LIVRE V, CHAPITRE IIK
rcDces, s'il y en a, se passent par profits et pertes, et les francs et les centimes seuls figurent à la comptabilité générale.
§ 4. — Observations.
Nous avons supposé que les vérifications étaient quotidiennes et les écritures constamment à jour dans une banque. Cest qu'en effet les choses ne peuvent guère se passer autrement sans dommage sérieux. Quelques maisons placées dans des localités isolées, et dont les opérations sont rares et lentes, peuvent seules se soustraire à la nécessité de tenir à jour leurs écritures ; encore, pour ces maisons mêmes, la négligence a des inconvénients graves, et plus d'une fois elle a été chèrement expiée. Dans une maison vigilante, chaque matin , tous les articles inscrits la veille au journal sont coUationnés par le chef de la comptabilité ou. sous sa direction avec les divers livres auxquels ils se rapportent ; le chef (le comptabilité vérifie aussi l'inventaire de caisse, etc.
La journée commence yar le dépouillement de la correspondance, qui apporte des billets de banque, des remises, des avis: il faut que tous ces articles soient passés avant l'heure où le public fréquente les bureaux. Puis vient le public, dont les communications remplissent la main courante de caisse, les livres d'entrée, d'effets à recevoir, etc. Le soir, lorsque les bureaux sont fermés, il faut classer et résumer au journal, pointer et vérifier les mains courantes. Le travail delà comptabilité est rude en banque; il absorbe forcément toute la journée.
La manière d'établir des relations avec le public peut abréger beaucoup le travail de la comptabilité ou, tout au moins, Faccélérer et le simplifier. Autrefois, par exemple, et cet nsage dure encore dans quelques départements, on portait au livre des comptes courants les remises des correspondants du dehors et ayants compte en général, effet par effet, et on n'établissait les intérêts et les changes qu'au moment de relever les comptes. De là un travail extraordinaire et considérable à certaines époques de l'année et des chances d'er-
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reur nombreuses. On obvie aujourd'hui à ces inconvénients en faisant le travail presque jour p^r jour, et en le communiquant à mesure à Tintéressé.
Un bordereau est présenté. Aussitôt le comptable examine les effets qui le composent, constate qu'ils sont en forme et acceptables, et fait le décompte dés intérêts, commissions et changes. Puis, selon les conventions^ on crédite l'ayant compte du montant du bordereau et on le débite de lagio, ou bien on le crédite du net produit seulement, comme s'il avait versé la somme en espèces. Le compte des négociations, écrit sommairement sur le bordereau même, lequel est établi sur une feuille fournie et réglée à l'avance par le banquier, est transmis à l'ayant compte, qui peut le vérifier. Au livre des comptes courants, le comptable de la banque n'a plus que le net à inscrire.
La Banque de France, le Comptoir d'escompte et quelques maisons importantes donnent un livret à leurs ayants compte. Mais il semble que les commerçants, soit négligence ou esprit de routine, répugnent à s'en servir et préfèrent des feuilles volantes. Il y aurait cependant avantage pour le négociant à avoir toujours sous sa main un état détaillé de son compte courant en capital. Quant aux intérêts, ils sont calculés bien plus facilement et plus vite, lorsqu'cto débarrasse le compta du détail des remises et que tous les effets sont passés valeur au jour de la négociation. Cette manière de compter, appliquée aux. comptes de banquier à banquier, abrège très-utilement les longues écritures des comptes courants.
Dans les villes où la Banque de France n'a pas de succursale, il faut encore tenir une petite comptabilité des recouvrements sur place. Il est vrai que cette comptabilité, établie seulement sur des livrets, ne rentre pas dans les écritures générales. A Paris et dans les villes où la Banque de France a des succursales, les banquiers préfèrent avec raison avoir la majeure partie de leur caisse en compte courant à la Banque et charger cet établissement de tous leurs encaissements : la Banque fait ce service gratis. En ce cas, les effets à recouvrer ou, comme on les appelle, les effets au comptant, sont remis à la Banque quelques jours avant l'échéance, inscrits,
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