‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 185 sur 343 · LIVRE JV^ CHAPITRE llif · texte numérisé non relu

LIVRE JV^ CHAPITRE llif

ques dlriande acceptent réciproquement leurs billets en payement, et les échangent chaque jour à Dublin, de la même manière que les banques d'Ecosse à Edimbourg.

§4. — Banques de Londres.

Enfin, les opérations de banque se font à Londres par des maisons particulières et par des sociétés d'actionnaires. Ni les unes ni les autres n'émettent de billets-monnaie, mais lactivité commerciale de Londres, la concentration sur cette place des capitaux roulants et des payements de tous les points du Royaume-Uni, assurent aux banquiers qui y sont établis un grand nombre de comptes courants de première classe et d'énormes opérations de caisse.

Les banquiers de la Cité se livrent exclusivement aux opérations commerciales ; ce sont en quelque sorte les caissiers des négociants de Londres. En effet, eux seuls reçoivent et payent les sommes un peu importantes. Lorsque le négociant achète, il paye presque toujours avec un mandat sur son banquier : lorsqu'il vend, il est payé de la même manière. Chacun estime avec raison qu'une caisse est incommode à garder, que les recouvrements, même sur place, seraient l>énibles et nécessiteraient l'emploi d*un personnel ; qu'il est désagréable de compter de l'or ou des billets de banque, d'être exposé à se tromper et à être trompé, etc. En conséquence, ils ont chez le banquier un compte courant qui n'est en quelque sorte qu'un compte de caisse : le banquier ne se met jamais à découvert, et ne paye point d'intérêt, même médiocre, sur la balance de ses comptes.

Les banquiers du West-end opèrent avec la noblesse ; ils reçoivent des dépôts à long terme et prêtent sur hypothèque. Souvent leur caisse est tenue, comme celle des négociants, par les banquiers de la Cité.

Avec de telles habitudes, sur une place comme Londres, les opérations de caisse ont une importance exceptionnelle. Aussi a-t-on trouvé moyen de les simplifier beaucoup et d économiser, pour les banquiers comme pour les particuliers, 1 usage de la monnaie.

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Les banquiers ont deux manières de faire leurs payements par compensation. La plupart d'entre eux sont en compte courant avec la Banque d'Angleterre, et acquittent par. des mandats sur sa caisse les dispositions faites sur eux et présentées par cette banque. Un plus petit nombre, les plus unciens, ont établi une chambre de compensation. Clearing housCy qui jouit depuis longtemps dans le monde commercial d'une certaine célébrité.

Chacune des maisons admises à la chambre de compensition, située dans l'ancien hôtel des postes, Lombard street, a un bureau séparé : un livre spécial et un commis sont affectés par elle aux opérations de cette chambre. Vers onze heures du matin, le commis arrive, chargé des traites et mandats du portefeuille de sa maison, payables sur les autres banquiers qui partagent son privilège. On a inscrit l'acquit au dos des traites, et le nom du banquier présentateur en travers des mandats. Le commis remet dans le pupitre particulier de chaque maison les valeurs payables chez elle, prend note de celles qui se trouvent déposées dans le sien , et quitte la chambre à midi. Il revient à trois heures avec de nouvelles valeurs, les dépose de la même façon que le matin, et prend note de celles qui ont été remises dans son pupitre. De trois ù quatre heures, on lui envoie 'de la maison d'autres valeurs au fur et à mesure qu'elles arrivent : il continue de les distribuer et d'annoter celles qu'on lui remet. A quatre heures^ les boites sont fermées et Ton ne reçoit plus aucun effet. Chacun fait l'addition de chaque compte, et inscrit les balances sur une demi-feuille de papier destinée à cet usage, et au milieu de laquelle sont inscrits les noms des membres de la chambre. Deux colonnes rcirlées à droite et à gauche sont destinées à recevoir l'inscription du solde, débiteur ou crédi teur. Le commis inscrit ces soldes, puis il les collation ne successivement avec chacun de ses confrères. Est -on d'accord, la chose est constatée par un paraphe; n'est-on pas d'accord, on vérifie jusqu'à ce que l'erreur soit découverte. Puis chacun fait l'addition des soldes créditeurs et débiteurs, et reçoit ou paye la différence.

Les valeurs refusées sont remises dans la boite de lamai-

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