‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 241 sur 343 · LIVRE V, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE I

rétat de leur compte courant chez lui; et si le compte se balance par un solde créditeur^ les renseignements fournis par lui sont toujours favorables. En outre, le banquier peut avoir intérêt à maintenir ou à étendre le crédit de son client, et à en dire, par suite, plus de bien qu'il n'en pense. Au contraire, les maisons qui exercent le même commerce se connaissent bien entre elles : le marchand en gros sait bien quelle est la solvabilité des marchands au détail qui font des affaires avec lui, et chaque banquier en a quelqu'un de chaque branche de commerce dans sa clientèle, auprès duquel il lui est facile de se renseigner. Il peut trouver aussi d'utiles indications sur les effets mêmes qui passent dans son portefeuille^ s'il a le temps de les examiner.

(( Il importe infiniment au banquier de se tenir au courant de la fortune et des affaires de ses habitués. L'habitué, lorsqu'il se met en compte, fournit lui-même quelques renseignements. Bientôt les livres en fournissent d'autres : le total du compte courant indique l'importance des affaires ; l'état des . balances atteste si le négociant a ou n'a pas beaucoup de fonds disponibles; les effets disent s'il a fait beaucoup d'affaires avec les mêmes maisons et si ces maisons sont bonnes. D'un autre coté, les acceptations du client indiquent l'espèce de gens auxquels il a affaire ou qui ont l'habitude de lut accorder du crédit. Mais le meilleur moyen de se renseigner est de voir l'homme. Ce moyen, comme tous les autres, peut tromper; mais, en général, le port et les manières d'un homme témoignent de son caractère. Il y a des gens qui présentent toujours, par Tintermédiairede leiu-s employés, les bordereaux à l'escompte, etc. C'est fort bien tant qu'ils n'ont pas besoin d'un crédit extraordinaire ; mais s'ils ont besoin d'un crédit qui dépasse les habitudes, le banquier doit faire venir le chef de la maison, et s'il a des doutes sur le caractère de son client, qu'il se rapporte à l'impression que produira la première entrevue : neuf fois sur dix, cette impression ne le trompera pas. Il n'est pas besoin d'étudier la phrénologie ou la physiognomonie pour apprécier exactement le caractère d'un homme avec lequel on cause d'affaires.

« Un banquier de province peut bien plus facilement être

renseigné sur le caractère et la solvabilité de ses habitaés que le banquier de la capitale. En province, tout le monde connaît les affaires de chacun, ses relations de famille, sa fortune, ses espérances et surtout ses habitudes.

« Un banquier doit se diriger dans ses affaires par des principes généraux : il doit savoir d'avance s'il veut ou ne veut pas faire des prêts sur hypothèques, sur contrats, sur connaissements, sur warants, s'il veut escompter du papier qui ait plus de trois mois à courir, etc., etc.

« Le grand avantage des principes généraux, c'est qu'ils économisent le temps. Lorsqu'un banquier répond à un habitué : Il est contraire aux règles et principes de la maison de faire des avances sur connaissement, il n'y a rien à répliquer. A défaut de principes généraux, il faudrait s'expliquer, causer et courir le risque d'être surpris par un interlocuteur habile et beau parleur. Le banquier qui s'est imposé une règle écoute patiemment, sans changer de réponse ni de résolution. , « Il est utile à un banquier d'avoir des principes généraux, et plus il acquerra d expérience, plus il en aura; mais il n'est pas utile de les exposer et de les discuter à tout propos. En général, en cas de refus, il vaut mieux ne pas motiver, La science de la banque est si peu répandue, que les explications du banquier ne seraient pas comprises. D'ailleurs quel raisonnement pourrait prouver à celui qui a besoin d'argent que le banquier n'a pas tort de lui en refuser?... On peut toutefois, dans certains cas particuliers, s'écarter des principes généraux, mais il est bon de ne s'en écarter ni souvent, ni sans motifs graves.

« Dans les grandes villes, il vaut mieux prendre une ou deux branches d'affîaires que de se livrer à toutes les opérations de banque. C'est ce qui se fait à Londres.

« Un banquier doit être prudent lorsqu'il ouvre un nouveau compte sur ses livres. Le nouveau client doit être présenté par quelque négociant dont il soit personnellement connu» Plus ce négociant sera considérable, plus la recommandation aura de poids. A celui qui se présenterait sans parrain, il faudrait demander de qui il se recommande, et en même temps Imterroger sur le genre d'affaires qu'il fait, et sur le crédit

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