, c'est ce que l'on a appelé, à cause de son voisinage de Vhabcna ou rêne de la glande pinéale, le triangle de Vhabénula {l3,Rg. m). Dans ce triangle on voit une petite saillie, appelée
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
ganglion de l'habénula, (12, flg. 141, et 13, fjg. 179), d'où pari un faisceau, assez souvent visible à l'œil nu, qui descend en dedans du noyau rouge pour gagner le ganglion inter-pédonculaire : c'est le faiscecm rétrofexe deMeynert (31, fig. 173).
La face inférieure de la couche optique se confond en avant avec le pédoncule cérébral, sur lequel elle repose et dont elle reçoit une partie des fibres. — En arrière, elle reste libre, déborde le pédoncule et présente deux renflements mamelonnés, les corps genouillés (6 et 7, lig. 162), distingués en interne et en externe.
Fig. 161.— Coupe horizontale du cerveau pour montrer le troisième ventricule, la glande pinéale, les éininences bigéminées et les corps opto-striés. (Le trigone a été coupé en travers et rabattu en arrière) .
1, noyau caudé du corps strié; 2, sillon opto-strié et tœnla semi-circulaire ; 3, couche oplique (face supérieure) ; i, tubercules quadrijumeaux ; 5, corps bordant ; 6, corne d'Ammon ; 7, trigone (face inléneure) ; 8, ergot de Morand; 0, carrefour ventriculaire ; 10, glande pinéale; 11, ventricule moyen ; 12, trigone ; 13, cloison transparente au milieu de laquelle on aperçoit son ventricule ; . U, corps calleux; 15, centre ovale (Photogravure).
Le corps genouillé interne (9, fig. 1G2), moins volumineux que le suivant, est relié par son extrémité postéro-interue au tubercule quadrijumeau postérieur, et son extrémité anléro-interne est l'origine de la racine interne de la bandelette oplique. - Le corps genouillé externe (10 lig 1G2) est plus volumineux et plus blanc que le précédent, en dehors et un peu en avant duquel il est placé ; - il est réuni par une bandelette blanche au tubercu e quadrijumeau antérieur par son extrémité postérieure, et de sou extrémité antérieure s'échappe la racine externe de la bandelette oplique.
CONTOlUrATlON INTÉRIIÎtJRE DU C12RVEAU
ft[EîYNEUT a iiionlré que le corps geiiouillé est composé de conclies allcrnalives de substance blanche et grise, ce qui tient à ce que des faisceaux de la couronne rayonnante traversent sa substance grise en la décomposant en strates superposés. 11 contient de griindes cellules multipolaires.
Fig. 162. — Coupe liorizotitale des lobes temporo-occipilniix et des pédoncules cérébraux pour raonU-er la face inférieure des couclies optiques et les corps genouillés. (Le cerveau est renversé).
1, nerf olfactif; 2, racine blanche externe; 3, racine blanche interne; 4, quadrilatère perforé; 5 bandelette optique ; C, corps genouillé; 7, corps genouillé externe; 8, racine grise des nerfs optiques ; 9, commissure antérieure et troisième ventricule ; 10, origine du nerf moteur oculaire commun; 11, coupe de la protubérance annulaire au niveau des pédoncules cérébraux ; li!, prolongement postérieur des ventricules latéraux; 13, origine du prolongement sphénoïdal des ventricules latéraux; 14, bandelette demi-circulaire.
Les deux corps genouillés sont réunis l'un à l'autre par un Iraclus blanc direct, anse inlergéniculairc de Rauber (7, fig. Kiii), et parties libres blanches eu arc qui suivent la voie détournée des bandelettes optiques, commissure in fdneiire de Gudden .
Dans une relation récente (1800), ZAciiiin a rapporté ipi'il avait trouvé le corps genouillé inleriic frapi»é de dégénération secondaire à la suite d'une desiruction des deux premières circonvolutions temporales. Or, comme il y avait en même temps des altérations secondaires dans les bras des tubercules quadrijumeaux postérieurs et dans les tubercules euxmêmes; comme, d'autre oart, il parait établi que T' et T2 président à l'intelligence des sons,
CONKOIIMATION INTKIUEUIIE DU CERVEAU
laiiilis quo le luberculo qnadrijumeau postérieur est un ganglion de l'appareil acoustique, il en résulte que le corps genouillé interne jouerait dans le processus psychique de l'audition un rôle analogue à celui que joue dans la vision le corps genouillé externe. On sait, en cITet, que celui-ci est un organe interposé snr le trajet des filjres optiques. Toutefois, il est bon de dire que certains faits, du genre de celui que rapportait encore en 1890 S. LEKAnsKY (ramollissemenl du cunéus, dégénéralion descendante des radiations optiques, du pulvinar, du corps genouillé externe, et de la capsule dn corps genouillé interne), semble plaider en faveur de l'opinion de MrîYNF.nT, qui intercalait aussi le corps genouillé interne dans la sphère des faisceaux optiques.
Fig. 1C3. — Face inférieure du cerveau (à gauche) et coupe horizontale de l'hémisphère
(à drôitoi.
1, nerf olfactif; î, espace perforé latéral; 3. tubercule mamillaire ; 4, pédoncule cérébral coupé en travers et montrant le locus niger, le noyau rouge, l'aqueduc, et lo noyau des éminences bigéminées , ti, fente de 13ichat; G. tœnia cincrea ; 7, bourrelet du corps calleux; 8. corps bordant; 9. corne d'Aramon renversée en arrière; 10, ventricule latéral (corne sphénoîdale) : \\\ pulvinar; 12, corps genouillés ; 13, locus niger; li, bandelette optique ; lu, glande pifuitaire"; 16, corps strié; H, ventricule latéral (corne frontale) ; 18, centre ovale du lobe frontal.
La face interne, de la couche optique est scpai-ée de la face supérieure par les frein.s de la glande pinéale. La partie antérieure de cette face (les 2/3), de couleur grisâtre, est libre et forme la paroi latérale du ventricule moyen ; — la partie postérieure se confond avec la parlie exierne des tubercules quadrijumcaux et reçoit la pénétration des pédoncules cérébelleux supérieurs. Les faces internes des deux couclies optiques sont réunies, nous l'avons vu, par la commissure gri.se et par la commissure blanche postérieure (9 et 0, lig. 137). •
face exierne est confondue avec le corps strié à la face inlernc duquel elle s'adosse; - toutefois, elle est séparée du noyau lenticulaire par la capsule interne (6', 7, 8, tlg. 141). La zone exierne de la couche optique
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
est percée par des libres entre-croisées, entre lesquelles se trouvent quelques îlots de substance grise : c'est la couche fenètrée, grillagée, ou lame médullaire, externe (31-, fis. nS).
L'exlrémUé antérieure, extrémité la plus petite de l'ovoïde que présente la couche optique, est contournée par le pilier antérieur correspondant du trigone. Légèrement déprimée, elle forme, avec ce pilier, un petit orifice arrondi qui lait communiquer les ventricules latéraux avec le ventricule moyen: c'est le trou de Monro ((3, lig. 144). Par sa portion externe, elle répond à la tète du noyau caudé qui se déprime à ce niveau pour la recevoir, et en avant elle répond à la commissure blanche antérieure qui se porte en dehors (9, fig. 141).
Vexirémité postérieure, grosse extrémité de l'ovoïde, lorme une saillie arrondie qui est contournée par le pilier postérieur correspondant du trigone et le plexus choroïde du même côté, et fait saillie dans le carreîour ventriculaire. — Elle est surmontée du pulvinar (9, Qg. 139), audessous duquel on découvre les corps genouillés (6, 1, fig. 162).
Les couches optiques sont consliluées de la façon suivante : à la surface supérieure on trouve une couche de fibres blanches, stratum zonale. Dans le corps de l'organe la substance grise se distribue en plusieurs noyaux et en une lame qui constitue la face interne du thalamus. - Parmi les noyaux, il faut citer : 1° le noyau de l habenula (32 fig 17;^) situé dans fespace que nous avons appelé triangle de l'habenula, et d'où part le fasciculus retrollexus de Meynert, qui se rend dans le ganglion interpédonculaire en s'entre-croisant avec le faisceau du côté opposé selon Guoden et Forel, dans la calotte, au contraire, d'après Meynert; -2° le noyau antérieur (corpus subrotundum où se termine le faisceau de Vicq-d'Az.r (33, fig. 173); -3» les noyaux interne et externe (28, 30, fig. 173), de teinte gris jaunâtre : le noyau interne contient en amere e pulvinar, et noyaux interne et externe reçoivent la plus grande partie des fibres de l'étage supérieur du pédoncule cérébral (fibres sensitives) (1).
Une lame médullaire, lame médullaire interne, placée de champ dans l'épaisseur de la couche optique, sépare les noyaux interne et externe du thalamus (29, fig. 173) ; une autre lame, lame médullaire externe (34, fig. 173), couche réticulée ou grillagée, ainsi appelée parce que les irradiations de la couche optique qui s'échappent à ce niveau du thalamus la découpent comme un grillage, le sépare de la capsule interne.
Les éléments cellulaires de la couche optique sont des deux types, mais le type sensitif paraît y occuper une plus large place (Marcui).
Considérée dans ses connexions, la couche optique est reliée par de nombreux faisceaux de fibres nerveuses, d'une part à l'écorce, d autre par au pédoncule. Les flbres qui vont au pédoncule, fibres thalamo-^n'dmculaires sorlen par ses laces inférieure et externe et s'enfoncent aussitôt dans la calotte du pédoncule cérébral correspondant. Les fibres qui se portent a 1 ecoroe, jiOns
(1) Luvs décrit, dans les couches optiques, quatre groupes g^'^^l^^^^^^^^^ antéi'ieu.r ou olfactif, qui recevrait les fibres du "•^h,^';j'l\.iSn èl q^^ recevrait semi-circularis; - 2» un centre moyen, Pl^.Çf,«" ['^'^ii^'. ; centre postéun faisceau de fibres venant des corps genouillés (cent. e ^'''f '^jj^g^''^ " 4» un centre rieur ou auditif, qui serait l'aboutissant des hbres d nbres ner-
inlévienv ou senkil général. Tous ces ""yau^'J.p^f \t pédicules cérébraux, yeuses avec l'écorce des hémisphères, d'une part, et avec les peaoutui
d'autre part (voy. fig. 164, p. 289).
CONFORMATION INTKniEURE DU CERVEAU
thalamo-rorticales, s'échappent également par les faces inférieure et externe et pénètre dans la capsule interne en trois faisceaux principaux : un antérieur ou frontal qui va en rayonnant à l'écorce du lobe frontal (pédoncule antérieur de la couche optique) ; un postérieur ou occipital qui se porte à l'écorce du lobe occipital (pédoncule postérieur de la couche optique, radiations optiques de Gratiolct) ; un inférieur qui va à l'écorce de la région pariéto-temporale (pédoncuk inférieur de la couche optique). Ce dernier faisceau contribue à former l'anse pédonculaire de Gratiolet.
Fig. 164. - Schéma du système des fibres convergentes dans leurs rapports avec les noyaux giis centraux (Luys).
1. fibres convergentes des circonvolutions postérieures du cerveau; 2, fibres convergentes dP. circonvolutions médianes du cerveau ; 3. fibres convergentes des circonvolutions antérieures 4, 4 et 4'. substance corticale dans ses rapports avec les noyaux gris centraux- S couché oiitique; 6, corps strié; 7. centre antérieur olfactif; 8, centre moyen optique'- 9 centre médian sensitif; 10. centre postérieur acoustique; 11. région grise centrale; 12 fibres ascensen"sitLfI'-'7/r,h'?r"'"?" fibres grises optiques; 14. fibres ascendantes
sensiives, 15, hbres ascendantes acoustiques; 10. série des fibres antéro-latérales de l'axe allant se perdre dans le corps strié. « ut i axe
Enlevez la bandelette optique à la base de l'encéphale, vous rencontrerez un nouveau cordon qui s'avance comme la bandelette d'un côté à l'autre du pédon- ^!î r,./;T. ?','*'f l^andolette optique, c'est l'anse pédonculaire de Giatiolet (substance innoniinée des Allemands). Cette anse (10 fi- 165)
dwT r^'f P''^""^'''^' 1^'"^ connue sous fe nom
danse lenUculaire ; elle est constituée par un faisceau de ûbres qui émanen
Debierre. — 19.
CONFORMATION INTIÎRIEUUE DU CERVEAU
dos liiiiK's iiuklullairiîs du noyau louliculaire ol, vienuenl, se rendre, après avoir oonlourné le pédoncule, dans le pied du pédoncule eu se mêlant aux fibres qui longent son bord interne.
La deuxième couche est constituée par un amas de cellules nerveuses d'où dérivent des libres qui se portent vers la substance grise intra-venlriculaire, et de là s'inllécliissent en bas pour descendre dans la calotte du pédoncule en se mélangeant aux fibres du faisceau longitudinal postérieur, dont une partie des fibres vient de l'écorce elle-même (Meyniîut) par la voie de la capsule externe et de la paroi du tuber cinereum (Sciinophagen) et qui représente la voie commissurale des nerfs moteurs de l'œil (faisceau corticoprotubéranliel).
La troisième couche est formée par un faisceau qu'on désigne sous le nom de
pédoncule inférieur de la couche optique ; ses fibres proviennent de l'écorce de la région sylvienne, croisent de dehors en dedans la face inférieure du pédoncule cérébral et arrivées à son côté interne se redressent vers la couchj^ optique : là elles se divisent en deux portions, l'une externe (3^ couche de l'anse pédonculaire de Meynerl) qui va se perdre dans le .noyau interne de la couche optique; l'autre interne (4' couche de l'anse) qui passe entre la portion directe et la portion réfléchie du pilier antérieur du trigone et va se rendre au stratum zonale du thalamus.
Fig. 163. — Face inférieure des pédoncules et des couches optiques pour montrer l'anse pédonculaire.
1, 1, couche optique ; 2, couche transversale des pédoncules; 3, chiasma optique; 4, bandelette optique ; 5, corps genouillé externe ; 6, corps genouillé interne ; 7, bandelette de Rauber ; 8, face inférieure du pédoncule; 9, tuber cinereum; 10, anse pédonculaire située au-dessus (dans la position physiologique du cerveau) de la bandelette optique qui a été réséquée dans une certaine longueur de son trajet.
La plupart des physiologistes s'accordent pour admettre que les couches optiques sont l'aboutissant de la plupart des fibres sensilives, soient qu'elles viennent du cervelet par les pédoncules cérébelleu.x supérieurs, soient qu'elles se rendent dans le bulbe et la moelle par les pédoncules cérébraux.
Pour certains physiologistes (Wundt, Mevnert, Nothnagel, Rfxuterew), les couches optiques seraient des centres sensitifs chargés de recevoir l'impression inconsciente que transforme en mouvement le corps sirié (mouvement réflexe) ; — selon d'autres (Luvs- Ferrier), elles seraient les grands contres de réception des impressions sensorielles, des sortes de relais placés sur le trajet des impressions centripètes dans lesquelles ces dernières subiraient une première élaboration avant d'atteindre l'écorce cérébrale, où elles sont définitivement perçues, mais il faut avouer que la physiologie de ces gros ganglions est encore fort imparfaite, f.es impressions olfactives passeraient par le centre antérieur ou olfactif; les impressions visuelles par le centre moyen ou optique, etc. (7, 8, 0, 10, fig- 164). -- Divers faits patliologiques plaident en faveur do celle manière de voir. Une personne perdit successivement, en l'espace de (rois ans, l'odorat, la vue, l'ouie et la seusi-
CONFORMATION INTKRIF.UHE DU CERVEAU
bililé générale, et resta par suite insensible à toutes les actions sensorielles externes; — or, il l'autopsie, on constata (|ue les couches optiques, et elles seules (?) avaient été détruites par un néoplasme (IIiiNTEn, A. Voisin). Dans tous les cas la lésion de ces organes n'allaiblit l>as la sensibilité générale (Vulpian, Notunaorl, Ficnuiun, Lussana, Laborde). Cependant des résultats expérimentaux concluent que la couclie opti<[ue est un centre de sentiment et de sensibilité.
RÉGION sous-TUALAMiQUR. — Au-dcssous de la couche optique, la calotte des pédoncules cérébraux, très amoindrie, forme une petite zone qu'on appelle î't'^iOïi sous-lhalamiqve ou région sous-optique. Cette région est constituée de haut en bas par une couche blanche, couche dorsale (11, 12, tig. 1G7) ; une couche réliculalre, couche incertaine (17, lig. 173); enfin par un noyau de substance grise, le corps sous-lhalamique ou corps de Luys (25, Hg. 173).
Fis. 100. — Anse du noyau lenticulaire (d'après Brissaud). 1. chiasma optique; 2. tuber cinéréum; 3, tubercule niamillaire: 4. 4. pédoncule cérébral- H novnT «■ '^"'■PS genouiUés; C, faisceau génieulé ; 7. anse lenticulaire;
8. noyau pale; 9. noyau intermédiaire ; lO.noyau externe du noj'au lenticulaire ; H capsule externe; 12. espace virtuel lenticulo-capsulaire ; 13. commissure blanche ; 14. pont dé Varole
flhi! K*!""'^ '^Tf^' sous-jacenlc à la couche optique, est composée de
fibres blanches à direction anléro-postérieure. Pour les uns, ces fib es proviennent de la
LpélT^S" ^"""""'^ ' '"'"'"^
dente nu Ï!/"''''rf ' '^^ ^^""'-''^ ''^^""^ transversalement sous la précé-
dente. Elle e t constituée par un réticulum de fibres nerveuses et par de petits amas do
s:'d:K'::i:ue^t^:r^'" f ^«
.^2-r,. .l^'^ \ l'anse pédonculaire qui se déga-^^ de
la pailie inférieure de la couche optique (p. 289).A ce niveau les fibres émwl ^
z:iTnTnf™"°"' ^^^^^^^^^^^^^^^^'v::z
CONFORMATION INTICRIEURE DU CERVEAU
Le corps de Luys ou olive cérébrale, esl un noyau discoïdal d'un gris jaunâtre, d'une longueur de 10 niill . environ, couclié au-dessous de la zone incertaine, entre elle et l'extrémité antérieure du locus niger (12, fig.167). De ses deux exlr6milés,parl un pelit faisceau (de libres blanches, dont l'un, l'externe, paraît se rendre dans le globulus pallidus, l'autre, l'interne, dans la substance grise de la base où il constituerait la commissure de Meynert.
Fig. m. — Coupe frontale du cerveau passant par le fond de l'espace interpédonculaire pour montrer la région sous-optique (photogravure).
1. corps calleux; 2, plexus choroïde épinglé; 3, ventricule moyen; 4, capsule interne; 8, corne d'Amraon ; 6, locus niger; 7, fond de l'espace interpédonculaire; 8, cervelet; 9, bulbe rachidien (face antérieure); 10, protubérance annulaire; 11. noyau rouge; 12, corps de Luys ; 13. noyau lenticulaire; 14, avant-mur; IH. couche optique; .16, tête du noyau caudé ; n. ventricule laléral (corne frontale); 18, piliers antérieurs de la voûte.
Seul, le cerveau des Primates paraît posséder le corps de Luys, Enfin dans la région sous-thalamique, de chaque côté du sommet du 4' ventricule, dedans et un peu plus haut que les corps de Luys, on aperçoit l'extrémité antérieure deux noyaux rougeâtres, les noijaux rouges de Stilling (W, i\g. 167), qui reçoivent libres des pédoncules cérébelleux supérieurs, et émettent des fibres qui se rendent noyau lenticulaire, peut-être aussi directement à fécorce, mais surtout des fibres qui portent à la couche optique.
b. — Corps striés
Le corps strié, ainsi appelé à cause des stries bianclies qui le traversent, est une masse ganglionnaire qui fait saillie sur le plancher du ventricule latéral dans son prolongement frontal (2 et 3, lig. 108). - Il est situe eu avant et un peu en dehors de la couche optique, dont il est séparé par un
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
sillon optorstrié qui loge la bandelette cornée, la veine du corps strié et la bandelette semi-circulaire, et repose par sa face inférieure sur un ilot de circonvolutions cachées au fond de la scissure de Sylvius, auquel, pour cette raison, on a donné le nom de lobule du corps strié, insula de Reil (8, fig. 171).
Dans son ensemble, le corps strié représente une masse ovoïde logée dans l'épaisseur du lobe frontal, en relation en dehors avec le lobule de.l'Insula et le centre ovale de l'hémisphère, en rapport en dedans avec la couche optique et la lame grise du ventricule moyen, répondant en bas à la base du cerveau et faisant saillie en haut par l'une de ses parties sur le plancher du ventricule latéral, sous la forme d'une éminence en virgule dont la queue est dirigée en arrière et en dehors, et la tête eu avant et en dedans.
Fig. 168. — Coupe sagittale des noyaux centraux de l'hémisphère. 1. capsule interne; 2, noyau caudé ; 3. noyau lenticulaire ; 5. espace perforé latéral. Fig. 169. - Coupe sagittale latérale de l'hémisphère, passant par le ventricule latéral
^'laZrf'''"'"^ °««'Pi'ale: 4. corne sphénoldale du ventricule
latéral; 5, noyau caude ; 6, couche optique; 7, noyau amygdalien ; S. scissure de Sylvius.
Mais les corps striés sont des ganglions complexes dont on ne peut prendre connaissance que par une série de coupes de l'hémisphère. - Si l'on fait sur ia partie moyenne de ce corps une incision transversale, on voit que la saillie visible sur le plancher du ventricule latéral n'est qu'une portion d'une !?rosse masse nerveuse, et que le corps strié est constitué par deux gros noyaux de substance gris rougeàlre, noyau caudé et noyau lenticulaire, séparés l'un de auii-e par un faisceau de substance blanche, capsule interne ((V, 7 8 fi- 141 1 a 5, hg. 179). ' '
Le 7wyau caudé, ainsi appelé à cause de sa forme en poire est nlacé en haut et en dedans (noyau supéro-interne); - c'est lui quf fait samie sur Te
Sri ""'"'"^'^ '''''''' ''«PP^''e-t-on encore »o,«. r.;^^^^^^^^^
culaire du corps strié (3o, lig. 140, 6, fig. 179)
II a la forme d'une virgule dont la tète est dirigée en avant et en dedans
CONl'OnMATION INTÉRlIîURlî DU CERVEAU
ol la (lui'iie on arrière cl on deliors. Long d'environ 70 iniiliiiièlres, large au niveau de sa lèle de 10 millimèlres, el épais de 25 à 30 iiiilliinélres, il esl couché par son bord concave sur la couche optique dont il n'est séparé que par le sillon opto-strié, sa tôle reposant sur le centre ovale du lobe frontal et sur la substance grise de l'espace perforé latéral avec laquelle e-Ue se continue, sa queue s'efïilant progressivement tout en gagnant le carrefour ventriculaire, puis en contournant le pédoncule cérébral correspondant pour aller se perdre finalement dans la voûte de la corne spliénoïdale du ventricule latéral. En avant, les tètes des deux noyaux caudés sont très rapprochées; embrassées par la concavité du genou du corps calleux, elles ne sont séparées l'une de l'autre que par la cloison transparente (4, fig. 171). Elles sont traversées à leur base par la commissure blanche antérieure qui se porte de chaque côté vers le lobe temporal.
Fis
no. — Schème des rapports de l'écorce et des noyaux centraux.
1 novau caudé (en jaune) ; 2, noyau lenticulaire (en rouge) : 3. couche optique (en bleu) ; 4, corps calleux (commissure inter-hémisphérique) ; 8,5. 5, fibres opto-corlicales; C, C, fibrescaudocorticalcs; 7, 1, 1, fibres d'association; 8, écorce grise.
Le noyau caudé est relié au pédoncule cérébral par des fibres descendantes el à l'écorce du cerveau par des fibres qui s'infiéchissent pour gagner la vole de la capsule interne. Ses élcmonts cellulaires sont de deux ordres: les uns se rattachent au tjpe sensilif. les autres au type moteur. Les cellules du type moteur sont plus abondantes dans le corps sine ([uc dans la couche optique, mais il esl à remarquer cependant que, même dans le noyau caudé, les cellules à prolongements ramifiés (deuxième type de Golgi) sont plus nombreuses que les cellules à un prolongement non ramifié (premier type de Golgi). Ce fait semble venir plaider contre les fonctions motrices que l'on attribue surtout aux corps striés (Mauciu).
CONFORMATION INTKHIEURE DU CERVEAU
Le noyau lenticulaire, ou noyau inféro-exlerne, se confond en avant et en bas avec la It'te du noyau caudé, au niveau de l'espace perforé (14,16, (ig. 146, 6,7,fig. 171), mais plus en arrière, il en est sépare par la capsule interne en dehors de laquelle il est placé (26, 27, 29, lig. 172). — En raison de sa situation près du centre du corps de l'hémisphère et en dehors du ventricule, il porte encore le nom de noijau exlra-ventrimlaire du corps strié.
Fig. 171. - Coupe frontale du cerveau passant parle chiasma des nerfs optiques.
'TnLir''«'™'''''''''''?J transparente: 5, capsule
m erne . 6, noyau caudé. et 7. noyau lenticulaire du corps strié: 8. insula de Reil : 9. pédoncule du septuni lucidum; 10. chiasma optique; 11. tubercules nianùllaires • 12 espace îs nPPf"n r T'"""'; »"'é.ieure); 14. amygdale du ervelet!
15. ne f oculo-moteur externe; 10, flocculus ; 17. protubérance annulaire: 18. trijumeau • 19 oculo-moteur commun; 20. pédoncule cérébral; 21. infundibulum ; 22. capsule externe • 23. avant-mur; 2i. ventricule latéral; 2ô, corps calleux; 26. nerfs de Lancisi '
annnLr/*"f ' "T" '''' '""P"' ^''«^'^'^^ de l'hémisphère, il
appâta t sous la forme d'une nappe grise striée de iilaments blancs nui se
''''"^"^ *^°°«'dérer une face
lo eZr . T ^"P^'^r^' "'^'^ La face inférieure
a cans ''''' '"""^ ^""P'^^'-''^ supérieure répond à
la capsule interne dans toute son étendue; la face externe est simole ment a 1,, une lame de substance blanche appar, nant Tu sySe
d association composée de fibres cortico-lhalamiques qui contournen a
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
sang collecté un foyer entre la capsule externe et le noyau lenticulaire comme s'il n'avait eu qu'à se réunir clans une cavité. Par son extrémité antérieure le noyau lenticulaire se fusionr^e avec le noyau cauclé; par son extrémité postérieure, il émet des prolongements qui s'enfoncent dans le centre ovale.
Fig. 172. — Coupe frontale du cerveau passant par les tubercules maraillaires.
1, fente inleihémisphérique ; 2, écorce grise; 3. centre ovale; 4, tractus médians du corps calleux ; S tractus latéraux; 6, corps calleux; 7, tête du noyau caudé; 8, trigone; 9, freins de la glande pinéale ; 10, capsule interne; 11. capsule externe; 12, avant-mur; 13. putamen : 14 commissure blanche antérieure dans son tunel sous-lenticulaire; 15, bandelette optique; 16, pédoncule cérébral; 17, protubérance annulaire; 18, bulbe rachidien; 19. cervelet; 20 flocculus; 21, trijumeau; 22, espace interpédonculaire ; 23, tubercules mami laires ; 24' noyau amvgdalien ; 28, anse du noyau lenticulaire ; 2'i, globulus pallidus ; 27, globulus intermedialis;" 28, anse lenticulaire; 29, putamen; 30, ventricule moyen; 31, ventricule latéral.
Le noyau lenticulaire n'est pas homogène comme le noyau caudé. En premier lieu on remarque qu'il est divisé en trois segments ou membres (24, 28, 31,rig.l41) par deux lames de substance blanche (25,29, flg. 141), placées de champ dans son épaisseur (cloison interne et cloison externe du noyau lenticulaire).
Ces trois segments se distinguent les uns des autres par leur coloration, qui est plus foncée pour le segment externe, plus pâle pour le segment moyen, plus claire encore pour le segment interne. Le-' segment externe a reçu de Burdach le nom de putamen (20, tig. 172); aux deux autres on a réservé le nom de globuhis pallidus, le plus interne étant appelé segment interne et l'autre segment externe du (jlobulus pallidus (26, 27 lig. 172). Brissaud
CONFORMATION INTÉRlEUnE DU CERVEAU
nomme le segment interne cjlobulus medinlis et réserve au segment moyen du noyau lenticulaire le nom ûeglobulus palUdus. J'ai l'habitude, pour mon compte,
Fig. 173. — Coupe frontale du cerveau passant dans l'espace interpédonculaire. 1. fente interhéraisphérique ; 2. tractus médians et 3, Iraetus latéraux du corps calleux- 4. corps calleux; b. centre ovale ; 6, écorce grise; 7, avant-mur; 8. pulamen; 9 cloison externe du noyau lenticulaire; 10. globe intermédiaire; 11. cloison interne- 12 'capsule interne; 13. globe pâle ; 14, queue du noyau caudé; IS. corne sphénoïdale du ventricule latéral; lli, corne d'Ammon ; 17. alvéus; 18. banddette optique; 19. arbre de vie du cervelet; 20. bulbe rachidien (face antérieure); 21, pont de Varole; 22. espace interpcdoncula.re; 23 locus niger du pédoncule cérébral: 24. ganglion interpédonculaire: 25 corps deLuys; 26, noyau rouge; 27, commissure blanche postérieure; 23. novau externe de la couche opfque limité par la couche grillagée; 29. cloison médiane de la couche optique 30. noyau >nferne;31. faisceau descendant de Moynerl ; 32, ganglion de l'habénule 3.1. noyau antérieur de la couche optique : 34, couche grillagée; 35, veine striée; 3(5 tn^one 37. ventricule latéral (corne frontale); 38. léte du novau caudé
de désigner le segment interne sous le nom de globulus pallibus et le sèment moyen sous celui de globulus intermedialis. Le pulamen fait'corps avec le noyau caudé, le globulus pallidus et le globulus medialis en sont indépen
CONFORMATION INTKHIUUIUÎ DU CKRVEAU
fiants et le pulamon prcsento un prolongement (jul so porte au-dessous du fîlobulus pallidus pour so diriger vers le noyau an)yj,^dalien el la paroi du tuber cinereuni : c'est le prolongement tenqwral du noyau lenticulaire (Wernw;kk, BnissAuo).
I.a dillérence de coloration de ces trois parties lient à la présence de fibres blanches transversales qui rayonnent du sommet vers la base el donl le nombre diminue à mesure qu'on s'écarte du sommet; ces fibres blanches proviennenl de la capsule interne (fibres pédonculaires) qui s'engagent dans le noyau lenticulaire. Les unes s'y terminent; les autres se relèvent en sui vanl les cloisons et sortent du noyau lenticulaire pour gagner l'écorce cérébrale.
Fig. 174. — Coupe frontale du cerveau passant par la glande pituitaire (face antérieure de la coupe).
1. fente interhémisphérique ; 2, écorce grise ; 3, centre ovale ; 4, corps calleux ; H, téte du noyau caudé; C, putamen ; 7, segment intermédiaire, et 8. segment interne du noyau lenticulaire; 9, lobe deTinsula; 10, avant-mur; 11. capsule externe; 12, capsule interne; 13, commissure blanche antérieure; 14, noyau amygdalien ; 15, bandelette optique; 16, chiasma des nerfs optiques; 17, nerf optique ; 18, glande pituitaire; 19, infundibulum du 3b ventricule; 20, faisceau de Vicq-d'Azyr ; 21, tubercule postérieur de la couche optique; 22, couche grillagée; 23. noyau externe, et 24, noyau interne de la couche optique; 23, cloison médiane, et 20, noyau antérieur de la couche optique; 27, veine striée; 28, ventricule latéral ; 29, piliers antérieurs du trigone.
Ces dernières libres appartiennent aux libres pédonculo-corticales directes qui ne traversent pas la capsule interne el donl les recherches anatomopathologiques (Chargot, etc.) ont démontré l'existence.
La plus prande partie des fibres qui traversent les cloisons du noyau lenticulaire, parcourent le globulus pallidus de dehors en dedans el sortent pi-ès du sommet de ce noyau oi:i elles vont constituer Vanse du noyau lenticulaire
CONFOnMATION INTitiUliUniO DU CERVEAU
qui se rend dans la région sous-oplique ; réunies à d'aulres libres venant de la couche optique, une partie d'cnlre elles concourent aussi à former ïunse pédonculaire de Gralioki qui se i)orle dans la région soiis-lhaiauiique.
Fig. 175. - Coupe frontale de la léte passant par les apophyses raastoides et le bourrelet
du corps calleux.
1. sinus longitudinal supérieur; 2. faux du cerveau ; 3. écorce du cerveau: 4. sinus longitudinal inférieur ; S, centre ovale; 6. glande pinéale; 7. corne d'Ammon ; 8, corps calleu.. (bourrelet. • cu.r Chevelu; 10, paro. du crâne; 11. ventricule latéral (carrefour); 12. lœnia semi-circu: lair U, corps bordant; li. tubercules quadrijumcaux ; 15. tente du cervelet; 16. corps
terleJ\rT '' ' ^ '^^'^ral; 19. substance médulldre du
cervelet ; 20 cellules mastoïdiennes ; 21, plancher du 4e ventricule ; 22. dure mère rachidienne endue et ep nglée ; 23, face postérieure de la moelle épinière; 2 . gang ion aciS b, ligament dentelé ; 26. apophyse transverse de latlas ; 27. artère v rt' brale • 28 nerf 3u trou déchiré postérieur; 29. nerf acouslico-facial. ^
La substance grise du noyau lenticulaire est tout à fait analogue à celle du noyau caudé. Le noyau reçoit des libres du centre ovale (fibres corticogangl.onnaires) qui le pénètrent par ses faces interne et inférieure, et il en
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
émet, d'autres qui se portent vers le pédoncule (liiircs gangiio-pédonculaires).
Si enfin, on étudie le corps strié dans son ensemble, c'est-à-dire pour se rendre compte des relations qu'affectent entre eux les deux noyaux caudé et lenticulaire, voici ce qu'on voit sur des coupes frontales sériées. En arrière, c'est-à-dire dans une coupe passant au-delà du chiasma des nerfs optiques, les deux noyaux sont tout à fait isolés l'un de l'autre par la capsule interne qui passe
entre eux; un peu plus en avant, se dégagent de l'un et l'autre noyaux des pointes pyramidales qui s'enfoncent dans la capsule interne; plus loin encore, ces pointes traversent totalement la capsule interne et s'unissent les unes aux autres en constituant des traînées transversales qui subdivisent la capsule interne en une série de tronçons (5, iig. 171); en même temps les deux noyaux se sont unis par leur partie inférieure (pont basai). Il résulte de là, que le corps strié a la forme d'un <d, dont la branche supérieui'e serait représentée par le noyau caudé, la branche inférieure par le noyau lenticulaire et dont le genou, dirigé en avant, représenterait l'union des deux noyaux.
Entre les deux branches s'engageraient les faisceaux de la capsule interne (3, lig. 176).
Les corps striés sont d'origine corticale, et non pas d'origine centrale comme le thalamus. Ils naissent de la base de la vésicule des liémisphères, de l'écorce, à laquelle ils restent toujours attachés par leur face inférieure au niveau de l'espace perforé antérieur. Ils ont peu d'irradiations vers l'écorce. Aussi, les vastes destructions des lobes cérébraux sont-elles sans grande iniluence sur les corps striés.
Ils paraissent jouer pour les incitations centrifuges le même rôle que les couches optiques pour les impressions centripètes, c'està-dire que l'influx nerveux du mouvement volontaire ordonné par l'écorce descendrait tout d'abord dans les corps striés, où il subirait une première matérialisation avant d'apparaître au grand jour sous l'aspect des mouvements musculaires combinés (Tonn el CARPENTiun, NoTHNAGEL, ctc.) On a, en ellet, constaté de l'hémiplégie après leur lésion (VuLPiAN), et NoTHNAGEL y aurait démontré l'existence d'un centre de course irrésistible. Cependant, il faut bien dire qu'actuellement encore nous ne savons guère à quel symptôme exact donne lieu la lésion du corps strié seul(eans compression des parties voisines), c'est à-dire que nous connaissons peu la physiologie de cet organe, encore que lanalyse des laits expérimentaux semble amener à la conclusion que les corps striés sont des organes moteurs (Ladorde).
Fig 176. — Rapports des deux noyaux du corps strié entre eux, et trajets pédonculo-striés et pédoncule-corticaux.
noyau caudé; 2, noyau lenticulaire ; 3, capsule interne; 4, couche optique (en pointillé) ; 5, fibres pédoncule-striées ; 6, fibres pédonciilo-corticales (faisceau de Meynert) ; 7, radiations optiques de Gratiolet; 8, 9, couronne rayonnante de Reil, dent 8 représente les fibres caudo-corticales, et 9 les fibres capsulaires ; 10, lobe de l'insula.
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
c. — Avant-mur.
Au corps strié doit être rattachée une mince lame de sulsstance grise, constante chez les Maininilères, placée de champ entre le noyau lenticulaire et le lobe de l'insula.
Cette bandelette, qui dérive de l'écorce au môme titre que le corps strié, c'est \'aou?it-mur ou claustnim (10, fig. 146 et 174). Cette lame, un peu incurvée en dedans et présentant un ou deux coudes assez aigus, est séparée de la face externe du noyau lenticulaire par une bande de substance blanche, la capsule externe, et des circonvolutions de l'insula par une autre bande analogue, qui n'a point reçu de nom spécial et qui se continue avec le centre ovale.
L'avant-mur se termine en avant par une pointe eflilée qui va se perdre dans l'écorce de la région syl vienne ; en arrière il présente une sorte de base d'où s'échappent des traînées qui se recourbent aussi pour la plupart vers l'écorce cérébrale. Les autres s'enfoncent dans le centre ovale. Constitué surtout par des cellules fusiformes en tout pareilles à celles qu'on rencontre dans la couche profonde de l'écorce, l'avant-mur doit être considéré comme détaché de la partie profonde de l'écorce par le passage d'un paquet de fibres d'association, libres arquées qui unissent les circonvolutions entre elles.
d. — Noyau amvgdalien.
Le noijau amygdalien , appelé ganglion olfactif par Luys, est un
Fig. 177. — Coupo horizontalo de l'iiémisplière gauche d'un singo (Cercocabus cinomolgus), d'après Mcyuert.
F, extrémllé frontale. - 0, extrémilé occipitale de riiémiiiplière. — R, écorco cérébrale. — FS, scissure de Sylvius. - J, insula. — Cl, Avant-mur. — Li, Lu, Lui, les trois segments du noyau lenticulaire. — M, centre ovale de l'Iiémisplière. - Ne, téte du noyau ciudé, et Na, queue de ce noyau.- T, corps calleux. - S, septura lucidum. — Ca, commissure antérieure. -■ Cm, commissure moyenne. - V, corne frontale, et Vp, corne occipitale du ventricule latéral.- Vm, ventricule moyen.
— Tli, thalamus. - Th", couche sons-opliquo. - Qu, tubercule quadrijunicau Inférieur. — Aq, aqueduc de Sylvius. — Us et Ui, br!»s supérieur et bras inférieur dn tubercule quadrijumoau. — Gi, Ge, corps geuouil:os.
— P, capsule inlorne (irradiation pédonculaire;. — Om, irradiations optiques de Graliolct. — A, corne d'Ammon. — r, tapis du corps calleux, formant la paroi supérieure do la corne occipitale du ventricule latéral. - mlh, Irradiation fronlae de la capsule interne.
amas de substance grise de la grosseur
CONFORMATION INTKRIICI'RH DU CERVEAU
(l'iino aveline, siluc diiiis la poiiile du lol)e Icinijoral. — Kxacleiiieril placé à rextrômilé aiiloricure de la circoiivolulioii de l'IiippocaiiiiH;, il fait assez souvent une légère saillie sur \v. plancher de la corne spliénoïdale du ventricule latéral, au-devant du pied de la corne d'Aninion (3, (ig '14<), V2,, lig.liC), 15, et 7, tig. 10*»).
C'est un ganglion rougeàtre qui se met en contact avec l'écorce de la pointe du lobe temporal dont il sendjle n'être qu'une dépendance, encore qu'il tranche un peu par sa coloration sur la coloration grise de l'écorce. Il semble être l'aboutissant du Uenia semi-circularis, et selon Luvs et d'autres anatomistes, dans son épaisseur viendrait aussi se terminer la racine blanche externe du nerf olfactif, mais cette connexion aurait besoin d'être mieux établie.