LIVRE IV, CHAPITRE III
quels ohiffi:«s s'exprimait, à la fin d'octobre 1874, la circulation autorisée de la Grande-Bretagnes et de llrlande :
Banque d'Angleterre. . . . 15,000,000 livres.
113 banques particulières. . . . 3,807,992
54 » pajT actions. .... 2,652,993
11 » d'Ecosse 2,749,271
6 » d'Irlande 6,354,494
184 30,564,750 livres.
La Banque d'Angleterre n'accorde la faculté de réescompter chez elle à aucune des banques qui survivent et conti* nuent à émettre des billets.
Ainsi, par l'effet de cet ensemble des combinaisons des actes de 1844 et 1845, le total de l'emprunt fait par les banques du Royaume-Uni à la circulation monétaire ne peut plus augmenter à l'avenir, et il peut diminuer. U doit même diiiiinuer nécessairement, puisqu'il est impossible, que toutes les banques conservent toujours la même puissance d'émission, et que, si l'une d'elles faiblit, il est interdit aux autres de prendre sa place. Le total des émissions réelles ne peut manquer d'être toujours inférieur au total des émissions autorisées. En outre, dans l'espace étroit où les banques sont enfermées, la Banque d'Angleterre a seule Ja faculté de s'étendre : le mouvement naturel des choses doit donc amener fatalement, un jour ou lautre, s'il n'est arrêté par l'opinion, la constitution de son monopole. Alors se trouvera réalisé, à quelques différences près, le plan de Ricardo * .
La circulation monétaire subit naturellement de très-grandes variations sur la place de Londres ; là le commerce demande tantôt plus tantôt moins de monnaie, tantôt des billets, tantôt des espèces, selon des caprices fort raisonnables sans doute, mais souvent difficiles à prévoir. Cette mobilité du marché de Londres a plusieurs causes ; l'unité monétaire est unç pièce d'or, et chacun sait que le prix de ce métal est beaucoup moins fixe que celui de l'argent, que ses mouvements sont plus prompts dans le cours des changes. Depuis Ricardo, les directeurs de la Banque d'Angleterre ont prétendu qu'ils
* Voir à r Appendice, comme terme de comparaison, le plan original de Ricardo.
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réglaient leurs émissions sur le cours des changes; mais, outre que leurs bilans publics démentaient leurs paroles, ils constataient bientôt eux-mêmes que les exportations d'or ne suivaient pas les cours des changes, et qu'elles avaient lieu souvent au moment même où les changes étaient favorables. C'est ce qu'on a remarqué notamment lors de l'exportatiôû d'un million sterling, en 1829, à l'occasion de la guerre entre la Kussie et la Turquie, et lors de l'exportation soudaine de 7 millions sterling, en 1831, pour la guerre de Pologne. Bien plus, l'enquête de 1833 mentionne des demandes extraordinaires de remboursement adressées à la Banque, au moment même où le commerce importait de l'or.
Les changes sont d'ailleurs agités sur la place de Londres, non-seulement par les causes ordinaires, mais aussi par des causes spéciales inconnues aux autres marchés. Parmi ces causes, il suffit d'indiquer les placements à l'étranger, placements fréquents, et qui ont absorbé quelquefois des sommes considérables.
La conséquence naturelle et commerciale de cet état de choses, c est que la Banque d'Angleterre est peut-être, de toutes les banques de circulation, celle qui doit garder en caisse la plus forte réserve métallique. Si elle veut aller plus loin et régler, comme on dit, la circulation, elle poursuit une chimère.
En effet, la circulation se règle d'elle-même. Quelque puissante que soit une banque, elle n'a jamais d'action que sur ses propres escomptes ; c'est par là, si toutefois elle peut les limiter à discrétion, qu'elle règle son encaisse eu augmentant ou en diminuant ses émissions. Pour régler la circulation, il faudrait avoir au moins le monopole de l'escompte en même temps que celui des émissions ; il faudrait pouvoir arrêter le commerce par des refus de crédit, lorsqu'il tend à la spéculation. Mais justement alors le commerce n'a pas besoin de la Banque d'Angleterre, il obtient du crédit à meilleur marché chez les banquiers proprement dits et chez les escompteurs. On vient à la Banque lorsque les sources ordinaires du crédit commencent à s'épuiser : faut-il qu'elle choisisse ce moment pour refuser Tescompte? Lorsque le mouvement de retraite
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