a Datame le Perse, raconte Aristote (1), étant à la
(1) ŒcofMtn. n, 24.
c tête de son armée, pouvait procurer aux soldats, «a (( dépens du pays ennemi, tout ce qui était nécessaire i (( leur subsistance quotidienne, mais il n'avait pas d'l^ (( gent à leur donner pour leur solde. Comme ils la n- (( clamaient et que l'époque était venue où il avait proBÛi « de la leur payer, il les réunit et leur déclara que, sav (( doute, il ne manquait pas d'argent, mais qu'il ravaitdé- (( posé dans telle localité. Ceci dit, il se rendit à cet en- « droit avec des chariots attelés; arrivé dans le voisinage, (( il prit les devants et obligea les prêtres de lui remette (( tous les vases d'argent que renfermait le temple ; il les (c chargea sur les mulets et les ramena au camp comme a des bêtes de somme portant du numéraire. Quand les (( soldats les virent arriver, ils pensèrent que c'était li (( monnaie attendue, qui allait leur être immédiatement (( distribuée, et reprirent courage. Mais Datame leur dit c( qu'il fallait attendre d'être arrivés à Amisos, distant de (( plusieurs jours d'une marche que l'hiver rendait plus a pénible, pour monnayer ce métal. »
Ce curieux récit nous montre en action le monnayage militaire, tel que nous avons essayé de le définir, et ce qni le rend particulièrement intéressant, c'est que nous avons des monnaies de Datame, à légende grecque, frappées ei Paphlagonie avec le type de Sinope (1), qui ont grande chance d'être celles dont la fabrication est racontée par Aristote.
Les écrivains aujourd'hui perdus, quePhotius a extraits pour la confection de son Lexique^ parlaient d'une «no»naie ihihronienne^ GiêpcSviov vo[jLi(7[jLa, ainsi nommée paioe que rharmoste lacédémonien Thibron ou Thimbron l'avait
(1) Waddington, Mél. de ntim. 1. 1, p. 82, pi. VI^ nM.
frapper quand il commandait Tarmée rassemblée à psaque contre Tissapherne, armée dans laquelle enînt les Dix-Mille, quittant le service du roi thrace hès (1). Nous avons ici un second exemple parfaitet caractérisé de monnaie militaire, signalé dans les rains anciens, quoique malheureusement on n'ait pas re pu appliquer ce nom de monnaie thibronienne à espèce numismatique connue (2) .
inni les événements de la fin du v* siècle avant notre il en est un qui nécessairement, quand même Thabin*en aurait pas existé et quand même le pouvoir de Qayage exercé par les généraux n'aurait pas été rein comme légitime par le droit public, devait amener 'éation d'une monnaie militaire : c'est la révolte de aée athénienne stationnée à Samos, contre le gouverent oligarchique des Quatre-Cents, quand elle rappela biade et le plaça à sa tête. Ne reconnaissant plus le reniement d'Athènes, jusqu'au moment où la même lution s'accomplit dans la mère patrie, l'armée de Saétait devenue comme une colonie indépendante, vivant ses propres ressources et obligée de créer elle-même ce dont elle avait besoin. Pendant plusieurs mois, elle lUt recevoir aucun argent d'Athènes, du gouvernement
I Xenoph. Anahas. VU, 5-8.
C'est à tort que M. Mommsen (M R, 1. 1, p. 87) a voulu reconnaître 6p(Dviov votiKT^ia dans les pièces d'argent qui portent le nom de Seului-môme (D. de Luynes, Numism, des Sairap^ pi. YI, p. 45 ; Num, ï, U XX, p. 151), puisque ce n'est qu'après avoir quitté son service oir été payés par lui, que les Dix-Mille passèrent sous les ordres de ron. Au reste, il est probable que les monnaies d'argent en question, forment une exception très-saillante dans la série numismatique de tirace à cette époque, ont été frappées pour le paiement des Dix-Mille, id ils exigèrent leur solde arriérée avant de partir.