‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 243 sur 343 · LITRE V, CHA.PITRE · texte numérisé non relu

LITRE V, CHA.PITRE

signatures, sur celle de l'accepteur. Voir le livre de renseignements. Quelles affaires peuvent avoir été faites entre le tireur et l'accepteur ? Le tireur a-t-il déjà fourni des traites sur le même accepteur, et ont-elïes été payées exactement ? De ces traites, en reste-t-il à échoir, et quand vient leur échéance?

ce II y a des signes précurseurs de faillite qu'uH banquier doit savoir observer. Lorsque, par exemple, la balance du compte courant diminue en même temps ;que les escomptes augmentent ; lorsque les effets présentés à l'escompte portent des signatures suspectes; lorsque les effets retournés ne sont retirés qu'avec lenteur, à la fin du jour : le banquier doit se tenir en garde. Mais il doit se défier surtout des tirages croisés : dès qu'il en aperçoit, il faut aviser aux moyens de se débarrasser poliment du compte.

« Le banquier doit exiger que le compte courant soit proportionné à l'importance des escomptes. Si le solde est faible, le banquier doit conclure que son client est embarrassé dans ses affaires ou qu'il va plus loin que ne lui permet son capital.

« Ce qu'on appelle «c soigner un compte » est une opération qui demande quelquefois beaucoup de prudence, de tact . «t de persévérance. Un banquier, après avoir fait à un client des avances considérables, apprend tout à coup que ce client ne méritait pas sa confiance. S'il supprime le crédit accordé ou le suspend, le client manquera et le fera perdre. Il convient quelquefois, en ce cas, d'attendre, d'accepter les bonnes valeurs, de refuser les mauvaises, de demander de temps à autre des versements et des couvertures, de manière à se remettre peu à peu en sûreté. Quelquefois il vaut mieux offrir une augmentation de crédit moyennant bonnes garanties, mais il faut prendre garde aux garanties difficiles à réaliser. On a vu des banquiers qui avaient fait des avances sur des gages de ce genre perdre plus que s'ils avaient tout d'abord accepté les chances d'une faillite du client. La plupart des banques qui sont tombées, ont péri pour n'avoir pas su regarder une perte en face : d'abord on avait ouvert un crédit avec imprudence, puis, pour ne pas compromettre les

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fonds avancés^ on s'était engage davantage^ puis davantage, jusqu'à ce que le sort de la banque s'était lié à celui du client, et à la fin ils avaient succombé l'un et l'autre. »

On remarquera sans dc»ûte que, dans l'ensemble de ces préceptes, Gilbart semble supposer que le banquier est libre de faire ce qu'il veut, de prendre tel ou tel papier, de refuser tel ou tel autre. Cette liberté existe dans une certaine mesure à Paris, à Londres, et peut-être dans quelques autres ; grandes villes. Mais il en est autrement dans les villes de second, de troisième ordre et surtout dans les campagnes. Or il se fait, dans ces localités, un grand nombre d'opérations de banque plus difficiles que celles des grandes places, et qui demandent au banquier beaucoup de soin, d'intelligence et quelquefois d'invention. Les banques répandues dans les localités obscures sont nombreuses et dignes d'encouragement ou au moins de souvenir ; ce sont en quelque sorte les pionniers de la civilisation commerciale, qui mènent rude vie et endurent les fatigues au profit de tous ; qui vont h la recherche des capitaux et de ce qui, dans les campagnes, est plus rare que les capitaux, des aptitudes commerciales ou industrielles.

, Dans les villes même, il faut souvent traverser des temps fort durs, où les affaires sont rares et la concurrence ardente et aveugle. Il faut du travail pour se défendre des exigence des capitalistes, du travail pour fixer une clientèle capricieuse, mobile, oublieuse des services rendus ; et dans ces situations quelquefois extrêmes, on ne conserve pas sans peine sa liberté. D'ailleurs les principes énoncés dans la citetion cd-dessus sont sous tous les rapports irréprochables.

Il est une espèce de papier que les praticiens traitent avec trop de dédain, c'est le papier bourgeois, si l'on peut ainsi dire, tel que les lettres en recouvrement venant de personnes étrangères au commerce, envois de fonds, etc. Ce papier, il est vrai, n'est pas abondant ; mais il est sûr, puisque jamais il ne vient à l'escompte. Il serait convenable de rencourager, au lieu de lui opposer du dédain et des exigences élevées. Bien accueillir ce papier serait un moyen de populariser la banque et d'habituer toutes les classes de la société à s'en

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