‹ La monadologie, avec introduction, anȧlyse développéeChapitre 7 sur 28 · M. Nourrisson, ibid., p · texte numérisé non relu

M. Nourrisson, ibid., p

INTRODUCTION. XIU

chaque état du monde, augmente indéfiniment à mesure que le temps s'écoule : c'est pourquoi le monde est le meilleur possible ; il n'est pas parfait, mais tend à la perfection, et Dieu ne saurait rien créer de plus parfait que ce qui tend à la pefection*. Il y a donc un meilleur possible, et, s'il n'y en avait pas, Dieu n'aurait pas eu de raison suffisante pour créer le monde.

Harmonie préétablie. — Mais par quelle cause expliquera-t-on cette merveilleuse harmonie de l'univers ? Par la nécessité ? Cela est impossible : car les lois de la nature ne résultent pas d'une nécessité géométrique, mais d'une nécessité de convenance, et par conséquent d'un choix. En effet, quelle nécessité y avait-il que tel corps fut placé dans tel lieu de l'espace plutôt que dans tel autre * ? Quelle nécessité qu'un corps perdît une partie de sa vitesse lorsqu'il en choque un autre*? Mais cela était nécessaire en mce de l'ordre de l'univers : c'est donc la finalité qui est la raison d'être du mécanisme, et comme tout choix raisonné suppose une intelligence, tout doit s'expliquer "pjff cause première intelligente; et cette cause est parfaite, car ce qui renferme en soi le principe de tous les êtres possibles doit posséder toutes les perfections possibles*. Ainsi se trouve démontrée l'existence et la personnalité de Dieu. Lui seul est cause de l'existence des choses : il reste à examiner par quelles lois il en a réglé l'harmonie. C'est ici que se place le célèbre système de Vharmome préétablie, complément de la monadologie et de la loi de continuité.

Les monades, étant simples, ne peuvent commencer que par création et âniv que par annihilation ; de même aucune monade ne pourrait être altérée; toutefois chacune d'elles est dans un état de changement perpétuel ^, mais ce chan-

1. Voir Tkéodicée, 195, 200, Principes de la nature et de la grâce; 2* vol., page 617, édition Janet. Observons, toutefois, que le progrés indéfini du monde semble quelquefois pour Leibniz une simple hypothèse, Théodicée, § 202.

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