LIVRE IV, CHAPITRK lï
Toutefois la disposition contenue dans les articles 4 et 15, qui domiciliait et isolait les banques les unes des autres, créait un obstacle sérieux à l'établissement d'un système solide de succursales. On peut supposer que cette disposition avait été dictée par des considérations politiques plus ou moins sensées. En tout cas, ii est certain qu'on ne pourrait la justifier par des considérations commerciales. Le système des succursales n'autorise en rien les abus; il permet les expériences ; il permet que ces expériences soient faites par des hommes intelligents et bien placés, c'est-à-dire dans les meilleures conditions de succès, en même temps qu'il facilite l'emploi régulier des capitaux.
Les banques de Massachusetts prêtaient, elles aussi, sur garanties immobilières et sur gages divers. Leur succès a été grand, car leurs dividendes ont varié entre 7 1/2 et 8 p. "/o, et elles n'ont point eu de catastrophes. Leurs actions ont été généralement considérées comme le placement le plus sûr, le plus convenable pour les capitaux invalides, et, partant, comme celui dont l'intérêt devait être le moins élevé. C'est aussi auprès d'elles que TÉtat se réservait la faculté de placer lorsqu'il avait des capitaux disponibles, et d'emprunter lorsqu'il éprouvait des besoins.
L'examen approfondi de la constitution des banques de Massachusetts prouve combien il y a peu d'uniformité dans le régime de ces établissements, dans les pays mêmes où le crédit est le mieux organisé. En effet, le tableau officiel de leur situation individuelle présentait au l*"" janvier 1853 les chiffres suivants :
Daos Boston 3â banques : Capital âi,r}60,000d.
CircnUtion. 8,304,591 d. > Rannort • 34 25 d »/
Espèce».... 2,784,793 J Kappori . J*,2o p. /..
HorsBoslon 105banque«: Capital l«,610,500d.
Circulation . 12.867,778 d. \ Rann^rt • fi on n o/ Espèces-...., 778,990 } Rapport . 6,05 p. -/o.
Mais ces rapports moyens étaient très- variables dans l'une et l'autre catégorie des banques du Massachusetts. Dans Boston, il variait de 2,37 p. Vo à 84,03 p. Vo, et, hors de Boston, de 2,01 p. **/o à 18,97 p. %. Nous trouvons dans ces chiffres et flans les précédents, comme dans tous les comptes rendus
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locaux des banques américaines, la confirmation de ce que nous avons avancé, contrairement à l'opinion dominante, savoir : qu'une banque de circulation peut se maintenir avec un encaisse moindre dans les campagnes que dans les grands centres de population.
Celles de New-York ont été bien moins prudentes, et n'ont pas à beaucoup près offert au public la même sécurité que celles du Massachusetts. Établies sur une des places les plus orageuses qu'il y ait au monde, elles ne se sont pas garanties contre les oscillations de caisse qu'un grand commerce extérieur et des variations importantes dans le cours des changes occasionnent infailliblement. Un grand nombre de ces banques ont manqué, et leur chute a justifié, dans uae certaine mesure, la prudence excessive des banques d'Angleterre et de France dans l'administration de leurs encaisses.
En septembre 1853, on comptait dans l'État de New-York 60 banques constituées en société anonyme, 169 associations pour faire la banque et 94 banquiers, au capital de 76,692,075d, dont la circulation totales'élevait à 32,427,022 d, les dépôts à 77,167,075 d., et le portefeuiUe à 145,767,770d. Les espèces et articles de caisse montaient à 30,563,544 d. Ces chiffres montrent combien le bilan de ces banques était différent de celui des banques du Massachusetts '•
Le il octobre 1853, on établissait à New- York une diambre de liquidation {clearing house) destinée à éteindre par des compensations, sans recouvrement effectif, les créances de banquier à banquier. Les compensations opérées dans cet établissement se sont élevées, en 1867, à 5^735 millions de dollars.
L'instabilité des banques de New- York avait tenu l'opinion publique dans une inquiétude constante, et donné lieu à une multitude de tentatives pour les morigéner par décret. Les lois faites dans ce but de 1838 à 1854 s'élevèrent au nombre de trente- trois. On établit d'abord un fonds commun formé dans les caisses de l'État, au moyen d'une
* Bien que ces détails aient perdu une grande partie de leur intérêt depuis les bouleversements qui ont suivi la guerre de la Sécession, nous les avons conservés, parce qu'ils n'ont rien perdu de leur valeur théorique.
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