‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 11 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

une marchandise métallique préférée dans les échanges au numéraire officiel de l'empire. Acceptées par le commerce pour la valeur de métal qu* elles contenaient, on les réauissait en grand nombre, sans plus s^inquiéter de leur provenance et de la marque qu^elles portaient, en bourses, folles^ faisant un certain poids de cuivre métallique qui, pour le commerce, représentait une valeur déterminée (1). Dans de telles conditions, ces monnaies devaient bientôt sortir de l'Orient pour entrer, au même titre de marchandise métallique , dans le commerce de l'Occident et ij mêler aux monnaies de cuivre d* Empire, frappées dans les ateliers du Sénat. Le fait ainsi consommé par la force invincible des choses et des lois économiques en vint mêffle à appeler une consécration officielle, a II est probable, dit ce M. Mommsen (2) , que les empereurs du m* siècle ont a peu à peu admis comme monnaie de l'empire toutes les ce monnaies locales d'argent et de cuivre, parce qu'ils « trouvaient dans ces monnaies, d'un titre relativement ce bon, une ressource précieuse dans la détresse toujons « croissante de la monnaie de l'Empire. Il résulta de ces « expédients précaires, qu*ils détruisirent la monnaie des ce provinces sans améliorer celle de l'Empire. Ces mesures ce ne s'arrêtèrent pas aux dernières émissions, mais elto ce s^appliquèrent aussi à toutes les monnaies qui existaient ce dans la circulation et devinrent de plus en plus géné- « raies. Le grand nombre de pièces de billon et de cuivra

(1) MommseD, M R, t. UI, p. 308. Voy. dans le Num. ehrtm. t. VH* p. 60, la description d'un trébor, trouvé à Mitylèoe, de 400 pièces ^ bronze de la série des Impériales grecques, appartenant à na gr^^ nombre de villes différentes.

(2) M R, t. m, p. 35â et s.

t de Syrie et d^Égypte que nous trouvous aux bords du c Rhin, aux lieux où stationnaient les légions, prouve c bien que, à la fin du iir siècle, les monnaies provinciales t de rOrîent avaient été acceptées dans tout Tempire. » Qaand Aurélien établit son système de centralisation monétaire, transformant en ateliers de la monnaie unique de l'Empire les anciens ateliers provinciaux, il n'eut pas à démonétiser les anciennes monnaies locales, confondues dans la circulation générale du monde romain . Dès avant Ini, on peut constater en Syrie des faits qui marquent de premiers essais pour assimiler les monnaies provinciales, qoe l'on frappait encore, aux monnaies générales d'Empire et pour mettre la main sur le monnayage local, en donnant à ses produits le même cours qu'à ceux qui étaient jusqu'alors exclusivement sortis des ateliers sénatoriaux de Borne et d'Antioche. Quand l'empereur Philippe fit inscrire sur les tétradrachmes provinciaux frappés à Antioclie les mots MONeto VRBeca (1), ce fut pour les assimiler aux pièces de coin proprement romain et pour leur donner cours dans tout l'Empire avec une valeur que nous ne saurions aujourd'hui déterminer (2). Les lettres SC ont été inscrites sur les monnaies de cuivre de Damas au temps de Trajan Dèce et d'Émilien (3), sur celles de PhifippopoHs d'Arabie au temps de Philippe (k) • Les ateliers

(1) Mionaet, t. V, p. 184, n- 285 et 286.

(2) Avec la dépréciation que le denier avait déjà subie sous Philippe (voy . ^ Vn, chap. IV, S 2], ce cours était évidemment bien supérieur à cel^ ^3 deniers^ auquel les tétradrachmes provinciaux d*Ântiocbe avaient M tarifés dans le début de leur fabrication (livre VH, chap. iv, § 4).

0) Eckhel. D N, t. IV, p. 498 ; Mionnet, t. V, p. 297, n« 93 ; Suppl. . *• Vm, p. 203, n» 46.

(*) Mionnet. 1. 1, p. 419. n- 359-361 ; t. V, p. 589. n« 50.

municipaux de ces villes étaient ainsi transformés en ( liers sénatoriaux de l'Empire , et les pièces qui en î talent avaient par là cours l^al dans toute la roman

7. Dans tout ce qui précède, je n'ai parlé que rOrient C*est, en effet, principalement dans les conti helléniques et orientales que nous suivons ici les vieil tudeâ du droit monétaire sous la domination romaine, ce n'est, d'ailleurs, que dans cette moitié de l'Empire ( nous trouvons un grand développement de monnayage j vincial et local. En Occident, les faits de ce genre senti restreints et prennent fin de très-bonne heure, sous premiers empereurs. Il sera donc facile de les embraî d'un coup d'œil rapide, cotnme une sorte de supplémeii l'étude que nous venons de poursuivre dans les proviu orientales.

Il n'y a d'abord pas en Occident de monnayage d' gent provincial distinct de la monnaie générale de VI pire, et il ne pouvait pas y en avoir, d'après la r^ signalée déjà plus haut (dans ce chapitre^ § 3, 1), que, le temps de la République, Eome ne toléra pas en 0( dent, de la part de ses sujets ou de ses vassaux, la &l cation de monnaies d'argent d'un autre système que c( du denier. Les espèces de ce métal frappées dans certû provinces d'Occident pour des occasions particulières des besoins déterminés, celles qui portent le plus manii tement dans leurs types la marque de leur origine pro^ ciale, comme les deniers à la tête d'Auguste et au nom légat P. Carisius (1), frappés en Espagne au cours d(

(1) Eckhel, D N,i. V, p. 16i ; t. VI, p. 92 ; Cohen, M C, pi. X el Cariiia, n- 10-19.

LA LOI DANS LES MONNAIES ANTIQUES lëS

guerre contre les Cantabres et en commémoration de la fondation d*Emerîta (25 av, J.-C,), ne se distinguent en rien de la monnaie d'Empire; elles y appartiennent, et elles andent cours légal partout, au même titre que les pièces sorties de l'atelier de Rome. La monnaie d*or et d'argent, administrée et réglée par l'Empereur, ne se frappait pas, du reste, exclusivement dans la capitale, comme la monnaie sénatoriale de cuivre ; il y avait un certain nombre d'ateliers impériaux pour Tor et pour l'argent répartis dans les provinces occidentales (voy. dans ce livre, chap. rv^, § 2) ;' mais ces ateliers provinciaux n'y frappaient pas, comme en Orient, des monnaies d'une nature particulière, à la circulation limitée dans une certaine circonscription territoriale ; ce qu'ils produisaient, c'étaient te espèces de la monnaie d'empire.

Au contraire, pour le cuivre, Auguste a fait fabriquer «n Afrique, en Mauritanie, en Gaule et peut-être en Espagne, des émissions assez abondantes de monnaies impénales, destinées à n'avoir de cours légal que dans les pro- ^ces où elles étaient frappées. En abandonnant au Sénat la monnaie d'Empire de ce métal (voy. dans ce chapitre, §8, et livre VII, chap. iv, § 1), il paraît ne lui avoir as- ^ d'abord pour ses espèces le monopole absolu de la circulation que dans l'Italie. Les premières émissions sénatoriales, quelque abondantes qu'elles fussent, ne peuvent suffire à fournir de monnaie d'appoint tout l'Occid^t; il était impossible qu'il n'y eût pas une période de '^^ition, pendant laquelle on suppléât à l'insuffisance de W émissions de Kome au moyen de monnaies de cuivre provinciales et locales, dans les pays occidentaux situés hors de l'Italie. C'est ce qui arriva, en effet; mais les me- ^^ qui avaient permis et organisé ce monnayage étaient

si bieD en principe purement transitoires, qu'au fur mesure des progrès de la diffusion du numéraire sén rial, dès qu'il j en eut assez dans les provinces poui besoins de la circulation, Ton mit fin à toutes les fabi tions provinciales et locales. A partir de Néron, to avaient cessé, et il n'y avait plus dans l'Occident qi monnaie d'Empire^ en cuivre aussi bien qu'en or e1 argent.

Les monnaies provinciales de cuivre, du temps d' guste et des premiers empereurs, se distinguent de premier coup d'œil des monnaies d'Empire par i'abs^ des lettres SC, indicatives de l'intervention du Sénat < la fabrication du numéraire de ce métal, lettres doi présence était nécessaire pour donner aux espèces cuivre cours légal dans toute l'étendue du territoire main. C'est d'après leur fabrique, leurs types et les I où on les découvre constamment que l'on parvient àlei tribuer à telle ou telle province.

Eu SicilCi il n'y a pas de monnaie provinciale à pi de la fin des guerres civiles. Le monnayage des gou neurs romains et de leurs questeurs dans l'atelier de norme (dans ce chapitre, § 3, 5) ne se continue pas Auguste. Les noms des propréteurs et proconsuls de cile, contemporains de ce prince, que l'on a pu relevei les monuments numismatiques (1), ne se lisent pas des espèces provinciales, mais sur des monnaies mui pales de colonies (voy. le § suivant), seul monnayage 1 que connaisse encore la Sicile au temps d'Auguste. .] la Sardaigne, il faudrait admettre un monnayage pro cial sous ce prince, si l'on s'attachait à l'opinion d'Ecl

(1) Borghesi, Bu//e/. arch. Napol. nouv. sér. t. VI, p. 31 et 8.

assez généralement adoptée par les numismatistes, d'après laquelle c'est de son temps qu auraient été* frappées les pièces de cuivre portant d'un côté la tête et le nom du dieu SARDVS PATER, de l'autre la tête et le nom de M ATIVS BALBVS PHaetor^ grand-père d'Auguste (1). Mais il n'y a réellement aucune raison déterminante pour croire ces pièces commémoratives et pour ne pas les regarder comme frappées par le personnage lui-même^ pendant sa prétare, c'est-à-dire dans les derniers temps de la Eépublique.

U existe certainement des monnaies provinciales d'Espagne, sous les premiers empereurs, en dehors du monnayage local des colonies et des municipes de ce pays ; mais elles n'ont pas encore été suffisamment étudiées jusqu'ici (2). En revanche, M, L. Millier (3) a parfaitement déterminé celles delà province d'Afrique. Elles paraissent avoir été frappées dans l'atelier d'Hadrumète, bien <iu'elles ne mentionnent aucune ville. Toutes sont du temps d'Auguste ; les unes ont sa tête et son nom (4), d'autres l'ef&gie et le nom d'Africanus Fabius Maximus, proconsul d'Afrique eu 5 av. J.-C., avec aussi le nom de

(i) Eckhel, D N, t. I, p. 271; t. V, p. 145; Cohen, M C, pi. XLVIU, ^^•;Spano, Dullet. arch, SardOy 1. 1, p. 9 et s.

(?) On doit attribuer sûrement le caractère de monnaie provinciale d'Esi^e au grand bronze de Tibère décrit dans Cohen. M 1, 1. 1, p. 122, ^ 36, ainsi qu'aux moyens bronzes de Caligula décrits dans le même ^^e, t. I, p. 150, n<« 28 et 29. Les bronzes de Aloïs Heiss, Monn. ^. ^Eipagne, p. 429, pi. LXV, Monnayages espagnols-latins, n** 1*3, ^^h souvent à Carihagène ou à Sagonte, sont des monnaies provin- ^es de l'Empereur, frappées dans le nord-ouest de TEspagne pendant * gnerre d'Auguste contre les Cantabres.

P) ^mism. de fane. Afrique, t. U, p. 61 et s.

(^) U MQller, t. U, p. 62.

son Quaestor PRO PHaelore , C. Lîvîneîus Gallos Ç d'autres enfin Teffigie de Tempereur avec les noms Cn. Calpurnius Piso (2), proconsul en 1 av, J.-C, et L. Passîenus Rufus (3), proconsul en 3 ap. J.-C. Dans Mauritanie, pendant Pintervalle entre la mort de B chus III (33 ans av. J.-C.) et le relèvement du trône ce pays par Auguste en faveur de Juba II (25 av. J.-C on fabriqua une monnaie provinciale de cuivre au n* deTempereur (4).

Mais le plus important de ces monnayages impériaux cuivre, fabriqués en dehors de toute intervention du î nat pour une circulation restreinte dans de certair limites territoriales, fut celui qui eut pour siège Lugd num, après l'organisation des trois provinces de la Gac par Auguste. Tout le monde connait les bronzes de diff rents modules aux effigies d'Auguste, Tibère, Caligol Claude et Néron, qui offrent au revers l'image de Vmi de Rome et d'Auguste, élevé au confluent du Rhône et * la Saône, et ne portent jamais les lettres SC (S). Ce son comme l'a déjà reconnu M. Mommsen (6), des monnai destinées à circuler exclusivement dans les trois Gaule

(1) L. MQlIer, t. H, p. 61.

(2) L. MQlIer, Suppl. p. 44.

(3) L. MUlIer, Suppl. p. 43.

(4) L. MUlIer, t. lU, p. 101 ; Suppl. p. 73.

(5) Eckhel, DN, t. VI» p. 134 et s. ; Artaud, Discours sur les mêdail d^ Auguste et de Tibère au revers de Pautel de Lyon, Lyon, 1820 ; Ducbali Deser. des méd. gauloises de la Dihl. royale, p. 141 et s.; Cohen, Mit ^ p. 71, n- 273-275; p. 123, n- 39-46 ; p. 165, n- 84 et 85 ; p. « n<> 241.

(6) M R, t. nr. p. 268 et s.

dont les députés se réunissaient à l'autel de LugJunum. Leur caractère purement provincial (voy. déjà plus haut, livre I, chap. i, § 1, 5) ne ressort pas seulement de l'absence de la marque du Sénats mais surtout des nombreuses contremarques empreintes sur le plus grand nombre de leurs exemplaires, contremarques qui fournissent un ample et précieux sujet d'études (voy. livre IV, chap. v, § !)• Quelques-unes ont une origine militaire; elles ont été marquées, pour donner une valeur exceptionnelle et temporaire aux pièces, par les généraux des armées de Germaûîe ou par les chefs des différentes révoltes qui éclatèrent ^ Gaule dans le cours du i"' siècle de notre ère ; nous les Wsserons de côté pour le moment. Mais il importe de signaler ici celles qui ont eu pour destination évidente de donner cours à ces monnaies en dehors des trois Gaules, Les unes assimilent ce numéraire provincial à la monnaie d'Empire ; ce sont celles où on lit \fAPerator ou AVGu^/tis, les lettres plus ou moins réunies par des ligatures, ou bien les deux mots ensemble MAPerator AW&uslm^ PROBa^um, BONum, Hero Caesar Augmtw PRobavit (1), contremarque appliquée aussi sur de nombreuses monnaies de cuivre de wîn romain et qui se rapporte aux modifications apportées par Néron dans le cours des monnaies, Senatw PoputtÂS* ^^«^ Komanus ou Senalus PopulusQue, contremarque de l'iuterrègne républicain qui suivit la mort de Néron (2); die a été également frappée sur un bon nombre de pièces de coin romain des cet empereur (3). D'autres sont desti-^

(i) Borghesi, Ois, num, déc. lil, 8; cf. Cavedoni, Rev. num. 1S61, P- 481.

(•) Voy. D. de Blacas, Rev. num. 1862» p. 197 et 8. (3) De Saulcy, Mélanges de numismatique^ 1875,, p. 186.

nées à donner cours aux pièces seulement dans une pr yince autre que celles de leur origine, probablement da la NarbonnaisCy où on les rencontre souvent; sous forme PP ou quelquefois TTTT, elles constatent le perm sw proconsulis qui autorisait cette circulation. Enfin, en est qui ont seulement pour but d'ouvrir à ces monnaie par une décision de l'autorité municipale, le territoi d'une colonie : telle est celle où on lit Decurionum Deere Elle est particulièrement fréquente et paraît avoir i apposée dans la colonie de Vienne, dont le vaste territoî était si voisin de Lugdunum, mais appartenait à la Na bonnaise. Toutes ces contremarques prouvent que 1 bronzes au type de l'autel de Lugdunum n*étaient p une monnaie d'Empire et ne pouvaient circuler lég lement en dehors des trois Gaules qu*après avoir reçu u estampille de ce genre. Quand on eut cessé de les émetti sous Néron, ils ne furent pas démonétisés, et même ce^ qui n'avaient été frappés d'aucune contremarque con' nuèrent à circuler dans les Gaules sur le même pied q la monnaie de cuivre d'Empire. Les dépôts de monna: antiques que Ton trouve dans notre sol français, et où c pièces sont mêlées aux bronzes des empereurs plus réceni sont là pour le prouver (l).

Le monnayage au type de l'autel de Lugdunum a po ses débuts une date certaine, celle de la dédicace mèi de cet autel en l'an 10 av. J.-C\ (2). Auparavant, la vi de Lugdunum n'était pas seulement le siège d'un mo

(1) II existe un très-grand nombre de contrefaçons barbares • bronzes au type de Tau tel de Lugdunum, fabriquées par les indigè dans les parties reculées du nord et de l'ouest des Gaules.

(2) Sueton. Claud. 2,

ï^ayage colonial dont il sera qnestion un peu plus loin (dans ce chapitre, § 5, 2), mais aussi déjà d'un monnayage provincial sans nom de ville. Nous y distinguons deux groupes : le premier, qui se place historiquement de 40 à 27 av. J.-C. , se compose des grands bronzes, très-ressemblants à ceux des colonies de Lugdunum et de Vienne, ayant au revers une proue de navire sans inscription, et au droit la tête de Jules César avec la légende Divus IVLI VS, ou bien celle d'Octave, tantôt avec la légende CAESAR, tantôt sans aucune légende (1) ; le second, nécessairement postérieur à Tan 27 et au titre d'Auguste décerné à Octave (2) , est constitué par les petits bronzes ayant d'un coté la tête de l'empereur avec IMP CAESAR, de l'autre AVGVSTVS DIVI F avec un taureau cornupète, type des plus petites monnaies de cuivre de la Colonia Copia Lugdunum (3), ainsi que par ceux qui, avec IMP CAESAR du

(1) DuchalaÎB, Méd, gauloises de la Bihlioth, Royale y p. 140; Coben, If i, t. I, p. 13, n» 30, et p. 72, n» 285.

Les pièces décrites dans Cohen, MI, 1. 1, p. 16, n® 5, et p. 70, n«265, gravées dans&iulcy. Système monétaire de la République romaine à l* époque de Jules César (Paris, 1873), pi. VII, n** 5 et 6, sont les monuments d'un monnayage provincial d'Octave dans la Narbonnaise, contemporain et parallèle. On les a souvent attribuées à l'Espagne ; mais elles ne s'y rencontrent jamais, tandis qu'elles se trouvent toujours dans le midi de la Gaule (Saulcy, mém. cit. p. 26), où par conséquent elles ont dû être frappées.

(2) Au moment où Octave reçut ce titre, le monnayage du cuivre, interrompu à Rome depuis Sylla, n'y avait pas encore repris (voy. Mommsen, M R, t. lU, p. 8). La nouvelle appellation qui venait d'être décernée au maître de l'empire fut relutée sur un certain nombre d'émissions de monnaies de bronze, faites en son nom dans diverses provinces : voy. Cohen, M /, t. I, p. 69, u? 260 (pièce frappée en Syrie).

(3) Mionnet, Suppl, t. I, p. 148, n^ 152. — Cette rarissime monnaie, qu'on n'avait pas revue depuis Panel, se trouve dans le cabinet de M. Etienne Récamier.

Le même taureau cornupète est le type du revers d'aurei et de de^

côté de la tête, ont au revers AVGVSTVS et un éployé (!).

8. Pour ce qui est des monnaies locales dans VOa sous l'empire, en Sicile tout monnayage municipal des grecques cesse avec Auguste (2) ; on ne frappe plus, et bien peu de temps encore, d'espèces de ce genre que les colonies romaines. Pourtant l'île de Mélite, qui d dait de la province de Sicile, nous offre encore des de cuivre autonomes (3), sans efifigie impériale, d'un côté la légende grecque MEAITAinN, de Tau nom en latin de C ARRVNTANIVS BALBu^ PROPR qui exerçait sa charge dans les premières années guste (4). En Numidie et en Mauritanie, les monna municipaux des villes cessent avec l'extinction des m chies indigènes et rétablissement du régime pro^ romain. Quelques colonies continuent seules à leur monnaie propre, et en Espagne aussi nous ne rc vons plus sous les premiers empereurs que des nayages de colonies et de municipes de citoyen

niers d'Auguste, qui ont été certainement frappés dans Tatelier ii deLugdunum et portent les dates IMP Xet IMF XII (Cohen, if i 57, n- 116-121 et 137-142). Ces dates sont celles de 12 et 10 av et c'est précisément en Tan 12 que Drusus tint la première asf des délégués de la Gaule pour le culte de Rome et d'Auguste à num (Dio Cass. LXI, 32], avant que l'autel monumental fût achevé et dédié.

(1) Cohen, JJfJ, t. I, p. 70, n«261.

(2) Eckhel, D iV, 1. 1, p. 185.

(3) Eckhel,Diy, t. I, p. 269.

(4) Borghesi, BuU. arch. Napol. nouv. sér. t. VI, p. 32.

mains (1). Dans la Gaule Narbonnaîse, la ville libre et autonome de Massalîe présente, comme nous Tavons déjà remarqué tout à l'heure, une exception unique, et continue jusque dans le ii* siècle la fabrication de ses petits quadrans où rien ne mentionne, pas plus que dans le monnayage d'Athènes, la suprématie impériale.

La province sénatoriale d'Afrique est la seule, en Occident, à nous offrir, au début de Tempîre, un développement de monnayage municipal de villes libres, comparable à celni qui existait en Orient. A la suite de la ruine de Carthage, on avait accordé une large part d'autonomie aux cités du littoral de cette province, comprenant les territoires qui furent plus tard ceux de la Syrtique, de la Byzacène et de la Zeugitane. Elles en avaient profité pour exercer largement le droit monétaire que Carthage^ au temps de sa suprématie, leur avait toujours dénié. Ce droit, du reste, elles ne l'avaient que pour le cuivre, sauf Leptis Magna, qui a frappé, vers le temps des guerres civiles, une pièce d'argent du poids du denier (2). Leurs ^ttussions municipales de cuivre se continuèrent avec abondance pendant le règne d'Auguste , soumises seulement, comme celui des villes grecques, à l'obligation d'y placer "effigie impériale. Les légendes y sont le plus souvent

. (^) Seule ime des Baléares, peut-être Minorque, dépendance de la pronnce d*Espagne dans les mêmes conditions que Mélite de celle de Sicile, ^ ^^ un monnayage indigène sous Tibère, Caligula et Claude, avec la ^^^ble légende DV^^^K en caractères néo-puniques et INSu/a AVGfM/a ^ ï^lîn (Aloïs Heiss, Monn. ani. d'Espagne, p. 422, pi. LXIV, n- 23- ^- Le fait est d'autant plus remarquable qu'aucuii des monnayages des ^loni^ ou des municipes d'Espagne ne descend jusqu'au règne de

C^) L. Mûller, NumUm. de ranc. Afrique, t. H, p. 5, n« 13.

dans la langue du pays et en écriture néo-punique (voj livre V, chap. m, § 2) ; quelques villes ont adopté le latin Une pièce de Gergîs ou plutôt de Cercina mentionne lapei mission proconsulaire qui était nécessaire pour ce mot nayage, PERMw^w L VOLVSI PROCOnSu/w (l), et non fournit par là un renseignement légal de la plus haute va leur, dont Tindication est unique sur les monnaies de cett classe. Pourtant, ainsi que l'a admis Gavedoni (2), il fan interpréter comme se rapportant à l'octroi de cette per mission Tinscription des noms des proconsuls au nomi natif sur ces monnaies municipales de villes libres; c'esl ainsi que nous lisons celui de F. Quinctilius Yarus (pro consul en 7 av. J.-C.) sur des pièces d'Achulla (S) e d'Hadrumète (4), celui de L. Volusius Satuminus (pra consul en 6 av. J.-C.) dans les mêmes villes (5), et cela d'Afiicanus Fabius Maximus (proconsul en 5 av. J.-C. dans la numismatique d'Hadrumète (6), Déjà sous la Bépu blique, le nom de F. Sextilius, propréteur en 94 av. J.-C. avait été inscrit de même sur des pièces de cette dernier ville (7). La mention du proconsul est le plus souven accompagnée de son effigie, fait sur lequel nous reviem drons dans le § 7 de ce chapitre.

Le monnayage municipal des villes libres de la provinc d'Afrique nous offre quelques exemples d'associations d

(1) L. MQIler, t. U, p. 35.

(2) Bull. arch. Italiano, 186i, p. 176.

(3) L. MUlIer. t. U, p. 44.

(4) L. MUlIer, t. U, p. 52.

(5) L. MQIler, t. H, p. 44 et 52.

(5) L. MQIler, t. U, p. 52.

(7) L. MQller, t. II, p. 51.

quelques villes voisines pour la fabrication d'espèces communes, par exemple celles d'Œa, Zitha et Zuchis (1), d'Œa, Macarœa et Bilan (2), de Macarcea et Bilan (3)* Les exemples, on le voit, sont limités à la Sjrtique.

Dans toutes les villes, ce monnayage cesse pendant le règne de Tibère, qui parait avoir révoqué toutes les permissions par une mesure générale. Mais la numismatique d'Hippo Diarrhytus nous offre une bien singulière anomalie. Interrompue sous Tibère avec celle des autres villes (4), sa monnaie municipale reparaît tout à coup sous Albin (5), ^uand depuis bien longtemps on ne frappait plus aucune monnaie analogue en Occident, et se continue sous Macrin et Kaduménien (6), avec la vieille légende HIPPONE UBERA, dans laquelle la ville proclame sa condition de liberté (7) . H est singulier que, en accordant à une ville d^Àfrique une dérogation à toutes les règles administratives admises de son temps en matière monétaire, Albin *it gratifié Hippo Diarrhytus d'une telle faveur au lieu de

^1) L. Mûller, t. U, p. 20.

P)LMinier, t. U,p. 23.

(3) L. MUller, t. II, p. 27.

W) L. MUUer, t. U, p. 167.

P)L.Mtiller, t. n.p.l68.

(^) L. MuUer, t. U, p. 170.

(^ Cette légende soulève un problème jusqu'à présent insoluble. La ^ B*y qualifie de « libre », et pourtant Pline le Jeune {Epist, IX, ^} ^) la traite de colonie, ce qu'elle n'était pas encore au temps de Pline jAacien (H iV, V, 4). Zumpt {Comment, epigr. p. 407) a pensé qu'elle '^t devenue dans Tintervalle; mais cette conjecture parait démentie ^ les monnaies du temps d'Albin et de Macrin, où la ville est toujours "^Ppo Ubera. Faut^il donc admettre, avec Mannert, que Pline le Jeune s'est PQîement et simplement trompé?

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