‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 274 sur 343 · LIVRE V, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE III

mières colonnes à droite suffisent : elles présentent la balance des capitaux.

La plupart des banquiers relèvent la balance quotidienpe de chaque compte courant sur un carnet que Ton appelle (c Livre de situation. » La balance des comptes généraux se trouve au grand-livre.

Là, comme dans le commerce de marchandises, tout vient se résumer en totaux. Mais à la différence du grand-livre du commerce/ il est utile que celui du banquier soit tenu par jour et au courant. En général, chaque livre auxiliaire a un compte ouvert au grand - livre , et comme chacun de ces livres ne fournit qu'une somme par jour^ un total, les écritures du grand-livre ne sont jamais excessives.

Il y a des banquiers qui n'ont point de grand-livre, et qui se contentent d'un livre de soldes qui leur présente jour par jour le mouvement de chacun des comptes généraux ou personnels qu'il leur plaît d'y inscrire; il y en a qui n'ont pas de journal proprement dit ou qui n'y portent le relevé des mains courantes que par totaux e^ par jour, comme au grand-livre, et qui, au moyen de signes de repère, relèvent directement, comme nous l'avons déjà dit, sur les mains courantes le livre des comptes courants : il y en a, surtout en Angleterre, qui ont supprimé le livre des numéros. En outre, chaque chef de comptabilité a sa méthode et ses arrangements particuliers, comme chaque comptable a sa manière de calculer, de telle sorte qu'en dehors des principes fondamentaux de la comptabilité ', il est impossible d'indiquer ime règle générale.

Toutefois on peut dire que si le luxe de comptabilité est dispendieux, s'il a ses inconvénients, les lacunes, en ont de bien plus grands et de bien plus coûteux encore. L'absence du grand-livre, par exemple, qui est le contrôle général de la comptabilité, ne permet point au banquier de suivre le mouvement d'ensemble de ses opérations et de chaque subdivision de ses affaires en particulier. Dans plusieurs maisons bien tenues, le grand-livre est relevé chaque semaine sur un carnet que l'on appelle Livre de soldes ou Semainier général,

' Voir, pour Texposë de ces principes, mon Traité élémentaire de comn-

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réglé sur quatre colonnes de caisse à droite, débit, crèdit, soldes débiteurs et soldes créditeurs.

Au fond, la comptabilité du banquier diffère fort peu ou même ne diffère point de la comptabilité commerciale ordinaire. Son compte de capital, ses inventaires semestriels ou annuels ne diffèrent point non plus de ceux du commerce, et ils sont faciles, parce que l'inventaire des livres et de la caisse est fait, en quelque sorte, chaque jour; il n'est besoin de faire qu'un recolement des portefeuilles et de solder les comptes. Il est vrai que dans les maisons importantes la vérification matérielle des portefeuilles est une grosse affaire. Quant aux écritures d'inventaire, elles ne présentent aucun caractère particulier.

Les banques par actions ont une comptabilité semblable à celle qui existe dans toutes les grandes sociétés dans lesquelles les livres spéciaux, tenus au besoin par des employés particuliers, constatent les versements, les transferts, les distributions de dividendes.

Les banques de circulation ont un livre spécial pour Teoregistrement des billets qu'elles émettent ; il indique la date de l'émission , le numéro du billet inscrit à la souche et la somme. La caisse est débitée par ce livre du montant des billets émis, et créditée de ceux qui rentrent et sont destinés ii la destruction. Ceux-ci viennent au débit du compte « billets, » dont la balance indique exactement le montant de la circulation. Ce livre spécial n'est qu'une subdivision du compte Effets à payer, et il est soumis aux mêmes règles que ce compte.

Les comptes de correspondants étrangers doivent contenir une double colonne de caisse, parce que les opérations qui y sont constatées sont presque toujours exprimées en deux sortes de monnaie. Si l'on remet, par exemple, des florms à Amsterdam, la remise est inscrite en florins dans une colonne de caisse intérieure, changée en francs au cours du jour ou au taux convenu, et ressortie à la colonne des francs et centimes. De même, si le correspondant envoie une remise en francs et centimes, elle est inscrite à la colonne à ce destinée et aussi en florins, au change courant ou convenu. Lesdiffé-

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