La monnaie d'État de la République
ROMAINE
Il nous reste, pour terminer notre étude sur le droit uaire dans l'antiquité, à porter maintenant nosresur la série romaine proprement dite. Là, nous allons ir le droit de monnayage constamment attribué, sous mblique et sous l'Empire, à la souveraineté, quelle Ai la forme qu'elle revête.
idant toute la durée des temps républicains, c'est au le l'État et sous sa garantie officielle que sont fabriles monnaies. Pendant longtemps, elles ne portent es types religieux assez uniformes, arrêtés par les
ckhel, D N, t. Il, p. 5.
lionnet, t. VI, p. 4i<9, n<> 3396, et p. 49i, n» 3612.
autorités publiques et puisés dans la religion de l'État; ^ première légende, d'abord Tunique et jusqu'assez tard ^ principale, est le nom de la villle, ROM A.
Cette légende, malgré sa forme au nominatif qui s'écar^^ complètement des habitudes grecques en pareil cas, n' pas rindication du lieu d'émission, mais la marque de souveraineté de TÉtat romain. Aussi apparaît-elle d'abon^ sur les pièces émises au nom de la République, mus ho: de la ville même de Rome. Le premier aes grave coulé d Bome, celui du système libral (livre YII, chap. u, § 3) est anépigraphe ; pour trouver sur les monnaies d^ Y lier romain la légende ROMA, il faut descendre aux sions à'aes grave déjà fortement réduit qui se rapprochen du poids triental (livre VII, chap. n, § 5), c'est-à-dire q ont été fabriquées vers le milieu du v*" siècle de Borne encore la légende n'y figure-t-elle que sur les divisions in férieures, frappées au marteau; mais» tant que l'on emploi le procédé de la fonte pour les tailles supérieures, restent sans inscription.
Au contraire, en plein règne du poids libral non réduit^-nous voyons des as coulés à la légende ROM A , qui ont fabriqués dans une ville encore indéterminée de ritali< centrale (1) et dont les types comme le style sont tout fait étrangers à l'atelier urbain (2). La même légende lit sur une série frappée, de style grec et de poids
(i) La lettre U, qui se voit dans le champ du revers sur qa de ces as, doit être l'initiale du nom du lieu d'émission.
(2) Les types sont : Tête de Minerve de face coiffée d'un casque à aigrettes; ^ Bœuf marchant à d. : Marchi et Tessieri, Lœs grave Museo Kircheriano, incertCy pi. Y, n^ 15 ; pi. suppl. n® 1 ; Baron d'Âill^^* Recherches sur la monnaie romaine, 1. 1, pi. XLVUI ; Mommaen, M R^i* ^* p. 189.
>ral , qui n'oflfre que les tailles divisionnaires du trieus , L quadrans, du sextans, de l'once et de la semuncia, et ^nt Tatelier d'émission a été sûrement dans une ville de Lpulie ou de la Campanie, peut-être à Suessa (1). Dans les monnaies des trois métaux frappées pour la ^publique à Capoue et connues sous le nom de série fnano-campanienne (2) (livre VII, chap. m, §1), delis 340 jusqu'en 317 av. J.-C, la légende est RO- ANO, orthographe avec anousvara (3) pour Romaom (4), ancien génitif pluriel employé ici à la façon tecque (5) ; après 317, elle est ROMA, à la façon romaine, t jamais elle ne manque, soit sous l'une, soit sous l'autre brme.
(1) Marchi et Tessieri, classe I, pi. XII, n^' 2-3; D'Ailly, t. U, pi. LXVU, i-i-9; Mommsen, M R, 1. 1, p. 190.
(2) Mionnet, t. I, p. 127 et s.; Suppl. t. I, p. 237 et s.; Coheti, M C, J. XUil et XUV ; Ch. Leaormant et De Witte, EL des mon. céramogr, . I, p. XLiXLV ; Mommsên, M R, 1. 1, p. 260-267.
(â) Sur cette habitude orthographique en latin, particulièrement sur les lonuments numismatiques, voy. Longpérier, Rev. num, 1864, p. 333- 50; nous y reviendrons au livre V, chap. n.
(4) La légende ROM A NO M, avec orthographe pleine, se lit sur un ngot carré du poids de plusieurs livres (Eckhel, D N, t. Y, p. 50; Rev, nm. belge, t. U, pi. VU et VUI ; MooMnsen, M R, t. I, p. 176 et 329); il B paraît pas coulé à Rome môme, et la date peut en être relativement tarife pour un monument de cette classe (voy. livre VU, chap. ii, $ 2). loant au lingot de môme nature portant N. ROMANOM (Rev, ntun, S64, pi. X et XI; Mommsen, M R, 1. 1, p. 331 ; t. IV, p. 6 et s. pi. El t iV), il est si singulier que je ne saurais en tenir Tauthenticité pour bsoloment certaine, malgré la haute autorité des juges qui Tout dmise*
(5) Friediaender, Oskische Munzen, p. vi*
. 2. Toutes les plus anciennes monnaies d'argent de 1* série romaine, dont l'émission commença en 486 de Boncme 268 av. J.-C. (livre VII, chap. m, § 2), ont été fabriqn exclusivement à Rome même. Un peu plus tard, v 525 de Rome, 229 av. J.-C, et même peut-être avants 1^ gouvernement de la République établit dans les provînc5«* un certain nombre de succursales de l'atelier urbain, destinées à fabriquer la monnaie d'État dans les provinces {9 ) • A ce moment, toutes les espèces romaines, outre la légen.^^ principale ROMA , portent un monogramme ou qudqix^?^ lettres indiquant en abrégé le nom de la ville où elles o été frappées. Les ateliers secondaires étaient situés la circonscription consulaire, qui comprenait l'Italie la Gaule Cisalpine et Tlllyrie (2). Sur les pièces d*argejm* on trouve les marques en monogramme ROMA (3), in pendamment de la légende principale dont les lettres s» détackées, VIBo (4), KOPîtupa (5), et en lettres séparées Lceria (6), CROTo (7). ce On ne connaît jusqu'ici, remarq^ M. Mommsen, qu'un seul denier de cette espèce, et il
(1) Mommsen, M R, t. II, p. 55; Bahrfeldt, Zeitschr. f, Num. t. V, p. . (2) Voy. Mommsen, Die Hechlsfrage xwischen Cœsar und dem Sénat, p«..
(3) Cohen, Jf C, pi. XUII,n"5 et 7j pi. LXX, n*> 6; Momms-e*^ M fl, t. II, p. 225, n° 6; D*AilIy, t. U, pi. CIX, n<- H-18, pi. CXUI, n»
(4) Cohen, M C, pi. XLI, Vibia, n*»* 1 et 2 ; Mommsen, Jf A, t. p. 231, nMl.
(5) Cavedoni, BulL de tlnet. areh. 1856, p. 77; Riccio, CataL pi. Il*» 15 ; Mommsen, M R, t. U, p. 230, no 9 ; D'Ailly, t. il, pi. Il- 4 et 5.
(6) Riccio, Catal. pi. V, n* 1-4 et 19; Monete di Ltieera, classe ^ n- 1, 3, 4, 8 et 15 ; Mommsen. M R, t. II, p. 227, n» 8 ; D'AilJy, t. ^■* pi. au, n- 10-17, av, CV et CVI. n- 1-11 .
a) Cohen, if C, pi. XXVU, MetUia, n« 1; Mommsen, if B, t. 0, p. n» 10.
marqué du monogramme de Rome ; il paraît que les ateliers secondaires n'ont émis que le victoriat, le quinaire et le sesterce d'argent avec toute la série de cuivre à partir de l'as, et qu'il leur a toujours été interdit de frapper des deniers ; les pouvoirs qui leur étaient accordés n'auraient ainsi comporté que la fabrication de la monnaie divisionnaire ou de second ordre. » Un certain nombre d'ateliers n*oiit même frappé que du cuivre ; ce sont ceux que désignent les marques CAnusium (1), KApua (2) et Paestum (3). Les lettres C-M paraissent désigner une dernière localité oix Ton émettait des victoriats d^argent (4). Tous ceux de ces ateliers que l'on peut déterminer étaient situés dans des colonies latines ou dans des villes alliées jouissant des conditions de l'alliance la plus favorable (5), et quelque^unes d'entre elles, comme Luceria, Canusium, Ca- Pone^ Corcyre, fabriquaient en même temps des monnaies de cuivre à leur propre nom.
Cette organisation des ateliers secondaires dans diverses
Ci) Riccio, Caial, pi. V, n<> 2i ; Monete di città, p. 42 ; Mommsen, ^ ^. t. II, p. 232, n^ 12 ; D'Ailly, t. H, pi. Cl, n"» 1-16. C2) Riccio, Catal. p. 18; Mommsen, if R, t. H, p. 233, n^" 13.
C3) Riccio, Catal. pi. V, n<>* 7-9, 18 et 22; Mommsen, M R, t. û, P- 235, n» 17; D'Ailly, t. H. pi. CVIII, n^» 12-19, et CIX, n»» 1-5.
C4) Riccio, Monete difamiglie, p. 262; Mommsen, M R, t. U, p. 234, ^^ i6; D'Ailly, t. U, pi. Q, n« 17 et 18.
^. Bahrfeldt (ZeisUhr. f, Num, t. V, p. 33 et s.) explique encore par noms de villes quelques lettres isolées qui se voient dans le champ de "^Onnaiesd'argent de la même époque, prenant H pour l'initiale de Her- ^'c^v^îa, C comme celle de Canusium, Mais, comme ces lettres se rencon- ^ent sur des deniers, je croirais qu'il faut y reconnaître des marquer de Monétaires romains plutôt que d*ateliers succursales.
^ (SS) Croione, où l'un de ces ateliers était placé, n'a regu sa colonie de ^ioyeos qu'en 194 av. J.*C., c'est-à-dire après que l'émission de la série ^oat nous parlons Rivait déjà pris fin .
villes ne paraît pas avoir été de longue durée. On y i nonça pendant le cours de la guerre d'Hannibal, pour revenir au système du monnayage d'État centralisé l'atelier de Rome, à l'exception des pièces frappées traordînairement dans les provinces en vertu des pouvoî de Vimperium militaire, monnayage particulier dont no traiterons au § 7 de ce chapitre. Du moins, si quelques-a des hôtels des monnaies accessoires dont nous venons parler, comme celui de Luceria et celui de Pssstum, {> raissent avoir continué quelque temps encore leurs sions de monnaie d'État, ils ne donnèrent plus absolumeKi'fe que des espèces de cuivre.
3. En quelque lieu qu'elles aient été fabriquées, monnaies d'argent et de cuivre de la République ro d'une époque élevée portent l'inscription ROMA, marqi de la souveraineté qui les a fait frapper. Sur les monnai d'argent, remarque M. Mommsen (1)^ cette légende c manque jamais avant 640 de Rome (114 av. J.-C.); la voit même presque toujours jusqu'en 650 (104 J.-C), à quelques rares exceptions près. Depuis 1' née 670 (84 av. J.-C), elle ne sert plus qu'à l'indicatic'^ du type, par exemple sur quelques deniers de T. et de Caton d'Utique, à l'époque césarienne. On peut 1 prêter la même signification sur quelques pièces an rieures. Le plus ancien denier de date certaine qui porte pas le nom de Rome comme nom de la ville souv raine est celui des questeurs urbains Cépion et Pison (2
(1) M R, t. II, p. 166.
(2) Cohen, JfC,pl.X,Ca/piimta,no24; Mommsen, Jf/?, LU, p. 385, n*l
ppé entre 651 et 654 (103-100 av. J.-C.) ; les derniers date certaine qui le portent sont ceux de L. Piso igi (1) et de D. Silanus (2), frappés en 665 (89 av. I!.), » et c'est pour l'opposer à la légende ROMA que
Italiotes ont inscrit ITALIA ou Viieliu en osque sur rs deniers du temps de la Guerre Sociale (3). ï Par conséquent, tous les deniers portant le nom de me, quand ce nom n'est pas destiné à expliquer le type, Tont être considérés comme antérieurs à la Guerre Sole, et tous ceux qui ne le portent pas seront incontestament postérieurs à Tannée 640.
t La légende du nom de Rome se voit beaucoup plus gtemps sur les pièces de cuivre que sur l'argent. Dans îlques séries, on le voit sur les pièces de cuivre et non
le denier. ROMA se lit sur tous les as de poids oncial y. livre VII, chap. m, g 3), excepté un seul, celui de atulus Marcellinus (4). Le nom de Rome ne tend posiement à disparaître qu'après l'adoption du système loncial (livre VII, chap. m, § 5); et même alors cette ^pression ne fut pas aussi absolue sur le cuivre que sur •gent, car le nom de Rome reparaît encore sur les as de rtus Pompée. »
est le nom du magistrat monétaire, signant la pièce
If
[) Cohen, M C, pi. IX, Calpurnia, n^s 3-21 ; Mommsen, M Rj UU, 07, n«212.
0 Cohen, M C, pi. XXm, Junia, n<>s 4-10 ; Mommsen, M R, t. H, 409, n° 213.
)) FriedlsDnder, Oskische Munzen^ pi. IX et X ; Mommsen, M R^ t. H, 420-426.
4) Capranesi, Ann. de l'Inst, arch, 1842, p. 131; fiorghesi, Osserv, R. déc. XVU, 6, dans les Œuvres complètes^ t. U, p. 32 ; Mommsen, R, t.n, p. 401, n° 207.
comme responsable, qui tend ainsi, dans la seconde moitié du VII* siècle de Rome, à supplanter graduellement la légende ROMA. Les plus anciens deniers, comme les vieilles pièces de cuivre coulées de Tâge antérieur, ne portaient aucune signature de ce genre, sous une forme quelconque. On y voyait seulement au droit la marque de la valeur de la pièce (1) et au revers le nom de la cité souveraine. La plus ancienne forme de la signature du magistrat responsable, empruntée aux usages des Grecs, fut Tintroduction dans le champ du revers^ comme type accessoire, du symbole personnel gravé sur son cachet (voy. livre IV, chap. III, g 1). On en a déjà des exemples avant la réduction du denier, survenue en 217 av. J.-C. (livre VII, chap.. m, g 1), et M. Mommsen (2) croit pouvoir fixer la première apparition de ces symboles des monétaires vers 520 de Rome (234 av. J.-C). ce Depuis lors, remarque le savant prussien, malgré Tusage bientôt général de mettre en
(1) Voici les règles chronologiques que M. Mommsen (M R, t. n, p. i64) pose au sujet de ce genre d'indications : « Les anciennes pièces d'argent portent toutes le signe indiquant leur valeur, à l'exception du victoriat, parce qu'on le considérait à peu près comme une monnaie étrangère ayant plutôt une valeur commerciale qu'une valeur monétaire (voy.
liv. VI, chap m, §4) Jusqu'en 640 de Rome (114 av. J.-C.)«la vàdeor
est toujours indiquée sur les deniers; depuis 665 environ (89 av. J.-€.), elle ne l'est jamais, et entre ces deux dates il n'y a pas de règle fixe. Ce
critérium est un des plus infaillibles pourfîxer l'Age des monnaies La
marque de la valeur s'est conservée plus longtemps sur le cuivre que sur l'argent ; il y a des séries dans lesquelles on la trouve encore sur le cuivre, alors qu'elle a déjà disparu de l'argent. A l'époque do système oncial, elle manque quelquefois sur les plus petites fractions, par exemple sur la demi-once et sur l'once, très-rarement sur le quadraos ou sur l'as. Après l'adoption du pied semoncial, elle manque plus souvent sur les as, et alors on la retrouve encore sur les fractions. •
(2) MR,i. U, p. 171.
toutes lettres le nom du monétaire sur les pièces, on trouve encore, vers le milieu du vu* siècle de Rome, des deniers qui n'ont d'autre marque accessoire qu'un emblème de monétaire. Les noms de ceux-ci ne se rencontrent pas avant 537 (217 av. J.-C), mais bientôt après. On les voit paraître à la fois sur le cuivre et Targent. Originairement, le nom du monétaire était inscrit en lettres liées ensemble, formant ainsi une sorte de monogramme, et les lettres n'étaient détachées les unes des autres que lorsqu'il devenait impossible d'en faire une ligature, comme pour TOD, GR; alors on se contentait d'une abréviation. Plus tard, ces lettres entrelacées paraissent plus rarementj et on les remplace par des initiales. Ce n*est que vers la fin du vr siècle que les monétaires commencent enfin à mettre leurs noms en toutes lettres. Le nom de Some, qui se trouve sans exception écrit en toutes lettres, reste pendant quelque temps associé à celui des monétaires; nous avons vu qu'il disparaît vers le milieu du vn* siècle, le nom du monétaire étant devenu la légende principale, après n'avoir été d'abord qu'un simple accessoire. C'est alors que, par un revirement assez singulier, le nom de Rome, avant de disparaître entièrement, se montre encore de temps en temps sous la forme d'un monogramme (1), et même, plus rarement, indiqué par une simple initiale (2).
(1) Sor les deniers de L. Marcius Philippus (Cohen, J/ C» pi. XXYI, Mania, n« 5; Mommsen, J/ A, t. U, p. 346, n<> 156), de T. Didius (Cohen, Jf C, pi. XVI, Didia; Mommsen, t. U, p. 349, n^ 158) et de L. Piso Fnigi (Cohen, M C, pi. IX, Calpumia, n^"* 3-21; Mommsen, t. U, p. 407, n» 212).
(2) Sur quelques exemplaires du denier de A. Aibinus (Cohen, M C, pi. XXXV, Postumia, n« 4).
a D'après Tancieniie législation, chaque fonctionnaire était indépendant de ses collègues et pouvait exercer les fonctions de sa charge sans leur concours. C'est d'après ce principe que Ton ne voit dès l'origine qu'un seul nom de monétaire sur les pièces, ce qui eut lieu d'ailleurs le plus souvent. Cependant, dans le courant du vu* siècle, on trouve deux et quelquefois trois monétaires nommés à la fois.
(( Les titres des fonctions et des honneurs ne commencent à être mentionnés sur les monnaies qu'à une date assez récente. Dans la seconde moitié du vu* siècle, cette indication devient fréquente sur les pièces des émisions extraordinaires ; il arrive même que le nom de la dignité s'y trouve sans celui du dignitaire. Cependant il faut bien remarquer que l'indication de la dignité n'était pas indispensable, même sur les pièces frappées extraordinairement. . . . Comme de raison, les officiers ordinaires de la monnaie furent les derniers à mettre sur leurs pièces le titre de leur charge. » Il était évident que le nom inscrit sur la monnaie devait être présumé celui d'un magistrat monétaire régulier, à moins d'indication contraire.
4. La modification graduelle des types des deniers de la République romaine suit une marche exactement parallèle à celle de la modification des légendes. Fendant toute la période ancienne, les types restent uniformes, d'un caractère religieux; ce sont ceux de l'État.
Au droit, on voit la tête de Pallas ou plutôt de la déesse Rome (1) , coiffée d'un casque ailé. Cette tête se main-
(1) Sur les iocortiludes auxquelles donne lieu la détermination pré-
tient sans variation jusqu'au milieu du vu* siècle de rère romaine, a II n'y a que six ou tout au plus sept deniers avec la marque de leur valeur et le nom de Rome sur le revers, qui s* éloignent de cette règle (1). » Et toutes ces pièces sont postérieures à 640 (Hû av. J.-C.) . Ce n'est que plus tard, lorsque le nom de Rome chauge de place ou qu'il manque entièrement, que l'on voit la tête de la déesse Rome remplacée habituellement par celle d'une autre divinité ou par celle d'un des ancêtres du monétaire. Encore, jusqu'à la dictature de Sylla et même de son temps, à côté des pièces à types nouveaux, il s'en trouve qui conservent l'ancien type.
Le revers le plus ancien des monnaies d'argent de Rome est, comme tout le monde sait, le type des Dioscures à cheval^ tels qu'ils étaient apparus combattant dans les rangs des Romains à la bataille du lac Régille (2). Mais, dès avant la première réduction du denier et même l'apparition des petits symboles personnels des monétaires^ on
cise de cette tête. voy. Olivieri, Saggi delP Accademia di Cortona, t. IV^ p. 133; Eckhel, D iV, t. V, p. 84; Borghesi, Oss. mm. décad. I, 4; Cavedoni, Saggio di osservazioni, p. 124; Aldini, Sul tipo primario délie an^ tiche monete délia Romana Republica, dans les Mem. delV Accadem. di Tonno, 2* sér. t. Hlet IV; F. Kenner, Die Romatypen (Vienne, 1857), p. 11 et s.; Mommsen, M A, t. II, p. 8, 19 et 181 ; D'Ailly, Recherches iur la monnaie romaine, t. U» p. 43 et s.
(1) Mommsen, M R, t. U, p. 181.
(2) Les Dioscures étaient^ d'ailleurs, assimilés aux Pénates. De plus, il ne faut pas oublier que, comme le remarque M. Mommsen (if R, i. U, p. 29), c les Dioscures étaient considérés comme les dieux tutélaires des chevaliers romains, c'est-à-dire de la portion du peuple-roi qui s'occupait plus particulièrement du commerce ; le quartier où était situé le temple qui leur était consacré pouvait être considéré comme le centre des affaires, comme la Bourse de Rome. »
voit aussi s'introduire le type de Diane ou de la Lune dans un bige (1), et, un peu plus tard, après la réduction, celui de la Victoire dans le même char attelé de deux chevaux (2) . Ce sont les deniers à ces types que Ton qualifiait de bigati, appellation qui est devenue plus tard comme une désignation générique des anciennes pièces d'argent républicaines (3). a Le remplacement de la Victoire par d'autres divinités dans le char, la substitution du quadrige au bige et de cerfs aux chevaux comme attelage de Diane (4) , semblent devoir être rapportés à la fin du vr siècle de Bome ou plutôt au commencement du VIP (5). »
Vers l'an 620 (134 av. J.-C.)» les premiers types de revers personnels aux monétaires, et faisant allusion à leur nom ou aux grands souvenirs historiques de leur famille, commencent à se montrer sur les pièces et à y prendre la place des types fixes de TÉtat. Les plus anciens exemples en sont fournis par les coins de :
C. Minucius Augurinus (6) , représentant le monument élevé devant la porte Trigemina à L. Minucius, consul et
(i) CoheD, M C,p\. XUU, n«* 8 et 13; Mommsen, A/ A, t. U, p. 226. n^ 7; D'Ailly, t. II, pi. LI, n- 12-14.
(2) Cohen, J/C, pi. XLIU, n« 11; Mommsen, M R, l. H, p. 262, n* 59 ; D'Ailly, t. U, pi. LI, n" 15-18. — Sur ces types au bige et leur chronologie, voy. Kliigmann, Zeitschr. f. Num. t. V, p. 62-72.
(3) Plin. HN, XXXIII, 3, 44; Tacit. German. 5 ; T. Liv. XXffl, 15; XXXni, 23.
(4) Cohen, M C, pi. XUU, n« 10 ; Mommsen, M R, t. U, p. 289, n«94.
(5) Mommsen, M R, t. U, p. 182.
(6) Cohen, pi. XXVHl, Minucia, n« 3; Mommsen, M R, t. U, p. 303, nM09.
LA LOI DANS LES MONNAIES ANTIQUES â43
décemyir^ et en même temps, auprès de ce monument, M. Minucius Fœsus, le premier augure nommé parmi les plébéiens (1) ;
Sex. Pompeius Faustulus (2) , au type du berger Faustnlns découvrant la louve qui allaite Bomulus et Eémus sous le figuier Buminal ;
TiberiuB Veturius (3), retraçant la prestation de serment des alliés lors du traité conclu par le consul T. Veturius Calvinus avec les Campaniens et les Samnites (4).
De 620 à 650 de Rome (134 à 104 av. J .-0.), les anciens revers, aux types de TÉtat, balancent en nombre les nouveaux, ceux dont les types varient et sont propres aux monétaires. Dans cette dernière classe, il faut alors signaler, par ordre d'ancienneté, ceux des deniers de :
Q. Marcius Philippus (5) , avec Timage équestre de Philippe de Macédoine (6) ;
M. Cœcilius Metellus (7) , aux types rappelant les vie-
(1) Eckhel, D N, t. V, p. 255 ; Mommsen, t. U, p. 304.
(2) Cohen, M C, pi. XXXm, Pompeia, n*» 1 ; Mommsen, t. Il, p. 305, nMlO.
(3) Cohen, M C, pi. XLI, Veturia; Mommsen, t. II, p. 306.
(4) Je ne saurais comprendre comment M. Mommsen a pu admettre un seul instant la possibilité de voir dans ce type une allusion au traité conclu par le même consul T. Veturius Calvinus à la suite du désastre des Fourches Caudines. Ce n'était pas là un souvenir de famille que Ton pût être tenté de rappeler sur la monnaie.
(5) Cohen, M C, pi. XXVI, Marcia, n° 4 ; Mommsen, t. U, p. 334, n*» 142.
(6) Borghesi, Oss. num. déc. HI, 7, dans les Œuvres complètes, 1. 1, p. 208.
(7) Cohen, M C, pi. VUI ; Cœcilia, n- 6-8 ; Mommsen, t. II, p. 335 et s., Q** 143 et 144.
Ji. 16.
toires de sa famille en Sicile sur les Carthaginois et e: Macédoine ;
Q. Fabius Maximiis (1), au type de Valence en Espagne (2) , pour faire allusion à la victoire d*un de ses ancêtres sur Viriathe (3) ;
C. Servilius (4), retraçant!' un des vingt-trois combat^^^ singuliers dans lesquels fiit vainqueur son ancêtre M. Sei vilius Pulex Geminus (5) ;
M\ ^milîus Lepidus (6) , représentant un arc de triomphe avec une statue équestre, qu'il est assez difficile d'expliquer historiquement (7) ;
L. Marcius Philippus (8) , avec T image de la statue équestre élevée sur le Forum à Q. Marcius Tremulus, vwnqueur des Herniques (9) ;
(1) Cohen, M C, pi. XVII, Fabia, n- 3 et 4 ; Mommaen, t. II, p. 337, nM43.
(2) Cavedoni, Saggio di osservasioni sopraalcune medaglie difamiglie nt- — mantf p. 43.
(3) Appian. Hi^pan, 65 et 67-69.
(i) Cohen, M C, pi. XXXVII, Servilia, n~ i et2; MommseD, t.U, p. 339, n« 140.
(5) Borghesi, 0$s. num. déc. IX, 7, Œuvrts complétée, t. I, p. 441.
(6) Cohen, M C, pi. I, JErnilia, n<* 3; Mommsen, t. H, p. 315,
(7) L'explication d'Eckhel (D iV, t. V, p. 127), qui voyait ici le pon t Emilien, n'est pas possible à maintenir, car ce pont ne fut construis qu'en 21 av. J.-C. (Mommsen, Epigraph. Analect, n"" il ; Berichiê d, h^ Sachs. Gesellsch. d. Witsensch. 1850, p. 323; Corp. inêcr.lal. t. X p. 174), c'est-à-dire près de cent ans après l'émission du denier.
(8) Cohen, MC, pi. XXVI, Jfarcta. n^" 5; Mommsen, t. U. p. 346, n° 156.
(9) T. Liv. IX, 43 ; Cic. Philipp. VI, 5, 13; Plin. H iV, XXXIV, 6, 23, voy. Becker, Roms Topogr, p. 323.
P.Licînîus Nerva (1), où Ton voit le tribun C. Licinius Crassas assemblant pour la première fois le peuple dans les septa (2).
A dater de 650 de Rome (104 av. J.-C.)> les types de la monnaie d'argent romaine sont variés à Tinfini et entièrement livrés au caprice des monétaires (3), qui n'y mettent plus guère que des sujets empruntés à l'histoire de leurs familles ou des images parlantes rappelant leurs noms par de véritables rébus. Les types relatifs aux événements contemporains sont plus rares et ne commencent qu'alors. Les premiers que l'on puisse citer sont ceux du denier où Ton Voit les deux questeurs urbains Pison et Cépion achetant du blé (4), en vertu de la Lex frumentaria de L. Saturuinus (5), événement qui eut lieu en 651 ou 654 de Rome (103 ou 100 av. J.-C), et des deniers italiotes de la Guerre Sociale, avec le type du taureau italique terrassant la louve romaine (6) ou de Marins débarquant en ItaUe (7).
Cependant, malgré ces innovations, les anciens types
(1) Cohen, M C, pi. XXXVm, Silia; Mommsen, t. II, p. 350, *i'i60.
C2) Varr. De re riut. I, 2, 9. — Cette explication, ingénieuse et certaine, est due à M. Mommsen.
(3) Mommsen, M R, t. U, p. 183.
(4) Cohen, M C, pi. X,Calpurnia, n"* 24; Mommsen, t. U, p. 385, nM92.
(5) Anonym. Ad. C. Herennium, I, 12, 21 ; voy. Cavedoni, Appendice al ^cggio di ouervazioni^ p. 1G4.
(6) Friedlsender, Oskische Munzen, pi. IX, n"" 6; Mommsen, t. U, p. 531 (addition du duc de Blacas).
(7) Friedlœnder, Oskische Munzen, pi. X, n*" 13, p. 84. Sur la signification du type, voy. Cavedoni, BulL d€Vlnsi. arch, 1843, p. 144.
d'État se conservent longtemps encore. Ainsi les Italiotes ont copié le type des Dioscures sur quelques-uns deleot* deniers dans la Guerre Sociale (1), et on retrouve mêm^» quoique rarement, après le milieu du vir siècle de Eom^i sinon les Dioscures, du moins les biges et les quadrige avec Diane, la Victoire et d*autres divinités. Ils ne disp»^ raissent définitivement que vers 690 (64 av, J.-C).
Le type du victoriat, type religieux et que Ton peu<^ considérer comme d'État, demeure immuable depuis l'introduction, dans la série d'argent romaine, de cette monnaie , qui devait son nom à son type (voy. livre VII , chap. III, §4).
Sur le cuivre, les anciens types se conservent plus fidèlement que sur l'argent, et, quand on y voit quelques variations, elles n'introduisent jamais de sujets personnels aux monétaires. M. Mommsen (2) a très-bien indiqué les causes de ce fait : « D'abord la fixité des types était plus nécessaire pour ces pièces que pour celles d'argent, parce qu'il fallait qu'on pût les distinguer facilement des autres monnaies italiques du même métal. Ensuite (voy. livre VII, chap. III, g 5) rémission de l'as cessa vers Tan 600 de Borne (154 av. J.«C.) pour ne reparaître qu'exceptionnellement de 650 à 670 (104 à 84 av. J.-C.) (3) et disparaître encore une fois vers- 680 (74 av. J.-C), époque à laquelle la grande variété des revers personnels aux monétaires se montre sur la monnaie d'argent. »
Cette variété des types de l'argent, laissés à la fantaisie des magistrats responsables, était un grand abus, qui
(1) Friediaender, pi. IX, n- 7 et 8; pi. X, n° 21.
(2) Af /?,t. n,p. 184.
(3) Mommsen, M /?, t. II, p. 72 el s.
suffit à lui seul à montrer quelle corruption s'était intro* duite dans le gouvernement de la République. Mais cette licence, abusive elle-même, ne portait pas atteinte aux principes fondamentaux du droit monétaire. C'est ton* joursà rÉtat seul qu'appartenaient rémission et la garantie de la monnaie* Le signe, caractéristique depuis Alexandre le Grand y de la possession de la monnaie par un seul hoBime, le droit d'y faire représenter ses traits, était re- Aisé à tous les citoyens, quelque puissants qu'ils fussent, là du moins où s'étendait le régime de Vimperium civile. ^yJk lui-même, dans ses années de pouvoir absolu et sans contrôle, n'ose pas Tusurper. César le premier, comme Couronnement de l'édifice de sa puissance suprême, prend Possession de la monnaie, et, en tant que maître exclusif ^ti droit de la frapper, y fait placer son effigie. Nous verrons du reste, au § suivant, comment il greffa cette usurpation sur une donnée particulière des anciens usages, ^^mment il introduisit dans Rome même un privilège ^ti monnayage militaire, jusque-là strictement renfermé dans les provinces étrangères à la circonscription consulaire.
5. « Nous ignorons, dit M. Mommsen (1), quelle était dans l'origine la part faite à chacun des pouvoirs constitutifs de la République dans l'exercice de la partie de la souveraineté qui consiste à battre monnaie ; mais ce que nous en savons pour les deux derniers siècles peut nous fournir des données suffisantes pour apprécier ce qui avait eu lieu dans les temps antérieurs. A cette époque, le
(l) JW/J, t. U,p. 41.
peuple, le Sénat et les magistrats concouraient, chai pour leur part, à rémission légale des monnaies, c< branche de l'administration si importante pour la fort publique, et que Ton peut appeler l'expression vivante Tautonomie.
a Le peuple, rassemblé dans les comices par tril décrétait tout ce qui était relatif à l'émission, au poid la division, au métal des monnaies, au rapport des met entre eux. Nous le voyons par la loi Papiria (livre } chap. II, § 3) et la loi Flaminia (livre VII, chap. m, sur le poids de Tas, par la loi Flaminia sur la propor de l'unité d'argent avec Tunité de cuivre, par la loi L (plus haut, livre II, chap. ii, § â) sur les monnaies f claires, qui devaient alors être émises en même temps les monnaies réelles, parla loi Clodia (livre VII, chap. § 4) pour la suppression des pièces de 3 sesterces et p l'assimilation au quinaire de celles qui restaient encore circulation, enfin par la loi Papiria (livre VII, chap. § 5), qui ordonne une nouvelle -émission de pièces c sesterce (<)•
Dans la limite de ces restrictions légales, c'était au gistrat suprême, à celui qui était revêtu de Yimperi que devait en principe appartenir de fixer souverainen le moment, l'étendue, le mode de l'émission monétair l'espèce des monnaies à émettre. Mais c'est ici qu'il : distinguer dans la législation monétaire romaine le rég urbain, celui de Yimperium civile^ du régime des ] vinces où s*exerce Vimperium militare. On sait coml les Romains, dans le développement de leur liberté, d
(l}Borghe8i, Osserv. num. déc. XVII, 1 -S; Œuvres complet f s, i p. 283 et 8.
chèrent constamment à limiter, et même à supprimer, autant qae possible, Tautorité des premiers magistrats de la République, surtout pour ce qui touchait aux finances et au2 caisses de TÉtat. La direction de la monnaie fut-elle dans les débuts remise aux consuls , comme le pense M. Mommsen (1)? On ne peut émettre que des conjectures à cet égard. Pourtant, ce qui semble favoriser une telle hypothèse, c'est la constatation de la courte période d'un régime où le monnayage d'État ne se faisait pas seulement à Bome, mais dans un certain nombre d'ateliers snccursales, répartis dans retendue de la circonscription consulaire. On les conçoit bien mieux, en effet, administrés comme celui de Rome par des employés délégués par le consul (2), plutôt que par des magistrats urbains spé- ^aux, que leur existence semble exclure. Mais nous avons ^^ que Ton avait renoncé pendant la deuxième guerre Panique à ce système, pour en revenir à la concentration ^^ monnayage normal de TÉtat dans l'atelier de Rome . A P^i^ir du moment où ce principe prévalut de nouveau ^^ns la pratique, il est presque certain que Texercice de *^ part de souveraineté qui consiste dans la fabrication et * ^txiisssion des monnaies ne fut plus confié aux consuls, *^ ^îs à des magistrats particuliers, les triumvirs monétaires. ïîous nous occuperons avec détail de ces magistrats ^^1:^8 la suite de ce livre, chap. m, § 2. Nous verrons que ^"O^T office ne fut pas d'abord une magistrature régulière ^^ d'institution permanente, mais une commission tem- P^ïtdre, le monnayage n'ayant lieu que par intervalles, au ^^^i^ et à mesure des besoins qui se faisaient sentir. Ce
(i) M B, t. Il, p. 42.
(2) MommseD, Jlf A, t. U, p. 56.
n'est que vers 665 de Rome (89 av. J.-C.) que le triumvirat monétaire devint une magistrature ordinaire, et que les émissions de monnaies se continuèrent régulièrement et sans interruption. Mais déjà, vers 650 (104 av. J.-C.) cm un peu avant, elles étaient assez fréquentes pour que Ton distinguât la monnaie ordinaire, frappée sous la directâoii des triumvirs, de la monnaie extraordinaire, émise par d'autres magistrats pour subvenir en dehors des émissions normales à un besoin exceptionnel et temporaire de numéraire. Les triumvirs monétaires étaient donc les magistrats exécutifs réguliers pour la fabrication des monnaies; ils opéraient sous le contrôle du Sénat; mais précisément Tintervention de ce corps pour la surveillance et la direo" tion des triumvirs était un fait si normal que Ton se dispensait de le mentionner sur les pièces (1). Quant aux émissions extraordinaires, c'est un sénatus-consulte qui les décidait et en confiait le soin à un magistrat déterminé. Aussi presque toutes les monnaies que nous avons, po^ tant le nom de questeurs urbains (2) ou bien d'édiles (5),
(1) MommseD, M R, t. H, p. 6i.
(2) M. SERGI. SILVS. Q— EX. S. C : Cohen, M C, pi. XXXVfl, Sergia ; MommseD, M R^ t. U » n® 168 (un peu avant 650 de Rome).
L TORQVA. Q. EX. S. C : Cohen, pi. XXVI, Mafdia, n» 5; Mommsen, n* 169 (un peu av. 6o0).
CN. LEN. Q. (ou OtRator X FLcmfw) EX. S. C : Coheo, pi. XIV, Cornelia, n" 10 et 11 ; Mommsen, n» 259 (680).
P. LENT. p. F. L. N.— Q. S. C : Cohen, pi. XIV, Corn^ n*» 12; Mommsen, n** 260 (vers 680).
L. PLAETORI. L. F. Q — S- C : Cohen, pi. XXXU, Plœtmû, n" 1 ; Mommsen, n*» 268 (un peu avant 688).
(3) p. GALB. AED. CVR — S- C : Cohen, pi. XXXVIU. SulpkU, n^ 2 ; Mommsen, n<> 266 (685).
M. PLAETORIVS. M. F. AED.CVR — CESTIANVS. S-C :
font suivre de la mention EX Senalus ConsuUo ou Senas ConsuUo. M. Mommsen (1) a établi que toutes les fois Le sur les monnaies de la République romaine on trouve i nom sans titre exprimé, mais suivi des formules De Setus Sententia (2), PublicE Senalus Con^//o(3), EX Senaî ConsuUo (4) ou simplement Senalus Consulto (5), il ne
leD, pi. XXXII, Plœtoria, n«» 2-9; Mommsen, n» 267 (vers 685).
EX. S. C M. SCAVR. AED CVR— H. HVPSAEVS. AED.
R : Cohen, pi. I, ^milia, n»=» 1 et 2; Mommsen, n*» 273 (vers 696).
p. YPSAE S. C : Cohen, pi. XXXII et XXXIU, Plautia, n'»- 4 et 5 ; mmsen, n"* 274 (môme date).
:N. PLANCIVS. AED. CVR. s. c : Cohen, pi. XXXII, Plautia; mmsen, n*» 276 a (700).
A. PLAVTIVS. AED. CVR. S- C: Cohen, pi. XXXIU, P/au/ia , 6; Mommsen, n« 276 b (700).
(1)^/1, t. II, p. 63.
3) Tl. Q. D. S. S : Cohen, pi. XXXVI, Quinctia, n» 4; Mommsen, 186 (un peu avant 660).
C CÂSSIVS. L. SALINA. D S- S : Cohen, pi. UI. Cassia, n» i ; »mmsen, n» 243 (un peu avant 673).
3) PE* S. C — LENT. MAR. F : Cohen, pi. XIV, Come/ta, ^ et 6 ; Mommsen, n» 207 (un peu avant 670).
4) EX* S» C — CETEGVS : Cohen, pi. XIV, Comelia, n« 2; nmsen. n<» 179 (entre 640 et 650).
0 S. C — Tl- CLAVD. T|. F. AP. N : Cohen, pi. XU, Claudia, ( ; Mommsen, n^ 231 (entre 668 et 671.
1- MARI. C F. CAPIT. S. C : Cohen, pi. XXVI,ifana, n»* 13; Kimsen, n<> 249 (entre 675 et 679).
^. C — C* NAE* BAL : Cohen, pi. XXIX, Nœvia ; Mommsen, ^SSâ (un peu avant 680).
i. C. — L. PROCILI. F : Cohen, pi. XXXV, Procilia, n-i et 2; nmsen, n<» 256 (un peu avant 680).
«. VOLTEI. M. F. S. C D. T {de thesauro ?) ; Cohen, pi. XUI,
s'agit pas d'un triumvir régulier, mais d'un personn chargé d'une commission extraordinaire. Et, en effe ^ toutes ces mentions se trouvent exclusivement sur d monnaies postérieures au milieu du vu* siècle de sur des monnaies d'argent, comme celles des questeuirr* urbains et des édiles ; en outre, beaucoup de personnagc7=^ auxquels elles se rapportent peuvent être reconnus histo — riquement pour des questeurs urbains.
L*organisation légale et administrative que nous veno d'indiquer était celle de la monnaie urbaine. Mais, en hors même du droit de monnayage plus ou moins restrein laissé à certaines provinces, et dont nous avons parlé da le § 3 de ce chapitre, les nécessités des guerres lointaini des Romains, avec la consommation de numéraire que clamaient impérieusement la solde des troupes et le service
VoUeia, no 4, cf. 1-3 et 5; Mommsen, n"* 257 (un peu avant 680).
L. FARSVLEI — MENSOR. S- C : Cohen, pi. XVUI, FarsuUU, n"* 1 et 2 ; Mommsen, n*» 262 (entre 080 et 685).
S. C — L. RVSTI : Cohen, pi. XXXVI, Ruttia, n« 1 ; Mommsen,
n» 264 (entre 680 et 685).
S. C. — SVFENAS : Cohen, pi. XXIX, Nonia ; Mommsen, n« 271 (vers 694).
S. C. — FAVST : Cohen, pi. XV, Comelia, n" 21-23 ; Monmisen,
MESSAL. F — PATRE. COS- S. C : Cohen, pi. XL, Valeria, no 5; Mommsen, n'» 277 (70i).
L. AXSIVS. L. F — NASO. S. C : Cohen, pi. VU, Axia, n- 1 et 2; Mommsen, n» 283 (enlre 680 et 704).
S. C— p. CRASSVS- M. F.' Cohen, pi. XXIV, Licinia, n» 2; Mommsen, n« 293 (entre 695 et 700).
T. VETTIVS — SABINVS. S. C : Cohen, pi. XL, VeUia, n« 2;. Mommsen, n*" 303 (entre 680 et 704).
Q. POMPONI — RVFVS. S. C : pi. XXXIV, Pomponia, n» 3^. Mommsen, n» 309 (un peu après 700).
de l'intendance, ainsi que celles de l'administration de rîmmense territoire soumis à la République, obligeaient fréquemment à procéder à des émissions extraordinaires de la monnaie d'Etat hors de Rome, dans les provinces, par les soins du général de l'armée en campagne ou du gouverneur de la province, ainsi que des officiers financiers attachés à son commandement, questeurs ou proquesteurs. Comme l'a très-bien dit M. Mommsen (1), «le droit de battre monnaie participait de la nature de Vimperium auquel il était attaché. Limité dans Rome et soumis à certaines restrictions comme Vimperium civile, il participait, hors de Rome et jusqu'aux extrémités de son empire, à l'omnipotence de Vimperium milH4ire, » Les monnaies frappées en vertu de cette dernière autorité forment dans la numismatique romaine de l'âge républicain une classe importante, qui mérite d'être étudiée à part, d'autant plus que nous profiterons de cette occasion pour jeter un coup d'oeil général sur le monnayage militaire dans l'antiquité.
I 7. — Droit monétaire attaché a l'imperium