‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 23 sur 54 · XXXIV · texte numérisé non relu

XXXIV

(6) Cependant la pièce où l'on aurait lu lAunicipium ARVENse (Florez, Medallas de Espana, t. III, pi. LIX, n° 9; Eckhel, D N, t. I, p. 14) , vérifiée sur l'original que possède le Cabinet de France, n'est autre

gnoles que l'on sait, par les géographes postérieurs et par les inscriptions, avoir été des municipes, et dont on a des monnaies du môme âge; il est probable que c'est en vertu de leur titre de municipes qu'elles ont monnayé, car il paraît bien dès lors ne plus y avoir eu en Espagne de monnayage local que dans les municipes et dans les colonies. Mais j'aime mieux borner mes exemples aux villes qui prennent cette qualité sur leurs monnaies et dont la position légale, au moment où elles les frappèrent, est incontestable. Je laisse aussi de côté l'abondante numismatique d'Obulco (1), où la ville n'inscrit jamais son titre de municipe ; sans doute on a la preuve, par les pièces où on lit les noms des deux édiles, d'abord en écriture turditaine (livre lY, chap. vi, § 2), puis en latin, et par les monnaies un peu postérieures et toutes latines où est mentionnée la décision des décurions ordonnr.nt l'émission monétaire , que cette ville n'a monnayé qu'après avoir reçu le titre de municipe et l'organisation latine ou romaine. Mais la date de ses espèces de cuivre est absolument indéterminée, et ce qui rend la fixation encore plus obscure, c'est que les surfrappes d'une ville sur l'autre (2) montrent que leur fabrication a été contemporaine d'un monnayage d'autonomie purement indigène, à légendes turditaines dans sa voisine Castnlo (3) .

qu'une pièce d'Ilipa dont la légende a été retouchée au burin par une main moderne.

(1) Delgado, Ntievo método de dasifîcacion de las medallas de Espana, t. II, p. 219-237, pi. LV-LXI; Aloïs Heiss, Monn. ant. d'Espagne, p. 302- 30o, pi. XLIII et XLIV.

(2) Aloïs Heiss, p. 41.

(3) Aloïs Heiss, p. 284 et s., pi. XXXIX, n»- 1-17.

M. Heiss a cru que les monnaies de Castulo, turditaines et latines,

Mais, en Macédoine et en Sicile, nous avons les mon-

portaient l'effigie d'Auguste, ce qui, malgré quelques analogies lointaines de traits, ne serait admissible que pour sesn" 20 et 21. Sur toutes les autres pièces, on voit une tête diadémée, et jamais ce diadème royal, insigne odieux aux Romains, n'aurait été donné à l'Empereur. Partant de cette donnée inexacte, le même savant (p. 37 et 306) s'est efforcé de placer l'émission des bronzes d'Obulco entre 44 et 27 av. J.-C. C'est probablement les faire descendre un peu trop bas. Il me semble difficile d'admettre que des monnaies autonomes purement indigènes, comme celles de Castulo, contemporaines des pièces d'Obulco municipe, aient pu être frappées après César, même en Bétique. Mais je crois qu'on en peut faire descendre la fabrication jusqu'à son expédition d'Espagne. Quand nous avons parlé plus haut (dans ce chapitre, § 3, 4) du retrait général des permissions de monnayage aux villes espagnoles après la guerre de Numance, ceci s'appliquait seulement à la licence de frapper des espèces d'argent, et il est probable qu'il y a, même dans la province Citérieure, plus d'une monnaie autonome purement indigène, à. légende ibérienne, mais en bronze et surtout à types autres que le cavalier, fabriquées postérieurement à la guerre de Numance. En outre, cette mesure ne s'appliquait qu'à l'Espagne Citérieure, où avaient eu lieu les révoltes qui la motivèrent. Elle n'avait pas de raison d'être pour la province Ultérieure, oià il semble que les villes d'origine phénicienne, assises sur le littoral, monnayaient seules à cette époque. Dans toute la province Ultérieure, il n'y a qu'une seule ville qui ait émis des deniers appartenant à la période du grand monnayage d'argent de la province Ultérieure ; c'est celle dont la légende ibérienne pst expliquée comme donnant le nom à'Iliberi par M. Aloïs Heiss {Monn. ant. d'Espagne, pi. XL VIII, n" 1-4), celui d'IIipa d'après d'autres interprètes. Quant au monnayage de cuivre des villes de cette région, à légendes turditaines aussi bien que latines, il a été tardif, et je ne crois pgs qu'il offre guère de pièces antérieures au i*"^ siècle av. J.-C. Commencée plus tard que dans la provmce Citérieure, pour ce qui est de l'intérieur des terres, l'émission de monnaies de bronze produites par une autonomie purement indigène s'est aussi continuée plus tard en Bétique. Ainsi il est positif que Gadès a continué, jusqu'au moment où César en fit un municipe de citoyens, à frapper comme ville libre non latine ou romaine ses autonomes de cuivre à légende punique.

Tout ceci me conduirait à penser que les monnaies, contemporaines les unes des autres, de Castulo et d'Obulco, ont dû être frappées un peu avant César, qui rassembla ses troupes sous cette dernière ville dans sa

laies de Stobi (1) et d'Enna (2), où ces villes prennent la [ualité de municipes, et qui sont antérieures à la constiution définitive de l'Empire. Il est vrai qu'aujourd'hui, )ar suite de la découverte des tables de Salpensa et de ^alaca, il paraît positif, comme l'admettent MM. Momm- ;en (3) et Rudorff (4), qu'il y avait des municipes de Iroit latin à côté de ceux de droit romain, bien que ceci loit encore révoqué en doute par MM. Zumpt (5) et "Wal- ;er (6) . Le développement du monnayage des municipes dtués en dehors de l'Italie, tel que nous le constatons )ntre la mort de César et l'organisation du pouvoir impéial, ne serait donc pas nécessairement dans tous les cas une dolation de l'ancien principe privant de droits monétaires es villes admises à la plénitude des droits de citoyens. Pour a plupart, on peut penser qu'il s'agit de municipes de Iroit latin. Mais il n'en est pas de même de Corinthe et le Gadès; là, ce sont positivement une colonie et un mulicipe, tous les deux de citoyens romains, qui, malgré îette qualité, émettent une monnaie locale et particulière, listincte de celle de l'Etat romain. L'existence de moniales coloniales de Vienne, dans le pays des Allobroges,

;uerre contre les fils de Pompée. Rien ne s'oppose, d'ailleurs, à ce que 'on admette qu'Obulco était un municipe de droit latin, et dans ce cas ille pouvait battre monnaie dès cette époque sans déroger aux principes égaux du temps de la République.

(1) Eckhel, D N. t. II, p. 77; Mionnel, 1. 1, p.488, n° 288.

(2) Eckhel, D N, 1. 1, p. 207.

(3) Stadtrechte, p. 400.

(4) Rœm. Rechtsgesch. I, § 12.

(5) Stud. rom. p. 269 et s.

(6) Gesch. des rœm. Redits, I, § 217.

frappées entre 725 et 727 de Rome, 29 et 27 av. J.-C. (1), n'est donc pas une raison aussi absolument décisive que l'ont cru MM. Herzog (2) et Zumpt (3), de penser que cette ville n'avait d'abord que le droit latin et dut seulement à Auguste celui de cité complète. Son monnayage pouvait parfaitement être une dérogation aux règles anciennes, analogue à celle que nous avons constatée à Corinthe. Et en effet, à la même époque, Lugdunum, bier que colonie de citoyens, comme le fait justement remarquer M. Ch. Eobert (/i.), battait aussi des monnaies de bronze semblables, avec son nom de COPIA (5).

Les Gaules, dans la province Narbonnaise, nous offreni encore, à l'époque du premier triumvirat, une autre dérogation singulière aux règles qui, depuis plusieurs siècles, limitaient aux espèces de cuivre le monnayage des colonies. Nemausus (6) et Cabellio (7), colonies de droit latin, Lugdunum (8), de droit romain, toutes récemment fon. dées, produisent alors des émissions de quinaires, analo-

(1) La Saussaye, Numism. de la Gaule Narbonnaise, p. 129-131, pi. XV.

(2) Galliœ Narbonensis historia, p. 90-94.

(3) Stud. rom. p. 332 et s.; Comment, epigr. p. 370.

(4) Numismatique de la province de Languedoc, p. 47.

(5) Eckhel, D N, t. I, p. 73; Duclialais, Méd. gauloises de la Biblioth. Royale, p. 137 et s.

(6) La Saussaye, iVum. de la Gaule Narbonnaise, p. ISo, n° 5, pi. XIX, no5; Ch. Robert, Numism. de laprov. de Languedoc, p. 41, pi. 111, n° 32 ; Mommsen, M R, t. III, p. 254.

(7) La Saussaye, p. 142, n° 1 ; pi. XVII, n° -1.

(8) Eckhel, D N, t. V, p. 38 ; Borghesi, Oss. num. déc. X, 7 ; dans les Œuvres complètes, 1. 1, p. 498 -, Duchalais, p. 136; Mommsen, M R, t. III,

gues à ceux que fabriquaient alors dans l'Aquitaine, la Celtique et la Belgique, les chefs des cités gauloises tributaires. Il est vrai que quelques-uns des quinaires frappés a Lugdunum en 41 et 40 av. J.-C. portent le nom de AN- TONIm mPerator IIIVIR Rei Publicae Constituendae , et ceux de Cabellio le nom de l'autre triumvir qui lui succéda dans le gouvernement des Gaules, LEPldus. Ces pièces peuvent donc être considérées comme des monnaies émises en vertu de Vimperium militaire (voy. le g 7 de ce chapitre), où les noms de Lugdunum et de Cabellio ne figureraient que comme indiquant le lieu d'émission (1). Mais cette explication n'est plus possible pour les quinaires deNcmaususoiionlit seulement HEMausus COLonia et même pour celui de Lugdunum qui ne porte que LVCV- DVNI, sans inscription du nom de Marc-Antoine. Ici, nous sommes positivement en présence de monnaies coloniales, bien que d'argent.

3. Les faits que nous venons de grouper montrent combien les principes de droit en matière de monnayage des colonies et des municipes, de droit latin ou de droit romain, étaient devenus incertains pendant les désordres de la période de la guerre civile et du triumvirat. On peut dire qu'il n'y avait plus de règles fixes, et que tout était laisse a l'arbitraire des autorités provinciales ou locales. En cette matière, comme en toutes choses en général une réorganisation complète était devenue nécessaire' quand la victoire d'Actium eut rendu Octave le maître

(j) C'est l'opinion de M. Ch. Robert, Num. de la prov. de Languedoc,

du monde. Une règle absolument nouvelle fut alors adoptée (1). Il n'y a plus désormais de distinction entre les colonies ou municipes de citoyens, et les colonies ou municipes jouissant seulement des privilèges de la latinité; tous sont également admis à fabriquer des espèces munici pales, qui ne peuvent plus être que de bronze. C'est qu'en effet il n'y a plus dans ce fait, comme autrefois pour les colonies latines, un droit appartenant ipso facto à une souveraineté restreinte, mais une concession gracieuse, un privilège accordé spécialement à telle ou telle ville déterminée par l'autorité souveraine. Aussi bon nombre de monnaies coloniales mentionnent-elles l'autorisation particulière en vertu de laquelle la fabrication avait lieu (2). Mais pour ce genre de mention, les usages varient suivant les provinces et les localités. Elle est constante pour les colonies de la Lusitanie, et presque constante pour celles de la Bétique ; au contraire, dans l'Espagne Tarraconnaise, Csesaraugusta est seule à rappeler l'origine de la permission qu'elle a reçue. En Afrique, nous ne voyons semblable mention qu'à Carthage, à Utique et à Clypée. Dans tout l'Orient, elle ne se rencontre que sur deux monnaies isolées de Corinthe et de Patrce d'Achaïe. On reste, sous l'Empire, fidèle aux principes de la loi Plautia-Papiria, en ceci qu'aucune des villes situées dans le territoire de l'Italie, et également investies du droit de cité complet, ne reçoit d'autorisation de monnayage municipal. Pœstum fait seule exception sur ce point. On en a dit de petites pièces de cuivre aux têtes d'Auguste et de Tibère, portant les noms des duumvirs municipaux et la

(1) Mommsen, M R, t. III, p. 339.

(2) Eckhel, D N, t. IV, p. 497 ; Mommsen, M. R, t. III, p. 339. .

légende PAEsti Signaium SenaÈus Considlo (ou plus souvent PSSC), Signaium Paesti Senalus Considto ou bien T... D... De Se?îalus Sententia (1). Ici, c'était le Sénat qui avait donné la licence pour cette exception au privilège qui lui appartenait de fabriquer seul, dans son atelier de Rome, la monnaie de cuivre destinée à la circulation de l'Italie en même temps qu'elle avait cours légal dans tout l'Empire.

Hors de l'Italie, la permission était, au moins dans le début, donnée directement par l'empereur. C'est ce que prouvent les formules PERMmw AVGVSTI (ou PERM- AVG), PERMISSV CAESARIS AyOïisti (ou PER- CAES- AVG), PERmmw mPeraioris CAESARIS AVGVSTI , qui se lisent sur les espèces des villes espagnoles de Ceesaraugusta, Ebora, Emerita, Italica, Julia Patricia (Corduba), Romula et Julia Traducta. Elles appartiennent les unes aux provinces impériales de la Tarraconnaise et de la Lusitanie^ les autres à la province sénatoriale deBétique; de même^ dans la province sénatoriale d'Achaïe, à Patrœ, nous rencontrons aussi la mention d*uue autorisation personnelle de l'empereur, INDVLGENTIAE AWGnsli MOHETA IMPETRATA (2). Ces permissions données par Auguste lui-même, si elles étaient révocables de leur nature, étaient accordées une fois pour toutes et n'avaient pas besoin d'être renouvelées, même à un changement de règne, tant qu'on ne les retirait pas. Ainsi Italica et Romula, dans la Bétique, inscrivent sur leurs monnaies, au temps de Ti-

(1) Eckhel, D N, t. I, p. 159; t. IV, p. iU; Cavedoni, BuUet. arch. Napol. t. II, p. H8 ; Mommsen, M R, t. III, p. 219 et s.

(2) Eckhel, D N, t. II, p. 237; Mionnet, t. II, p. 192. n» 326.

bère, PERMmw DlVl AWGuHi (1). Il est probable que la plupart des autorisations directes d'Auguste pour le monnayage de cuivre des colonies, comme pour celui des villes indigènes en Afrique et en Orient, ont été délivrées entre 27 avant J.-C, date où l'organisation des provinces fut achevée, où Octave reçut le titre d'Auguste et où les nouvelles règles pour les monnayages locaux durent être mises en vigueur, et 15 avant J.-C, date du partage du monnayage d'Empire entre l'autorité de Tempereur et celle du Sénat (2) (voy. le § 8 de ce chapitre, et livre VII, chap. IV, § 1). A cette époque, tandis que les fabrications monétaires dans les provinces étaient réglées par l'empereur et faites par ses agents, le Sénat avait encore la direction exclusive de la monnaie d'Etat de tous les métaux, frappée dans l'atelier de Rome; il n'y fabriquait alors aucune monnaie de cuivre, et, par conséquent, il y avait intérêt à favoriser et à étendre les émissions de numéraire d'appoint local dans les provinces.

Postérieurement à la réorganisation monétaire de l'an 739 de Rome, 15 avant J.-C, les permissions de monnayage aux colonies furent du ressort des proconsuls pour chaque province. Ces autorisations proconsulaires ne sont pas alors seulement inscrites sur les monnaies de villes situées dans les provinces sénatoriales, comme l'Afrique et la Gaule Narbonnaise, mais aussi sur celles de villes de provinces impériales, comme la Syrie. Le plus souvent, on mentionne le nom du proconsul ou du légat; par exemple, à Béryte, on lit : PERMmw SILANI, du légat Q. Cœcilius

(1) Mionnet, t. I, p. 17 et s. n" 131-34, p. 23, n» 186; Aloïs Heiss, Monn. ant. de l'Espagne, p. 880, n° 8, p. 393, n" 2, 3, o et 6.

(2) Mommsen, M R, t. III, p. 8 et s.

Metellus Creticus Silamis (I), à la fin du règne d'Auguste et au commencement de celui de Tibère (2). Sur les monnaies de Cljpée, dans la province d'Afrique, au temps de Tibère, on lit successivement les mentions : PERMISSV L APRONI PROCOnSulis III { tertium) et PERMISSV P CORNELI DOLABELLAE PROCOnSidis (3), ce qui date des années 773 et 777 de Rome (20 et 24 après J .-C). Ceci montre clairement que les permissions monétaires nouvelles, pour les colonies, étaient désormais données par chaque gouverneur personnellement, et rien que pour le temps de son gouvernement, devant être renouvelées à l'entrée en charge de son successeur. Après Tibère, les permissions ne sont plus mentionnées dans les légendes des monnaies. « Il semble, remarque M. Mommsen (4), que, depuis qu'elles n'étaient plus que temporaires et du ressort du gouverneur, elles se confondirent petit h petit avec la surveillance générale et le contrôle supérieur que les gouverneurs avaient toujours exercés sur le monnayage des villes et des Etats nominalement libres sous la suzeraineté de Rome. » Ce n'est que sur les monnaies de Corinthe, du temps de Doraitien, qu'on lit encore : PERMmw IMPeratoris, parce que la ville reçut de nouveau, de Domitien, le droit de monnayage que Vespasien lui avait enlevé (5). La mention de la permission proconsulaire a quelquefois lieu sous une forme très- abrégée. Borghesi (6) a établi

(1) Eckhel, D iV, t. m, p. 278.

(2) Eckhel, D N, t. III, p. 3o7; Mionnet, t. V, p. 338, n" 20.

(3) L. Millier, Numism. de l'anc. Afrique, t. II, p. ISS et s.

(5) Eckhel. D N, t. II, p. 243; t. IV, p. 497.

(6) Oss. îiumism. déc. X, 4.

que les lettres PPDD (ou DDPP), qui se lisent dans le champ des monnaies de la colonie de Cartilage (1) et du municipe d'Utique (2), doivent être expliquées en Permissu Proconsulis Decurionum Decreio. Nous avons vu tout à l'heure (dans ce chapitre, § 4, 7) que, dans les contremarques apposées sur les monnaies de bronze au type de l'autel de Lugdunum, PP était aussi bien positivement l'abréviation des mots permissu proconsulis.

Il n'y a pas à leur chercher une autre interprétation sur celles des monnaies coloniales de Nemausus (3) où elles se montrent, placées de manière à n'avoir aucun rapport spécial avec Tune des deux têtes, d'Auguste et d'Agrippa, qui décorent ces pièces, et aussi d'une façon tout à fait indépendante de la légende IMP DIVI F. Les tentatives de lecture de ces lettres par les mots Palronus Parens, en les rapportant à Agrippa (4) , ou Pater Patriae, en les rapportant à Auguste (5), n'ont pas peu contribué à embrouiller la chronologie du monnayage colonial de Nemausus, avec l'idée qu'il devait être tout entier antérieur à 27 av. J. -C. , parce qu'on n'y lit pas le nom Augus-

(1) L. Miiller, Numism. delanc. Afrique, t. II, p. 149 et s.

(2) L, Millier, t. II, p. 159els.— Surcesmonnaies, les lettres DDPP se trouvent quelquefois en même temps que le nom du proconsul, mais ce dernier y figurant sous une forme qui implique seulement une date, comme C VIBIO MARSO PR COS II, « sous le nom proconsulat de C. Vibius Marsus. »

(3) La Saussaye, Numism. de la Gaule Narbonnaise, p. 159 et s., pi. XIX, n°» 40-46; Ch. Robert, Numism. de la province de Languedoc, p. 44 et s. pi. IV, n"' 10-12.

(4) La Saussaye, p. 170.

(5) Eckhel, D N, t. VI, p. 112; Mommsen, M R, t. ÎII, p. 256.

his (1 ). Plus au courant de l'épigraphie que de la numismatiqup, les savants qui ont soutenu cette thèse n'avaient pas eu l'occasion de constater que plusieurs fois le nom à'' Au gus tu s est absent des monnaies après 727 de Rome (2), tandis qu'on ne l'omet pas dans les inscriptions. Us n'avaient pas su reconnaître non plus, ce qui ressort pourtant de? caractères les plus incontestables de style et de fabrication, que le monnayage de cuivre de Nemausus s'est prolongé fort longtemps (3), et qu'il offre un des exemples les mieux établis que nous ayons dans l'antiquité d'immobilisation absolue des types et de la légende d'une ville^ qui les copie servilement bien après qu'ils ont perdu tout sens actuel (voy. livre IV, cbap. vu). Mais si l'on écarte ces deux données erronées, le classement historique des as de la colonie de Nemausus, aux deux têtes d'Octave- Auguste et d' Agrippa et au revers du crocodile devant le palmier, devient facile et très-clair. Il y en a trois groupes primitifs, dont la succession a été reconnue par M. de La Saussaye, Duchalais et M. Ch. Robert : IMa tête d'Octave est nue, groupe dont la fabrication doit être placée entre 36 av. J.-C, où Agrippa reçut la couronne rostrale qui ne lui manque jamais sur ces pièces, et 27 (727 de Rome) ; 2° la tête d'Auguste est ceinte de la couronne civique, de feuilles de chêne, qui lui fut décernée en 27 av. J.-C. au nom du genre humain (4), en même temps qu'il reçut sa nouvelle appellation d'^^w-

(1) Momrasen, /. c. ; Herzog, Galliae Narbon. prov. rom. hist. p. 106.

(2) Ch. Robert, ouvr. cit. p. 51.

(3) Ibid. p. 22.

(4) Plin. H N, XVI, 3, 4 ; Dio Cass. LUI, 16 ; voy. Eckhel. D N, t. VI, p. 88.

gustus; 3° la tête d'Auguste est laurée, et les lettres PP sont ajoutées dans le champ du- droit, des deux côtés. En lisant Permissu Proconsitlis, ce dernier groupe de monnaie se place tout naturellement à la suite de la réorganisation monétaire de 739 de Rome, 15 av. J.-C, à laquelle nous avons rapporté la remise aux proconsuls des provinces du droit d'autoriser le monnayage des colonies.

On objectera peut-être queNemausus, ayant obtenu antérieurement d'Auguste lui-même une de ces permissions impériales qui, nous l'avons vu, étaient données une fois pour toutes, n'avait plus besoin, sous le nouveau régime légal, d'en recevoir une du proconsul. Mais il faut remarquer que précisément à ce moment Nemausus, par la prolongation de son monnayage, devenait l'objet d'une véritable exception dans la province Narbonnaise, car toutes les autres colonies de la même province cessent de battre monnaie dans les environs de 15 av. J.-C. (i); en même temps, sa monnaie acquiert un rôle nouveau, qui suffirait à justifier une nouvelle autorisation proconsulaire et surtout sa mention ; restée la seule qui se frappât dans la province, elle reçoit un cours autorisé en dehors du territoire de la colonie, qui en fait réellement une monnaie provinciale. Les as de Nemausus se rencontrent en quantités singulièrement abondantes dans toute l'étendue de la Narbon-

(1) La pièce la plus récente de Cabellio (La Saussaye, Num. de la Gaule Narbonnaise, p. 143 et pi. XVII, n° 6) est du 11® consulat d'Auguste (23 av. J.-C). Les as de Vienne à la proue de navire ne se prolongent certainement pas plus tard que ceux de sa voisine Copia, lesquels sont remplacés en 10 av. J.-C. par les bronzes provinciaux à l'autel de Rome et d'Auguste et ne devaient même plus se fabriquer en l'an 12, quand on se mit à émettre dans l'atelier de Lugdunum les pièces d'or, d'argent et do bronze au taureau cornupète.

naise (i), jusque dans les environs de Genève (2). Lu majorité des exemplaires des deux premiers groupes sont frappés de contremarques^ les mêmes que sur les bronzes au type de l'autel de Lugdunum (voy. dans ce chapitre, §4,7; livre IV, chap. v, § 1 ) ; on y remarque celles qui transformaient les pièces en monnaies impériales, celles qui, comme DD, donnaient cours dans le territoire d'autres colonies, et le poinçon PP, accordant la circulation dans toute la province. Au contraire, les contremarques sont de toute rareté sur les monnaies du troisième groupe, où Ton ne voit jamais que celles qui ont une origine militaire. Ceci prouve que les lettres PP gravées sur le coin même de ces pièces leur donnaient le cours provincial résultant, pour les produits des émissions antérieures, du poinçonnement par les mêmes lettres.

Après le règne d'Auguste, quand le monnayage de Nîmes se continua par une reproduction serviledes mêmes types, avec une décadence rapide sous le rapport de l'art, on copie indifféremment les anciennes pièces de l'un ou de l'autre groupe (3). Les monnaies pour lesquelles on continuait à reproduire ainsi les vieux types auxquels le public

(1) Dans le reste des Gaules, on ne les trouve plus en grand nombre qu'aux gués des rivières et dans les sources thermales, oiî l'on peut admettre que ce sont des voyageurs ou des baigneurs qui ont offert ces pièces de la monnaie de leur province. Ainsi l'on en a découvert un millier à Bourbonne-les-Bains.

(2) Soret, Mém. de la Société d'histoire de Genève, t. I, p. 233.

(3) Voy. dans Ch. Robert, Numism. de la prov. de Languedoc, pi. IV, nos 4 et 6, deux spécimens de copies postérieures de pièces du premier groupe, bien caractérisés en ce que le graveur n'a plus compris la couronne rostrale de la tête d'Agrippa et en a fait une couronne de laurier.

était habitué avaient alors, par l'étendue de la sphère de leur circulation, un caractère bien plus provincial que colonial, bien qu'elles portassent toujours la légende COL NE M ; aussi l'on ne rencontre pour ainsi dire jamais de contremarque sur ces pièces d'imitation, si ce n'est des poinçons militaires ou les poinçons impériaux, donnant cours hors de la province. Il y a aussi des contrefaçons tout à fait barbares des as de Nemausus (l)^oii les légendes n'ont plus de sens et qui certainement n'ont pas été fabriquées dans l'atelier de la ville. Elles ne s'expliquent qu'avec le caractère de numéraire provincial, revêtu à partir d'un certain moment par ces monnaies ; et l'on rencontre des contrefaçons barbares du même genre pour les espèces provinciales de l'atelier de Lugdunum, aux types de l'autel de Rome et d'Auguste, du taureau cornupète ou de l'aigle. C'est vers le règne de Néron que l'on dut cesser de frapper dans la Narbonnaise des pièces aux types et au nom de Nemausus, vers le même temps où cessait la fabrication pour les trois Gaules des bronzes portant sur leur revers l'image de l'autel du confluent du Rhône et de la Saône.

4. Je viens de signaler l'époque de la cessation du monnayage dans les diverses colonies de la G-aule Narbonnaise. En général, toute fabrication des monnaies coloniales, comme des monnaies provinciales ou des monnaies municipales des villes indigènes, là où il y en avait encore, prend fin de très-bonne heure dans les provinces d'Occident. En Sicile, la numismatique des colonies ne dépasse

(1) LaSaussaye, pi. XX, n" 38; Ch. Robert, pi. IV, n° 7.

pas le règne d'Auguste (1), en Afrique et en Numidie celui de Tibère (2) , dans les diverses provinces d'Espagne celui de Caligula (3). Seule, dans l'Occident, Babba de Mauritanie bat monnaie jusque sous l'empereur Galba (4) .

Après cette époque, des mentions de colonies sur les monnaies impériales frappées en Occident ne reparaissent plus que deux fois, dans des conditions exceptionnelles.

Quand Commode, entre autres folies, eut l'incroyable idée de vouloir faire perdre à Rome son nom et de la proclamer colonie (5), on frappa, en 190 de notre ère, des sesterces et des dupondii de cuivre au nom de cette COLonia Lucia AUtonia COMmodiana (6), avec un des types consacrés de la numismatique coloniale (7) , le fondateur, vêtu suivant le mode du cinclus gabinus, conduisant autour de l'emplacement de la ville la charrue, attelée d'un bœuf et d'une vache, avec laquelle il trace le sillon des limites (8j. Ces pièces portent la marque de Tatelier sénatorial, SC, qui remplace le Decurionum Decreto des

(1) Eckhel, D N, 1. 1, p. 18o.

(2) Eckhel, D N, t. IV, p. oOO. — C'est l'époque où s'arrête aussi dans la province d'Afrique le monnayage des villes indigènes; voy. le §4, 8.

(3) Eckhel, DiV, t. I, p. 2.

(4) Eckhel, D N, t. IV, p. 1o3; L. Mliller, Numîsm. de Pane. Afrique, t. m, p. 172.

(5) Lamprid. Commod. 8 ; Dio Cass. DXXII, 15.

(6) Eckhel, D N, t. VII, p. 122; Cohen, M I, t. III, p. 127 et s. n" 469 et 470.

(7) Eckhel, D N, t. IV, p. 489.

(8) Cat. ap Serv, ad Virg. ^n. VII, 735. — Une statue d'or du poids de mille livres représentant Commode dans cet acte fut élevée à l'occasion de la constitution de Rome en colonie : Dio Cass. LXXII, lo.

monnaies coloniales ordinaires (1), carie Sénat, dans son avilissement, avait consenti alors à prendre, lui aussi, le nom de Commodianus (2), et à se proclamer le conseil municipal de la Colonia Commodiana.

On a des pièces de billon de l'empereur Postume, dont le revers ofFre la figure de la Monnaie personnifiée, avec la légende COLonia CLaudia AOR\Ppina ou Colonia Claudia kugusta Agrippina (3) et la date du 4' consulat de ce prince, 265 ou 266 après J.-C. Mais ce sont certainement des monnaies impériales et non des monnaies municipales de la colonie. La combinaison de la légende et du type du revers indique seulement que c'est à Cologne que Postume avait fixé son principal atelier monétaire, de même que sa résidence la plus habituelle pour la défense de la ligne du Rliin. Aussi une pièce de billon du même empereur,, à la légende lOVI VICTORI, indique encore le même atelier par les deux lettres Colonia Agrippina placées dans le champ (4).

A. l'inverse de l'Occident, en Orient le monnayage municipal des colonies se prolonge jusqu'à la même époque que celui des villes grecques. Au ir siècle et au commencement du 111% on lui voit même prendre un développement plus considérable qu'aux époques antérieures, car un grand nombre de villes d'Orient sont alors déclarées colonies, particulièrement par Septime Sévère et ses suc-

(1) Eckhel, D iV, t. IV, p. 482.

(2) Lamprid. Commod. 8.

(3) De Wilte, Rev. num. 1862, p. 41-50 ; Recherches sur les empereurs des Gaules, pi. 11, n" 16 et 17.

(4) De Witte, Rev. num. 1862, p. 47; Empereurs des Gaules, p. 37, n° 131 a.

cesseurs, et transforment leurs monnaies grecques semiautonomes en monnaies coloniales. Les exemples de ce monnayage, comme de celui des villes helléniques, deviennent très-rares sous Gallien (1), et il cesse entièrement avec la réforme monétaire d'Aurélien.

5. La langue officielle dans les colonies était le latin, même dans celles où il n'avait pas été réellement envoyé de colons et où c'était la population indigène qui avait été appelée en masse à ce titre. Aussi le latin est-il la langue des légendes de l'immense majorité des monnaies coloniales (2). Même dans les grandes villes de Syrie et d'Arabie, faites colonies au IIP siècle, la substitution d'une légende latine à la légende grecque coïncide avec le changement de condition de la cité, par exemple à Laodicée et àTyr sous Septime Sévère, à Sébaste sous Caracalla, à Sidon et à Bostra sous Elagabale, à Damas sous Philippe. Ce latin y est, du reste, très-souvent barbare, rempli de solécismes et de fautes de tout genre ; on voit que c'est une langue que les habitants ne parlaient pas et que les magistrats municipaux eux-mêmes ne savaient qu'imparfaitement. Pourtant, comme le grec tendait à devenir petit à petit, au iii^ siècle, une seconde langue officielle dans les provinces d'Orient, et à y passer sur le même pied que le latin, nous le voyons employé exclusivement sur les monnaies coloniales de Thessalonique de Macédoine, déclarée colonie par Trajan Dèce (3), de Philippo-

(i) Eckhel, D N, t. IV, p. 500.

(2) Eckhel,DiV, t. IV, p. 470.

(3) Mionnet, Suppl. t. III, p. 17o.

224 LA MONNAIE DANkS L'ANTIQUITÉ

polis d'Arabie, qui reçut ce titre de Philippe avec son nom nouveau, ainsi que de presque toutes les colonies de la Mésopotamie, Edesse (à partir de Commode) , Carrhae (à partir de Marc-Aurèle), Nisibe (à partir d'Elagabale), Resaena et Singara (à partir d'Alexandre Sévère), enfin Zaytha (à partir de Trajan) ; seule dans cette région, la colonie de Ninive a des monnaies latines (1), et la généralité de l'emploi du grec dans toutes ces villes est d'autant plus remarquable qu'elles avaient toutes reçu des colons légionnaires. Nous parlerons plus loin (§ 8) des monnaies d'Antioclie, ou la légende donnant le nom de la ville avec le titre de colonie, décerné par Caracalla, est en grec; mais ce ne sont pas des monnaies municipales de la colonie ; la présence des lettres S C les caractérise comme des espèces d'Empire, sorties de l'atelier sénatorial. A Patrae d'Achaïe, dont le monnayage colonial est tout latin, nous rencontrons exceptionnellement une pièce à légende grecque dédiée à Néron, NEPONI, dans une circonstance qu'Eckhel a très-bien déterminée (2) et qui en fait une médaille commémorative plutôt qu'une monnaie ordinaire (3). Dans les colonies des provinces asiatiques, si les légendes principales sont en latin, sauf les exceptions que nous avons signalées, les légendes accessoires, particulièrement celles qui expliquent les types, sont souvent tracées

(1) Sur les monnaies de la colonie de Ninive, voy. les articles de MM. de Saulcy et E. Muret, Annuaire de la Soc. franc, de numismatique, t. IV, p. 212-220.

(2) D N, t. II, p. 2.%.

(3) Voy. ce que nous avons dit plus haut (livre I, chap. i, § 1, 8) de la nature non monétaire des médailles à légendes grecques frappées à Corinthe en l'honneur d'Antinous, aux frais du prêtre de ce nouveau dieu, Hostilius Marcellus.

n grec sur les pièces même dont l'inscription à caractère fficiel est latine. Déjà, dans le monnayage des hautes poques de la République, on remarque, sur les pièces de [uelques-unes des colonies latines de la Campanie et du Jamnium, la présence d*une légende principale en latin et l'une légende accessoire en grec (1).

Il n'existe pas de monnaie de ville prenant le titre de nunicipe, autre qu'à légende latine.

Sous la République^ jusqu'à la loi Plautia-Papiria, les olonies de droit latin sises en Italie ont signé leurs ûonnaies de leur nom simplement, sans y joindre leur itre de colonie . Il en a été de même dans les colonies de a Sicile jusqu'à la fin de leur monnayage, car, dans cette >rovince^ Enna seule s'est qualifiée de municipe sur sa nonnaie, tandis que Panorme et Agrigente n'y écrivent )as leur qualité coloniale. Dans les provinces espagnoles, l n'y a qu'une partie des colonies et surtout des municipes [ui en prennent le titre dans la numismatique (2) ; beauloup d'autres l'omettent. Au contraire, en Afrique et en )rient, les colonies et les municipes prennent un soin ïxtrême de ne pas manquer à se qualifier de ces noms qui eur assuraient une position exceptionnelle (3).

Pour les monnaies coloniales, comme pour celles des r'ûles grecques, la règle générale est celle de l'obligation le les décorer de l'effigie de l'empereur ou des personnes

(1) Mommsen, M R, t. III, p. 180.

(2) Osca de la Tarraconnaise emploie dans ses légendes monétaires le not itrbs comme synonyme de municipium : VRBS ViCTm OSCA, £ckhel, D N, t. I, p. 53 ; Aloïs Heiss, Monn. ant. de PEspagne, p. 157 ;ts.,pl. XIII, n°s 9, 13 et 17.

(3) Eckhel, D N, t. IV, p. 470.

de sa famille. Pourtant, là non plus l'obligation n'est pas tout à fait absolue, et l'on y rencontre un certain nombre de dérogations. A Gadès, la tête d' Agrippa est accompagnée des titres M VN ICI PI PARENS, MVNICIPI PATRONVS ou MVNICIPI PATRONVS ET PARENS, et même on lit M AGRIPPA COS III MVNICIPI PATRON sur des pièces qui n'ont pas son effigie (1 ). Antérieurement à l'Empire, on a quelques exemples de cette inscription monétaire des noms de personnages à titre de patrons de colonie ou de municipes. C'est en cette qualité bien évidemment que certaines piècesde Gadès (2) nomment BALBVS POHJifex^ c'est-à-dire L. Cornélius Balbus, fait citoyen romain par Pompée, le premier homme né hors de l'Italie qui fut élevé au consulat (en 40 av. J.-C), décoré aussi de l'office de pontife (3). Une monnaie d'Emporise mentionne P Ay Reiiiis COT ta PAtronus (li). Enfin plus anciennement, avant la loi Plautia-Papiria, sur une pièce de Paestum les deux magistrats municipaux, au lieu de porter comme à l'habitude leur titre de duumvirs, sont qualifiés de patrons, titre supérieur qu'ils avaient en même temps, CN CORnelius M TWCcius PATRoni (5).

Quelquefois, même sans que le nom du personnage

(1) Aloïs Heiss, Monn. mit. de l'Espagne, pi. LU et LUI, n"' 42-46; Delgado, Clasificacioii de las medallas de Espaîia, t. II, pi. XXXI-

(2) Eckhel, D N, t. I, p. 20 ; Delgado, pi. XXIX et s., n- 83-89; Aloïs Heiss, pi. LU, n» 37.

(3) Voy. sa biographie par La Nauze, Mém. del'Acad. des Inser. anc. sér. t. xix, p. 327 et s.

(4)Eckhel. /)iY, t. I, p. 50.

(5) Eckhel, DiV, t.I, p. 158.

îprésenté soit accompagné del'épithète de divus^ les effiies de membres de la famille impériale sur les monnaies es colonies ont un caractère commémoratif, et n'ont été lacées sur ces monnaies qu'un temps assez notable après i mort de ceux dont elles retracent les traits. La numislatique de Caesaraugusta, dans la Tarraconnaise, nous en ffre un exemple particulièrement caractérisé. La tête 'Agrippa, accompagnée de la légende M- AGRIPPA- L- F- OS- lli, s'y trouve sur des espèces portant les noms de uumvirs de la colonie, qui, d'autres monnaies l'établis- 3nt, ont exercé leur charge au temps de Caligula (1) . Au este, l'effigie d'Agrippa se présente à plusieurs reprises ur les monnaies de coin romain en argent ou en bronze vec une intention de commémoration et de restitution, t toujours, en ce cas, la légende mentionne le troisième onsulat (2); c'était en effet la date particulièrement imeuse dans la vie d'Agrippa, celle de l'année où l'empire vait été constitué et oii Octave avait reçu le nom d'Au- ;uste.

Les types des revers sont aussi variés sur les monnaies le quelques-unes des colonies que dans la série des Impéiales grecques; ils font alors allusion aux anciens souvelirs historiques et mythologiques des localités où la cololie avait été établie. Comme un chapitre spécial de cet (uvrage sera consacré à l'histoire générale des types moné- ;aires (livre IV, chap. i), je n'en parlerais pas ici, non )lus que je n'ai parlé dans le § précédent des types des nonnaies municipales des villes grecques, si sur les espè-

(1) Aloïs Heiss, Monn. ant. de l'Espagne, p. 209, pi. XXV, n<" 28 et >9, et pi. XXVI, n- o3-o6.

(2) Ch. Robert, Num. de laprov. de Languedoc, p. 50.

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