‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 186 sur 343 · LIVRE IV, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE III

son qui les présente, avec une note indiquant les motifs du refus : « défaut d'avis, défaut de provision, etc. » Si la valeur a été présentée à la tournée du matin avant midi, elle est ordinairement retournée avant quatre heures; mais, en tout cas, lorsqu'elle n'est pas retournée avant cinq heures, on la considère comme acceptée. Si elle est remise après quatre heures, on l'inscrit au crédit d'un compte, et au débit de l'autre au verso de la feuille de balance.

A cinq heures tout est terminé : deux inspecteurs appointés certifient les payements et vérifient les comptes, lorsque les sommes à payer ne se trouvent pas égales à celles à recevoir, ce qui atteste une erreur positive : si les comptes se trouvent en règle, les payements et recettes se font par des dispositions sur la Banque d'Angleterre, oti chacune des maisons admises à la chambre de compensation a un compte courant ouvert. Les liquidations s'opèrent ainsi comme entre les agents de change de la Bourse de Paris.

Les traites des comtés ne sont point acquittées immédiatement à la chambre : on les présente le matin à la maison sur laquelle elles sont tirées, et on les échange contre des reçus qui passent en compensation dans l'après-midi. — Les mandats qui arrivent après quatre heures sont présentés immédiatement à l'acceptation pour la compensation du lendemain : si l'acceptation est refusée, le banquier porteur peut les retourner le soir même ou le lendemain matin à celui qui les a fournis.

L'utilité de la chambre de compensation est évidente : c'est par elle que passent la plupart des nombreux mandats auxquels donnent lieu d'heure en heure les opérations de bourse/ Les jours de liquidation, on y a payé quelquefois, en écritures, plus de 15 millions sterling* L'ensemble des opérations, pendant l'année 1840, s'était élevé à la somme énorme de ^74,401,000 I., sur laquelle il n'avait élé payé en billets de banque qu'un solde de 66,275,000 /*, ou 6, 80 p. 100 environ \

* Il ne faut pas se taire illusion sur ces chiffres ni croire à la lettre CLU*ils ^ep^ésenlent des affaires réelles. La chambre fie compensation sert principalement à la liquidation des affaii'cs de bourse. A Paris, ces liquidations s'o-

336 TBAITE DES Ol'ERATlONS DE BANQUE.

Les banquiers qui forment la chambre de compensatioQ ne reçoivent et ne payent entre eux que par cette voie. Us ont d'abord constitué une sorte de corporation soigneusement fermée dans laquelle il n'était pas facile d'être admis : les banquiers nouvellement établis, quel que fût le capital dont ils disposaient et la capacité qu'ils apportaient, en étaient rigoureusement exclus, au grand dommage des affaires en général, et de ceux même qui les excluaient. C'est à grand'peine et après plusieurs années de réclamations que les banques par actions parvinrent, en juin 1854, à forcer en quelque sorte l'entrée de la chambre de compensation. Aujourd'hui elle est à peu près ouverte à tout le monde.

Voici comment s'opérait le mouvement des fonds dans une maison qui faisait pour plusieurs centaines de millions sterling d'affaires en 1858 ' .

Lettres de change 422,948

Chèques à vue 510,694

Billets de banque 45,649

Espèces et ordres sur la poste 20,709

Ainsi, sur un million sterling de payements, 933,642 Im plus de 933 millièmes, chèques ou lettres de change, allaient à la chambre de compensation : les billets de banque figuraient pour 45/1,000, et les espèces pour 20/1,000 seulement. Ces chiffres, dont l'exactitude se trouve confirmée par les études postérieures ^, montrent fort bien- comment la multiplication et le développement dés banques rendent les billets et surtout les espèces chaque jour moins nécessaires.

En 1855, les banquiers de Londres étaient au nombre de cent cinq. On comptait dans la même ville six banques par actions, dont la première et la plus importante , celle de

pèrent d*abord entre agents de change, exactement comme à la Clearing M"*» et entre agents de change et client à la Banque de France. En 1847, le? escomptes faits par cet établissement ont excédé de 865 millions ceux de 185- Cependant les virements, qui, en 1847, atteignaient à peine 8 milliards, se sont élevés en 1852 à 15 milliards. Peut-on dire que cette augmentation des virements représente une augmentation des affaires réelles?

* Enquête. Déposition de M. Slater.

^ Journal of the statisHcal sociely^ de 1865, p. 362.

Digiti

Page 1