Ventricules latéraux
Les ventricules latéraux, grands ventricules, ventricules supérieurs (fig. 141 et 142) sont deux grandes cavités creusées dans les hémisphères du cerveau, séparés du ventricule moyen par le Irigone, et celui du côté droit de -celui du côté gauche par le septum lucidum, — mais communiquant néanmoins ensemble et par l’intermédiaire du troisième ventricule par les trous de Monro. Ils représentent le reste de la cavité des vésicules hémisphériques de l’embryon.
On peut les considérer comme formant un canal curviligne, canal circumpèdonculaire, qui embrasse les pédoncules cérébraux et les gros ganglions de la base du cerveau qui leur font suite, c’est-à-dire les corps opto-striés. Us
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sont limités par deux parois, l’une supérieure, l’autre inférieure; deux bords, l’un interne, l’autre externe, et présentent trois prolongements, 1 un antérieur, corne frontale , l’autre postérieur, corne occipitale , et le dernier inférieur, corne sphénoïdale. L’endroit où se rencontrent les trois cornes porte le nom de portion commune, ou de carrefour du ventricule. 11 siège à la partie postérieure de la couche optique.
Paroi supérieure. — La paroi supérieure ou voûte des ventricules latéraux est formée par la face inférieure du corps calleux.
Fig. 142. — Moule des cavités ventriculaires obtenu en coulant du plâtre par le trou de Magendie
(vu de face).
1, lame terminale (vulve) ; 2, aqueduc de Sylvius; 3, corne frontale du ventricule latéral ; 4, corne sphénoïdale ou temporale ; o, corne occipitale ; 6. carrefour du ventricule latéral; III, ventricule moyen (3* ventricule) ; IV, quatrième ventricule.
Paroi inférieure. — La paroi inférieure ou plancher est essentiellement formée par les ganglions centraux des hémisphères cérébraux. On y trouve d’avant en arrière : 1° une saillie gris-rougeàtre antéro-externe en forme de virgule à grosse extrémité (tète), tournée en avant et dont la queue va en s'effilant vers le carrefour, noyau bandé ou intr a-ventriculaire du corps strié (a, lig. 138, 2, tig. 139, 3o, fig. 140) ; 2° une saillie blanchâtre triangulaire (b, lig. 138, 4, lig. 139, 31, lig. 140), couche optique (partie externe de la face supérieure seulement) qui présente en avant une sorte de petit mamelon, corpus album subrotondum (Vieussens) luberculum antcrius (Yicq-d’Azyr).
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En dedans de la couche optique le plancher ventriculaire est constitué par la face supérieure du trigone cérébral.
Entre le corps strié et la couche optique existe un sillon oblique d’avant en arrière et de dedans en dehors et arqué sur lui-même, sillon intermédiaire ou opto-strié, qui loge un tractus blanchâtre d’une nature complexe. 11 contient en allant de la superficie à la profondeur : 1° un petit ruban blanchâtre, lame cornée, stria cornèa (32, tig. 140), formée par un épaississement de l’épithélium épendymaire doublé de quelques libres nerveuses ; 2° la veine du corps strié (33, tig. 140), qui chemine au-dessous de la lame cornée, reçoit des affluents du corps strié et, finalement, traverse le trou de Monro pour se jeter dans les veines de Galien; 3° un nouveau ruban blanchâtre, bandelette semi-circulaire , tœnia semi-circularis (34, lig. 140, 12, 22, lig. 150) qui, de 1 extrémité antérieure de la couche optique, se porte vers l’extrémité antérieure de la corne sphénoïdale, après avoir embrassé, comme dans une demiceinture, le pied de la couronne rayonnante de Reil. Le tractus logé dans le sillon opto-strié doit être considéré comme un faisceau blanc qui contient dans son épaisseur la veine du corps strié.
Fig. 143. — Moule des cavités ventriculaires (vu de côté).
1, corne frontale du ventricule latéral; 2, empreinte du sillon opto-strié; 3, corne occipitale ; 4, corne emporale; 5, carrefour ventriculaire; 6, ventricule moyen ; 7, quatrième ventricule ; 8, canal central de la moelle épinière; 9, vulve; 10, recessus opticus ; II, infundibulum du 3* ventricule ; 12, trou de Monro, 13, commissure moyenne; 14, empreinte du corps godronné ; 13, anus.
Les fibres qui le composent naîtraient, selon Luys, du ganglion olfactif de la couche optique, et selon Meyneht, de la tête du noyau caudé. — Schwalbe, au contraire, lui assigne pour origine le pilier du trigone et le fond de la partie antérieure de la corne frontale. — Ce qu'il y a de certain, c’est que le tœnia semi-circularis (12, 22, fig. 150) se recourbe en arrière avec la queue du noyau caudé, l'abandonne alors pour suivre le plafond de la corne sphénoïdale (9, fig. 146, B) et se termine dans le noyau amygdalien qui occupe l’extrémité du lobe temporal et n’est qu’une dépendance de la circonvolution de l’hippocampe.
Le tœnia semi-circulaire n’est donc qu’une voie d’irradiation cortico-optique propre au lobule de l’hippocampe, comme le trigone.
Sur le plancher du ventricule, nous trouvons encore, reposant sur la face supérieure de la couche optique, le bord externe du trigone et les plexus choroïdes du ventricule latéral qui s’étendent des trous de Monro jusque dans la corne sphénoïdale et ne sont qu’une expansion de la toile choroïdicnne. — Ces plexus (9, fig. 141) pénètrent dans les ventricules
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latéraux par la lente que forme le bord externe du trigone en venant s’appliquer sur la couche optique correspondante, mais il est à remarquer que la paroi ventriculaire ne présente pas de solution de continuité à ce niveau. — La fente que nous venons d’indiquer répond en effet à la scissure que le prolongement de la faux primitive se creuse sur la face interne des hémisphères, dont les parois sont refoulées ainsi et considérablement amincies (réduites à l’épithélium épendymaire), mais non détruites. — On comprend dès lors que les plexus choroïdes des ventricules latéraux qui ne sont qu'un lacis de capillaires pelotonnés et formant dans leur ensemble un tractus rougeâtre et granuleux, ne soient pas en réalité dans la cavité des ventricules bien qu’ils reposent sur leur plancher : ils sont seulement invaginés dans cette cavité dont les sépare une couche épithéliale de recouvrement de nature épendymaire, adhérente d'une part au bord externe du trigone et de l'autre à la couche optique près du sillon opto-strié.
Fig. lii. — Coupe sagittale médiane de l’encéphale (Photogravure).
1, chiasma optique et infundibulum ; 2, bandelette olfactive; 3, tubercule mamillaire ; 4, commissure blanche antérieure ; 5. genou du corps calleux ; 0, 6, soie de porc qui passe à travers le troudeMonro; 7, cavité du ventricule latéral gauche dans le fond duquel on voit le corps strié (noyau caudé) ; 8, voûte cérébrale ; 9, plexus choroïdes du ventricule latéral; 10, couche optique; 11, glande pinéale; 12, bourrelet du corps calleux; 13, scissure occipitale interne ; 14, tubercules quadrijumeaux; 15, quatrième ventricule; 16, cervelet; 17, pont de Varole ; 18, bulbe rachidien.
Bord interne. — Il est formé en avant par le septum lucidum où il représente une véritable face, et en arrière par l’union sur la ligne médiane du corps calleux et du trigone.
Bord externe. — Il résulte de la rencontre et de l'union de la paroi supérieure (corps calleux) et de la paroi inférieure (libres divergentes du corps strié).
Corne frontale. — Elle se présente sous la forme d'une dépression plus ou moins profonde selon les sujets, dépression formée par la concavité du genou du corps calleux qui circonscrit en avant la tète du noyau caudé (3, lig. 142; 1, fig. 143; 11, fig. 130). Elle s’abaisse en avant, et chez l'embryon elle communique avec la cavité du lobe olfactif.
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Corne occipitale (1). — Le prolongement occipital, corne occipitale, cavité digitale ou ancyroïde (3, fig. 143; 5, lîg. 142; 5, lig. 143; cp, tig. 148; 21, lig. 130) part de la cavité du ventricule latéral au niveau du bourrelet du corps calleux (angle postérieur du carrefour ventriculaire), et s’enfonce directement en arrière dans l'épaisseur du lobe occipital, sous la forme d’une cavité en doigt de gant légèrement courbée sur elle-même en dedans.
Ce prolongement représente une cavité prismatique et triangulaire. On lui décrit : une face supéro-externe formée par la partie postérieure de la corne occipitale du corps calleux ou forceps major ; une face inférieure, légèrement bombée par suite de la saillie d’un faisceau blanc longitudinal, fasciculus longitudinalis inferior de Burdach, qui fait partie de la masse blanche qui constitue le lobe occipital et forme le plancher de la cavité ancyroïde ; — une face interne qui présente une saillie blanche conoïde,
Fig. 145. — Coupe longitudinale verticale à travers l’hémisphère gauche, montrant le ventricule
latéral avec ses trois cornes.
1, 2, portions intra et extra-ventriculaires du corps strié séparées par 3, capsule interne; 4, origine de la corne frontale; 5, corne occipitale; 6, ergot de Morand ; 7, corne sphénoïdale ; 8. corne d’Ammon ; 9. plexus choroïdes ; 10, coupe du corps calleux ; 11, commissure antérieure’ 12, lobe frontal ; 13, lobe sphénoïdal ; 14, lobe occipital ; 15, fond de la scissure de Sylvius.
de volume variable selon les sujets, et qui fait défaut chez quelques-uns (Wenzel, Longet, etc.), ergot de Morand, calcar avis, petit hippocampe (6, lig. 143; 7, tig. 146; A, vk, fig. 148). — Cette saillie correspond à une région de la surface de l’hémisphère fortement déprimée par la scissure calcarine, mais ce n’est pas une circonvolution retournée comme on a l'habitude de le dire. — Sa face inférieure se confond avec la paroi de la corne sphénoïdale et sa base se continue avec le bourrelet du corps calleux et l’origine de la corne d’Ammon. — Henle décrit au dessus d’elle un deuxième renflement longitudinal, qui existe en effet chez certains sujets, bulbus cornu posterius, qui ne serait aulre chose que la saillie du forceps major du corps calleux dans la cavité digitale.
(1) La corne occipitale est spéciale à l'Homme, aux Singes, aux Phoques, aux Mai'souins.
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Corne sphénoïdale. — Le plus considérable des prolongements du ventricule latéral, la corne sphénoïdale, temporale ou réfléchie (4, lig. 142 et 143» 7, lig. 145), se détache de celui-ci au même niveau que la corne occipitale, c’est-à-dire au niveau du carrefour, mais se recourbe aussitôt en bas pour pénétrer dans le lobe sphénoïdal qu’elle parcourt en s’enroulant pour ainsi dire autour du pédoncule cérébral correspondant qu’elle embrasse par son bord interne. Aplatie de haut en bas et incurvée sur elle-même en dedans, on lui décrit deux faces ou parois, deux bords et deux extrémités.
Fig. U6. — Coupe horizontale des hémisphères du cerveau.
A. — Coupe horizontale passant par la commissure blanche antérieure (coupe vue d'en haut). — 1, genou du corps calleux ; 2, cloison transparente; 3. pilier antérieur de la voûte; i, ventricule moyen ; 5, bourrelet du corps calleux ; 6. pilier postérieur de la voûte ; 7, ergot de Morand ; 8, cavité de la corne occipitale du ventricule latéral ; 9, queue du noyau caudé ;
10, avant-mur, 11, capsule interne ; 12, capsule externe ; 13, commissure blanche antérieure ;
11, noyau lenticulaire du corps strié; 13. bras antérieur de ta capsule interne; 16, tête du noyau caudé ; 17, corne frontale du ventricule latéral.
B. — Coupe horizontale du lobe temporo-occipital pour dégager la paroi supérieure du ventricule
latéral (l’hémisphère est renversé). — 1, chiasma optique et glande pituitaire ; 2, espace inlerpédonculaire ; 3, pédoncule cérébral coupé en travers ; i, bourrelet du corps calleux ; 3, corps bordant coupé en travers ; 6. tapis de Reil ; 7, corps genouillé interne ; 8, corps genouillé externe; 9, tœnia semi-circulaire; 10, queue du noyau caudé; 11, bandelette optique; 12 noyau amygdalien ; 13, espace perforé antérieur; li, racine blanche externe du nerf olfactif; 15, lobule orbitaire; 16, bulbe olfactif ; 17, centre ovale de l'hémisphère.
La paroi supérieure (6, fig. 146), légèrement concave, est formée par le prolongement sphénoïdal du corps calleux ou tapétum (tapis de Reil).
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On y voit de dehors en dedans : l’extrémité réfléchie du noyau caudé (10, fig. 146, B), la partie sphénoïdale du tœnia semi-eircularis (9, fig. 146, B), la partie inférieure de la couche oplique' doublée du pédoncule cérébral et de la bandelette optique allant se perdre à ce niveau dans les corps genouillés (3, 7, 8, lig. 146, B).
La paroi inferieure est voilée par les plexus choroïdes. — Elle présente trois formations curvilignes et concentriques, qui sont de dehors en dedans : 1° la corne d’Ammon, 2° le corps bordant , 3° le cotps godronné.
Fig. 147.— Coupe horizontale du lobe temporal pour découvrir la formation ammonique après renversement en arrière du lobe temporal (Photogravure).
1, bandelette olfactive; 2, espace perforé latéral; 3, tubercule mamillaire ; 4, fente de Bichat (partie latérale) ; 5, coupe du pédoncule cérébral présentant le locus niger, le noyau rouge, l'aqueduc de Sylvius et les noyaux gris des éminences bigéminées ; 6, fascia cinerea remontant autour du bourrelet du corps calleux ; 7, bourrelet du corps calleux ; 8, corne d’Ammon ; 9, corps bordant ; 10, cavité du ventricule latéral (carrefour); 11, pulvinar de la couche optique; 12, corps genouillés; 13, locus niger; 14, bandelette optique ; 15, glande pituitaire ; 16, tête du noyau caudé ; 17, corne frontale du ventricule latéral ; 18, centre ovale de l'hémisphère.
1° La corne d’Ammon , pied d’hippocampe, grand hippocampe , corne de bélier (8, fig. 145 et 146, et am, iig. 148), est une grosse saillie blanche cylindroïde qui décrit une courbe senti annulaire à concavité tournée en dedans. Elle se termine en avant par une extrémité épaissie et élargie présentant trois à quatre bosselures séparées par des sillons. — Cette disposition, qui rappelle vaguement l’aspect d’une grille d’animal, a valu à la corne d’Ammon le nom de pied d’hippocampe. Sa longueur mesure de 4 à 5 cent.
Libre par sa face supérieure qui fait saillie dans la cavité du ventricule, alceus, elle est recouverte par une lame blanche qui provient de
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l’épanouissement d’une partie du pilier postérieur du trigone ; — adhérente par sa face inférieure, elle fait corps avec la circonvolution de l’hippocampe qui lui forme une sorte de lit, subiculum de la corne d’Ammon.
Son bord externe s’unit au prolongement sphénoïdal du corps calleux (tapis) ; — son bord interne est bordé par la bandelette de l’hippocampe et loge dans sa concavité le corps godronné. Son extrémité antérieure se continue au niveau du crochet ( uncus ) avec la circonvolution de l’hippocampe, et son extrémité postérieure avec la base de l’ergot de Morand et le bourrelet du corps calleux.
fit
Fig. liü. — Corps opto-striés, vus d'en haut, et corne d’Ammon après ablation du corps calleux et du fornix.
bk, partie antérieure du corps calleux ; cd, corne frontale du ventricule latéral ; st, noyau caudé du corps strié ; sc, toenia semi-circulaire ; th, couche optique; cm, ventricule moyen; z, glande pinéale; fx’ pilier postérieur du trigone coupé et rabattu ; cp, corne occipitale du ventricule latéral ; vk, ergot de Morand ; ci, corne temporale du ventricule latéral; am, corne d’Ammon.
La corne d’Ammon n’est, autre chose qu'une circonvolution (circonvolution de l’hippocampe) dont la partie blanche fait saillie sur le plancher du ventricule latéral (5, tig. 149). Le subiculum est remarquable par le puissant développement de ses grandes cellules pyramidales. Comme le corps godronné, il appartient aux centres olfactifs.
On a assez fréquemment signalé la sclérose ou l’atrophie de la corne d’Ammon dans
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1 épilepsie, mais la corne d’Ammon n’est pas le siège exclusif delà sclérose chez les épileptiques (Ch. Féré, Epilepsies et épileptiques, 1890, p. 441). Dans la clémence stérile, Beliakoff y a noté une prédominance des lésions scléreuses, et Chyostek l’a rencontrée considérablement atrophiée dans un cas de paralysie agitante. Chez les aliénés j’ai constaté qu elle était soument très atrophiée.
1 , écorce grise de l'hémisphère ; 2, centre ovale de l’hémisphère; 3, noyau amygdalien ; 4, cavité du ventricule ; 5, corne d’Ammon ; 6, pied d’hippocampe ; 7, corps godronné ; 8, corps bordant; 9, circonvolution de l’hippocampe; 10, ergot de Morand.
2Ü Corps bordant. — Le long du bord concave de la corne d’Ammon, on trouve une lamelle blanche qui en suit la courbure, c’est le corps bordant , corps bordé, corps frangé, bandelette ou tamia de V hippocampe , ftmbria (9, lig. 147; 8, lig. 149; 23’, lig. 150). — Cette bandelette représente le prolongement du pilier postérieur du trigone avec lequel elle se continue par son extrémité supérieure ; par son extrémité inférieure elle se perd dans le crochet de l’hippocampe. — Son bord externe se continue avec le revêtement blanc de la corne d’Ammon ; son bord interne, légèrement concave et entièrement libre, répond à la partie latérale de la fente de Bichat. A la face inférieure du corps calleux les deux corps bordants ou piliers postérieurs du trigone, qui vont bientôt s’unir pour constituer la bandelette géminée (corps du trigone), s’envoient réciproquement les fibres blanches transversales qui contribuent à former la lyre.
3° Corps godronné. — En soulevant le corps bordant, on aperçoit audessous et en arrière de lui, une autre bandelette de couleur grise, située connue la précédente dans la courbure de la corne d’Ammon ; c'est le corps godronné, corps denté, fascia dentata (7, lig. 149). Son bord externe adhère à la concavité de la corne d’Ammon ; son bord interne, concave et libre, présente une série de douze à quinze petites échancrures qui lui donnent un aspect festonné, d’où le nom qu’on lui a donné de corps godronné. Sa face inférieure est séparée de la circonvolution de l’hippocampe par un sillon très étroit et profond, le sillon de l’hippocampe (3, lig. 131). — Son extrémité antérieure se continue avec le revêtement cortical du crochet de
Fig 150. — Schème d'une coupe sagittale de l’hémisphère pour montrer la forme du ventricule
latéral et la formation ammonienne.
1, corps calleux; 2, genou, et 3, bourrelet du corps calleux ; 4, tubercule mamillaire; 5, espace perforé antérieur; 3' couche optique; G, bandelette olfactive; G' calotte du pédoncule; 7, commissure blanche antérieure ; 8. pilier antérieur du trigone coupé en travers ; 9, tœniæ tectæ ; 10. tête du noyau caudé ; 11, cavité de la corne frontale du ventricule latéral (en noir); 12, tœnia semi-circulaire ; 13, trou de Monro ; 14, sillon de Monro ; 13, flèche engagée dans l'anus; 16, frein de la glande pinéale ; 17, commissure blanche postérieure; 18, glande pinéale ; 19, pulvinar de la couche optique; 20, fascia cinerea; 21, corne occipitale du ventricule latéral ; 22, tœnia semi-circ ulare ; 23, corne temporale du veutricule latéral; 23', corps bordant; 24, noyau rouge ; 23, locus niger ; 2G, pied du pédoncule cérébral ; 27, fascia dentata; 28, bandelette de Giacomini ou du crochet de l’hippocampe; Tl, T&, quatrième et cinquième circonvolution temporale.
l’hippocampe, après s’ètre dégagée du sillon qui sépare la circonvolution de l'hippocampe de son crochet et après être remontée sur la face interne du crochet sous la forme d’une bandelette lisse de couleur cendrée, bandelette du crochet (28, lig. 130, 3, fig. 131), ainsi que l’a bien spécifié Giacomini (1884). Le corps godronné est remarquable par ses grandes cellules pyramidales radiées, mais surtout par une bande de cellules ovoïdes avec d’énormes noyaux que l’on a appelée le strate nucléaire.
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Ln arrière, Je corps godronné cliange un peu d’aspect. Avant d’arriver au bourrelet du corps calleux, il est moins ondulé, moins bosselé et s’éloigne du corps bordant. A ce moment il change de nom, et on l’appelle fascia cinerea (6, lig. 147, 20, lig. 100, et 10, lig. 151). Sous cette forme il monte obliquement en haut et en arrière pour atteindre le splénium du corps calleux, contourne ce splénium et, arrivé ainsi sur la face supérieure du corps calleux, il se continue avec les tractus longitudinaux ou nerfs de Lancisi et les tcenice tectœ (9,9, lig. 150, 12, fig. 151). Au moment où il s’éloigne du corps bordant, il reste séparé
Fig. 131. — Face interne de l'hémisphère droit du cerveau de l’homme.
1, sommet du lobe temporal; 2, crochet de l’hippocampe; 3, bandelette du crochet ou bandelette de Giacomini; 4, circonvolution de l'hippocampe (Tf>); 5, sillon de l’hippocampe; 6, circonvolution godronnée ou fascia dentata (circonvolution limbiquel; 7, corps bordant (pilier postérieur du trigone cérébral) ; 8, cavité ventriculaire ; 9. 10, fascia cinera (circonvolution souscalleuse) ; 11, bourrelet du corps calleux (splénium); 1*2, tractus longitudinal de Lancisi (portion sus-calleuse de circonvolution godronnée ou limbique) ; 13, gjrus fornicatus (circonvolution du corps calleux); 14, genou du corps calleux; 13, champ olfactif; 16, commissure blanche antérieure ; 17, trou de Monro ; 17’ coupe du pédoncule cérébral.
de la circonvolution tle l’hippocampe par un petit espace où l’on voit assez souvent trois ou quatre petites saillies irrégulières qui, étudiées dans ces derniers temps par Mathias Duval, Zukerkandl, Retzius et Giacomini, paraissent être des circonvolutions sous-calleuses rudimentaires (9, fig. 151), homologues aux circonvolutions sous-calleuses si développées chez certains Mammifères.
Le plus souvent le triangle sous-calleux reste lisse. Selon Brissaud il est composé par les libres du trigone qui vont former l’alveus.
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Par les tractus de Lancisi, les corps godronnés descendent dans les pédoncules du corps calleux, c’est-à-dire dans le champ olfactif, pour aller se continuer avec les origines du nerf olfactif, notamment la bandelette diagonale (Trolard) et la racine olfactive interne (Foville, Meynert). On conçoit maintenant que l’on ait regardé la circonvolution ammonique et la circonvolulion godronnée comme les centres corticaux de 1 olfaction, puisque la circonvolution de l’hippocampe ou ammonique va se continuer avec celle du corps calleux, et la circonvolulion godronnée avec les tractus de Lancisi ou circonvolution sous-limbique, constituée par de la substance grise traversée par des fibres blanches, disposition structurale qui lui donne l’aspect réticulé. — La circonvolution godronnée (fascia denlata et tractus de Lancisi) paraît donc être, chez l'Homme, une circonvolution olfactive en voie d’atrophie.
La fascia denlala est plus ou moins développée; parfois très apparente, d’autres fois complètement cachée dans le sillon de l’hippocampe.
La fascia cinerea, très réduite d’ordinaire, dans l’espèce humaine, peut dans certains cas, reprendre beaucoup de son importance en présentant un volume et une surface tourmentée, très godronnée, que Tarin et Vicq-d’Azyr avaient déjà remarqués. Or, comme chez les Mammifères inférieurs aux Primates, comme nous l’avons vu (Voy. Rôle,
Le lobe limbique chez l'Homme et chez les Mammifères (Thèse de Lille, 1893), et comme Retzius, Zuc-
KERKANDL, GlACOMINI, TeNCHINI et NEGRINI l’ont indiqué aussi, ce corps est représenté par une petite circonvolution coudée sous le splénium du corps calleux (circonvolution sous-calleuse) qui s'unit d’un côté au fascia dentata et se continue de l'autre avec les tœniœ tectœ, on voit de suite la valeur de cette formation pour déceler la valeur morphologique du corps godronné et ses rapports avec le lobe limbique de P. Broca. L'exagération de la fascia cinerea et. de ses éminences n’est donc qu’un rapprochement atavistique avec le cerveau des Mammifères ordinaires.
La fascia denlala peut faire défaut chez les Microcéphales ; c’est ce qu'a observé Mierjeivvski en 1872.
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