Développement des faisceaux et de la substance grise
L'organisation définitive des fibres conductrices, fibres nerveuses, est marquée par le développement de la gaine de myéline qui entoure le cylindre-axe jusqu'alors nu des fibres nerveuses. Grises jusqu'à ce moment, ces fibres deviennent blanches. Cet engainement débute par les fibres sensitives. A la naissance, le faisceau pyramidal est complètement blanc, de l'écorce cérébrale jusqu'au bulbe, ce qui permet de le suivre avec facilité à côté des faisceaux voisins qui sont encore gris pâle; mais dans le bulbe et la moelle, il est nu encore, tandis que le ruban de Reil a achevé son organisation. A cette époque, le système d'association n'est pas engainé non plus. Dans les premières semaines après la naissance, le fai.sceau pyramidal achève sa constitution (Flechsig) ; à la fin du premier mois, on voit blanchir le centre ovale du lobe occipital (racines optiques), et seulement du cinquième au neuvième mois le lobe frontal, qui est la partie la plus élevée, la plus humaine (Parrot).
L'engaineraent suit une marche descendante dans les fibres cérébrales, tandis que dans les fibres spinales, elle se fait simultanément dans toute l'étendue du faisceau. Gudden, par destruction de la région occipito-pariétale des animaux nouveau-nés, a obtenu l'atrophie du ruban de Reil jusques et y compris le noyau de Burdach ; et Marchi et Allegri rapportent avoir suivi des dégénérations analogues jusque dans les cordons postérieurs de la moelle.
Selon S. Fucus, les cellules de Deiters sont visibles au cinquième mois avec leurs caractères typiques, et du septième au huitième mois on peut déjà distinguer les couches de Meynert avec leurs cellules pyramidales (Vional), bien que celles-ci n'aient pas encore acquis leurs formes adultes. Elles sont alors, pour la plupart, comparables aux cellules cérébellaires de Purkinje, et elles n'acquièrent leur forme pyramidale typique qu'après la naissance (G. Macini). Enfin, d'après W. Uetz (1881) on n'observerait que deux couches seulement, la première et la f|ualrièine dans l'écorce du cerveau du fœtus de sept mois, et seule la corne d'Ammon posséderait de vraies cellules pyramidales. Chez le nouveau-né on constaterait la môme disposition, mais de plus les cellules géantes sont groupées en ilôts dans le lobule paracentral. - A six mois, un grand nombre de circon-
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DlLVELOlM'KMENT DES CENTKES NERVEUX
volulions renformenl une troisième couche de cellules pyramidales; - ces cellules ont des prolougemeuls mauitesles. — Entre onze cl quatorze ans, les cellules géantes n'ont encore qu'un nombre relativement restreint de prolongements. Les cellules de la névroglie, enlln, n'apparaissent qu'aprôs le sixième mois (Vhjnal).
Quant aux libres blanches, voici dans quel ordre elles apparaîtraient. Les fibres des voies réflexes de la moelle et du bulbe s'entourent les premières de myéline ; les fibres du cervelet viennent ensuite; en troisième lieu nous trouvons les fibres qui font communiquer l'écorce des hémisphères avec la substance grise de la moelle et du bulbe - — les fibres disséminées dans les hémisphères cérébraux paraissent en dernier Dans les régions rolandiques, les cellules pyramidales géantes, cellules comparables aux grandes cellules motrices des cornes de la moelle, prédominent (régions motrices), tandis que dans les régions postérieures du cerveau les cellules sont plus petites (cellules sensitives) et les grosses cellules rares, solitaires. - Or, les cel ules pyramidales géantes n'existent qu'en très petit numl3ie chez les très jeunes enfan s (Betz) - Et de même que ces régions corticales motrices ne sont pas développées à la naissance, de même aussi les faisceaux pyramidaux ou moteurs de la moelle, qui sont en relation avec les régions motrices du cerveau, ne sont pas développes non plus (Flechsig, Pierret), c'est-à-dire que leurs tubes nerveux ne sont pas encore engames
^"'D'aprôï^FucHS, à la naissance aucune fibre à myéline n'existerait encore dans le cerveau ce qui parait trop absolu, puisque Vignal aurait observé ces fibres a partir du 0 sièm'e mois (Arch. de phjsioL, 1888). - A en croira EomaER, la myéline apparaîtrait au neuvième mois delà vie fœtale dans l'écorce grise de quelques c.rconvolul ois mais dans les ci.-convolutions rolandiques elle ne ferait son apparition qu'après la naissance (1). Parrot (Sur le dé., du cer.eau chez les enfants du premier âge (Arcrrphjr iol, 1879) a montré de son côté que le cerveau de l'enfant n'acquiert que pi à peu sa structure définitive et que quatre fois sur cinq le cerveau droit est en
avance sur le cerveau gauche. .
A outons que Be.ow a démontré que chez les Mammifères dont les peti s naissent faibles entièrement dépendants de la mère (Homme. Chien, Chat, etc.) les cellul.s gantnnatsse développent tardivement et présentent encore -^^-^^^^^^^t des caractères embryonnaires; - au contraire, les nouveau-nés qui, a la naissance, ont Îé à uTcerta n degré d'indépendance et n'ont pas absolument besoin de la protection m Lïnel e (Cheval Porc, etc ) ont, dès avant la naissance, des cellules ganglionnaires Ti^èren^^Bnl d^ tant dans la moelle allongée que dans l'encéphale.- Les
elles de PURK1N3E du cervelet et peut-être aussi celles de DEmssEXKO apparaissent vers le sixième mois (Vignal).
L'enlant est un « être médullaire », il réagit comme un « animal décapité », de™ tf que la spas^nopHUe de l'enfance résulte ^^i^^^^' ^ ce lait que le cerveau de l'enfant n'est pas encore capable d exercei son artion modératrice sur les mouvements (réaction médullaire).
TJ^Tm^^^ Paris, 1877), en constatant que les parUes motnces du cerveau U donnent guère lieu à des paralysies chez le nouveau-ne e
nirnt en bas-àge, a confirmé les preuves ^^ér^^^si^^^J^ RotirET (187.0) puis par Soltmann (1876), ïarchanofk (1878) et Bechtkuexn TsToir! ,u'k 'la n' issance les centres psycho-moteurs ne seraient pas
(1) Ciiez les animaux nouvc.u,nés.d^z lesquels 1^^^ sont encore imparfaites (pl''en, apin). Sol™ Au contraire, chez
lutions rolandiques. n'ont f"V,''"^^,\°"/;,','^dos foiK^ sensorielles et motrices déju
ceux qui viennent au monde (bœuf, <"'l«'\'',' sont déjà excitables,
bien ébauchées, ils ont vu que les centres moleuis toi ticaux soni j
DÉVELOIM'EMENT DES CENTHES NERVEUX
encore suflisamment achevés pour être excitables, — ce qui a cependant été contredit, je dois le dire, par Marcacci, Dupuy, Laborde, Dastre, J. Paneth, en ce qui concerne des cliiens et chats nouveau-nés, — mais ce qui concorde avec les observations anatoniiques de Mevnert, Edinger, Flechsig.
On peut en eflet remarquer, à l'exemple de ces derniers auteurs, que les faisceaux cérébraux moteurs ne sont qu'ébauchés chez le nouveau-né, et que plus tardivement encore s'achèvent les libres d'association de l'écorce, constatation intéressante à laire et à mettre en regard de la vie purement végétative et retlexe du nouveau-né. De fait, Parrot a montré que les faisceaux sous-rolandiques apparaissent nettement dans la première quinzaine après la naissance chez l'enfant, les faisceaux post-rolandiques ne se développent que plus tard (au bout d'un mois), et les faisceaux prérolandiques plus tardivement encore. De son côté, Flechsig a montré que les seuls faisceaux de la moelle épinière non encore développés à la naissance sont les faisceaux pyramidaux ou cérébraux moteurs. Il résulte de ces observations que le système cortico-moteur n'est qu'ébauché à la naissance. Chez le nouveau-né la vie réflexe ou spinale n'est pas complète encore, mais combien est plus en retard la vie cérébrale ou motrice volontaire !
L'absence des cellules pyramidales dans l'écorce cérébrale du nouveauné (Arndt, Mathias Duval) parle dans le même sens (Voy. Lemoine, Les localisations cérébrales (Thèse de Paris, 1880), et placée à côté de la diflluence du cerveau du jeune enfant (richesse en eau) que l'on peut nettement observer à la suite de Bibra, Schlossberger, Weisbach, Tarchanoff, Parrot, etc., elle explique l'absence de la vie psychique chez l'enfant en bas-âge (Voy. Pr'eyer, L'Ame de l'enfant. Paris, 1887, et Bernard Pérez, La psychologie de l'enfant deuxième édition, 1884). Et l'exception confirme la règle. E.vaminez l'écorce cérébrale du Cobaye qui vient au monde, vous y trouverez les cellules pyramidales caractéristiques (Tarchanoff); aussi cet animal présente-t-il, dès les premiers jours de sa vie, tous les mouvements de 1 adulte. Bechterew encore a constaté qu'il était impossible d'obtenir lepilepsie cort.icale chez le chien nouveau-né, ce qui plaide également en aveur d'un développement incomplet des centres moteurs corticaux chez es nouveau-nés. S'il était vrai enfin, comme l'a soutenu Tarchvnoff que es centres moteurs des membres se développassent en premier lieu 'dans 1 hémisphère gauche (obs. faite sur le Cobaye), on pourrait s'expliquer pourquoi 1 immense majorité des hommes sont droitiers (1).