‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 16 sur 54 · II · texte numérisé non relu

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en y plaçant quelquefois leur symbole particulier, de petite dimension, dans le champ, et en y joignant la signature, plus ou moins abrégée, du magistrat municipal responsable (1). Il n'y a pas, comme sur les tétradrachmes de la Macédoine^ de légende commune offrant le nom d'un peuple; la province d'Asie n'avait pas d'unité nationale; elle comprenait des pays originairement fort divers, et c'était une sorte de fédération de villes grecques soumises à Rome, qu'y administrait le gouverneur.

Environ 70 ans après la formation de la province, ou commença à inscrire en latin les noms des proconsuls de la province sur le revers des cistophores. Le premier qui s'y lise est celui de Q. Tullius Cicéron, qui eut le gouvernement de 61 à 58 avant Jésus-Christ (2). En 50 et 49^ la province demeure sans gouverneur, pendant les débuts de la guerre civile; c'est alors que le questeur Lucius Antonius, demeuré seul à la tête de l'administration financière, fait frapper des cistophores qu'il signe d'un simple

En lonie :

Ephèse, Srayrne.

En Carie :

Nysa.

En Phrygie :

Apamée. Laodicée,

(1) Le magistrat municipal responsable est sûrement ici le premier des prytanes de la ville, désigné sur les pièces frappées àPergame par le monogramme des lettres FFPTT, initiales de son titre (voy. dans ce livre, chap. m, § 1, 4).

(2) Pinder, mém. cit. p. 545 et 567.

Q, initiale du mot Qmaestor^ sans y écrire son nom (1), Jusque-là, le nom du magistrat responsable de la ville d'émission était resté écrit en grec sur les pièces, en même temps que celui du proconsul en latin. Lucius Antonius fait le premier disparaître cette mention, qui reparaît sur les cistophores du préteur C. Fannius (2), dans les derniers mois de 49, pour prendre absolument fin l'année même de la bataille de Pharsale, tandis que Q. Csecilius Metellus Plus exerce le pouvoir militaire dans la province à titre à^imperator, en l'absence d'un gouverneur régulièrement institué (3). Toute trace d'intervention des autorités municipales disparaît ainsi de ces monnaies, et sous Marc- Antoine les villes où elles sont frappées cessent aussi d'y mettre les initiales de leurs noms (4).

Au mom>ent où les noms des gouverneurs romains de la province d'Asie commencèrent à être inscrits sur les cistophores, la Phrygie, une des contrées où se fabriquaient et où circulaient ces monnaies, avait été distraite de l'Asie pour être jointe à la province de Cilicie. Ce sont donc les noms des proconsuls de Cilicie que l'on voit sur les cistophores d'Apamée et deLaodicée, frappés de 56 à 50 avant Jésus-Christ (5). Mais il n'en résulte pas pour cela que les cistopliores eussent alors acquis la circulation légale dans toute la province de Cilicie ; au contraire, tout indique que ceux que faisaient frapper les chefs de ce gouver-

(1) Pinder, p. 546.

(2) Pinder, p. 569.

(3) Pinder, p. 546 et 570 ; Moramsen, M R, t. III, p. 302.

(4) Pinder, p. 555 et 573.

(5) Pinder, p. 547,570 et s.

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