II
nous l'avons déjà remarqué (dans ce chapitre, § 3, 2), elle abandonne alors son ancien système monétaire pour frapper des deniers et des bronzes du système de l'as. Mais ces pièces ont toujours les anciens types fédéraux et sont émises au nom de la Ligue et de ses villes (1). L'effigie impériale remplace sur le droit la tête d'Apollon, comme hommage au suzerain, mais elle est sans légende.
Sous Auguste, nous rencontrons encore à Byzance quelques tétradrachmes avec le nom de la ville et le portrait de l'empereur, mais point son nom (2), et à Chios une drachme qui.a d'un côté 1EBA2T01 et de l'autre le nom du magistrat local, mais point d'effigie (3). Dans ces deux localités, ce monnayage d'argent ne se prolonge pas plus tard.
I.aodicée de Syrie frappe quelques tétradrachmes à son nom et à la tête du souverain, d'abord sous Néron (/i), puis sous Hadrien (5). L'émission de ces derniers coïncide avec le moment où l'atelier d'Antioche cesse presque complètement de frapper ses tétradrachmes impériaux, pour a'en reprendre la fabrication que sous Pertinax (6). La suppression du privilège de posséder un atelier d'ar-
(1) Cavedoni, Observations sur les monnaies de la Lycie, p. H; Leicester Warren, Greek fédéral coinaye, p. 38; Mommsen, M R, t. III, p. 3H.
(2) Eckhel, D N, l. II, p. 59 ; Mionnet. 1. 1, p. 449, n- 149 et 150.
(3) Mionnet, t. III, p. 278, n° 128 ; Suppl. t. VI, p. 402, n° 113.
(4) Mionnet, t. V, p. 248, n° 719.
(5) Mionndt, t. V, p. 251, n° 736 ; Suppl. t. VIII, p. 173, n»' 229 et 230.
(6) Mommsen, M R, t. III, p. 230. — On a pourtant un ou deux tétradrachmes deMarc-Aurèle et un de Commode, qui rentrent dans lasérie de ceux d'Aotioche.
gent provincial avait été une des mesures par lesquelles Hadrien avait châtié la rébellion d'Antioche, et l'on sait que ce ne fut que Septime Sévère qui, sur la demande de son fils Caracalla, rendit à la ville tous ses anciens droits (1).
Du reste, Hadrien, l'empereur voyageur et à l'esprit cosmopolite, accorda encore à d'autres villes que Laodicée le droit exceptionnel de battre des monnaies d'argent particulières. C'est sous lui qu'^gasde Cilicie, qui prit dès lors le surnom d'Hadrianae, attesté par la numismatique, frappa des pièces d'argent du poids des anciens statères de la province (2); c'est sous lui que commença aussi la trèsabondante émission des drachmes d'Amisos de Pont, qui se continua sous Antonin (3). Enfin Stratonicée de Carie nous ofîi'e un tétradrachme à son nom, avec la tête et le nom d' Antonin le Pieux (4).
On voit combien ces faits sont restreints et sporadiques. n est clair, d'après cela, que sous l'Empire les principes de la législation monétaire ne sont plus les mêmes que sous la République, que les villes déclarées libres et autonomes n'ont plus, en vertu de leur situation même, le droit absolu de frapper une monnaie d'argent à elles propre. Dans les cas bien rares où elles ont la licence de monnayer ce métal, ce n'est que d'après une permission formelle, spéciale, temporaire et révocable, de l'Empereur; et en général cette autorisation ne reste que peu de temps en vigueur. Leur monnayage, d'ailleurs, est, malgré ses formes extérieures de semi-autonomie, complètement
(1) Eckhel, D N, t. III, p. 297.
(2) Mionnef, t. III, p. S40, n" 19 ; Momrasen, MR, t. III, p. 329.
(3) Eckhel, DN, t. II, p. 348 ; Mionnet, t. II, p. 344 et s.
(4) Mionnet, t. III, p. 378, n° 440.