LIVRE VJ, CHAPITRE II
sterling, tandis que celui qui fait une remise de 100 livres sterling achète cette somme de celui auquel il la remet, puisqu'elle est en eflFet passée à son crédit sur les livres du banquier auquel est faite la remise, et que le remettant a le droit de niveler son compte par une traite, c'est-à-dire par une vente de cette somme de monnaie.
Les cambistes désignent les lettres de change payables sur une place par le nom de cette place précédé de l'article le. Ainsi on dit le Londres, le Hambourg, le Berlin, au lieu de dire le papier payable à Londres, à Hambourg, à Berlin.
L'arithmétique des changes se présente à Fœil comme quel- ' que chose de difficile et d'effroyable. En réalité, elle est fort simple. Cependant la pratique des changes s'acquiert lentement, à cause du grand nombre et de la variété des connaissances qui sont nécessaires pour s'y livrer utilement. Il faut connaître, en effet, le nom, la matière, les subdivisions, le pair intrinsèque des principales places cambistes, se rappeler exactement le certain^ sous-entendu sur chaque cote des changes, connaître les usages de place pour les courtages, échéances, les comptes d'intérêt en dedans ou en dehors et savoir comment les diverses places changent entre elles. Ces connaissances positives, et qui ne s'acquièrent pas en un jour, sont indépendantes de l'arithmétique. Il faut en outre à celui qui- veut spéculer sur les changes une connaissance approfondie des causes générales qui peuvent faire varier les cours, soit en hausse , soit en baisse, et ces causes ne sont autres que l'ensemble du mouvement commercial entre les divers pays, etc. L'arithmétique n'est donc qu'un accessoire dans les opérations qui se font journellement sur les changes.
Encore l'action du temps et de la civilisation a-t-elle merveilleusement simplifié l'arithmétique des changes. Depuis 1850, les grandes opérations sur les changes se sont presque toutes concentrées sur les places de Londres et de Paris, et sur quelques places secondaires, telles que Hambourg, Amsterdam, Livoume, Vienne, Pétersbourg. Les villes cambistes telles qu'Augsbourg ou Auguste, comme on l'appelait en banque depuis les premiers banquiers lombards, ont perdu
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presque toute leur importance spéciale. En même temps plusieurs États, comme la Hollande et bientôt TEspagne/le Portugal, ont perfectionné leur système monétaire et y ontintroduit le système décimal. Les décimales ont été admises dans les calculs, même dans les pays où. elles n'étaient pas représentées par des monnaies réelles : le commerce, sur ce point, a pris les devants sur les gouvernements.
Enfin on tend de toutes parts à changer l'une contre l'autre les monnaies de compte de chaque pays, à négliger les anciennes monnaies de change, et l'on cote les changes euxmêmes, à Paris surtQut, de manière à faire prévaloir le système décimal.
^insi déjà les changes avec la Belgique, la Suisse, le royaume d'Italie et la Grèce sont devenus en quelque sorte intérieurs pour les banquiers de France, et Ton ne change pas avec Anvers, Bâle, Genève, Turin, Gênes et Athènes autrement qu'avec Lyon et Marseille. Pour les places qui ont un système monétaire différent du nôtre, on a pris la monnaie de compte de chaque pays, et on l'a comparée à la nôtre, de telle sorte qu'aujourd'hui, pour parler l'ancien langage, Paris donne partout Tincertain. Voici quelle y est actuelJeinent, au pair intrinsèque, la cote officielle.
Change de Paris.
Amsterdam 214 ft*. plus ou moins p. 100 florins.
Hambourg 121 1/4
Berlin 321
Londres 25.22
Madrid
Cadix
Vienne.- .
Trieste. .
Auguste.
Francfort
Pétersbourg 400
— 100 marcs.
— 100 do.
— 1 liv. sterling.
— 100 piastres de 1848,
— 100 florins.
— 100 mai*c8.
— 100 roubles.
Bien que les autres places ne comptent pas toutes avec Paris comme Paris compte avec elles, qu'Amsterdam, par exemple, donne 47,90 fl. plus ou moins pour 100 fr., tandis que Paris donne 214 fr. plus ou moins pour 100 florins, les
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