CHAPITRE VIII
Notre exposé serait visiblement incomplet si, après avoir fait, dans l'organisation monétaire des peuples, la part des doctrines économiques et celle des interventions législatives, nous n'introduisions pas le lecteur dans l'enceinte réservée où s'élabore la précieuse denrée qui sert à acheter toutes les autres. Pour préciser, c'est à l'Hôtel des Monnaies de Paris que nous Talions conduire. Les portes s'en ouvrent aux curieux, deux fois par semaine; mais à ceux mêmes qui l'ont déjà visité ou qui le visiteront un jour, les explications qui vont suivre ne seront pas inutiles.
La Monnaie.de Paris est, depuis 1880,1a seule qu'il y ait en France. D'autres pays en conservent plusieurs : l'Allemagne (Berlin, Hanovre, Francfort, Munich, Dresde, Stuttgart, Carlsruhe, Darmstadt et Hambourg) ; TAutriche-Hongrie (Vienne, Kremnitz) ; les États-Unis (Philadelphie, la Nouvelle-Orléans, Dahnolega, Charlotte, San Francisco, Carson-City) ; le Mexique (Mexico, Culiacan, Zacatecas, etc.).
En France, il existait autrefois beaucoup d'ateliers monétaires : 24 sous François !«', 30 au xvin® siècle, 13 encore sous Napoléon P', sans compter ceux des pays conquis, Gênes, Genève, Rome, Turin, Utrecht. Le tableau suivant montre où étaient situées ces 13 Monnaies, donne les dates des suppressions qui ont eu lieu et indique, pour chaque établissement, la lettre, dite lettre monétaire, qui en caractérisait les produits :