ANTIQUES
(livre VII, chap. ra, § 5), celui des colonies dut être désormais d’un quart d’once (1),
% 2. L’époque de la dictature de César, de la guerre civile qui suivit sa mort et du triumvirat, est fort importante dans l’iiistoire de la numismatique coloniale. C’est alors que commence avec quelque développement le monnayage des colonies situées en dehors de l’Italie, et en même temps nous voyons apparaître alors les dérogations importantes aux règles de droit rigoureusement observées jusque-là sous la Képublique. Au milieu du désordre de ces temps, il y a un moment de confusion et d’incertitude au point de vue légal, qui sert de transition au régime nouveau inauguré par l’Empire.
Quand nous voyons la colonie de Carthage battre monnaie avant Auguste (2), elle ne fait qu’user du droit qu’avaient antérieurement les colonies latines, à la classe desquelles elle appartient à cette époque. Mais celle de Corinthe était, au contraire, une colonie de citoyens, qui par- conséquent, d’après les anciennes règles, aurait dû être destituée de tout droit monétaire. Pourtant nous en avons des espèces coloniales, frappées sous le triumvirat, avec la tête de Marc-Antoine (3), et peut-être faut-il rapporter quelques-unes de ses pièces au moment même de sa
(1) Mommsen, M R, t. III, p. 194.
(2) L. Müller, Num. de Varie. Afrique, t. II, p. 149.
(3) Mionr.et, t. II, p. 172, n° 180, p. 170, n° 169; Suppl, t. IV, p. 55 et s., nos 371-374, p. 52, n° 353.
fondation (1). Ici, la violation des anciens principes est manifeste. Elle ne l’est pas moins dans les monnaies du municipe de Grades, antérieures à Auguste (2). Dion Cassius (3) dit, en elfet, formellement que ce fut le droit de cité romaine que César octroya dans sa plénitude aux habitants de Gadès, quand il fit de leur ville un municipe. Emporiæ, dans la Tarraconnaise, où César avait envoyé une colonie de citoyens après la bataille de Munda, frappe avant l’empire des pièces de bronze où elle prend le titre de municipe, EMPOR — MVN1C(4), qui avait probablement remplacé celui de colonie peu de temps après la mort du dictateur, lorsque , suivant ce que nous raconte Tite- Live (5), les habitants indigènes furent admis' au même droit que les colons.
Dans la même période historique , nous voyons encore Arva de la Bétique et Ilercavonia de la Tarraconnaise frapper des monnaies où elles se targuent de la qualité de municipe 5 il faut y joindre, dans la Betique, Celti, Ilipa et Iliturgis, car les formes de légendes monétaires CELTi- TANwm, 1LIPENSE, ILOITVRGENSE, SAGVNTINwm, EBV- SITANVm, doivent être évidemment complétées par le mot municipium (6). Je ne parle pas de nombreuses villes espa-
(1) Telles me paraissent être les pièces dans Mionnet, Suppl, t. IV, p. 50 et s., n°* 337-342, 344-347.
(2) Eckhel, D N, t. I, p. 20; Aloïs Heiss, Monn. ant. de l’Espagne, p. 350, n° 37.
(3) XLI, 24; cf. Plin. H N, IV, 21, 36.
(4) Eckhel, D N, t. I, p. 49; Aloïs Heiss, p. 100 et pl. IV, n° 54.