‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 240 sur 343 · LIVRE V, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE I

vera peut-être ses maximes un peu minutieuses; mais elles révèlent le praticien, et en appelant l'attention du lecteur sur des détails que la plupart des hommes dédaignent et négligent trop souvent, elles peuvent avoir une grande utilité.

a Un banquier, dit Gilbart, doit savoir choisir ses associés et collaborateurs, de manière à compenser par leurs qualités les défauts qu'il reconnaît en lui-même. D faut qu'il sache employer ses commis aux détails de ses affaires en se réservant toujours la surveillance et la direction de l'ensemble. On a vu des directeurs de banque user leur santé par un travail matériel excessif qu'ils auraient dû laisser à leurs commis, et négliger le travail intellectuel de la direction, au grand détriment de leurs affaires.

« Un banquier doit savoir économiser le temps, en assignant à chacun de ceux qui travaillent sous ses ordres des fonctions bien déterminées, en leur laissant une certaine latitude pour exercer leurs facultés, se former un jugement indépendant et se sentir responsables.

« n économise encore le temps en adoptant dans ses occupations un ordre régulier. D doit venir tous les jours à la même heure au bureau, y travailler tous les jours dans le même ordre et se retirer à la même heure. En observant cette routine, il évitera l'agitation morale et prendra des habitudes de calme, de travail et de décision qui lui permettront d'expédier beaucoup de besogne sans être jamais ahuri.

« Un banquier doit encore économiser le temps en ayant avec ses habitués et le public des communications aussi courtes que possible. Il ne doit jamais encourager la conversation sur un sujet autre que celui dont il est question, et il fera bien de recevoir son monde debout, afin quon reste moins longtemps à l'entretenir. Le mobilier du bureau doit iitre arrangé de manière que le siège destiné à l'habitué soit plutôt à côté de la porte qu'auprès du feu. Il est utile aussi que le bureau soit placé de manière à avoir une porte pour le public et une autre qui communique avec les bureaux des commis, afin de pouvoir, au besoin, vérifier k l'instant un compte, etc. Il n'est pas bon qu'un habitué qui présente des valeurs importantes à l'escompte, assiste à la délibéra-

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tion du banquier : il vaut donc mieux établir Tusage de la présentation préalable au bureau du principal commis, qui vient consulter le patron et rapporte sa réponse.

a Un banquier doit prendre des moyens pour obtenir et se rappeler les renseignements qu'il reçoit. Il ne doit tenir luimême aucun livre, mais il doit toujours avoir a son bureau : 1** le livre des soldes généraux, où est inscrit, semaine par semaine, le mouvement de ses affaires; 2** le livre des soldes quotidiens, où se trouve un relevé, jour par jour, de tous les comptes courants ; 3" le livre des soldes hebdomadaires sur les escomptes, prêts, etc., obtenus par chaque habitué durant la semaine précédente; 4* le livre d'inspection, où se trouve consigné le montant des valeurs souscrites par des personnes qui ne sont pas en compte avec lui ; 5« le livre d'informations, où se trouvent des renseignements sur le caractère et la solvabilité des personnes avec lesquelles il est en relations d'affaires ; 6"" enfin le mémorial, où sont inscrits les arrangements particuliers faits avec chacun de ses habitués. Tout banquier ferait bien aussi d^avoir une liste de ses habitués, classés par profession, comme marchands de grains, de cuirs, etc. Il verrait d'un coup d'œil dans quelle classe sont ses relations, et quels événements peuvent apporter du gain ou de la perte dans tel et tel commerce. Il trouverait aussi dans cette étude le moyen de juger si les effets que ses habitués lui présentent à l'escompte ont bien pour origine une opération de leur commerce ordinaire.

« Il importe beaucoup de tenir un livre de renseignements. Sans doute, un banquier dont la mémoire est forte et Texpérience grande pourrait s'en passer. Mais la mémoire la meilleure peut tomber en défaut, et cela dans les occasions les plus importantes. D'ailleurs, il arrive, un jour ou l'autre, que le banquier est absent, ne fût-ce qu'un moment, et emporte sa mémoire avec lui.

« Un banquier peut obtenir des renseignements sur un commerçant, soit pour lui-même, soit pour un client, auprès du banquier de ce commerçant. Mais ces renseignements sont défectueux : le banquier auquel on les demande ne juge ordinairement de la solvabilité de ses habitués que d après

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