‹ La moelle épinière et l'encéphale [electronic resource]Chapitre 46 sur 57 · I II III · texte numérisé non relu

I II III

Fig. 216. — Développement du cerveau (embryon de 6 semaines). — Coupe frontale du cerveau antérieur, avant (I) et après (H) la formation de la scissure interhémisphérique et des éminences ganglionnaires. — III, cerveau vu d'en haut et d'en avant.

H. cavité de la vésicule hémisphérique ; B, cavité basale ; 1, étage supérieur (voûte) ; 4, étage ' . inférieur, ou plancher du prosencéphale ; S, scissure interhémisphérique; 4, pli d'Amraon ; 5, pli choroldien ; 6, fente de Monro ; 7, cavité des ventricules latéraux ; 8, cavité du troisième ventricule ; 9, corps strié. — III. m, cerveau moyen ; I, cerveau intermédiaire ; H. vésicules des hémisphères; u, lame terminale.

En premier lieu, la scissure interhémisphérique reçoit un prolongement cellulo-vasculaire qui émane des méninges, /awa? primitive du cerveau (B, fig. 217), et s'enfonce dans la scissure jusqu'à la plaque unissante. Au devant de la lame unissante, les vésicules hémisphériques s'accolent par leur face interne dans un champ triangulaire, de façon à donner lieu à une cloison entre les deux hémisphères, cloison qui deviendra le septum lucidum. — La soudure n a toutefois lieu que sur les bords de ce champ triangulaire, de sorte qu'il reste au centre du septum une cavité étroite, ventricule de la cloison, qui n'a rien de commun avec les ventricules du cerveau et qu'on a appelée à tort cinquième ventricule. (Voy. fig. 136 et 137).

En même temps que se développe le septum lucidum, et déjà même auparavant les vésicules hémisphéri(|ues ont changé do forme. Alors que

leur base s'épaissit, leur voûte s'étend d'avant en arrière en coifïant successivement le cerveau intermédiaire, et plus tard les cerveaux moyen et pos-

Fig. 217. — Coupe frontale des vésicules hémisphëriques et de la vésicule des couches optiques.

A. Embryon de 6 semaines : 1, cavité de la vésicule des couches optiques (ventricule moyen); 2, cavité de la vésicule des hémisphères (ventricule latéral) ; 3, canal de Monro. — B. Embryon de 7 semaines : 1, paroi inférieure de la vésicule des couches optiques; 2, cavité de cette vésicule; 3, ses parois latérales (ébauches des couches optiques) ; i, sa paroi supérieure ou toit; b, fente de Monro; 6, cavité de la vésicule des hémisphères (ventricules latéraux).— Dans la fente interhémisphérique, on voit descendre la faux primitive du cerveau.

térieur. Il en résulte que les vésicules hémisphériques se développent en arc de cercle autour d'une région basale fixe, d'où naissent les masses grises

Fig. 218, — Coupe frontale du cerveau d'un embryon de sept à huit semaines.

1, troisième ventricule; 2, ventricule latéral ; 3, couche optique; 4, corps strié; 5, ébauche de capsule interne ; 6, face interne des vésicules hémisphériques (région dont la soudure ew les parois des 2 vésicules des hémisphères donnera naissance au corps calleux, au septum e la voilte) ; 7, toit du troisième ventricule; 8, taux primitive détachée de la pie-mère ; 9, 10, plei choroïdes des ventricules latéraux.

centrales. — A la région inférieure cependant il y a un point de la paroi qui ne participe pas à l'extension des parties environnantes; il en résulte

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que ces dernières le débordenl, de toutes parts, de façon à le laisser bientôt dans une sorte d'excavation : celle-ci marque le début de la fosse sylvienne au fond de laquelle se développera l'insula de Reil.

A cette époque, la cavité des hémisphères (ventricules latéraux) communique avec celles du cerveau intermédiaire (ventricule moyen) par de larges oriflces, les trous de Monro primitifs, résultant de l'abaissement progressif de la lame unissante ou partie médiane enfoncée de la voûte des vésicules hémisphériques vers le plancher des mêmes vésicules. — Vers le milieu du deuxième mois, ces trous sont déjà bien rétrécis en raison de l'épaississement des parois inférieures des vésicules donnant naissance à deux masses ovoïdes, empiétant par leur face supérieure sur les ventricules, les corps striés (9, fig. 216).

Quand la cavité de la vésicule intermédiaire (cerveau moyen) a pris la forme d'une fente verticale par suite des épaississements considérables qui se sont faits sur le plancher de cette vésicule (couches optiques) et des vésicules hémisphériques (corps striés), les trous de Monro sont réduits à l'état de deux fentes arciformes, fentes de Monro (10, fig. 212), limitées par la face supérieure de ces épaississements et par la lame unissante.

Plus tard, le corps strié (paroi inférieure de la vésicule hémisphérique) se soude à la couche optique (paroi inférieure de la vésicule intermédiaire) et ainsi la cavité du ventricule latéral se rétrécit par en bas (3, 4, lig. 218).

Fig. 219. — Schémas destinés à montrer les changements progressifs qui ont lieu durant les premières phases du développement du cerveau (Mivart).

Fig. 1 et 2, Premier état du cerveau, lorsqu'il consiste en trois vésicules creuses, a, b, c, communiquant avec la cavité centrale d, de la moelle épiniore m ; pl. diverticule épiphysaire; pt, diverticule hypophvsaire ; t. lame terminale. — Fig. 3 et 4. Les 3 vésicules cérébrales primaires se sont subdivisées en 5 vésicules (vésicules cérébrales secondaires). — Dans les fi j. 4 et 'à, les vésicules se sont diflérenciées, leurs parois se sont épaissies pour former les hémisphères cr, le cervelet cb, les tubercules quadrijumeaux q, la protubérance annulaire p. les pédoncules r et la moelle allongée m. Les cavités primaires a, b, c, se sont relativement rétrécies, et sur la figure C, les hémisphères qui avaient commencé à recouvrir les autres vésicules cérébrales sur la fig. 8, se sont portées en arrière.jusqu à recouvrir le cervelet et à amener letrigone f, à regarder en bas, lui qui était primitivement au-dessus (lig. 4 et 8). La cavité des vésicules hémisphériques U) a pris une forme triradiée (1.2, 3). O. lobe olfactif ; v. région do la toile choroïdienne du 3- ventricule ; ma, tubercule mainillaire; oc, lobe occipital.

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En môme temps la lame unissante a subi de profondes iiiodilications. La faux primitive du cerveau retoule de chaque côté devant elle la face interne des hémisphères sur laquelle elle creuse une dépression profonde, scissure choroidienne, dans laquelle elle s'engage. La scissure, qui s'étend du trou de Monro à la pointe de la corne spiiénoïdale et suit la courbure du ventricule autour des noyaux centraux, deviendra la partie latérale de la fente de Bichat et les dépendances de la faux primitive, les plexus choroïdes (10, fig. 218).

La fente de Bichat par où pénètrent les plexus choroïdes dans les cavités ventriculaires n'est donc pas une fente réelle, mais une ligne suivant laquelle se fait le refoulement de la paroi des ventricules devant la végétation de la pie-mère, chargée de houppes vasculaires. En un mot, ce n'est qu'un pli et de la sorte on s'explique qu'en réalité les plexus choroïdes soient en dehors de la cavité des ventricules latéraux.

Fig. 220. — Développement du cerveau.

A, cerveau dune tortue; B.d'un fœtus de bœuf; C. d'un chat. A gauché.le toit des ventricules latéraux a été enlevé ; à droite, il y a de plus ablation de la voûte ; en C, du côté gauche, le passage delà voûte dans la corne dAmmon a été mis à découvert. I. cerveau ; II, couches optiques , III, tubercules quadrijumeaux (lobes optiques) ; IV, cervelet; V, moelle allongée; ol. bulbe olfactif; st, corps striés; f, voûte ; H, corne d'Ammon ; g. corps genouillés ; sr, quatrième ventricule (d'après Gegenbaur).

D'autres formations modilient encore l'aspect des cav^ ventriculaires.

D'abord parait le pli d'Ammon au-dessus de la sciss^fe"" choroïdienne : ce pli formera la corne d'Ammon. — La scissure caBcarine se dessine ensuite sur le lobe occipital et vient faire saillie dans le ventricule; c'est l'ébauche de ïergot de Morand. Enfin lapparilion du sysUmc commissural donne au ventricule sa forme délinitive.

Le pli choroïdien en bas, le pli d'Ammon au-dessus, limitent une circonvolution dite circonvolution arquée ou arc mnrqiwd de Sclnindl. Celle-ci ne

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larde" pas à ùlre subdivisée en deux étages par un sillon longitudinal, arc marginal supérieur et arc marginal inférieur. Sur le bord supérieur du septum lucidum, on voit naître des libres transversales qui vont former un système comniissural considérable, le corps calleux, qui se développe d'avant en arrière entre les deux arcs marginaux. Il résulte de cet accroissement du corps calleux d'avant en arrière, qu'une partie de la faux primitive se trouve incluse dans le cerveau où elle devient la toile clioroïdienne. A son tour, l'arc marginal supérieur, resté au-dessus du corps calleux, donne les tractus de Lancisi et le corps godronné tandis que l'arc marginal inférieur, placé sous le corps calleux, se soude dans une partie de son étendue avec celui du côté opposé. La portion soudée fournira les bandelettes géminées, les portions restées libres les piliers du trigone.

Fig. 221. Fig. 222.

Fig. 221. — Schéma du développement progressif du cerveau.

H, Homme; M, Mammifère ; 0, Oiseau; B, Batracien; P. Poisson ; 1, vésicule cérébrale antérieure; 2, vésicule intermédiaire; 3, vésicule des couches optiques; 4, vésicule du cervelet; 8, vésicule du bulbe ; m, moelle épinière; ol, lobe olfactif.

Fig. 222. — Encéphale de la Lamproie.

R. lobes olfactifs; H, hémisphères du cerveau ; T, cerveau intermédiaire; 0. lobes optiques ; C, cervelet à peine ébauché; B, bulbe; M. moelle épinière. De 1 à 9, les nerfs crâniens.

Si on met en regard de ce que nous venons de décrire les cerveaux des différentes classes des Vertébrés, depuis les Poissons jusqu'aux .Mammifères supérieurs, on verra avec facilité que durant son développement onlogénique le cerveau de l'Homme répète pour ainsi dire les diverses formes qui sont fixées actuellement dans les classes moins élevées des Vertébrés. Qu'on regarde la fig. 212 qui représente l'encépbale d'un embryon bumain de 8 semaines, et

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l'on sera frappe^ de sa ressemblance avec la lig. 222 qui représente l'encéphale de la Lamproie. Qu'on nielle en parallèle les figures 223 et 224, et l'on sera

Fig. 223 Fig. 224.

Fig. 223. — Encéphale du fœtus humain de 4 mois, grossi environ 2 fois.

P, hémisphère du cerveau tiré en avant pour mettre à jour les tubercules quadrijumeaux o; c, cervelet ; a, moelle allongée ; p, pont de Varole ; h , hypophyse ; d, lobes olfactifs ; S, scissure de Sylvius.

Fig. 224. — Vue latérale du cerveau de Tortue (Chelone). A comparer avec la figure 223. C, cervelet; O, lobes optiques; R. lobes olfactifs ; a, a, nerfs optiques.

non moins frappé de la ressemblance qu'affecte l'encéphale de l'Homme au 4' mois de sa vie utérine avec l'encéphale d'une Tortue.

Etudie-t-on l'encéphale dans la série des Vertébrés, on le voit insignifiant chez les Poissons, augmenter de volume chez les Reptiles, plus chez les Oiseaux, plus encore chez les Mammifères, et parmi ceux-ci, davantage chez les Primates. 11 suffit de jeter un coup-d'œil sur les figures 223, 226, 227, 228, pour voir grandir successivement devant soi le crâne des Mammifères. Or, la Iranstormation du crâne animal en crâne humain est le résultat de l'action mécanique lente et continue d'une seule cause : l'accroissement incessant du cerveau (1).

A l'origine, la cavité crânienne est réduite à peu de chose ; elle est comme perdue en arrière de ce massif osseux qu'on appelle la tête, et la face qui se continue alors en ligne droite avec le crâne, prime tout. C'est le dispositif des Poissons, des Reptiles, des Mammifères de l'époque éocène ; c'est encore à peu près celui du Tatou, du Cochon, du Bœuf, etc. Petit à petit, la cavité grandit, le cerveau écarte, refoule les parties de la boîte osseuse qui le renferme, —à la voûte surtout, où sont les moindres résistances; le crâne se développe transversalement et longitudinalement en arc de cercle, de telle façon qu'il se coude sur la face au point d'arriver à la surmonter et à la surplomber dans l'espèce humaine, et corrélativement la face diminue d'étendue et n'apparaît plus que comme une sorte d'accessoire de la lèle osseuse : le trou occipital qui

(1) Le développement du crâne a toujours été parallèle au développement du cerveau, et réciproquement. Un certain nombre de troubles dans le développement du cerveau proviennent de troubles analogues dans le développement du crâne. C est ainsi que l'ossification prématurée des sutures aboutit à l'arrêt de développement du cerveau, à la microcéphalie et à l'idiotie. Inversement l'hydrocéphalie congénitale conduit à 1 arrêt de la suturation des os du crâne.

regardait en arrière, regarde en bas ; le front qui était aplati est devenu bombé et saillant; les orbites qui étaient très rapprocliées et qui regardaient de côté se sont

Fig. 2Î5. — Coupe sagittale du crâne du Renard (Topinard).

b, basion; o, opisthion ; 1, inion; 1, lambda ; Br, bregma ; N, nasion ; A, alvéon ; GK, entrée des fosses ethmoïdales; S. sphénion; E, éphippium; R. rocher; Pa, palatin ; Te, tente du cervelet; Sb, ligne cranio-faciale ; AS, axe facial ou sphéno-alvéolaire; ASb, angle craniofacial ; ios, angle sous-occipital.

espacées et regardent en avant ; la face qui était en avant et très oblique, est maintenant presque verticale et en dessous, et de plus elle s'est raccourcie; la cloison cranio-faciale

Fig. 225. — Coupe sagittale du crâne du Semnopitlièque (Topinard).

iw V 1 n\ ^' " P"""""" sous-iniaque do l occipital ; Ce. condyle de

a^nh ^' '""^ q'^^l'-f'^'èredelasellelurciqueT; Op. trou optiqu D

llTir «T"'' '• ^P'^"'"" • de la fosse ethmoldale ; ^Sf suturé

no d Vn '.'f ^^P^"''"'- inférieur de 1 orbite ; if pV S

noide; 2, postsphenoide ; 3, basl-occipital. jJiespne-

manière a former un angle ouvert en bas, l'angle sphénoïdal ; les faces latérales du crûne

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enlin, qui élaient plaies, inclinées en haut l'une sur l'autre de façon à donner à la voûté du crâne un aspect çarénifornie se sont arrondies et élargies, de telle sorte que le crâne a

Fig. 226. — Coupe sagittale du crâne d'un gorille cf adulte (Topinard). .

A alvéon ; N. nasloi ; Br. bregma ; I. inion ; O. opisthion ; B, basion ; E, éphippium ; S, sphénion , ASB. angle cranio-facial ; SWPa, angle cranio-palatin (ici virtuel) ; IXS. angle sous- occipital (ici également virtuel).

pris la forme d'une boîte ovoïde. Commencées chez la Sarigue, le Dasyure, etc., parmi les Marsupiaux, la Taupe, etc., parmi les Insectivores, ces modifications se sont accrues

chez le Rat, le Cabiai, etc., parmi les Rongeurs, davantage encore chez le Chien parmi les Carnassiers, le Mouton parmi les Ruminants, beaucoup plus chez les Singes, et se sont achevées avec l'espèce humaine.

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Si la première caraclérislique de l'iiomiiie est l'altitude verticale, ce caraclère relève du volume de son cerveau, car dans le crâne, les adaptations à l'attitude verticale marchent de pair avec le perfectionnement cérébral. Comme le dit P. Topi.\Aai> (V Anthropologie, l. U, p. 64V), 1891), c'est de l'évolution corrélative. Il n'y a pas jusqu'à la spécialisation des membres et à la disparition du museau qui ne soient corrélatives du grandissenient du cerveau à travers les ûges. L'animal en train de devenir homme, devenant plus intelligent i\ mesure que son cerveau devenait plus grand, voyait son crâne augmenter de volume et basculer de façon à venir se placer presque en équilibre sur le haut de la colonne vertébrale ; corrélativement il prenait l attitude debout et au lieu de continuer à se servir de ses quatre membres pour la marche et de ses mâchoires pour saisir, il prenait l'habitude de localiser à ses membres thoraciques la faculté de préhension, et à ses membres pelviens la fonction exclusive de la sustentation ; conséquence : la main s'est faite et le museau a disparu. La première transformation se réalise par application de la loi de la diyision du travail et de la spécialisation morphologique ; la seconde se fait en raison de cette autre loi : tout organe qui ne fonctionne pas décroit et s'atrophie.

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