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LIVRE III, CHAPITRE V

(le même l'intérêt des fonds déposés pour longtemps, sans que leur circulation fût frappée de mort; que la Banque de France elle-même avait payé pendant longtemps un intérêt (le 5, puis de 4 p. Yo sur les fonds déposés chez elle, sans que sa circulation eût été frappée de mort, etc., etc. Mais avec l'administration on ne discute jamais, il faut se résî^gner et se soumettre.

La question posée au gouvernement par l'expiration du privilège de la Banque de France était celle-ci : Fallait-il remettre à cet établissement le monopole du crédit par émis- *sion de billets ? Fallait-il, au contraire, restreindre dans Paris le chanip ^^ ^^^ opérations? L'utilité de la Banque de France, comme banque d'État et du commerce de Paris, n'était contestée par personne. Il n'en était pas de même de l'utilité de ses comptoirs et de son monopole étendu aux départements. Selon l'usage de ce temps, la question fut éludée et la so • lution ajournée. La discussion de la loi du 30 juin 1810 prouva que les Assemblées de cette époque ne se doutaient pas même de ce qu'était une banque de circulation '. Il fallut discuter jusqu'à l'opportunité de la publication trimestrielle d'an bilan de la Banque de France, et l'on considéra Tarticle relatif à cette publication comme une grande innovation. Le privilège fiit prorogé jusqu*à 1867, avec réserve pour le gouvernement d'en changer les conditions auparavant, en

A dater de ce jour, on n'autorisa plus la création d'aucune

'Le héros de cette discussion fut M. Thiers, qui, après avoir dit qu*il n*y avait rien à apprendre en matière de banque, que tout était connu^ qu'il avait, 'inant a lui, étudié à fond cette matière, ne craignait pas de jeter devant son ^U'Iitoire des contre-vérités comme celles que nous avons citcos plus haut, et ''<^ile-ci : € Il faut maintenir le système que la nature des ciioses a amené chez

La nalare des choses ! le mot est plaisant !

Le même orateur prouvait par les paroles suivantes qu'il ne connaissait n ne voulait pas connaître les éléments de la question : « Tous les Ktats réunis n'ont pas quatre milliards (do numéraire), et vous en avez trois avons "^uls! Votre système de crédit est excellent ! >

Le fait n'était pas vrai, et s'il eût été vrai, il aurait prouvé que notre système de crédit était d'autant plus mauvais et arriéré que nous employions plus de numéraire.

Conclusion de M. Thiers : « Comme constitution, la Banque de France est îe qu'il y a de mieult imaginé. »

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banque départementale. La Banque de France continua de propager ses comptoirs ; elle en établit successivement à Besançon, à Caen, à Châteauroux et à Clermont-Ferrand, en 1841 ; à Mulhouse, en 1843 ; au Mans, à Nîmes, à Strasbourg, à Valenciennes, en 184G. L'action de cette banque s'étendait tous les jours, et la fondation de chaque comptoir ajoutait à la puissance productive de tous les autres ; d'ailleurs il semblait que le conseil général fût devenu insensible à Tinsuecès et même aux pertes occasionnées quelquefois par la médiocrité des opérations.

Les affaires de la Banque étaient prospères : elle jouissaili d'un crédit sans bornes et d'une considération à laquelle un prêt consenti à la Banque d'Angleterre donnait un nouveau relief, lorsque survinrent les crises mémorables de 18i6, 1847 et 1848.

En 1846 la récolte des céréales fiit médiocre dans la plupart des contrées de l'Europe, notamment en France et en Angleterre : les deux pays eurent recours aux achats de grains étrangers. Les importations de ce genre, on l'a déjà remarqué, viennent en surcroît des importations ordinaires et se soldent habituellement en espèces. Lorsqu'il se manifeste un déficit dans la récolte, les banques de circulation, quel qn«.* soit leur crédit, doivent toujours s'attendre à une demande extraordinaire d'espèces métalliques.

Bien que la disette de 1846 eût été appréciée dès le printemps, et que le commerce eût aussitôt commencé d'acheter des blés au dehors, la Banque ne ressentit l'influence de ces opérations qu en juillet. Il semble même qu'en ce temps, la diminution de l'encaisse n'alarmait pas encore le conseil général. En effet, « chaque année, dans le cours de l'été et lU l'automne, r)0 à 60 millions d'espèces sortent des caisses d« la Banque et se dispersent dans les départements, où ils serv^ent aux achats de soies, de laines, de vins, et<î. Dès les premier* jours de décembre et quelquefois même dès la fin de novembre, ces espèces refluent vers Paris, et viennent reprendre leur place. Depuis longtemps ce mouvement se reproduit avec une étonnante régularité '. » On put croire un moment

* Compte rendu présente par M. d'Argout, gouverneur, en 1847.

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