‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 14 sur 54 · II · texte numérisé non relu

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petit nombre de villes d'Espagne (1) ; elle est de nature à faire croire à une relation existant entre Osca spécialement et le nom, comme l'origine, des monnaies en question.

Que ces monnaies aient été toutes frappées entre la première création de la province Citérieure sous un préteur romain, en 206 av. J.-C, et la guerre de Numance, en 143, c'est ce qu'établissent de nombreuses preuves (2). Le style des monnaies en question convient admirablement à cette époque ; copiées des espèces romaines, taillées sur le pied du denier et de l'as, elles sont nécessairement postérieures à rétablissement de la province romaine. Les triomphes où on les voit porter dans le butin sont des années 195, 194 et 180 av. J.-C. (559, 560 et 574 de Rome). D'un autre côté, les premières monnaies à légendes latines frappées en Espagne l'ont été sous le gouvernement républicain, dans le vii« siècle de Rome (3). Elles ont été émises dans des villes particulièrement favorisées, Carteia, colonie latine depuis 117 av. J.-C, Sagonte, Corduba. Or, ces pièces sont exclusivement de cuivre. Pour que la fabrication d'une monnaie de cuivre local fût alors un privilège, il faut qu'une circonstance antérieure eût fait, depuis un certain temps déjà, révoquer pour toute la péninsule la permission du monnayage de l'argent, et cette circonstance ne peut historiquement, dans les limites de

(1) Dans le moanayage latin antérieur à l'Empire, à Carisa, Iliturgi, Obulco, Olontigi, Segobriga et Toletum. Dans le monnayage à effigies impériales, à Bilbilis, Segobriga et Ségovie.

(2) Voy, Mommsen, M R, t. III, p. 242 et s. ; F. Lenormant, article Argentum oscense dans le Dictionnaire des antiquités de Daremberg et Saglio.

(3) Mommsen, M R, t. II, p. 59.

:emps où elle se trouve ainsi renfermée, avoir été autre que a guerre de Numance. Pour le simple monnayage de îuivre, il semble même qu'il fallut alors une permission spéciale du Sénat. C'est ce qui résulte des pièces de ce métal frappées àToletum par le chef indigène CE LT A M Bi/s 3t par un personnage romanisé du nom de CALDVS, C. F, pièces à légendes latines, mais assez peu postérieures à celles a légendes ibériennes, puisqu'elles continuent les types et les tailles. Il y a inscrit, en effet, à la suite de leur nom, ['origine de la licence de monnayage qu'ils avaient reçue, EX Senatus Consullo (1).

C'est en vain que M. Aloïs Heiss (2) a cru trouver une B.n de non-recevoir contre la détermination de date à la- [^uelle nous venons d'adhérer, dans le fait que l'as des monnaies à légendes ibériennes est de poids semoncial ; il voudrait donc les tenir pour postérieures à la loi Plautia- Papiria (89 avant J,-C.)» qui établit cet étalon dans la monnaie d'État romaine (livre VII, chap. m, § 5). Mais précisément nous verrons, dans le § 5 de ce chapitre, que, dès la seconde moitié du vr siècle de son existence, Rome

(1) Eckhel, D N, t. I, p. 58; Aloïs Heiss, Monn. ant. de l'Espagne, p. 263, pi. XXXIV, Toletum, iï"' 1 et 2.

Il est assez difficile d'interpréter les lettres que Caldus ajoute sur sa monnaie après EX Senatus ConsultO, car la légende est intégralement EXSCOIQ. C'î qui ajoute à la difficulté, c'est qu'on n'est pas sûr qu'il n'y ait pas des fautes, avec la façon barbare dont sont écrites les inscriptions de la pièce. L'orthographe du nom du personnage y est dO.SVDJVD.

Caldus Caii fîlius est le fils d'un Espagnol admis à la cité romaine par C. Cœlius Caldus pendant sa préture d'Espagne, en 102-98 av. J.-C; mais il peut avoir été chef des Carpétans de Toletura fort peu après; Celtambus semble plus ancien que lui.

(2) Monn. ant. de l'Espagne, p. 7 et 133.

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