INTRODUCTION
ment, lorsque, après avoir observé l'organe, on analyse la fonction. Que de points de vue possibles ! Parmi les phénomènes où la monnaie est en cause, il s'en trouve de si précis que le langage mathématique s'offre de lui-même pour les exprimer; et d'autres sont, au contraire, d'ordre si subjectif que toute la subtilité des psychologues n'est pas de trop pour les interpréter. La théorie des changes parait rébarbative à qui l'a mal comprise : dès que l'on y voit clair, on reconnaît qu'elle a sa place marquée au premier rang des a harmonies économiques ». Il faut en dire autant de la théorie des prix, malgré ses complexités. Rien de tout cela n'est arbitraire. Et, certes, le législateur peut intervenir opportunément en matière monétaire; mais il aurait grand tort de s'y croire tout-puissant, car il existe là des lois immanentes contre lesquelles les Parlements légiféreraient en vain. Les textes les plus spécieux, les injonctions les plus impérieuses ne sauraient faire échec à la nature de l'homme et à la force des choses.
Par la solidité des principes dont elle vit comme par la variété des applications qu'elle comporte, la science monétaire m'avait de tout temps inspiré l'intérêt le plus vif. Cet intérêt s'accrut encore, tout naturellement, lorsque la confiance du gouvernement m'eut placé à la tête