‹ La monadologie, avec introduction, anȧlyse développéeChapitre 16 sur 28 · INTRODUCTION, XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XXXIII

2^ Rapports des substances entre elles. (Perceptions et appétitions des monades. Loi de continuité,) — Après aYoir établi que tontes les substances sont des forces, Leibniz, par nne inconséquence inexplicable, déclare que ces forces n'agissent pas les unes sur les antres. Mais qn'est-ce qu'une force qui n'agit sur rien ? Les monades, dit Leibniz, ont une action interne. Cette explication est loin d'être claire. Conçoit-on une action qui ne porte sur rien d'extérieur? Quoi de plus interne que mes pensées? Et cependant, quoiqu'elles soient en moi, elles portent sur des btjets extérieurs, ou sur des vérités dont l'origine est en Dieu.

Cette activité interne des monades, Leibniz la fkit consister dans des perceptions ^ des représentations ; or, comme les monades constitutives de la matière sont inconscientes, il s'ensuit qu'il y a ùqs perceptions inconscientes. Est-il naturel de donner le même nom à des actions inconscientes, et 2MX. perceptions de mon âme, qui sont essentiellement conscientes? Leibniz admet, il est vrai^ que l'âme humaine

dû 8e mettre à tourner spontaném,ent sur elle-même, ce qui n'est pas arrivé. Si de l'expérience de M. Plateau on conclut, avec tous les savants, à la vérité de l'hypothèse de Laplace, il faut conclure aussi que le monde s'est formé dans les conditions mêmes reproduites 'par l'expérience, c'est-à-dire sous l'action d'un moteur étranger.

On voit par là combien on se tromperait, si on croyait voir dans l'hypothèse de Laplace un argument en faveur du matérialisme. Il n'est peut-être pas sans intérêt de remarquer que cette hypothèse d'une matière gazeuse et homogène, existant seule au commencement 'des choses, comme le suppose Laplace, concorde absolument avec la Cosmogonie de Moïse. Le second verset de la Genèse est ainsi traduit par les Septante : oc 'H 5è fT) 9jv àôpaTo; xal àxaTa<ni8Ûa(jT0c. » Qu'est-ce qu'une matière invisible (àopaxoç), si ce n'est une matière gazeuse? Pour le mot &xaTa9xeua(TT0c, il signifie que les éléments de cette matière n'étaient pas ordonnés^ qu'ils étaient confondus entre eux ; or, dans une matière homogène^ dont les éléments sont indiscernables, il y a confusion absolue, unité sans variété; il y a tout le contraire de l'ordre, qui est Vu/nité dans la variété. Il ne s'agit pas ici du chaos (que serait le chaos dans une masse invisible ?), mais de Vhomogënéité primitive de la matière.

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