PORTEFEUILLE
BILLETS
DÉPOTS du Trésor.
DÉPÔTS
partieuliera.
Fio septembre
Fin décemJire
Fin mars
Fin septembre
Fin décembre
Dans ce tableau, digne d'une étude sérieuse, on remarque la fixité de la circulation de papier. Pendant que l'encaisse subissait une diminution de plus de moitié, cette circulation restait à peu près stationnaire et n'éproufait, dans son plus grand écart, qu'une diminution de 34 millions, un huitième environ. La fixité des dépôts particuliers, durant cette période, est moins explicable; il semble que tout le mouvement de contraction et de gêne soit concentré sur le compte courant du trésor public.
La crise commerciale était en pleine activité au commencement de 1848, et elle menaçait les maisons de banque dont les ressources avaient été témérairement engagées, lorsque survint la révolution. J'ai déjà dit quel fut son contre-coup immédiat sur les affaires, et à quel point les banquiers de Paris furent efirayés par ce choc *. La Banque de France résista vaillamment : elle comprit qu'on ne liquide point des opérations de crédit en pleine panique et qu'au milieu de la déroute générale, la hardiesse, l'audace même était de la prudence.
« Du 26 février au 15 mars, disait le gouverneur dans sa lettre au Gouvernement provisoire, c'est-à-dire en 15 jours ouvrables, la Banque a escompté à Paris la somme de 110
* Voir page larr et suivantes.
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millions. Sur 125 millions qu'elle devait au trésor, elle en a remboursé 77. — Nous ne comprenons pas dans ce chifre 1 1 millions mis à la disposition du trésor dans divers comptoirs pour subvenir aux besoins urgents des services publics dans les départements du Var, des Bouches-du-Rhône, etc. De plus, la Banque a escompté 43 millions dans les villes où elle possède des comptoirs, .. Par les escomptes à Paris, elle a cherché à empêcher la suspension des payements des banques départementales de Rouen» du Havre... — La promptitude et la largeur des opérations de la Banque lui donnaient Tespoir de dominer la crise; elle s'en est flattée jusqu'à ce jour : elle y seraitprobablement parvenue sans les demandes provoquées par des besoins extraordinaires et exagérés par la peur. »
En effet, la Banque se trouvait en présence d'une de ces paniques extrêmes et aveugles auxquelles on ne peut opposer ni la raison, ni le sens commun, ni l'habileté. Du 26 février au 14 mars au soir, l'encaisse de Paris était descendu de 140 millions à 70, et lejendemain au soir il était tombé à 59 millions : plus de 10 millions avaient été remboursés en un seul jour. II fallait liquider ou suspendre le remboursement des billets.
Liquider était impossible : c'eût été une désertion, et une désertion sans profit, car, en cas de liquidation, quelle eût été la valeur du portefeuille de la Banque? D ailleurs, le gouvernement, envers lequel la Banque a toujours des devoirs à cause de son privilège, ji'aurait pu permettre une telle retraite. Le conseil général demanda donc : 1° Que les billets de la Banque fussent considérés comme monnaie légale surtout le territoire de la République; 2' La faculté d'émettre des billets de 100 fr. en addition à ceux de 200 fr. autorisés par la loi du 10 juin 1847. Il demandait en même temps que le maximum des émissions de la Banque fût fixé à la somme de 350 millions, et que son bilan fût publié chaque semaine.
Ces mesures, qui furent consacrées par un décret du 15 mars, étaient fort habilement conçues. La première opposait à la peur im obstacle matériel : les biUets de 100 fi:, permettaient d'étendre les émissions, et le maximum, fixé avec une prudence qui allait jusqu'à la timidité, présentait une
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