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LIVRE II, CHAPITRE XVI

Les arrérages de ces rentes sont payés, par le trésor public, savoir : les 16 février, 16 mai, 16 août et 16 novembre, pour les rentes 5 p. 100 ; les 22 mars, 22 juin, 22 septembre et 22 décembre, pour les rentes 4 1/2 j). 100; les 1" janvier, l" avril, 1" juin et 1" octobre, pour les rentes 3 p. 100. Lorsqu'on dit que le 5 p. 100, jouissance du 16 février, est à 104, cela signifie que 5 fr. de rente annuelle, dont 1 fr. 25 payables le 16 mai suivant, se vendent à la bourse 104 fr. Dans le prix de la rente, vendeurs et acquéreurs tiennent compte de ces 1 fr. 25 payables plus ou moins prochainement. De même, lorsqu'on dit que le 3 p. 100, jouissance du P' janvier, est à 67, cela signifie qu'une inscription de 3 fr. de rente annuelle, dont 75 cent, payables le I" avril suivant, se vend à la bourse au prix de 67 fr.

On appelle coupon » cet intérêt trimestriel. On dit que le . coupon est détaché, lorsqu'on cesse de le comprendre dans la valeur du titre sur la cote et dans les négociations. Ainsi le coupon du 5 p. 100, qui n'est payé que le 16 février, est détaché le 1" février sur la cote et dans les négociations à terme, c'est-à -dire qu'il n'est plus vendu et acheté avec l'inscription à laquelle il appartient. Jusqu'au jour du d^/acftetneîU, il est vendu et acheté avec l'inscription;

Renies étrangères. — Il se fait des aflFaires très-importantes sur les emprunts de divers Etats étrangers, notamment sur ceux de l'Italie, de la Turquie, des États-Unis, du Pérou, etc.

Aciiom. — Après les inscriptions de rentes françaises et" étrangères, les actions des diverses compagnies anonymes, et particulièrement celles qui ont pour objet l'exploitation des chemins de fer, fournissent les titres les plus connus et dont la négociation est la plus facile. La plupart de ces actions ont pris en quelque sorte un titre uniforme. Leur coupure courante est de 500 fr., et il y en a un grand nombre au porteur, ce qui rend les. négociations à la fois plus commodes et plus promptes.

Les obligations des compagnies de chemin de fer, les titres

' Les rentes au porteur ont en effet un coupon d'arrérages joint au titre, ^^ qm est détaché chaque fois que les arrérages sont payés. Les rentes nominatives n'ont point de coupon. Le payement des arrérages est constaté l»ap l'apposition d'un timbre spécial au dos du titre.

124 TRAITK DES OPïtRATIONS DE BANQUE.

d'emprunt de la ville de Paris, les lettres de gage du Crédit foncier, qui assurent aux détenteurs la jouissance d'annuités rachetables à diverses conditions, forment la matière de nombreuses^transactions à la bourse de Paris \

Les titres négociables sont classés ou déclassés. On appelle rentes ou actions classées, celles qui appg-rtiennent à des capitalistes qui les ont acquises pour les conserver et en toucher les arrérages ou dividendes, et qui ont fait cette acquisition comme un placement permanent. Ces capitalistes ne vendent leurs inscriptions ou actions que lorsqu'ils en ont besoin. On considère les rentes et actions classées comme retirées du marché, parce qu'en effet elles y sont rarement vendues et achetées.

On appelle rentes et actions déclassées celles qui appartiennent à des capitalistes, qui ne les conservent pas comme placement, mais qui s'en servent à spéculer, qui n'achètent que pour revendre et ne vendent que pour racheter, afin de . réaliser un bénéfice sur la différence des prix d'achat et des prix de vente. Ces rentes et actions sont l'élément habituel de la spéculation, qui s'exerce à la fois par des marchés au comptant et des marchés à terme.

Nous n'avons point parlé spécialement des fonds étrangers, ni des actions industrielles étrangères, parce que les opérations auxquelles donnent lieu ces deux sortes de titres ne diffèrent qu'en quelques détails insignifiants de celles qu'on fait sur les fonds français et sur les actions industrielles •françaises.

Il n'y a pas longtemps que les gouvernements qui sont souvent les moins dignes de crédit en obtiennent cependant sur les marchés de Londres et de Paris, en se mettant sous la protection d'une maison puissante. On attribue à M. Nathan Meyer Rotschild, de Londres, Tintroduction dans les affaires des titres étrangers au porteur dont les intérêts étaient payables à Londres et à Paris. C'est ainsi qu'il put négocier fiicilement l'ancien emprunt de Naples, dont les banquiers les plus hardis hésitaient à se charger.

* Ceux de nos lecteurs qui désireraient des renseignements étendus sur les valeurs diverses et très-nombreuses qui se négocient à la bourse de Paris les trouveront dans le Manuel des fonds publics cl des Sociétés par actions, par M. Courtois (1874. 554 pages).

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