LIVRE II!, CHAPITRE V
3 mars 1852, qui prorogeait son privilège jusqu'à 1867, Fàutorisait à faire des avances sur les actions et obligations de chemins de fer français ; en vain celui du 22 mars 1852 Tautorisaît à faire des avances sur les obligations de la ville de Paris; les afiaires lui manquèrent presque jusque vers le milieu de 1853, et elle fut réduite à faire construire de nouvelles caves pour recevoir ses espèces.
Mais bientôt rabaissement du taux de l'escompte et l'absorption des capitaux disponibles par l'émission de titres industriels, puis la guerre, donnèrent de l'activité à ses opérations. Bientôt même, la guerre, avec ses emprunts et ses exportations d'espèces, cicoïndant avec de mauvaises récoltes, ces opérations, notamment en ce qui touche le service monétaire, devinrent laborieuses. L'ensemble des affaires avait atteint, en 1853, 3,964 millions; il s'abaissa, en 1854, à 3,888 millions, mais il prit ensuite une marche presque régulièrement ascendante.
Depuis 1853, la Banque, animée d'un esprit nouveau et plus hardi, a répudié quelques-unes de ses traditions, et marché d'un pas plus rapide vers son extrême développement. Autrefois elle ne voulait faire que l'escompte et les opérations sur métaux ; elle prétendait maintenir le taux de l'escompte invariable ou à peu près et restreindre ses opérations, quand elle le jugeait convenable, par la réduction du temps à courir des effets admis à l'escompte. Depuis 1853, au contraire, les opérations s'étendent ou se restreignent par l'abaissement ou par l'élévation du taux de 1 escompte, quia varié de 3 à 4p. % par an jusqu'en 1857 et de 3 p. «/o à 10 p. 7o depuis que la loi du 9 juin 1857 a tait disparaître pour la Banque les limitations malencontreuses du taux de l'intérêt établies par les lois contre liisure.
Cette même loi proroge pour trente ans, c'est-à-dire jusque la fin de 1897, le privilège de la Banque, porte son capital à 182,500,000 fr., non compris le fonds de réserve, l'autorise à abaisser à 50 fr. la moindre coupure de ses billets, et donne au gouvernement la faculté d'exiger qu'en 1867 la que établisse une succursale dans les départements où il
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n'en existerait pas. En même temps, elle autorise les avances sur obligations du Crédit foncier.
La Banque a été obligée par la même loi à prêter à TÉtat une somme de 100 millions représentée par des inscriptions de rente 3 p. ^/o- Ainsi, en réalité, le capital commercial de la Banque a été réduit et le désir de maintenir les dividendes à Tancien niveau a dû stimuler son activité. Aussi a-t-elle, depuis cette époque, abordé des opérations qu'elle avait dédaignées auparavant, notamment l'émission de titres à la commission, qui, en 1858, 1859 et 1860 seulement, a porté sur 800 millions d'obligations de chemin de fer.
En 1864, à la suite de quelques exportations de métaux et de rélévation du taux de l'escompte par la Banque d'Angleterre, la Banque de France éleva, elle aussi, ce taux, nonseulement à Paris, mais dans ses succursales, et provoqua une crii^e qui n'avait aucune cause commerciale. En effet, l'élévation brusque et inattendue du taux de l'intérêt venait déconcerter les prévisions des commerçants en même temps que chacun, pris de panique et cherchant à s'assurer des ressources en espèces, aggravait le mal en augmentant la demande de numéraire. L'opinion s'éleva avec beaucoup de force contre les procédés de la Banque, lesquels, en effet, constituaient une exaction difficile à supporter de la part d'un établissement privilégié.
Vers la môme époque, les fondateurs de la Société du Crédit mobilier ayant acquis la direction de la Banque de Savoie, que l'annexion avait placée en France, sans la soumettre au décret de 1848, le monopole de la Banque de France fut attaqué fortement dans la presse et dans l'opinion, à l'instigation de personnes qui prétendaient le partager. Dans cette discussion, qui fut très-vive, mais très-confuse, et dans la longue enquête qui en sortit, la cause de la liberté des banques fut soutenue avec vigueur par un certain nombre d'économistes et par quelques commerçants. C'était en France un fait nouveau, et qui attestait un progrès remarquable de l'opinion. Mais les principaux adversaires de la Banque de France et tous ceux qui possédaient de hautes positions financières se prononcèrent contre la liberté. Aussi fut-il im-
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