‹ La monadologie, avec introduction, anȧlyse développéeChapitre 15 sur 28 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

Reste à se demander comment concilier la loi «xpérimentale que nous a^^ons Vinertie 4e la Biatière, a^ec la doctrine des monades , ^ni Sf^t an contraire daiu» la fin-ce Tessence des oorps. La contradiction n'^est qn'apparente. En disant que les corps sont inertes, les phy^icifins a*entendent pas qu'ils sont incapables de prodûpeime action (par exemple de communiquer un mouvement reçu, d'^gic sur nos sens) 4 mais ils ne peuvent, jpor euaHÊ^ié$nes,, passer d'un état à xm état contraire. Us -sont inertes^ en ce ^qu'ils ne sauraient commencer un mouvement, actl&y en ce qu'ils peuvent le communiquer une fois reçu. Ainsi entendue, l'inertie des corps n'est «que relativ«i, et eUe 'peattrès bien «e coacilier avec la doctrise des mùnmdét : b«r leêmœnades fi'agiâsent, oie manifestent leur fbftè, i^uè p&iifêâreft d*ti»e impulsion jyremière, l^impulsion du Créateur. On voit par conséquent que la théorie de X«ei1niiz n'aâSgdblit pas^ comme le prétendait Axaauld, la preuve '4e l'eKi»t^icede DieujMW^ ia nécessité d'vn premier m&tewr; ÔB poorrait mèoM db9M*vet, avec M. Janet, qu'elle la fortifie : car « il est à remarquer que Leibniz, pour établir la réa- « Hté de la force dans les substances corporelles, se sert « bien plutôt du fait de la résistance au mouvement que « de celui d'un mouvement prétendu spontuié '. >

M «dotae la tnatièrë répugne au mouvement, Teslstenoe d'mi ^premier moteur n'en eirt que plus évidente. « Au reste ,> ajoute M. ^anet, « même en admettant dans les « éléments des corps une disposition spontanée au mou- « vement, on est toqjours obligé de reconnaître^ par Tftx- « péd^ice, que cette disposition ne passe à l'acte que par

nution; un nombre qui n^aurait pas ces caractères ne «aurait être trouvé dans la série, si loin qu'on la prolonge: donc le nombre infini ne saurait exister. La série des nombres est indéfinie, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de ternie à la possibilité de la prolonger ; mais, précisément parce qu'elle peut toujours être prolongée, elle n'est pas infinie. Ainsi, rien de ce qui peut se représenter par des nombres, rien de ce qui peut sedÎTisery rien de ce qui peut passer par des états successifs, n'est infini. Dieu seul est infini, parce qu'il est immuable. 1. Introduction aux CEuvreS de Leibniz, page XXV»

XXXn INTRODUCTION.

« rexcitation d'une action étrangère De ce qu'une

« substance est essentiellement active, il ne s'ensuit "pas € nécessairement qu'elle soit douée de mouvement spon- € tané : car ce n'est là qu'un mode de l'activité, et ce € n'est pas le seul. Ceux-là donc se trompent qui croient « que la théorie d'une matière active rend inutile une « cause première de mouvement : car, si le mouvement € est essentiel à la matière, il restera toujours à expliquer « I)ourquoi aucune portion de matière n'est jamais entrée € spontanément en mouvement*. »

1. Introduction aux Œuvres de Leibniz, page XXVI. A l'appui de ces conclusions de M. Janet, nous pouvons citer une célèbre expérience de physique, qui prouve à la fois et l'existence de forces inhérentes à la matière, et la nécessité d'un naoteur extérieur pour faire entrer ces forces en action. Un physicien belge contemporain, M. Plateau, voulant vérifier l'hypothèse de Laplace (la formation du système solaire par un simple mouvement de rotation d'une masse homogène), ima^na l'expérience suivante. Dans un verre contenant un mélange d'eau et d'alcool, ayant exactement la densité de l'huile, M.]Plateau fait descendre au moyen d'un tube de cristal une goutte d'huile, qui prend immédiatement la forme d'une boule. Dans ce milieu où elle plonge, la goutte d'huile est soustraite à l'action de la pesanteur; il n'y a plus que les forces moléculaires, inhérentes à toute matière, qui agissent sur elle. Sous l'influence de ces forces, le seul phénomène qui se produise est la sphéricité de la goutte d'huile, qui reste ensuite tmwio6t7e, jusqu'au moment où l'expérimentateur lui imprime un mouvement de rotation. Mais dés que le physicien lui a imprimé ce mouvement, on la voit peu à peu s'aplatir sur elle-même, se renfler au milieu ; un anneau se détache, tourne autour de la masse centrale, et se brise lui-même en petits globes, qui se mettent aussi à tourner, comme les planètes font autour du soleil. La conclusion, pour le physicien, c'est que l'hypothèse de Laplace est Vraie, et que notre système solaire a dû se former par la rotation d'une masse homogène, qui, en se brisant, a produit les planètes et leurs mouvements de gravitation. Mais une conclusion non moins évidente, c'est que ce mouvement de rotation lui-même n'a pu être produit que par un premier moteur, extérieur à la matière : car, si les forces inhérentes à la matière pouvaient produire un semblable mouvement sans une impulsion extérieure, la goutte d'huile, en qui ces forces résident (puisque par hypothèse elles sont essentielles à toute matière), aurait

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