COMPARAISON DES OIVEBS SYSTÈMES
D y a, dans tout système de crédit, trois choses à considérer, savoir : le procédé ou, si Ton peut s'exprimer ainsi, le mécanisme des banques, la manière de s'en servir ou Fart du banquier, enfin les habitudes commerciales de la société qui fournit la matière du crédit.
Le procédé ou, si l'on veut, Tinstniment, la banque, a donné lieu à toute une série d'inventions et de perfectionnements. D'abord le capitaliste prête directement ; puis il s'établit un intermédiaire qui reçoit en dépôt et prête : on s'apert;oit qu'il existe toujours dans la société une somme de capitaux disponibles, et l'on s'exerce à l'utiliser, de manière à suffire cependant à toutes les demandes de remboursement ; ensuite, dans les grands centres commerciaux, viennent les banques publiques de dépôt, qui, par des virements, économisent l'usage de la monnaie, ainsi que le temps perdu à la vérifier et à la compter : enfin les banques de circulation empruntent la valeur de la monnaie métallique, et y substituent un agent moins cher, plus commode, et dont les émissions se proportionnent plus facilement aux besoins du commerce que celles de la monnaie elle-même.
Tel a été l'ordre du progrès en matière de procédé : de tous les instruments de crédit dont l'usage est répandu, le plus parfait est la banque de circulation ; au-dessous est la banque de dépôt ordinaire, et il existe encore des contrées, en trop grand nombre, où l'on ne trouve de banque d'aucune sorte, où le prêteur cherche l'emprunteur et où l'emprunteur court après le prêteur.
On rencontre, il est vrai, des personnes qui déplorent 1 existence du contrat de crédit : d'autres qui voudraient rester à l'état où il n'existe aucun intermédiaire entre le prêteur et l'emprunteur; d'autres accepteraient la banque de
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dépôt primitive, la banque de Pasion, et même à la rigueur nos banques de recouvrement avec comptes courants de banquier à banquier et les arbitrages. Un petit nombre seulement en France verraient volontiers s'introduire la liberté des banques de circulation ; encore ne la verraient-ils s'établir ni sans crainte, ni sans arrière-pensée de péril.
On rencontre aussi des personnes qui contestent Tutilité des machines à vapeur et des chemins de fer et qui en déplorent Tusage : il en est gui ne montent qu'en tremblant sur un steamer ou dans un wagon, qui préféreraient volontiers une gabarre au steamer, une charrette à une voiture suspendue, et celle ci au wagon.
D ne faut donc pas s'étonner que l'on conteste la supériorité de la banque de circulation sur toutes les autres, ou même qu'on la considère comme un instrument nuisible, d'autant plus qu'elle échappe aux démonstrations matérielles, au moyen desquelles les ingénieurs sont parvenus à faire absoudre par la routine la vapeur et ses applications.
Les Écossais sont les premiers qui aient appris à se sennr librement, et dans toutes les opérations, de la >)anque de circulation. Ils en ont obtenu les plus beaux résultats, et, avec le temps, ils ont popularisé les banques, c'est-à-dire les habitudes commerciales, dans toutes les localités, dans toutes les classes de la société. Tous les capitaux disponibles du pays ont été mis sur le marché, et toutes les aptitudes ont été admises à s'en servir. L'instrument lui-même s'est perfectionné, et les banques d'Ecosse, qui ont habitué leurs commettants à se passer de monnaie métallique, sont presque celles qui, proportion gardée avec le chiffre de leurs opérations commerciales, ont émis le moins de monnaie de papier.
Les habitudes des Écossais, dit- on, favorisent le développement des banques de circulation. — Cela est vmi; mai» il est certain que ces habitudes n'existaient pas lorsque les banques ont commencé à fonctionner, et même pendant les soixante premières années du siècle passé. Ces habitudes sont le résultat du travail opiniâtre des banques sur un des peuples les plus prudents de l'Europe, et peut-être le plus obstiné dans ses coutumes.
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