‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 183 sur 343 · LIVRE IV, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE III

est commencé, doit-elle charger à fond et précipiter la déroute, comme en 1825? Malgré tout le respect dû aux noms des chefs de l'école métallique, aucun homme d'affaires n'admettra une pareille conclusion.

Le bill de 1844 est fondé sur plusieurs erreurs de fait : il suppose que les banques peuvent augmenter leur circulation à volonté, ce qui n'est pas exact; que le commerce a besoin d'une quantité de monnaie toujours égale, ce qui n'est pas exact; enfin qu'une circulation métallique est plus sûre et moins variable qu'une circulation du papier^ convertible en espèces, ce qui n'est pas exact non plus. Ainsi ce bill est allé à rencontre des lois naturelles qui régissent le mouvement réel du commerce, et, dès qu'il a subi le contrôle de l'expérience, on a pu reconnaître combien le régime qui en résultait était insuffisant et dangereux. L'enquête faite en 1848 et celle de 1862 ne laissent aucun doute sur ce point. Voici en quels termes s'exprimait le rapport de la commission d'enquête de 1848 :

« Ceux qui ont cru que l'acte de 1844 empêcherait le retour périodique et successif de surexcitations, puis de crises commerciales, ont dû éprouver, en voyant ce qui s'est passé en 1846 et 1847 un rude désappointement. Ceux qui croyaient que cet acte préviendrait les spéculations imprudentes, n'ont pas dû éprouver un désappointement moindre, puisque, au témoignage du gouverneur de la Banque, jamais la spéculation ne fut aussi excessive qu'en 1846 et au commencement de 1847. Ceux qui croyaient que l'acte garantirait le marché des fluctuations violentes de la valeur de l'argent, ont dû sétonner en voyant la différence entre le maximum et le minimum du taux de l'escompte, qui dans les années calamiteuses de 1837 et 1839 avait été de 2 1/4 à 2 3/4 p. 0/0, s élever en 1847 à 6 3/4 p. 0/0. Ceux qui pensaient que désormais on ne verrait plus des faillites aussi nombreuses et aussi importantes ont dû trouver une réponse concluante, quand le gouverneur de la Banque a raconté comment, à Londres seulement, trente-trois grandes maisons avaient manqué pour une somme de 8,129,000 l. Si Ténormité des spéculations sur chemins de fer est un mal auquel un, bon système de ban -

Digiti

ques doit porter remède, le système n'est pas celui de Facte de 1844, sous Fempire duquel, en deux ans et demi, la somme énorme de 76,390,000 /. a été dépensée en chemins de fer. Enfin, si Ton a cru que l'acte de 1844 assurerait au commerce du crédit à des conditions modérées, on a dû changer d'opinion en présence des témoignages de l'enquête, desquels il résulte qu'en 1847> le commerce a payé souvent, oufre l'intérêt de 9 à 10 p. 100, une commission qui portait le prix du crédit à 10, à 20, à 30 p. 100, selon le temps que l'effet escompté avait, à courir. »

Nous n'aurions pas autant insisté sur les défauts de l'acte de 1844, s'il n'était fondé sur des erreurs répandue^ en France, et qui ont contribué en 1848 à faire décréter le- monopole des banques de circulation. Désormais, les intérêts que ces erreurs protègent sont devenus tellement puissants, qu'on ne doit pas espérer une modification prochaine de ropinion. L'expérience seule peut renverser l'autorité de l'école métallique ; mais le devoir de l'écrivain, même isolé, est de protester au nom des principes et d'interrompre en quelque sorte la prescription que l'on voudrait faire prévaloir contre la vérité.

Revenons à Texposé des faits : .

A la fin d'octobre 1875, le bilan général de la Banque d'Angleterre, mis .sous la forme des bilans ordinaires, présentait les chiffres suivants :

Doit.

Capital et réserve 17,669,446 /.

C/ c/ de l'ÈchiqoJer, des caisses d'épargne, etc 3,593,788

— des particuliers 90,855,153

Billets 27,696,972

Total 69,815,359 l.

kjm.

Dette de VÈUt 11.015,100 /.

Effets pnblics 12,512,884

Portefeoille 23.089.528

Espèces 23,197,847

Total...; 69,815,359/.

§ 2, — Banques provinciales.

A coté de la Banque d'Angleterre, il existe, comme nous l'avons déjà dit, des banques particulières de deux sortes dans les comtés, et d'autres banques à Londres. Dans les comtés on distingue des banques particulières, qui ne peu-

Digiti

Page 1