‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 6 sur 343 · ÉCHANGE. -- VALBÏIR. — VALEUR COURANTE · texte numérisé non relu

ÉCHANGE. -- VALBÏIR. — VALEUR COURANTE

Le désir d'acquisition qu'inspire l'appréciation de l'utilité donne naissance à un effort humain qui est la cause première et génératrice de la valeur des choses. Pour acquérir une chose qu'il ne possède pas, l'homme consent à un effort : ou il travaille, ou il cède le produit d'un travail antérieur dont il a la propriété. Cette cession, consentie en vue d'une cession équivalente, porte le nom d'Échange.

L'échange d'un objet contre un autre semble impliquer régalité d'Utilité des objets échangés. Mais lorsqu'on réfléchit un moment à la nature de ce contrat, on reconnaît bien vite qu'il n'est, comme tous les contrats, qu'un simple accord de convenances, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, le point où les volontés se rencontrent. Deux sauvages, réunis par hasard avec des rapports pacifiques, entrent en relations d'échange : l'un possède du gibier, l'autre une peau de tigre : qui fixera le mesure de l'utilité de chaque objet ? Uniquement la convenance personnelle, l'appréciation, le désir des deux échangistes. Si celui qui possède la peau de tigre manque de provisions, s'il est pressé par la faim, il ne tiendra pas compte des peines et des dangers au prix desquels il a acquis cette peau, et il la cédera facilement. Si, au contraire, il est bien approvisionné, le gibier qu'on lui offre en échange aura pour lui peu d'utilité, el il refusera le contrat.

Supposons que l'échange s'accomplisse : où aiira-t-on pris la mesure de l'utilité des objets échangés? Sera-ce. dans la

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