XXXIV INTRODUCTION
h^^sperettptionssansoonsdance. Cette assertion neq« semble inintelligil^le et coniradiotoire. Afisurément, il y a dans TAiiM «n mode d^aetlTitè inoonseiente ; mais cette actiTité se manifeste par des monTenuents (eomme le moarement vital), par des instinots, non par des perceptions, par des idées ; toute idée est aceompagnée d*an jugement, d'une a^rmation; or qui peut conœTolr des affirmations incon^ sciantes 9 Nous sommes loin de nier la vie ineonsci^te de Tasprit ; mais aucun de ces phénomènes inconscients n'est un fait if^ellectuel. Il nous parait donc qu'il y a un abus de mots à parler de perceptions inconscientes (quoique nous ayons des perceptions jjr-w^t** inconscientes et vite oubliées). Cet abus de mots a servi de prétexte à la. philo- Sophie dQ l'inconscient, qm e&t si célèbre aujourd'hui , en Allemagne, et que Leibniz eût repoussée de toutes ses forces : car un tel système est la négation la plus absolue de l'axiome de raison suffisante, puisqu'il reftise au premier principe des choses la conscience que la créature possède. Si la perception suppose au moins un certain degré de conscience, on ne saurait attribuer à notre âme qu'un nombre relativement restreint de perceptions : elle ne représente pas tout l'univers, et ne saurait éprouver aucune impression de ce qui se passe hors de la portée de notre vue ou de nos télescopes. A plus forte raison, si nous reftisons à nos âmes la faculté de représenter la totalité des phénomènes du monde, il est difficile d'accorder cette représentation aux monades inférieures. Toutefois, en refusant aux monades l'espèce de représentation que Leibniz leur accorde, c'est-à-dire la représentation analogue auœ phénofifi(iènes intellectuels, on peut admettre que toute partie de la matière éprouve le contre-coup de tous les mouvements qui se produisent dans l'univers. Il n'est pas besoin pour cela que tout soit J)lein dans l'espace ; il suffit qu'il e^tç (Les r9.pports tels que le mouvement de chacun réagisse
sur U ^y^ voisin, et ainsi de suite. Ainsi, les attractions mutueUea des étoiles sont telles que» si l'une venait à être dérangée dans son cours, une perturbation générale en résulterait dans le cours de toutes les autres. Chacune des différentes parties de l'univers (par exemple chacune des étoiles)
INTBODUCTION. XXXY
est comme la clef d'une voûte ; le moindre déplacement entraîne le chaos : et il y a cette différence entre les œuvres de l'architecture humaine et celles du divin Architecte que, dans un bâtiment, il y a des parties qui soutiennent et sont soutenues, d'autres qui sont soutenues sans soutenir, de sorte qu'on pourrait enlever celles-ci sans détruire le tout; au contraire, dans la s1a:uoture de Tunivers, chaque partie est à la fois soutenante et soutenue, moyen et but, condition de la stabilité générale et résultat de cette même stabilité : chaque partie existe à la fois par le tout et pour le tout. C'est dans cette subordination réciproque du tout à ses parties et des parties au tout que se manifeste, comme Ta si bien observé Kant, la finalité d'une œuvte d'art ; ainsi, dans une statue, la forme totale résulte des coups de ciseau ; et cependant chaque coup de ciseau n'a sa raison d'être que dans la forme totale, conçue idéalement, avant l'exécution matérielle. L'univers présente au plus haut degré cette réciprocité de rapports, qui rend impossible d'expliquer le détail autrement que par le tout; le tout est la seule raison d'être du détail : donc le tout a dû précéder le détail, non pas matériellement, ce qui serait absurde, mais d'une autre manière, et par conséquent idéalement, c'est^-dire dans une pensée qui en a conçu le plan, qui a adapté tous les moyens au but. En ce sens, rien de plus vrai que cette maxime citée par Leibniz : « Sujjwrvoia nàvTa. » Tout est lié, tout se tient, non par une continuité matérielle (car il y a du vide dans l'espace), mais par des rapports que Dieu a calculés. S'il n'y a pas de continuité absolue dans l'espace, toutes les parties de l'univers se soutiennent et se meuvent les unes les autres tout comme si cette continuité existait.
On peut même dire avec Leibniz que, grâce à cette liaison parÊiite des choses, une intelligence qui connaîtrait toutes les lois de la nature pourrait lire dans chaque partie de Tunivers ce qui se fait dans toutes les autres « et même ce qui s'est £ait, ou se fera » dans un avenir éloigné. Mais il faut se garder d'appliquer cette consé^ quence aux actes de la volonté humaine : oair elle échappe, par sa liberté, à ce déterminisme de la nature. C'est ce