‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 13 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

que les rois d'Édesse du ir et du in* siècle (1 ) . Au contraii le monnayage de Targent a été permis, dans le système d denier, aux rois de Mauritanie, éteints sousCaligula (S), soi la forme de drachmes grecques au dernier roi de Cappf doce, Archélaiis (3), mort en 17 de l'ère chrétienne, don le monnayage continuait celui des rois antérieurs et servi de type aux drachmes provinciales frappées à Césarée d Cappadoce, aux rois Zénonides du Pont (4), dontlepaf ne fut réduit en province romaine que Tan 6â après J.-C, et aux rois arabes d'Atra, contemporains de Maro-Ait rèle (5). Les seuls rois de la dynastie aspurgienne duBo» phore Cimmérien, dont on a des monnaies jusqu'au temp de Constantin (6) , farent autorisés à émettre des espèce

(1) Eckhel, D N, t. m. p. 512-516; Ch. Lenormant, Num. de$r,f. p. 130-144.

Des monnaies attribuées à ces rois, il faut retrancher les deniers (fir gent de Mannos Philoromaeos , qui appartiennent à Atra.

(2) L. MUller, Numim. de Vanc. Afrique, t. m, p. 103-107; MomniMi ilf R, t. m, p. 249 et s.

(3) Eckhel, D N, t. HI, p. 201; Ch. Lenormant, Num. des r. gr. p. M Mommsen, ilf R, t. m, p. 313.

(i) De Kœhne, Musée du prince Kotchoubey, t.n, p. 169-192; VonSd let, Beitrœge %ur Gesckichte und Numismatik der Kënige des Borpksn und des Pontus^ Berlin, 1866; Waddingtoo, Rev. num. 1S66, p. 417 429 ; Mommsen, M R, t. UI, p. 314 ; E. Curtius, EhrendenkMl dé Kyzikener fur Antonia Tryphœna undihre Familier dans les Monattberidi de TAcadémie de Berlin, 1874, p. 7-20; Mommsen, Reges Tkrsdê inde a Caesare dictature , dans VEphemeris qtigraphiea, 1874

(5) V. Langlois, Numismatique des Arabes avant rishmisme, p.1^

(6) Ch. Lenormant, Num. des r. gr. p. 53-64; De Kœhne, 3hd du prince Kotchoubey, t. U, p. 195^88 ; Mommsen, M R, UÏÏ^ p. 292-299.

d'or, par un privilège unique, tenant à des circonstances locales et soumis à certaines conditions » dont nous reparlerons au g 8 de ce chapitre.

Da moment que la permission de frapper des monnaies de tel ou tel métal leur était accordée paf l'empereur, les m vassaux avaient ipso facto le droit d'y placer leur effigie, en vertu de leur qualité même de rois. Mais le plus souvent ils durent y associer celle de l'empereur suzerain, bien que l'obligation de l'effigie impériale n'ait pas eu, pour les monnaies des rois vassaux, le même caractère de rigueur que pour les monnaies municipales des ailles, et qu'on y rencontre de nombreuses dérogations. Ainsi jamais la tête de l'empereur ne se montre sur les espèces des rois de Mauritanie, de ceux de la Commagène ou de la Cilicie supérieure. Elle est, au contraire, presque constamment présente sur les drachmes des rois Zénonides du Pont (1). A Olba, Ajax, fils de Teucros, met sur ses pièces de cuivre tantôt sa propre tête, tantôt celle d'Auguste ; les autres princes dont nous avons des monï^es frappées dans cette ville, Marc- Antoine Polémon et leroiPolémon II, n'y ont placé que leur propre effigie. En Ihrace, Rhémétalcès P' ne monnaye pas sans mettre sur 8» espèces la tête ou le nom d'Auguste, comme hommage ^ sa suzeraineté ; les rois associés Cotys et Ehescuporis, îui occupent le trône après lui, ne mentionnent plus par rien la suprématie impériale ; mais Rhémétalcès 11 frappe ^ nouveau des pièces de cuivre où l'on voit d'un côté sa *^et son nom, de l'autre l'effigie de l'empereur Caligula, avec une légende en forme de dédicace : TAin FERMA-

(1) Déjà Polémon P' avait placé de môme sur ses drachmes la tôte du *"*ovir Marc- Antoine.

NIKH ZEBAZTH à Caius Auguste y le Germanique. Ëi Palestine, Hérode le Grand et son fils rethnarq[ti( Hérode Archélaiis ont monnayé leur cuivre sans y mettre aucune effigie, pour ménager les susceptibilités religieuses de leur peuple, et n'ont pas mentionné Pempereur sur leuns pièces. Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, fit de même, parce qu'il était obligé aux mêmes ménagements; mais à la fin de son règne, quand il sentit sa position menacée par Tavénement de Caligula et se prépara à aller le solliciter à Kome, il mit sur le côté principal de ses pièces une dédicace à Caius César le Germanique. Pendant ce temps, Philippe, tétrarque dans Tlturée et la Trachonitide, battait monnaie à Teffigie de Tibère. Le roi Hérode Agrippa I*' frappa simultanément en pays juif des espèces sans représentation humaine, et à Césarée,en terre païenne, quelques pièces à sa propre effigie et de beaucoup plus nombreuses avec les têtes de Caligula et de Claude. Hérode Agrippa II fit de même sous Néron, pnis, à partir du règne de Vespasien et de la chute de Jérusalem, on ne fabriqua plus en son nom que des pièces à l'effigie impériale.

Toutes les monnaies de bronze des rois d'Édesse depuis la soumission de cette ville à Tempire, lors de la campagne de Lucius Vérus contre les Parthes, jusqu'au règne de Gordien III, offrent d'un côté la tête de Pempereur et de Tautre celle du roi osrhoénien, sauf une seule, celle q^û associe à un Abgare son fils Mannus. Les drachmes d'argent de Mannus Philoromœus d'Atra sont à ref-* figîe impériale et ont au revers seulement le nom au dynaste arabe. Ici les empereurs romains se* confor* maient à Thabitude des Arsacides, qui déjà antérieu* rement imposaient à leurs vassaux de mettre leur efifigî®

a monnaie (1), toutes les fois qu'ils parvenaient mer une réalité effective à la suzeraineté revene par eux sur toutes les petites principautés taies qui gravitaient dans Torbite de leur monar- [voy. livre VI, chap. v, § û). La numismatique 5 d'Édesse, toute de cuivre, commence tard, avec le îcle de Tère chrétienne, dans la période de supré-

des Parthes que les guerres heureuses de Trajan rrompirent que pour un moment. Les plus ancienonnaies, celles de Mannus VII, de Mannus VIII et l (2) , ont leurslégendesen syriaque estranghelo (voy. r, chap. m, § 5), et quelques-unes de celles duderie ces rois présentent, en même temps que sa tête, le son suzerain Arsacide. En étendant leur supréma- • le pays, les empereurs romains imposèrent la subs- )n du grec au syriaque pour les légendes monétaires présence sur la monnaie de leurs effigies, comme tation de leur souveraineté.

les monnaies d'or des rois du Bosphore Cimmérien, ;ation de Teffigie impériale se montre absolue et ne î aucune dérogation. Ceci tient au métal même des

ffigies de monarques Arsacides comme suzerains sur les monnaies ( vassaux de la Perse : Edw. Thomas, Early Sassanian inscriplalt and coins^ pi. I, n'*' 3-5; A. Levy, Zeitsehr, d. deutseh, Mor- \uUsch. t. XXI, pi. n, n" 1 et 6-8 ; Mordtmann, Zeitschr, f. Nu- IWf pi. U, n**" 21-27. — Effigie de Vologèse U sur les monnaies de ie Val, roi d'Edesse : Num. chron, t. XVHI, pi. à la p. 1, n** 4 ; onnant, Essai sur la propagation de l'alphabet phénicient t. H, * 2, p. 7. — Tête de Vologèse V sur les pièces d'un des derniers laCharacène : Num, chron, t. XVUI, pi. à la p. 1, n'' 9 ; F. Lenorluvr. cit. t. U, p. 86, pi. XU. n» 3.

ur ces monnaies, voy. F. Lenormant, Essai sur la propagation de ^t phénicien, t. H, p. 6-8, pi. I.

pièces, dont l'émission constituait un privilège de la souveraineté impériale (voy. le § 8 de ce chapitre). Et en effet, les mêmes rois dont Tor a toujours la tête de Tempereur sur sa face principale et la leur au revers, sur leurs pièces de cuivre ne mettent presque jamais que leur propre effigie, sans celle du suzerain.

§ 5. — Monnayage des colonies romaines,

1 . En même temps qu'un grand nombre de villes grecques, les colonies, aussi bien de droit romain que de droit latin, et les municîpes de citoyens situés en dehors de l'Italie reçurent presque tous, au début du temps des Empereurs, le droit d'émettre, sous la garantie de leurs magistrats municipaux, des monnaies de cuivre du même système que la monnaie générale de l'Empire, avec la tête et le nom du souverain, et au revers le nom de la colonie ou du municipe (1).

C'était là une dérogation aux anciens principes. Aux temps florissants de la Képublique, la règle invariable du droit public en matière monétaire, admirablement dégagée des faits numismatiques par les travaux de M. Mommsen, avait été celleci. Les colonies de citoyens et les villes dont les habitants avaient été admis au droit de cité complet, se trouvant entièrement absorbées dans le peuple romain, n^avaient plus aucun droit de souveraineté locale; par suite, elles ne battaient pas monnaie et ne faisaient usage

(1) Sur les monnaies coloniales en général, voy. Vaillant, NunUsmatm aerea imperatorum in coloniis pereusia^ Paris, 1695; Eckhel, D iV, t. IV, p. 464^1.

que des espèces officielles du gouvernement romain (1). Les villes admises au droit de cité restreint et passif, civû tas sine suffragio^ pouvaient, au contraire, avoir un monnayage propre et limité dans de certaines conditions (2). On possède une série à^aes grave de la ville étrusque de Cœré (3), celle qui fut la première reçue au droit de cité passif, d^où l'expression de droit cérélin; d'après la fai- Wesge du poids de Tas de cette série (129 gr, au lieu de 218 gr, qui est le poids de Tas étrusque au commencement du iy" siècle av. J.-C), on doit la considérer comme postérieure à 353, date de Tadmiss^ion de la ville à la cité romaine restreinte (voy. livre VII, chap. ii, § 2). Capoue, pendant la période où elle a joui du droit cérétin avec la plupart des autres villes de la Campanie, n'a pas été seulement le siège d'une large fabrication de monnaies d'or et d'argent au nom de l'Etat romain (livre Vil, chap. m, ê 1); elle paraît aussi sous ce régime, vers le milieu du m' siècle avant Jésus- Christ, avoir eu un monnayage

lûunicipal de cuivre taillé sur le système de l'as alors en

ligueur, où elle inscrivait son nom en langue osque (4) ; et parmi les villes voisines dont la position légale était la ïûême, Calatia (5), Atella (6) et Velecha (7) ont eu vers

(1) Mommsen, M R, t. m, p. 210-221.

(2) MommseD, M R, t. m, p. 222-233.

(3) W. Deecke, Elruskische Forschungtn, U, p. 133.

(4) Friedlsender. Oskische MUnzen, p. 915, pi. I-ilI, Capua, n«- 2-26; VoQUQseD, Jf R, 1. 1, p. 263 ; t. UI, p. 227 et 231.

(5) Friedlaender, Oskische Miinzen^ p. 19 et s., pi. IV, Calatia.

(6) Ibid. p. 15 et s., pi. IV, Aldla.

Çl)nnd. p. 17 et s.— Cette ville, qui n*est connue que par des monnaies ^ légendes osques, reste un véritable problème géographique.

le même temps un monnayage analogue (1). Mais les exemples de ce genre sont si restreints par rapport au nombre des villes reçues au droit de cité passif et dont on n'a aucune monnaie, que Ton doit conclure qu'il n'y avait pas là un droit absolu pour les villes de cette catégorie, et qu'elles ne pouvaient monnayer qu'en vertu d'une permission spéciale. Au contraire, les colonies de droit latin, placées légalement sur le même pied que les villes alliées de l'Italie |2), jouissaient du droit monétaire le plus complet, sous le contrôle de l'autorité suzeraine de Kome. M. Mommsen a établi d'une manière décisive (3) que jusqu'en 486 de Kome (268 av. J.-C), c'est-à-dire jusqu'au moment où commença le monnayage de l'argent dans la cité reine (livre VII, chap, m, g 2), le droit monétaire des colonies latines fut sans restriction, s^appliquant à Targent comme au bronze (4). Mais à dater de 486 on le restreignit, pour

(1) Mommsen, M R, t. m, p. 215 et 22i.

(2) Sur le droil monétaire des alliés italiques, voy. Mommsen, M R, t. III, p. 196-209.

(3) iïfll, t. III, p. 177-190.

(4) Les colonies latines dont on a des monnaies d'argent frappées dan^ un système différent de celui du denier sont, en les classant dans Tordra d'ancienneté de leur fondation :

Cora chez les Volsques : Mommsen, M R, t. I, p. 259 ; t. III , p. 182 et s.

Signia chez les Volsques : Mommsen, If /?, t. I, p. 255; t. ni» p. 182.

Cales en Campanie : Mommsen, t. I, p. 162-1G5 ; t. JU, p. 182.

Suessa chez les Aurunces : Mommsen, t. I, p. 162 et 165 ; t. Iti^ p. 182.

Alba chez les Marses : Mommsen, t. L p. 255; t. UI, p. i9t et 185.

Pacstum de Lucanie : Mommsen, t. UI, p. 182 et 187. On a des bronzes du système de la litra campanienne de :

assurer un cours plus étendu à la monnaie d'argent officielle de la République (1 ). Le monnayage de l'argent fut interdit à toutes les colonies comme aux alliés italiques (2) . Peu après, vers 490 (364 av. J.-C), Eome se réserva d'une manière exclusive la fabrication des monnaies pour toute l'Italie centrale et ferma les ateiiers coloniaux de cette région (3). En même temps, le système de Tas fut imposé aux portions du midi de la Péninsule qui avaient eu jusque-là de la monnaie d'argent et employé d'autres systèmes monétaires (4). Enfin l'on enjoignit aux alliés qui conservaient encore un certain droit de monnayage et aux colonies latines qui continuaient à fabriquer des espèces locales, comme Venusia, Brundîsium et Pœstum, de donner à leurs monnaies un poids inférieur à celles de la République ; ainsi l'on frappa dans ces villes des as sé-

■ Cosa : Monimsen, t. UI, p. iSS et 186.

fieneventum : Mommsen, 1. 1, p. 165 ; t. m, p. 182 et 193.

^sernia : Mommsen, 1. 1, p. 165; t. III, p. 182 et 193. Cofîn les colonies latines qui nous ont légué des as de poids libral

Ardea chez les Rutules : Mommsen, t.I, p. 185 ; t. III, p. 182.

Luceria en Apulie : Mommsen, t. I, p. 343 et s.; t. III, p. 182.

Venusia en Apulie : Mommsen, t. I, p. 349 et s.; t. III, p. 182. Je réserve la question de Vaes grave des villes du Picenum et d'Arimi- ^^m, pour y revenir au livre VU, chap, u, § 4. A mes yeux, ce mon- ^yage n'est pas colonial.

(1) Mommsen, M R, t. UI, p. 191 et s.

(2) Pour la suppression du monnayage d'argent chez celles-ci, voy. Mommsen, M R, t. m, p. 202-205. — 11 n'y eut d'exception que pour t«s Bruttiens, comptés alors comme en dehors de l'Italie, et dont les t&onnaîes d'argent se sont prolongées jusqu'à la fin de la guerre d'Annibal: Mommsen, M R,i, I, p. 113; t. lU, p. 205.

(3) Mommsen, M R, t. lU, p. 192 et s.

(4) Mommsen. M R, t. IH, p. 207.

monciaux un siècle avant qu'à £ome Tas eût cessé cl le poids d'une once (1). Les colonies de Copia et de ^ tia, fondées en 193 et 189 avant Jésus-Christ, jamais émis que des monnaies du système de Tas s< cial, ce qui indique vers quelle date ce pied monéta; imposé aux villes li'Italie dépendant de Some. Plu encore, on interdit l'émission des as dans les colonie nés et dans les villes alliées (2), et on ne permit pi frapper que de petites monnaies divisionnaires. Ce de choses dura jusqu'à la Guerre Sociale et aux lois et Plautia-Papiria (90 et 89 av. J.-C.)^ qui admirer les Italiens au droit de cité romaine. La conséquei ces lois fut de supprimer définitivement tout monr local en Italie et d'y substituer Temploi exclusif des ces frappées au nom de Rome, en vertu du princi droit public que nous signalions tout à Theure. C'esi qu'avec la fin de la Guerre Sociale s'était terminé en tout monnayage des colonies, aussi bien que des alliées (3).

Au contraire, les colonies latines de Sicile contini alors leur monnayage, puisque les dispositions not relatives à l'Italie ne regardaient pas cette province, fut de même de celles d'Espagne. Mais aux unes i autres on continua à imposer de tenir le pied mon de leurs espèces municipales au-dessous de celui des e ofQcielles de la République. Comme la loi Plautia-P avait décidé que l'as de Rome serait d'une dem

(i) Mommsen, M A, t. m, p. 194.

(S) Mommsen, M R, t. lU, p. 209.

(3) MommseD, M R, t. m, p. 220 et s.

[IxjTTe VII, chap. in, § 5) , celui des colonies dut être dé- ^oiTuais d'un quart d'oncè (!)•

2. L'époque de la dictature de César, de la guerre civile qui suivit sa mort et du triumvirat, est fort importante dans l'histoire de la numismatique coloniale. C'est alors que commence avec quelque développement le monnayage des colonies situées en dehors de l'Italie, et en même temps nous voyons apparaître alors les dérogations importantes aux règles de droit rigoureusement observées jusque-là sou^ la République. Au milieu du désordre de ces temps, il y a un moment de confusion et d'incertitude au point de vue légal, qui sert de transition au régime nouveau inauguré par l'Empire.

Quand nous voyons la colonie de Carthage battre lûonnaie avant Auguste (2), elle ne fait qu'user du droit qu'avaient antérieurement les colonies latines, à la classe desquelles elle appartient à cette époque. Mais celle de Co- ^the était, au contraire, une colonie de citoyens, qui P^r conséquent, d'après les anciennes règles, aurait dû être destituée de tout droit monétaire. Pourtant nous en avons des espèces coloniales, frappées sous le triumvirat, *vec la tête de Marc-Antoine (3) , et peut-être faut-il rapporter quelques-unes de ses pièces au moment même de sa

(1) Mommsen, M R, t. III, p. i94.

(!) L. Millier, Num. de ranc. Afrique, t. U, p. 149.

(3) Mionnet, t. H, p. 172, n« 180, p. 170, n« 169; Suppl. t. IV, p. 53 et s., n- 371-374, p. 52. n^ 353.

fondation (1). Ici, la violation des anciens principes e manifeste. Elle ne l'est pas moins dans les monnaies c municipe de Gadès^ antérieures à Auguste (2). Dion Cai sius (3) dit, en eflfet, formellement que ce fut le droit cité romaine que César octroya dans sa plénitude ai habitants de Gadès, quand il fit de leur ville un municijg: Ëmporiœ, dans la Tarraconnaise, où César avait env(^ une colonie de citoyens après la bataille de Munda, fraj» avant T empire des pièces de bronze où elle prend le ti-i de municipe, EMPOR — MVNIC (4), qui avait probableme remplacé celui de colonie peu de temps après la mort dictateur, lorsque, suivant ce que nous raconte Ti' Live (5), les habitants indigènes furent admis au mai droit que les colons.

Dans la même période historique , nous voyons ene< Arva de la Bétique et Ilercavonia de la Tarraconns frapper des monnaies où elles se targuent de la qualité municipe ; il faut y joindre, dans la Bétique^ Celtî, lU et lliturgîs, car les formes de légendes monétaires CEL' TANum, ILIPENSE, ILOITVRGENSE, SAGVNTINum, EB SITANVw^ doivent être évidenmient complétées par le nt municipium (6). Je ne parle pas de nombreuses villes esf

(1) Telles me paraissent être les pièces dans Mionnet, Suppl. t. p. 50 et s., n- 337-342, 3ii-347.

(2) Eckhel, D N, t. I, p. 20; Aloïs Heiss, Monn, ant. de tEtpaff p. 350, no 37.

(3) XU, 24; cf. Plin. H iV, IV, 21, 36.

(4) Eckhel, D N, 1. 1, p. 49 ; Aloïs Heiss, p. 100 et pi. IV, n'' 54.

(5) xxxrv, 9.

(6) Cependant la pièce où Ton aurait lu Viunicipium ARVEN«e (Flous Mtdallas de Espatia, t. III, pi. LIX, n» 9; Eckhel, D i\r, t. I, p. ID, vé rifiée sur l'original que possède le 'Cabinet de France, n'est antr

gnoles que Ton sait, par les géographes postérieurs et par les inscriptions, avoir été des municipes, et dont on a des monnaies du même âge ; il est probable que c'est en vertu de leur titre de municipes qu'elles ont monnayé, car il paraît bien dès lors ne plus y avoir eu en Espagne de monnayage local que dans les municipes et dans les colonies. Mais j'aime mieux borner mes exemples aux villes qui prennent cette qualité sur leurs monnaies et dont la position légale, au moment où elles les frappèrent, est incontestable. Je laisse aussi de côté l'abondante numismatique d'Obulco (1), où la ville n'inscrit jamais son titre de municipe ; sans doute on a la preuve, par les pièces où ùa lit les noms des deux édiles, d'abord en écriture turdi- • taine (livre IV, chap. vi, § 2), puis en latin, et par les monnaies un peu postérieures et toutes latines où est mentionnée la décision des décurions ordonnant l'émission monétaire, que cette ville n'a monnayé qu'après avoir reçu le titre de municipe et l'organisation latine ou romaine. Mais la date de ses espèces de cuivre est absolument indéterminée, et ce qui rend la fixation encore plus obscure, c'est que les surfrappes d'une ville sur l'autre (2) montrent que leur fabrication a été contemporaine d'un monnayage d'autonomie purement indigène, à légendes turditaines dans sa voisine Castulo (3) •

qu'une pièce d'Ilipa dont la légende a été retouchée au burin par une main moderne.

(1) Delgado, Nuevo método de dasifieacion de las medaîlas de fJipafla, t. n, p. 219-237, pi. LV-LXI; Alols Heiss, Monn. atU. d'Espagne, p. 302- 305, pi. XLIII et XLIV.

(2) Âloïs Heiss, p. 41.

(3) Aloïs Heiss, p. 284 et s., pi. XXXIX, n- 1-17.

M. Heiss a cru que les monnaies de Castulo, turditaines et latines.

Mais, en Macédoine et en Sicile, nous avons les mon-

portaient Teffigie d'Auguste, ce qui, malgré quelques analogies loîntaines de traits, ne serait admissible que pour ses n** 20 et 21. Sur toutea les autres pièces, on voit une tète diadémée, et jamais ce diadème royal» insigne odieux aux Romains, n*aurait été donné à FEmpereur. PsartanI de cette donnée inexacte, le môme savant (p. 37 et 306) s'est efforcé de placer rémission des bronzes d'Obolco entre 44 et 27 av. J.-C Cest probablement les faire descendre un peu trop bas. Il me semble difficOe d'admettre que des monnaies autonomes purement indigènes, comme celles de Castulo, contemporaines des pièces d'Obulco municipe, aient pu être frappées après César, môme en Bétique. Mais je crois qa*oii ai peut faire descendre la fabrication jusqu'à son expédition d'Espagne. Quand nous avons parlé plus haut (dans ce chapitre, § 3, 4) du retrait général des permissions de monnayage aux villes espagnoles après la guerre de Numance, ceci s'appliquait seulement à la licence de frapper des espèces d'argent, et il est probable qu'il y a, môme dans la provinoe Citérieure, plus d'une monnaie autonome purement indigène, à légende ibérienne, mais en bronze et surtout à types autres que le cavalier, fitbriquées postérieurement à la guerre de Numance. En outre, cette mesure ne s'appliquait qu'à l'Espagne Citérieure, où avaient eu lieu les révolteB qui la motivèrent. Elle n'avait pas de raison d'être pour la province Ultérieure, où il semble que les villes d'origine phénicienne, assises sur le littoral, monnayaient seules à cette époque. Dans toute la provinoe Ulté» rieure, il n'y a qu'une seule ville qui ait émis des deniers appartenant à la période du grand monnayage d'argent de la province Ultérieure ; c'est celle dont la légende ibérienne est expliquée comme donnant le nom d*ïliberi par M. Aloïs Heiss {Monn. arU. ^Espagne, pi. XLYIH, n** 1-^, celui d'//tpa d'après d'autres interprètes. Quant au monnayage de cuivre des villes de cette région, à légendes turditaines aussi bien que latines, il a été tardif, et je ne crois pas qu'il offre guère de pièces antérieures an I*' siècle av. J.-C. Commencée plus tard que dans la province Citéneore, pour ce qui est de l'intérieur des terres, l'émission de monnaies de bronze produites par une autonomie purement indigène s'est aussi contûiiiée plus tard en Bétique. Ainsi il est positif que Gadès a oontmoé, jusqu'au moment où César en fit un municipe de citoyens, à frapper comme ville libre non latine ou romaine ses autonomes de cuivre à légêôde punique.

Tout ceci me conduirait à penser que les monnaies, contemporaines les unes des autres, de Castulo et d'Obulco, ont dû être frappées un peu avant César, qui rassembla ses troupes sous cette dernière ville dans sa

naies de Stobi (1) et d'Enna (2), où ces villes prennent la qualité de municipes^ et qui sont antérieures à la constitution définitive de l'Empire. Il est vrai qu'aujourd'hui, par suite de la découverte des tables de Salpensa et de Malaca, il parait positif, comme l'admettent MM. Momm* 860 (3) et Kudorff (4), qu'il y avait des municîpes de droit latin à côté de ceux de droit romain, bien que ceci soit encore révoqué en doute par MM. Zumpt (5) et Walter (6) . Le développement du monnayage des municipes Âtaés en dehors de l'Italie, tel que nous le constatons entre la mort de César et l'organisation du pouvoir impé- . rial^ne serait donc pas nécessairement dans tous les cas une irîolation de l'ancien principe privant de droits monétaires les villes admises à la plénitude des droits de citoyens. Pour la plupart, on peut penser qu'il s'agit de municipes de droit latin. Mais il n'en est pas de même de Corinthe et dcGadès; là, ce sont positivement une colonie et un munidpe, tous les deux de citoyens romains, qui, maigre cette qualité, émettent une monnaie locale et particulière, distincte de celle de l'Etat romain. L'existence de mon- QÛes coloniales de Vienne, dans le pays des Allobroges,

gQwre contre les fils de Pompée. Rien ne s'oppose, d'ailleurs, à ce que l'onadmette qu*0bulca était un municipe de droit latin, et dans ce cas ^ pouvait battre monnaie dès cette époque ^ns déroger aux principes légiQx du temps de la République.

W) Eckhel, D N, i, II, p. 77 ; Mionnet, 1. 1, p.488, no 288. P) Bckhél, D N, 1. 1, p. 207.

P) StadtreekU, p. iOO.

(4 >tefli. Hecklsgesch. h % 12.

W&ikf. rom. p. 269et8.- ^«•c&. des rem. RechU, I, S ^17.

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