‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 12 sur 42 · IX · texte numérisé non relu

IX

la réserver à Hadrumète, sa patrie. Mais on rencontre de temps à antre en numismatique des anomalies de ce genre, qu'il est impossible d'expliquer (1). II faut laisser aux découvertes de l'avenir la tâche de nous les interpréter.

9. Nous ne saurions terminer ce § sans dire un mot do droit monétaire des rois vassaux des empereurs, comme nous avons parlé (g 3, 2 et 3) de celui des rois dépendants de la Képublique. Le monnayage de ces rois a quelque importance, et nous {'étudierons en détail dans le livre TU, chap. lY , § 5 . Son étendue et sa plénitude varient suivant les pays ; on y observe des restrictions assez nombreuse» et assez peu uniformes pour établir d'une manière incontestable qu'il n'y avait pas un droit absolu tenant à la qualité royale, mais qu'au contraire la faculté de battre monnaie^ pour les rois vassaux, dépendait d'une autorisatioD de l'empereur suzerain, autorisation que celui-ci réglementait à sa guise et rendait plus ou moins large snivant les circonstances.

(1) Une anomalie bien singulière, en ce qui touche au monnayage dflf provinces, est encore l'apparition sous Philippe, au moment mâme oâ nous avons constaté les premières marques significatives de la tendanco à centraliser la fabrication monétaire et à supprimer le numéraire pro* vincial pour ne plus laisser subsister que le numéraire commun d'Empire. Tapparition à ce moment d*une monnaie provinciale de cdvre propre à la Dacie, PROVINCIA DACIA, et ne portant pas les lettres se (Eckhel, D N, t. U, p. 5 et s.; Mionnet, 1. 1, p. 350 et s.). Les pièces provinciales de la Dacie appartiennent aux règnes dePhiUppe, d'Hostita et d*EmiIien ; elles portent des dates d'une ère particulière dont le point de départ est Tan mil de Rome, 2i8 de Tère chrétienne (Eckhel, D iV, t. n, p. 9 et s.).

Les rois de Thrace, dont le monnayage s'étend jusqu'au principat de Claude (1), les rois, ethnarques ettétrarques juife de la famille d'Hérode (2) , dont le dernier cessa de régner sous Domitien, les rois de Commagènet détrônés parVespasien (3), les dynastes d'Olba en Cilicie, dont la numismatique cesse sous Claude {li)f n'ont jamais été admis qu'au droit de fabriquer des monnaies de cuivre (5), non plus que Philopator, qui, succédant à Tarcondimotus, eut letitrederoi dans la Cilicie supérieure, sous Auguste (6), et

(1) Cary, Histoire des rois de Thrace, etc» éclaircie par les médailles, hri8,1752; Eckhel, D iV, t. U, p. 58-60; Ch. Lenormant, iVum. des f'ir, p. 9-11 ; Mommsen^ Reges Thraciae inde a Caesare dictatorey dans ^Ephemeris epigraphica, 1874, p. 150-165.

(2) Saulcy, Numismatique judaique, p. 115-133; Madden, History of jtmAcoimge,p. 81-133.

(3) Eckhel, D N, t. m, p. 254-259; Ch. Lenormant, Num. des r. gr. p. 114-116.

(4) WaddingtOD, Rev. num. 1866, p. 429-438.

GS) On a bien attribué quelques monnaies d'argent à des rois de îhnce vassaux des empereurs ; mais celles que l'on attribuait à Fassedation de Gotys V et de Rescuporis sont en réalité des monnaies de la ville de Byzance, où la tâte de Cotys ne figure que comme hommage honorifique à un voisin puissant ; nous en avons parlé dans la sect. 5 de 06$. Qoant au tétradrachme du musée de Dresde, imité de ceux de ïhaoe, avec la légende KOTYOC XAPAKTHP (Cary, Histoire des rois * Thrace, pi.' Il, n* 10), je ne saurais le donner avec Cary à Cotys V, ni mâmeavec M. von Sallet {Zeitschr. f. Numism. t. m, p. 242 et s.) à ^78 IV, contemporain d'Auguste et mort en 16 av. J.«C. Il me pa* ^ bien positivement antérieur à l'Empire, et par conséquent je suis P^ à l'attribuer à Cotys III, celui que Pison débarrassa par trahison de ^ adversaire Rabocente, prince des Besses, en 57 av. J.-C. (Cic. In ^' ftt. 34), et qui, neuf ans plus tard, envoya un corps de cavalerie au '^courg de Pompée dans la guerre civile.

(6) Eckhel, D /V, t. III, p. 82 et s.; Ch. Lenormant, Num, des r. gr, p. 72.

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