‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 61 sur 343 · ESCOMPTE · texte numérisé non relu

ESCOMPTE

Pierre vend à Paul une partie d'indigo 10,000 fr., payables dans trois mois. Si Pierre a besoin de rentrer dans ses capitaux avant ce temps, il constate sa vente, soit en obtenant de Paul un billet à ordre, payable dans trois mois, soit en tirant sur lui une lettre de change ou un mandat. L'affaire ainsi constatée, Pierre se présente à un capitaliste ou à un banquier, et offre de lui céder son papier sur Paul, sous la retenue d'un intérêt pour le temps qui reste à courir. Le capitaliste ouïe banquier accepte; il acquiert, par un endossement, la propriété du papier offert, et compte à Pierre 10,000 fr., moins l'intérêt de cette somme au taux convenu^ jusqu'au moment de l'échéance. Cette opération s'appelle un escompte, La somme retenue par l'escompteur à titre d'intérêt, commission de recouvrement, etc., prend dans la pratique le nom d'agio.

L'escompte est donc un prêt à intérêt ; mais ce prêt est garanti par un gage, qui est l'opération commerciale par laquelle a eu lieu la création du papier escompté. Dans l'exemple cité plus haut, le billet ou l'acceptation de Paul ne sont pas de simples promesses : ce sont en même temps des témoignages attestant que Pierre, propriétaire de 10,000 fr. dlndigo, a cru pouvoir confier sans danger ce capital à Paul, lequel doit être en mesure de le rendre, puisqu'il est détenteur de la marchandise et en position d'en tirer parti. On suppose simplement que Pierre est un homme intelligent, qui n'a pas voulu perdre sa marchandise en la vendant, et que . Paul se propose de la revendre à bénéfice au lieu d'en dissiper la valeur. C'est donc à tort que Ton considère quelquefois les crédits par escompte comme des crédits purement personnels; il n'y a de tels que ceux, fort rares, qui sont accordés sur le billet de la personne même qui se présente à l'escompte. Ceux qui reposent sur ce qu'on appelle, avec beaucoup de

Digiti

Page 1