LIVRE II, CHAPITRE V
on fournit à son créancier un ordre de payer adressé au banquier. La personne qui reçoit cet ordre le remet à son banquier, qui devient créancier du premier ; mais comme celui-ci a presque toujours dans son portefeuille des ordres de payer adressés au second banquier, la liquidation s'opère par des compensations.
Les grandes banques, qui sont les caissiers communs de presque tout le commerce d'une place, font des virements proprement dits. Ceux de la Banque de France s'élèvent k des sommes considérables. En 1874, le mouvement général des caisses de cet établissement se décomposait ainsi qu'il suit : espèces, fr. l,077,36r),900 ; billets, fr. 16.423,147,600 ; virements, fr. 22,615,887,200. On voit qu'à la Banque, plus de moitié des entrées et des sorties de caisse se font par écritures, sans déplacement de monnaie, et que les versements ou payements en espèces métalliques entrent pour moins d'un trente-huitième dans le mouvement total.
Dans la Grande-Bretagne, on a introduit entre banquiers lusage des compensations de compte, sans dépôt préalable. A Londres et aussi à Paris, les principaux banquiers compensent ensemble chaque jour, par des écritures, les dispositions dont ils sont porteurs les uns sur les autres. A Edimbourg les banques d'Ecosse, et à Dublin les banques d'Irlande échangent chaque jour eotre-elles leurs billets respectifs. Par ces deux sortes de compensations, on évite les mouvements inutiles d'espèces, et l'on ne paye que les soldes.