Monadologie, 2* vol., page 595, édition Janet
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gem«nt n^atteint que les accidents et non la snlystance. Oes changements ne proTiennent pas de Faction extérieure d'une monade snr une autre % mais de TactiTitè interne de chacune. Ainsi, ni les perceptions de mon âme, ni ses sensations ne viennent de mon corps ni des olgets extérieurs ; les mouvements de mon corps ne lui sont pas non plus imprimés par mon âme; chacun de mes états psychologiques vient uniquement de Tétat psychologique précédent; chaque mouvement de mon corps vient de Tètat précédent de la matière qui le compose, et ainsi de suite en remontant jusqu'à Torigine de mon âme et de la matière. Mais Dieu a préétabli toute chose de telle ûu^n qu'à chacun des mouvements de mon corps répondit une sensation ou une perception de mon âme : réciproquement, à chaque volition de mon âme correspond un mouvement de mon corps, et ce mouvement est précisément celui que j'ai voulu. Le corps et l'âme sont donc comme deux horloges qui auraient été montées de manière à marquer toujours la même heure '. De cette Ikçon, tout se passe comme si le corps et l'âme agissaient réellement l'un sur l'antre, mais en réalité, cette action n'est pas directe. On peut dire cependant que l'état du corps est cause de l'état de l'âme, et réciproquement, en ce sens que l'un est la cause finale de l'autre : ainsi, s'il n'y a pas d'union ni d'influence j?Aysique^ il y a union, influence métaphysique ; par conséquent on ne doit pas changer le langage reçu, et l'on peut dire, avec Aristote, que l'âme est VentéléchU^y le principe vital du corps. 11 en est de l'action des corps sur les corps comme de l'action du corps sur l'âme : elle est toute métaphysique. Ce n'est pas le corps A qui meut le corps B, ni le corps B qui diminue la vitesse du corps A,* mais Dieu a préétabti entre les mouvements de ces deux corps une telle hai'monie que les choses se passent comme si les corps agissaient l'un sur l'autre. En ce sens, on peut par-
1. Les monades n*ont point de fenêtres par où giielque chose y puisse entrer ou sortir, (Ibid.)
2. De la communication des substances^ 2* vol., page 548, édition Janet.